{"id":9718,"date":"2018-11-04T22:00:55","date_gmt":"2018-11-04T21:00:55","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=9718"},"modified":"2018-11-04T22:00:55","modified_gmt":"2018-11-04T21:00:55","slug":"conference-italie-afrique-et-sommet-de-palerme-perspectives-de-renouvellement-de-la-politique-africaine-de-litalie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/11\/04\/conference-italie-afrique-et-sommet-de-palerme-perspectives-de-renouvellement-de-la-politique-africaine-de-litalie\/","title":{"rendered":"Conf\u00e9rence Italie-Afrique et Sommet de Palerme : perspectives de renouvellement de la politique africaine de l’Italie"},"content":{"rendered":"
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En bref – Le 25 octobre s’est tenue la deuxi\u00e8me Conf\u00e9rence minist\u00e9rielle Italie-Afrique, rendez-vous d\u00e9sormais incontournable pour la diplomatie italienne, qui souhaite d\u00e9finir une politique africaine renouvel\u00e9e avec des pierres angulaires dans la gestion des flux migratoires, mais aussi dans la d\u00e9finition de nouvelles politiques \u00e9nerg\u00e9tiques et des opportunit\u00e9s dans la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement. Cet \u00e9v\u00e9nement pr\u00e9c\u00e8de le sommet crucial de Palerme, pr\u00e9vu les 12 et 13 novembre, qui examinera la situation en Libye.<\/i><\/p>\n
Rome. <\/i>La deuxi\u00e8me \u00e9dition de la Conf\u00e9rence minist\u00e9rielle Italie-Afrique s’est tenue le 25 octobre. Cette rencontre, \u00e0 laquelle ont particip\u00e9 les dirigeants de la diplomatie italienne et africaine (ambassadeurs et ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res de 54 pays africains), sera compl\u00e9t\u00e9e en novembre par une autre conf\u00e9rence cruciale : la Conf\u00e9rence de Palerme sur la Libye, pr\u00e9vue les 12 et 13 novembre (1<\/b><\/span>). Ces deux rendez-vous sont fondamentaux pour la capacit\u00e9 de l’Italie \u00e0 d\u00e9finir une politique africaine renouvel\u00e9e. Le point central reste le contraste entre la perception du gouvernement italien, qui ne voit les questions africaines que comme un reflet des flux migratoires, et celle de l’appareil, qui con\u00e7oit la centralit\u00e9 des questions continentales dans son ensemble. La nouvelle approche italienne du continent repose sur deux points : la politique \u00e9nerg\u00e9tique et la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement (1<\/b><\/span>).<\/p>\n
Malgr\u00e9 les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la politique int\u00e9rieure, l’Italie tente de red\u00e9finir une politique \u00e9trang\u00e8re active. Les services et appareils de renseignement ont toujours consid\u00e9r\u00e9 le continent comme central pour la diplomatie italienne, de plus en plus influenc\u00e9e par les situations de fragilit\u00e9 de l’\u00c9tat dans le voisinage \u00e9largi. Le Premier ministre Giuseppe Conte a d\u00e9montr\u00e9 sa proximit\u00e9 symbolique avec la Corne de l’Afrique, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 le premier chef d’\u00c9tat et de gouvernement occidental \u00e0 s’attaquer au processus de paix \u00e9thiopien-\u00e9rythr\u00e9en. Les ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res participants ont men\u00e9 des interventions fond\u00e9es sur les processus de paix et de stabilisation. D’autres points ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s : d\u00e9veloppement durable, protection des droits de l’homme et missions multilat\u00e9rales de maintien de la paix (1<\/b><\/span>). De fait, la conf\u00e9rence a conduit \u00e0 une l\u2019\u00e9nonciation d\u2019objectifs communs, au nom de l’id\u00e9e que les destins de l’Europe et de l’Afrique sont communs. Cet \u00e9v\u00e9nement, bien que symboliquement important, a \u00e9clips\u00e9 les piliers de la politique africaine de l’Italie : la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement et les politiques \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n
La r\u00e9duction des effectifs de l’Italie, devenue une puissance r\u00e9gionale moyenne, a fait ressortir la n\u00e9cessit\u00e9 d’une nouvelle politique dans les diff\u00e9rents contextes dans lesquels l’Italie est active. L’id\u00e9e de la politique \u00e9trang\u00e8re italienne a toujours \u00e9t\u00e9 centr\u00e9e sur le renforcement du multilat\u00e9ralisme (Union, Otan, Onu). La limite centrale de la politique africaine, surtout ces derni\u00e8res ann\u00e9es, tend \u00e0 rester le point de vue d’urgence, li\u00e9 aux questions migratoires, sans consid\u00e9rer la stabilit\u00e9 de l’\u00c9tat sur le continent. De plus, Rome a abandonn\u00e9 la plupart de ses ambitions africaines, n’exploitant pas suffisamment les ressources europ\u00e9ennes et s’en remettant \u00e0 des acteurs non \u00e9tatiques, tels que les entreprises priv\u00e9es et les Ong, ce qui a pouss\u00e9 beaucoup \u00e0 parler de \u201cdiplomatie italienne\u201d en Afrique (3<\/b><\/span>) : par exemple, les politiques \u00e9nerg\u00e9tiques restent du ressort exclusif de l’Eni et des autres entreprises italiennes, sans suivre les instructions claires du Gouvernement italien (3<\/b><\/span>).<\/p>\n
La conf\u00e9rence de Palerme sur la Libye s’inscrit dans ce contexte et est le premier grand \u00e9v\u00e9nement pour tester la coh\u00e9rence de la diplomatie italienne (2<\/b><\/span>). Dans l’espoir que le sommet changera radicalement l’\u00e9chiquier libyen, l’\u00e9v\u00e9nement de deux jours \u00e0 Palerme a \u00e9t\u00e9 possible gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9diation de la vice-ministre italienne des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Emanuela Del Re, qui s’est rendue dans les principaux centres de pouvoir libyens (Tripoli, Tobruk, Benghazi, Misurata, Sabha) pour convaincre les diff\u00e9rents acteurs de participer \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement (2<\/b><\/span>). Les questions centrales sont li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sence d’acteurs libyens essentiels (dont Khalifa Haftar, ainsi que les commandants des milices Misurata et Toubou dans le sud) et d’autres acteurs r\u00e9gionaux, tels que l’\u00c9gypte et la France, principaux partisans de la Chambre des repr\u00e9sentants de Cyr\u00e9na\u00efque, le Tchad, dont les r\u00e9gions sud du Fezzan et des Cyr\u00e9na\u00efques servent de cadre strat\u00e9gique, ainsi que les autres partenaires europ\u00e9ens (surtout l’Allemagne) et l’Union africaine. La conf\u00e9rence suivra trois concepts cl\u00e9s : l’\u00e9dification de l’\u00c9tat, le processus \u00e9lectoral et le d\u00e9sarmement. Toutefois, tout jugement sur son efficacit\u00e9 devrait \u00eatre report\u00e9 au 13 novembre (2<\/b><\/span>).<\/td>\n<\/tr>\n
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Perspectives :<\/b><\/p>\n
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D\u00e9cembre 2018 : une autre rencontre importante pour comprendre la capacit\u00e9 de la diplomatie italienne \u00e0 d\u00e9finir une politique africaine renouvel\u00e9e est la Conf\u00e9rence de Marrakech qui a le bout de travailler sur un \u201cglobal compact\u201d pour la gestion des crises migratoires. La position de l’Italie devra r\u00e9pondre aux besoins des \u00c9tats de transit et d’origine, ainsi qu’\u00e0 ceux de ses autres partenaires europ\u00e9ens (Allemagne, France, Espagne) qui, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ont vu l’arriv\u00e9e de r\u00e9fugi\u00e9s et de migrants \u00e9conomiques sur leur territoire augmenter consid\u00e9rablement.<\/li>\n
Ces derniers temps, l’Italie a lanc\u00e9 une coop\u00e9ration fructueuse, notamment dans le domaine militaire, avec certains acteurs en Afrique australe. Parmi ceux-ci, se distingue l’Angola : la r\u00e9cente visite \u00e0 Luanda du ministre italien des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Enzo Moavero Milanesi, a rappel\u00e9 que cette r\u00e9gion du continent, d\u00e9j\u00e0 centrale jusqu’aux ann\u00e9es 80, devrait enregistrer un flux important d’investissements italiens au cours des trois prochaines ann\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<\/td>\n<\/tr>\n