{"id":97585,"date":"2021-01-15T12:04:38","date_gmt":"2021-01-15T11:04:38","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=97585"},"modified":"2021-01-15T12:04:43","modified_gmt":"2021-01-15T11:04:43","slug":"pour-comprendre-la-crise-gouvernementale-en-italie-il-faut-entrer-dans-la-tete-de-matteo-renzi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/01\/15\/pour-comprendre-la-crise-gouvernementale-en-italie-il-faut-entrer-dans-la-tete-de-matteo-renzi\/","title":{"rendered":"Pour comprendre la crise gouvernementale en Italie, il faut entrer dans la t\u00eate de Matteo Renzi"},"content":{"rendered":"\n
Matteo Renzi est un homme qui a le go\u00fbt du risque. Il le cultive depuis ses origines politiques \u00e0 Florence, o\u00f9 il s’\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 lors des primaires pour briguer la fonction de maire, d\u00e9fiant les volont\u00e9s du commandement local et national du PD. Matteo Renzi ne peut pas jouer les seconds r\u00f4les. D’autant plus, si l’on consid\u00e8re qu’Italia Viva<\/em>, sa cr\u00e9ature, a \u00e9t\u00e9 jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent un \u00e9chec politique.<\/p>\n\n\n\n En raison d’un exc\u00e8s du romanocentrisme habituel dont souffre le journalisme politique en Italie \u2013\u202f selon lequel la seule politique qui compte a lieu \u00e0 Rome\u202f \u2013, il me semble que l’on continue d’ignorer le r\u00e9sultat des \u00e9lections r\u00e9gionales du 20 et 21 septembre dernier en Toscane<\/a>, o\u00f9 Italia Viva<\/em> s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e avec les centristes et les europ\u00e9istes de + Europa<\/em>, qui ont \u00e9t\u00e9 un tournant pour Renzi. Il visait 10\u202f % des suffrages et n\u2019en a obtenu que 4,48 % dans toute la r\u00e9gion et 6,67 \u00e0 Florence, qui est non seulement la ville dont il a \u00e9t\u00e9 maire mais aussi celle qu\u2019il repr\u00e9sente actuellement comme s\u00e9nateur. Si on ne comprend pas sa psychologie, on ne peut pas comprendre Renzi, tout comme ne ne peut comprendre, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, aucun politicien. Comme Berlusconi, Renzi a du mal \u00e0 comprendre pourquoi les gens ne l’aiment pas. La diff\u00e9rence est que Berlusconi a su rester dans l’opposition puis revenir \u00e0 la victoire, tandis que Renzi a perdu son g\u00e9nie original depuis qu’il a quitt\u00e9 le Palazzo Chigi. En fait, il l’avait d\u00e9j\u00e0 perdu peu de temps apr\u00e8s y \u00eatre entr\u00e9. C\u2019est ce qui arrive \u00e0 tous les r\u00e9volutionnaires lorsqu’ils parviennent au Palais.<\/p>\n\n\n\n L\u2019ancien Premier ministre a toujours aim\u00e9 l’id\u00e9e d’\u00eatre le chef d’une communaut\u00e9. Cette communaut\u00e9, a-t-il d\u00e9couvert, est de plus en plus petite et sans importance dans la soci\u00e9t\u00e9 (le Parlement est autre chose). C’est pourquoi la comparaison faite par l’ancien Premier ministre et pr\u00e9sident de la Commission Romano Prodi<\/a>, selon laquelle Renzi s’est comport\u00e9 comme Fausto Bertinotti, ancien secr\u00e9taire de la Rifondazione Comunista<\/em> \u2013 \u202fqui a fait tomber le gouvernement du m\u00eame Prodi en 1998\u202f \u2013 est discutable. La comparaison ne tient pas la route, car Bertinotti consid\u00e9rait le pouvoir et le fait d’\u00eatre au pouvoir comme une superstructure dont il fallait se tenir \u00e0 l’\u00e9cart. Pour Bertinotti, l’opposition \u00e9tait une condition naturelle. Chez Renzi, c’est exactement le contraire. La raison pour laquelle il n’aime pas les r\u00f4les \u00e9minemment politiques \u2013\u202f comme celui de Secr\u00e9taire du parti\u202f \u2013 est qu’ils r\u00e9duisent consid\u00e9rablement le pouvoir ex\u00e9cutif.<\/p>\n\n\n\n Le pouvoir ex\u00e9cutif est ce qu’il faut pour organiser et ex\u00e9cuter les d\u00e9cisions. L\u00e0 o\u00f9 il se trouvait d\u00e9sormais, il \u00e9tait emp\u00each\u00e9 de faire cela. Giuseppe Conte est son adversaire, voire son concurrent : c’est pourquoi Renzi a besoin de lui aujourd’hui. \u00c0 la fois comme adversaire et comme concurrent dans lequel se refl\u00e9ter.<\/p>\n\n\n\n Renzi a toujours eu le bon timing,<\/em> ce qui est crucial en politique. Sauf quand il a quitt\u00e9 le Parti d\u00e9mocrate. Peut-\u00eatre aurait-il d\u00fb le faire plus t\u00f4t. En 2012, apr\u00e8s sa d\u00e9faite aux primaires, ou en 2014, apr\u00e8s avoir cumul\u00e9 40,8 % des suffrages aux \u00e9lections europ\u00e9ennes. Mais s’interroger sur ce sujet aujourd’hui reviendrait \u00e0 refaire l\u2019histoire. Tout comme on peut se demander ce qui se serait pass\u00e9 si Renzi avait r\u00e9ellement quitt\u00e9 la politique apr\u00e8s sa d\u00e9faite au r\u00e9f\u00e9rendum constitutionnel de 2016, comme il l’avait dit. <\/p>\n\n\n\n Le probl\u00e8me de Renzi, c\u2019est qu’au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, il a jou\u00e9 la carte de l’outsider<\/em>, puis celle du politicien professionnel anti-syst\u00e8me. Comme peu d’autres avant lui (peut-\u00eatre Silvio Berlusconi), il \u00e9tait en phase avec une grande partie de l’\u00e9lectorat. C’est peut-\u00eatre aussi la raison pour laquelle il y a aujourd’hui tant de m\u00e9fiance \u00e0 son \u00e9gard. Au point que Renzi aurait tort \u2013 m\u00eame s’il avait raison.<\/p>\n\n\n\n La politique est faite de risques et de relances. Mais les politiciens doivent toujours avoir une id\u00e9e forte pour les soutenir. La rottamazione<\/em> (sa volont\u00e9 d\u2019envoyer la vieille classe dirigeante italienne \u00e0 la casse) a conditionn\u00e9 politiquement le d\u00e9bat public pendant des ann\u00e9es. Elle avait sa force intrins\u00e8que (sociale, politique, \u00e9conomique) et avait contamin\u00e9 l’opinion publique. Aujourd’hui, les sondages nous disent que les choix de Renzi ne sont pas bien compris par l’\u00e9lectorat, peut-\u00eatre pris par d’autres choses, d\u2019autres logiques.<\/p>\n\n\n\n Il y a toujours une urgence sanitaire en cours, et pourtant, en juin, pourraient se tenir des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales anticip\u00e9es. Pour les \u00e9viter, Giuseppe Conte a besoin d’un groupe de personnes dites responsables, \u00e9galement appel\u00e9es \u00ab constructifs \u00bb. On ne sait pas encore combien ils sont. Le vote anticip\u00e9 sied \u00e0 tr\u00e8s peu de personnes. Certainement pas Renzi, qui risque de dispara\u00eetre du Parlement. Mais cela ne convient pas non plus au Mouvement 5 \u00e9toiles, qui traverse une crise irr\u00e9versible<\/a> que l’on pourrait qualifier de culturelle (si le mot n’\u00e9tait pas trop fort pour le parti de Luigi Di Maio).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Matteo Renzi est un homme qui a le go\u00fbt du risque, depuis ses d\u00e9buts comme maire de Florence. Il ne peut pas jouer les seconds r\u00f4les. 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