{"id":9569,"date":"2018-04-11T02:30:33","date_gmt":"2018-04-11T01:30:33","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/?p=9569"},"modified":"2019-04-06T19:26:02","modified_gmt":"2019-04-06T17:26:02","slug":"nous-avons-rencontre-lionel-zinsou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/04\/11\/nous-avons-rencontre-lionel-zinsou\/","title":{"rendered":"Macron et le franc CFA, une conversation avec Lionel Zinsou"},"content":{"rendered":"\n
Nous avons rencontr\u00e9 Lionel Zinsou au si\u00e8ge de PAI Partners, f<\/em>onds d’investissement europ\u00e9en dont il est pr\u00e9sident-directeur g\u00e9n\u00e9ral. Ancien premier ministre du B\u00e9nin, candidat \u00e0 l’\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2016, battu au second tour, Lionel Zinsou demeure tr\u00e8s impliqu\u00e9 dans le devenir du continent africain. Nous l\u2019interrogeons pour son exp\u00e9rience hors norme des enjeux li\u00e9s \u00e0 la mondialisation, \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles. Avant de revenir sur les pol\u00e9miques li\u00e9es au franc CFA, notre discussion s’attarde sur le discours de Ouagadougou du 29 novembre 2017, premier discours africain du pr\u00e9sident Emmanuel Macron, o\u00f9 se dessinait la volont\u00e9 d’esquisser une nouvelle relation entre l’Europe et l’Afrique. La r\u00e9flexion africaine nous permet, en miroir, d’interroger la situation et le devenir du continent europ\u00e9en.<\/em><\/p>\n\n\n\n Macron a r\u00e9ussi quelque chose d’unique dans le style. Beaucoup de pr\u00e9sidents fran\u00e7ais jouissent d’une estime consid\u00e9rable en Afrique, cela n’est bien s\u00fbr pas nouveau. C’est le cas de Fran\u00e7ois Hollande, m\u00eame si celui-ci a refus\u00e9 de tr\u00e8s nombreuses invitations sur le continent africain, depuis la fin de son mandat, pour laisser \u00e0 son successeur le temps de s’installer. Jacques Chirac b\u00e9n\u00e9ficie aussi d’un cr\u00e9dit d’estime particulier, mais aussi de beaucoup d’affection. Il faut se rappeler son extraordinaire discours \u00ab <\/em>Notre maison br\u00fble \u00bb, \u00e0 Johannesbourg en 2002<\/a>. Mais la particularit\u00e9 d’Emmanuel Macron, par rapport \u00e0 ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, est qu’il est per\u00e7u en Afrique comme le Pr\u00e9sident des jeunes du monde entier. Macron r\u00e9pond \u00e0 une aspiration tr\u00e8s forte, car l’Afrique est \u00e0 la fois le continent le plus jeune et celui o\u00f9 la classe politique a le plus d’anciennet\u00e9. La jeunesse africaine consid\u00e8re volontiers que la long\u00e9vit\u00e9 excessive de ses dirigeants est \u00e0 l’origine d’une partie des probl\u00e8mes du continent. Cette jeunesse s’identifie \u00e0 Macron, qui incarne \u00e0 ses yeux le renouvellement de la vie politique. Dans un continent o\u00f9 la dynamique entrepreneuriale est tr\u00e8s forte, Macron appara\u00eet \u00e9galement comme le pr\u00e9sident des start-up. Dans le style, Macron s’est adress\u00e9 aux jeunes de Ouagadougou d’une fa\u00e7on tr\u00e8s interactive, en balayant toutes les pr\u00e9parations qui \u00e9taient destin\u00e9es \u00e0 censurer les questions. Macron voulait frapper les esprits.<\/p>\n\n\n\n Aucun chef d’\u00c9tat africain ne peut se permettre un pareil exercice.<\/p>Lionel Zinsou<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Les journalistes en France ont retenu la pol\u00e9mique autour de quelques blagues<\/a> dans ce discours. Mais en Afrique, c’est surtout le caract\u00e8re interactif de la mise en sc\u00e8ne qui a marqu\u00e9 les esprits. C’\u00e9tait une d\u00e9monstration de d\u00e9mocratie en direct, devant 800 \u00e9tudiants libres de s’exprimer. Aucun chef d’\u00c9tat africain ne peut se permettre un pareil exercice. Surtout au Burkina Faso, tr\u00e8s syndiqu\u00e9, o\u00f9 la jeunesse est tr\u00e8s \u00e0 gauche.<\/p>\n\n\n\n\n\n Le discours de Ouagadougou se voulait refondateur, ce qu’il a r\u00e9ussi, sous r\u00e9serve bien s\u00fbr qu’il y ait maintenant des \u00e9l\u00e9ments de preuve que la France souhaite r\u00e9ellement une relation diff\u00e9rente avec l’Afrique. Emmanuel Macron faisait \u00e9galement \u00e9cho au discours : \u00ab Le temps de la Fran\u00e7afrique est r\u00e9volu \u00bb, prononc\u00e9 par Fran\u00e7ois Hollande en octobre 2012<\/a>, \u00e0 Dakar \u00e9galement. Ce discours avait moins marqu\u00e9 les esprits, mais il \u00e9tait aussi con\u00e7u pour effacer celui de Nicolas Sarkozy. Emmanuel Macron est all\u00e9 au-del\u00e0 du discours remarqu\u00e9 d’Obama \u00e0 Accra<\/a>, au Ghana, en 2009, qui portait sur le th\u00e8me : \u00ab Le futur de l’Afrique revient aux Africains \u00bb. Obama avait prononc\u00e9, au cours de ses mandats, plusieurs autres discours importants vis-\u00e0-vis de l’Afrique : celui de l’Universit\u00e9 du Caire, sur le rapprochement des \u00c9tats-Unis avec le monde musulman, mais \u00e9galement devant l’Union africaine, \u00e0 Addis-Abeba<\/a>. Le fait est que Donald Trump a r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant tous ces efforts en qualifiant plusieurs \u00c9tats africains de \u00ab <\/em> shithole countries \u00bb, <\/em>et qu’il a ainsi rendu un immense service \u00e0 la diplomatie fran\u00e7aise et europ\u00e9enne. La France occupe largement, en Afrique, le vide am\u00e9ricain. C’est aussi pourquoi le discours d’Emmanuel Macron \u00e9tait si attendu. Il y a \u00e9galement le discours \u00ab One Road, One Belt \u00bb<\/em>, de Xi Jinping. La Chine est maintenant le premier partenaire d’\u00e9changes de pr\u00e8s de 50 pays africains, en termes d’importations et d’exportations. Elle est le plus grand bailleur de fonds humanitaires \u00e0 destination de l’Afrique. Elle est aussi, et cela est trop peu remarqu\u00e9, le premier contributeur en hommes aux forces de maintien de la paix des Nations Unies avec notamment une base militaire \u00e0 Djibouti. Le message de \u00ab One Road, One Belt \u00bb<\/em> est tr\u00e8s fort et il y a aujourd’hui un programme chinois tr\u00e8s ambitieux en l’Afrique, avec lequel doit composer l’Europe. Le d\u00e9placement de Shinzo Abe en Afrique de l’Est \u00e9tait aussi remarquable. Jamais un premier ministre japonais n’\u00e9tait all\u00e9 en Afrique francophone de l’Est. La Ticad, le sommet Japon\/Afrique, organis\u00e9 \u00e0 Nairobi, \u00e9tait aussi un fait nouveau<\/a>, de m\u00eame que la tourn\u00e9e rarissime<\/a> de l’\u00e9mir du Qatar en Afrique de l’Ouest, en d\u00e9cembre dernier. L’intervention de Macron s’inscrit sur ce bruit de fond. Il ne s’agit pas simplement d’une op\u00e9ration fran\u00e7aise. Il y a eu r\u00e9cemment plusieurs prises de parole tr\u00e8s sc\u00e9nographi\u00e9es de la part des chefs d’\u00c9tat europ\u00e9ens. Merkel, en particulier, a redonn\u00e9 une voix \u00e0 l’Allemagne. Elle a lanc\u00e9 l’id\u00e9e du \u00ab <\/em>plan Marshall pour l’Afrique<\/a> \u00bb et en a fait une priorit\u00e9 \u00e0 l’occasion de sa pr\u00e9sidence du G20. L’affirmation par Merkel de la volont\u00e9 d’investir sur le continent africain est li\u00e9e \u00e0 une politique migratoire : pour tarir le flux des migrants, il faut \u00e0 terme un fort d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Ces prises de parole ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s entendues en Afrique, m\u00eame si elles ont \u00e9t\u00e9 peu remarqu\u00e9es par l’opinion fran\u00e7aise. Emmanuel Macron est de la m\u00eame fa\u00e7on per\u00e7u comme le \u00ab <\/em>pr\u00e9sident du climat \u00bb ! Cette situation n’est en r\u00e9alit\u00e9 possible que parce que les autres acteurs de la sc\u00e8ne internationale, notamment les \u00c9tats-Unis, se sont eux-m\u00eames rendus insignifiants sur ces sujets. On voit cependant que la position symbolique occup\u00e9e par Emmanuel Macron a une certaine r\u00e9alit\u00e9, une efficacit\u00e9 pratique. On l’a observ\u00e9 sur le sujet des travailleurs d\u00e9tach\u00e9s. Personne ne s’attendait \u00e0 ce que l’initiative fran\u00e7aise, au d\u00e9part unilat\u00e9rale, puisse aboutir \u00e0 quelque chose. Pourtant, les lignes ont finalement \u00e9volu\u00e9. Sur les autres sujets, ce n’est pas encore vrai, mais la parole de Macron est loin de rester sans effets. Je suis d’accord avec la plupart des \u00e9l\u00e9ments de ce discours. Sur la francophonie, le positionnement de Macron m’a paru tr\u00e8s juste. Il consistait \u00e0 dire que le Fran\u00e7ais est aujourd’hui la langue des Africains, autant que la langue des Fran\u00e7ais. \u00c0 la toute fin de son discours, Emmanuel Macron a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 deux reprises : \u00ab Je vous demande la route \u00bb. Au Burkina Faso, quand vous prenez cong\u00e9 de quelqu’un, vous lui demandez poliment si vous pouvez partir. Vous \u00ab demandez la route \u00bb, et on vous \u00ab donne la route \u00bb. C’est une expression typiquement burkinab\u00e9e. Parmi les journalistes fran\u00e7ais, personne n’a vraiment retenu cet emploi, mais le fait que Macron parle \u00ab Francophone \u00bb a fortement marqu\u00e9 le public africain. Les d\u00e9clarations de Macron sur la restitution du patrimoine ont pris tout le monde au d\u00e9pourvu.<\/p>Lionel Zinsou<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n L’annonce de la restitution du patrimoine africain, quant \u00e0 elle, \u00e9tait un scoop total ! Personne ne s’y attendait. On s’attendait, de la part d’Emmanuel Macron, \u00e0 une position proche de celle de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, notamment de Fran\u00e7ois Hollande : le patrimoine qui est en France est incessible, il restera en France et en Europe. Les d\u00e9clarations de Macron sur la restitution du patrimoine ont pris tout le monde au d\u00e9pourvu. Peu de dirigeants ont en r\u00e9alit\u00e9 pris position contre le franc CFA. Il y a quelques exceptions. Le pr\u00e9sident Kabor\u00e9 au Burkina Faso, partisan non pas d’une dissolution, mais d’une zone mon\u00e9taire \u00e9largie \u00e0 la Cedeao (Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l’Afrique de l’Ouest). Il y a aussi le pr\u00e9sident du Tchad Idriss D\u00e9by Itno, pour des raisons souverainistes. Celui-ci l’avait d’ailleurs affirm\u00e9 en recevant Marine Le Pen<\/a> pendant la campagne \u00e9lectorale. Avec, d’ailleurs, un mot cru de la dirigeante du Front National : \u00ab La souverainet\u00e9, c’est comme la virginit\u00e9, on est souverain ou on ne l’est pas \u00bb. Cette rencontre manifestait l’entente des populismes par-del\u00e0 les fronti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n\n\n \u00c0 vrai dire, les populations ne sont pas vraiment pr\u00e9occup\u00e9es par la question du franc CFA. Une monnaie fait son travail quand elle permet de r\u00e9aliser des paiements, quand n’est pas trop volatile, quand il n’y a pas de march\u00e9 des changes multiples. Le franc CFA r\u00e9pond \u00e0 ces attentes. La zone franc CFA ne conna\u00eet aucune difficult\u00e9 dans sa balance des paiements, qui est \u00e9quilibr\u00e9e. Sa monnaie est stable et convertible de fa\u00e7on illimit\u00e9e, sans probl\u00e8me de liquidit\u00e9 ou de convertibilit\u00e9, comme c’est le cas de fa\u00e7on r\u00e9currente au Maghreb, en Zambie ou au Kenya. Il garde \u00e9galement la valeur de l’\u00e9pargne dans la dur\u00e9e : le franc CFA n’a \u00e9t\u00e9 d\u00e9valu\u00e9 qu’une fois en 73 ans. Il est stable, avec une inflation entre 0 et 2 %. Les pol\u00e9miques sur le franc CFA ne se situent pas sur le terrain des arguments \u00e9conomiques.<\/p>Lionel Zinsou<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n
\n\n\n\nLe 29 novembre dernier, Emmanuel Macron pronon\u00e7ait un discours \u00e0 Ouagadougou<\/a>, au Burkina Faso, sur le devenir des relations entre l’Afrique d’une part, la France et l’Europe d’autre part. On a du mal \u00e0 dire s’il s’exprimait seulement au nom de la France, ou \u00e9galement au nom de l\u2019Europe. Ce discours a suscit\u00e9 des r\u00e9actions partag\u00e9es, en France. Qu\u2019en avez-vous pens\u00e9 ?
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Ce discours s’ inscrivait contre le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy en 2007<\/a>, qui lui-m\u00eame avait \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9 devant des \u00e9tudiants, mais pas de fa\u00e7on interactive. Le discours de Dakar, c’\u00e9tait surtout la phrase : \u00ab Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entr\u00e9 dans l’histoire \u00bb, qui avait \u00e9videmment d\u00e9clench\u00e9 une immense pol\u00e9mique sur le continent africain et une g\u00eane consid\u00e9rable en France.
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<\/p>\n\n\n\nComment le discours de Ouagadougou doit-il selon vous \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 dans le contexte, plus large, des relations de l\u2019Afrique avec les autres grandes puissances mondiales ?
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<\/p>\n\n\n\nQu’en est-il des relations entre l’Afrique et les autres puissances europ\u00e9ennes ?
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En r\u00e9alit\u00e9, la situation europ\u00e9enne para\u00eet aujourd’hui tr\u00e8s \u00e9trange du point de vue de l’Afrique. La Grande Bretagne est en train de quitter l’Union. L’Italie est de plus en plus gagn\u00e9e par le populisme, l’Allemagne a eu du mal \u00e0 former un gouvernement, l’Espagne doit faire face \u00e0 la crise catalane. Dans ce contexte, l’id\u00e9e d’Emmanuel Macron est de sortir la relation entre l’Afrique et la France de son dualisme, pour y substituer l’Europe comme un terme nouveau. Macron a clairement \u00e9t\u00e9 re\u00e7u comme le pr\u00e9sident de l’Europe. Il \u00e9tait, au moment de ce discours, le seul chef d’\u00c9tat en Europe \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier d’une position aussi forte, avec une majorit\u00e9 au Parlement.
<\/p>\n\n\n\nN’y a-t-il pas un paradoxe dans la d\u00e9finition parfois unilat\u00e9rale<\/a>, par le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais, d’une position europ\u00e9enne ? Emmanuel Macron a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme le \u00ab pr\u00e9sident de l’Europe \u00bb, mais cette fonction n’existe pas et ce porte-parolat repose, au fond, sur un concours de circonstances, voire sur un quiproquo.
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<\/p>\n\n\n\n\u00c0 Ouagadougou, quelles sont les d\u00e9clarations qui vous ont le plus marqu\u00e9 ?
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Le continent africain est pourtant le seul dont l’essentiel du patrimoine se trouve \u00e0 l’ext\u00e9rieur. On en parle pourtant assez peu, notamment en Europe. C’est la jeunesse africaine qui en parle le plus.
<\/p>\n\n\n\nQue pensez-vous des pol\u00e9miques qui ont suivi ce discours, concernant le franc CFA ? En r\u00e9action au discours de Ouagadougou, le 29 novembre dernier, l’\u00e9conomiste togolais Kako Nubukpo publiait une tribune dans Le Monde<\/a> pour d\u00e9noncer les effets \u00e9conomiques de cette monnaie commune. Le franc CFA sert-il selon vous le d\u00e9veloppement \u00e9conomique des \u00c9tats membres ?
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Pour la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des habitants de ces \u00c9tats, le franc CFA n’est pas du tout un probl\u00e8me. Les gens que cette question int\u00e9resse sont surtout des jeunes qui ont envie de livrer les derniers combats de la d\u00e9colonisation, avec des enjeux symboliques. Les gens cultiv\u00e9s, la jeunesse qui fait des \u00e9tudes, connaissent l’histoire du franc CFA et y voient un symbole li\u00e9 \u00e0 l’esclavage.<\/p>\n\n\n\n