{"id":95276,"date":"2020-12-26T06:30:00","date_gmt":"2020-12-26T05:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=95276"},"modified":"2020-12-25T16:22:27","modified_gmt":"2020-12-25T15:22:27","slug":"boulgakov","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/12\/26\/boulgakov\/","title":{"rendered":"Invisible et libre !"},"content":{"rendered":"\n

Deux grandes voix de la traduction litt\u00e9raire, Andr\u00e9 Markowicz (connu pour plus d\u2019une centaine de traductions, dont les \u0153uvres de Dosto\u00efevski, Shakespeare ou Pouchkine) et Fran\u00e7oise Morvan (autrice de plusieurs recueils et traductrice de nombreux po\u00e8mes de l\u2019anglo-normand m\u00e9di\u00e9val ainsi que de pi\u00e8ces de Shakespeare), qui ont d\u00e9j\u00e0 collabor\u00e9 \u00e0 la traduction du th\u00e9\u00e2tre complet de Tchekhov, ont livr\u00e9 cet automne une nouvelle traduction du chef d\u2019\u0153uvre de Mikha\u00efl Boulgakov (1891-1940), <\/em>Le Ma\u00eetre et Marguerite, aux \u00e9ditions Inculte. <\/em><\/p>\n\n\n\n

Apr\u00e8s celles de Claude Ligny (Robert Laffont), revue et corrig\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises, et de Fran\u00e7oise Flamant (Gallimard, Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade), cette troisi\u00e8me traduction offre un regard neuf sur la langue \u00e9tincelante de Boulgakov. Dans un texte c\u00e9l\u00e8bre, <\/em>Pourquoi lire les classiques, Italo Calvino attribue au \u00ab  classique  \u00bb, entre autres caract\u00e9ristiques, celle d\u2019\u00e9voluer au fil des lectures qui en sont faites  : \u00ab  Toute relecture d\u2019un classique est une d\u00e9couverte, comme la premi\u00e8re lecture.  \u00bb Pour les classiques \u00e9trangers, une nouvelle traduction est \u00e9galement une occasion d\u2019enrichir notre lecture d\u2019une \u0153uvre, en d\u00e9pla\u00e7ant l\u00e9g\u00e8rement le regard que nous lui portions, afin de la (re)d\u00e9couvrir, ni tout \u00e0 fait la m\u00eame, ni tout \u00e0 fait une autre.<\/em><\/p>\n\n\n\n

Cet enrichissement d\u2019un texte par la multiplicit\u00e9 de ses traductions est d\u2019autant plus pr\u00e9cieux dans le cas pr\u00e9cis du <\/em>Ma\u00eetre et Marguerite. En effet, ce roman riche et complexe est tiss\u00e9 de plusieurs niveaux d\u2019intrigue : les tribulations de l\u2019\u00e9lite litt\u00e9raire et administrative moscovite devant les d\u00e9sordres op\u00e9r\u00e9s par la figure de Satan, Woland, et sa bande ; le r\u00e9cit crypto-\u00e9vang\u00e9lique de la mort de \u00ab  Yeshoua  \u00bb en Jud\u00e9e et de sa rencontre avec Ponce-Pilate  ; et la bascule dans un monde fantastique o\u00f9 Woland conf\u00e8re des pouvoirs surnaturels \u00e0 la belle Marguerite, en lui permettant notamment de s\u2019envoler au-dessus de Moscou et de venger la mort du \u00ab  ma\u00eetre  \u00bb, son amant, \u00e9crivain rejet\u00e9 par la nomenklatura moscovite. Cette stratification de l\u2019intrigue offre \u00e9galement une multiplication des niveaux de lecture. La censure partielle et la d\u00e9formation du texte par le pouvoir communiste (l\u2019\u0153uvre n\u2019a paru en URSS dans sa version finale qu\u2019en 1973) attestent la dimension subversive d\u2019un texte aux nombreuses facettes. <\/em><\/p>\n\n\n\n

Son \u00e9nergie jubilatoire, sa po\u00e9sie d\u00e9routante permettent qu\u2019on le lise \u00e0 plusieurs reprises et \u00e0 plusieurs degr\u00e9s, mais toujours avec la m\u00eame fascination. C\u2019est \u00e0 cette aventure qu\u2019invitent la finesse et la beaut\u00e9 de cette nouvelle traduction.<\/em><\/p>\n\n\n\n

Chapitre 21. Le Vol.<\/h2>\n\n\n\n

Invisible et libre  ! Invisible et libre ! Marguerite survola la ruelle et se retrouva dans une autre, qui coupait la premi\u00e8re \u00e0 angle droit. Cette ruelle, rapi\u00e9c\u00e9e, rafistol\u00e9e, tordue, interminable avec la porte d\u00e9bo\u00eet\u00e9e de la droguerie o\u00f9 l\u2019on vendait, \u00e0 la tasse, du p\u00e9trole et, en flacons, une mixture contre les parasites, elle l\u2019eut travers\u00e9e en un instant prit conscience du fait que, m\u00eame si elle \u00e9tait totalement libre et invisible, il fallait quand m\u00eame qu\u2019elle reste un petit peu raisonnable dans sa jouissance. C\u2019est seulement par miracle que, parvenant \u00e0 freiner, elle \u00e9vita, \u00e0 l\u2019angle, de s\u2019\u00e9craser contre un vieux r\u00e9verb\u00e8re tordu. Marguerite l\u2019esquiva, serra son balai-brosse plus fort et vola plus lentement, en faisant attention aux fils \u00e9lectriques et aux panneaux suspendus de la chauss\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n

[…]<\/p>\n\n\n\n

Au bout de la ruelle, son attention fut attir\u00e9e par une immense et somptueuse b\u00e2tisse de sept \u00e9tages, un immeuble qui, visiblement, venait tout juste d\u2019\u00eatre construit. Marguerite descendit, et, une fois au sol, elle vit que la fa\u00e7ade de l\u2019immeuble \u00e9tait orn\u00e9e de marbre noir, que les portes \u00e9taient larges, que derri\u00e8re les vitres, on distinguait la casquette galonn\u00e9e d\u2019or et les boutons d\u2019un portier, et qu\u2019au-dessus des portes, se lisait en lettres d\u2019or cette inscription  : \u00ab  Immeuble du Dramlit  \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Marguerite regardait l\u2019inscription en plissant les yeux et en essayant de comprendre ce que pouvait signifier ce mot, \u00ab  Dramlit  \u00bb. Son balai-brosse sous le bras, Marguerite entra sous la porte coch\u00e8re, bousculant au passage le portier \u00e9bahi et vit, pr\u00e8s de l\u2019ascenseur, sur le mur, une immense plaque noire, avec, dessus, inscrits en lettres blanches, des num\u00e9ros d\u2019appartements et le nom des occupants. L\u2019inscription \u00ab  Immeuble du Dramaturge et du Litt\u00e9rateur  \u00bb lui fit pousser un hurlement sauvage, venu du fond de son \u00eatre. Elle s\u2019\u00e9leva dans les airs, un peu plus haut, et lut avidement les noms  : Koustov, Fofrerovski, Kvan, Krapulnikov, Latounski\u2026<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Latounski, cria Marguerite. Latounski  ! Mais c\u2019est lui\u2026 c\u2019est lui qui a perdu le ma\u00eetre  !<\/p>\n\n\n\n

Le portier, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, les yeux \u00e9carquill\u00e9s, et tressaillant m\u00eame de stupeur, regardait la plaque noire en essayant de comprendre ce prodige  : comment se faisait-il que la liste des occupants, soudain, s\u2019\u00e9tait mise \u00e0 crier  ?<\/p>\n\n\n\n

[…]<\/p>\n\n\n\n

Une fois qu\u2019elle en fut assur\u00e9e, Marguerite remonta dans les airs et, quelques secondes plus tard, par une fen\u00eatre ouverte, elle entrait dans une pi\u00e8ce sans lumi\u00e8re o\u00f9 la lune tra\u00e7ait juste un mince sentier d\u2019argent. Marguerite suivit ce sentier en courant, elle t\u00e2tonna le long des murs pour trouver l\u2019interrupteur. Une minute plus tard, tout l\u2019appartement \u00e9tait \u00e9clair\u00e9. Le balai-brosse attendait dans un coin. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre assur\u00e9e qu\u2019il n\u2019y avait personne, Marguerite ouvrit la porte donnant sur le palier et v\u00e9rifia la carte de visite. La carte \u00e9tait en place, Marguerite \u00e9tait bien l\u00e0 o\u00f9 elle voulait.<\/p>\n\n\n\n

Oui, raconte-t-on, m\u00eame encore aujourd\u2019hui, le critique Latounski bl\u00eamit en repensant \u00e0 cette soir\u00e9e terrifiante et, aujourd\u2019hui encore, c\u2019est avec v\u00e9n\u00e9ration qu\u2019il prononce le nom de Berlioz. Personne ne sait quel noir et sinistre crime aurait marqu\u00e9 ce soir-l\u00e0 \u2013 toujours est-il qu\u2019en revenant de la cuisine, Marguerite tenait un lourd marteau.<\/p>\n\n\n\n

Nue et invisible, la volante essayait de se contenir et de se calmer, ses mains tremblaient d\u2019impatience. Marguerite visa attentivement et frappa de son marteau les touches du piano, et l\u2019appartement tout entier fut d\u00e9chir\u00e9 par un premier hurlement de douleur. Le malheureux Becker de salon, totalement inoffensif, poussait des cris farouches. Ses touches s\u2019enfon\u00e7aient, leur placage d\u2019ivoire volait en mille morceaux. L\u2019instrument criait, grondait, r\u00e2lait, sonnait. Avec un bruit de revolver, le couvercle laqu\u00e9 de la caisse de r\u00e9sonance c\u00e9da sous le marteau. Marguerite, haletante, enfon\u00e7ait, arrachait les cordes \u00e0 coups de marteau. Elle finit par s\u2019\u00e9puiser, se rejeta en arri\u00e8re et s\u2019affala dans un fauteuil pour reprendre son souffle.<\/p>\n\n\n\n

Dans la salle de bains, l\u2019eau grondait \u00e0 faire peur \u2013 dans la cuisine aussi. \u00ab  \u00c7a doit commencer \u00e0 couler par terre…  \u00bb se dit Marguerite, et elle ajouta \u00e0 haute voix  : <\/p>\n\n\n\n

\u2013 Pas le moment de prendre racine.<\/p>\n\n\n\n

Un ruisseau coulait d\u00e9j\u00e0 de la cuisine dans le couloir. Ses pieds nus pataugeant dans l\u2019eau, Marguerite amenait des seaux d\u2019eau de la cuisine dans le bureau du critique et elle les renversait dans les tiroirs de son secr\u00e9taire. Ensuite, apr\u00e8s avoir fracass\u00e9 au marteau les portes de la biblioth\u00e8que de ce m\u00eame bureau, elle se pr\u00e9cipita dans la chambre \u00e0 coucher. Elle d\u00e9truisit l\u2019armoire \u00e0 glace, en sortir le costume du critique et le noya dans la baignoire. Sur le somptueux lit de la chambre \u00e0 coucher, elle versa tout le contenu de l\u2019encrier qu\u2019elle avait rafl\u00e9 dans le bureau. La destruction qu\u2019elle accomplissait lui procurait un plaisir br\u00fblant, mais, en m\u00eame temps, elle avait toujours l\u2019impression que le r\u00e9sultat en restait maigre. C\u2019est pourquoi elle se mit \u00e0 faire n\u2019importe quoi. Elle cassa les jardini\u00e8res aux ficus dans la pi\u00e8ce o\u00f9 se trouvait le piano. Avant d\u2019avoir fini, elle revint dans la chambre \u00e0 coucher et, arm\u00e9e d\u2019un couteau de cuisine, elle d\u00e9chira les draps, elle brisa les photos sous verre. Elle ne sentait aucune fatigue, mais la sueur ruisselait sur son corps.<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 ce moment, dans l\u2019appartement 82, sous l\u2019appartement de Latounski, la femme de m\u00e9nage du dramaturge Kvant prenait son th\u00e9 \u00e0 la cuisine et ne comprenait pas pourquoi, en haut, elle entendait se remue-m\u00e9nage, ce fracas, ce tintamarre. Elle leva la t\u00eate et vit soudain que, sous ses yeux, le plafond passait du blanc \u00e0 une esp\u00e8ce de teinte bleue cadav\u00e9rique. La tache s\u2019\u00e9largissait sous ses yeux, et, brusquement, des gouttes se mirent \u00e0 y perler. La femme de m\u00e9nage resta bien deux minutes \u00e0 s\u2019\u00e9bahir devant ce ph\u00e9nom\u00e8ne, jusqu\u2019\u00e0 ce moment o\u00f9 ce fut une v\u00e9ritable averse qui s\u2019abattit du plafond en tintant sur le plancher. L\u00e0, elle bondit, pla\u00e7a une bassine sous les trombes d\u2019eau, ce qui ne fut d\u2019aucune aide, du fait que l\u2019averse s\u2019amplifiait et commen\u00e7ait \u00e0 inonder la cuisini\u00e8re et la table charg\u00e9e de vaisselle. Alors, poussant un cri, la femme de m\u00e9nage de Kvant bondit hors de l\u2019appartement dans l\u2019ecalier et, \u00e0 l\u2019instant, des coups de sonnette r\u00e9sonn\u00e8rent chez Latounski.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Bon, \u00e7a se met \u00e0 sonner\u2026 Il est temps d\u2019y aller, dit Marguerite. Elle sauta sur son balai-brosse, \u00e9coutant la voix f\u00e9minine qui criait par le trou de la serrure.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Ouvrez, ouvrez ! Doussia, ouvre  ! Il y a une fuite, chez vous, ou quoi ? \u00c7a nous a tout inond\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Marguerite s\u2019\u00e9leva d\u2019un m\u00e8tre dans les airs et frappa sur le lustre. Deux ampoules \u00e9clat\u00e8rent et les pampilles vol\u00e8rent de tous c\u00f4t\u00e9s. Les cris par le trou de la serrure avaient cess\u00e9, des pas pr\u00e9cipit\u00e9s tonnaient dans l\u2019escalier. Marguerite s\u2019envola par la fen\u00eatre, se retrouva \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, prit un l\u00e9ger \u00e9lan et, d\u2019un grand coup de marteau, elle vit voler la vitre en \u00e9clats. La vitre \u00e9mit un sanglot et des d\u00e9bris de verre d\u00e9gringol\u00e8rent le long du mur de marbre poli. Marguerite vogua jusqu\u2019\u00e0 la fen\u00eatre suivante. Loin, en bas, des gens se mettaient \u00e0 courir sur le trottoir, une des deux voitures qui \u00e9taient \u00e0 l\u2019arr\u00eat devant l\u2019entr\u00e9e se mit \u00e0 vrombir et s\u2019\u00e9loigna. <\/p>\n\n\n\n

Apr\u00e8s en avoir fini avec les vitres de Latounski, Marguerite vogua jusqu\u2019\u00e0 l\u2019appartement voisin. Les coups se firent plus fr\u00e9quents, la ruelle s\u2019emplit de tintements et de fracas. Le portiers jaillit hors de la premi\u00e8re entr\u00e9e, leva les yeux, resta un instant ind\u00e9cis, et faute de comprendre, sans doute, par quoi il devait commencer, il se planta le sifflet dans le bec et se mit \u00e0 siffler furieusement. Apr\u00e8s avoir, avec un \u00e9lan tout particulier, fait voler en \u00e9clats la derni\u00e8re vitre du septi\u00e8me au son des coups de sifflets, Marguerite descendit d\u2019un \u00e9tage et entrepris, l\u00e0 encore, de casser les carreaux.<\/p>\n\n\n\n

\u00c9puis\u00e9 par sa longue inaction derri\u00e8re les portes vitr\u00e9es de son hall, le portier mettait tout son c\u0153ur \u00e0 siffler et, de fait, il sifflait au rythme m\u00eame des coups de Marguerite, comme s\u2019il l\u2019accompagnait. Durant les pauses au cours desquelles elle passait d\u2019une fen\u00eatre \u00e0 l\u2019autre, il reprenait son souffle, et, \u00e0 chaque coup que portait Marguerite, il gonflait ses joues et sifflait de toutes ses forces, vrillant l\u2019air nocturne jusqu\u2019au ciel.<\/p>\n\n\n\n

Ses efforts, joints \u00e0 ceux, fr\u00e9n\u00e9tiques, de Marguerite, eurent de grands r\u00e9sultats. L\u2019immeuble fut pris de panique. Les fen\u00eatres encore intactes s\u2019ouvraient toutes grandes, on y voyait surgir des t\u00eates qui se cachaient aussit\u00f4t et les fen\u00eatres ouvertes, elles, se fermaient. Aux fen\u00eatres des immeubles d\u2019en face, sur un fond lumineux, surgissaient les silhouettes noires de gens qui essayaient de comprendre pourquoi, sans la moindre raison, les fen\u00eatre \u00e9clataient dans le tout nouvel immeuble du Dramlit.<\/p>\n\n\n\n

Les gens se pr\u00e9cipitaient dans la ruelle vers l\u2019immeuble du Dramlit, et, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, dans tous les escaliers, on entendait les pas pr\u00e9cipit\u00e9s de gens qui s\u2019agitaient en d\u00e9pit du bon sens. La femme de m\u00e9nage de Kvant criait \u00e0 ceux qui couraient dans l\u2019escalier qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 inond\u00e9s et elle fut tr\u00e8s vite rejointe par la femme de m\u00e9nage de Khoustov, appartement n\u00b080, lequel se trouvait sous celui de Kvant. Chez les Khoustov, le flot, depuis le plafond, avait inond\u00e9 et la cuisine et les toilettes. En fin de compte, dans la cuisine des Kvant, une \u00e9norme plaque de pl\u00e2tre se d\u00e9tacha du plafond, cassant toute la vaisselle sale, et, l\u00e0, ce fut un vrai d\u00e9luge  : tout un fouillis de gravats d\u00e9tremp\u00e9s restait en suspens sous l\u2019averse. L\u00e0, des cris \u00e9clat\u00e8rent dans l\u2019escalier de la premi\u00e8re entr\u00e9e. Volant devant l\u2019avant-derni\u00e8re fen\u00eatre du troisi\u00e8me \u00e9tage, Marguerite jeta un coup d\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et vit un homme qui, pris de panique, s\u2019\u00e9tait affubl\u00e9 d\u2019un masque \u00e0 gaz. Apr\u00e8s un coup de marteau dans sa vitre, Marguerite l\u2019effraya et il disparut de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n

Et, soudain, la fr\u00e9n\u00e9sie de saccage cessa. Glissant vers le deuxi\u00e8me \u00e9tage, Marguerite jeta un coup d\u2019\u0153il par la fen\u00eatre d\u2019angle voil\u00e9e d\u2019un petit store sombre. La pi\u00e8ce \u00e9tait \u00e9clair\u00e9e par une toute petite veilleuse sous un petit abat-jour. Dans un petit lit \u00e0 filets, il y avait un gar\u00e7on de quatre-cinq ans, qui s\u2019\u00e9tait redress\u00e9 et qui tendait l\u2019oreille, tout effray\u00e9. Il n\u2019y avait pas d\u2019adulte dans la chambre. Ils s\u2019\u00e9taient tous pr\u00e9cipit\u00e9s dehors, sans doute.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 On casse les carreaux  ! dit le petit gar\u00e7on et il appela  : Maman  !<\/p>\n\n\n\n

Personne ne r\u00e9pondit, et il dit  :<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Maman, j\u2019ai peur.<\/p>\n\n\n\n

Marguerite repoussa le store et vola jusqu\u2019\u00e0 lui par la fen\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 J\u2019ai peur, dit le petit gar\u00e7on et il se mit \u00e0 trembler.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 N\u2019aie pas peur, n\u2019aie pas peur, petit gar\u00e7on, dit Marguerite, s\u2019effor\u00e7ant d\u2019adoucir sa voix criminelle \u00e9raill\u00e9e par le vent, c\u2019est des gamins qui cassaient des carreaux.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Au lance-pierre ? demanda le gamin, cessant de trembler.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Oui, au lance-pierre, confirma Marguerite, et, toi, dors  !<\/p>\n\n\n\n

\u2013 C\u2019est Sitnik, dit le gamin, il  a un lance-pierre.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 C\u2019est s\u00fbr  !<\/p>\n\n\n\n

Le petit gar\u00e7on lan\u00e7a un regard finaud quelque part sur les c\u00f4t\u00e9s et demanda  :<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Mais toi, tu es o\u00f9, madame  ?<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Je ne suis pas l\u00e0, r\u00e9pondit Marguerite, je suis dans ton r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Je me disais aussi, fit le petit gar\u00e7on. <\/p>\n\n\n\n

\u2013 Recouche-toi, ordonna Marguerite, mets ta main sous ta joue, et tu me verras en r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Bon, ben, viens dans mon r\u00eave alors, fit le petit gar\u00e7on et il se recoucha \u00e0 l\u2019instant, la main sous la joue ;<\/p>\n\n\n\n

\u2013 Je vais te dire un conte, reprit Marguerite et elle posa sa main br\u00fblante sur le petit cr\u00e2ne ras\u00e9. Il \u00e9tait une fois une dame. Elle n\u2019avait pas d\u2019enfants et elle n\u2019avait pas de bonheur non plus. Au d\u00e9but, elle pleurait, et puis elle est devenue m\u00e9chante\u2026 <\/p>\n\n\n\n

Marguerite se tut, retira sa main \u2013 le petit gar\u00e7on dormait.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

L’\u00e9nergie jubilatoire, l’inventivit\u00e9 stylistique, l’imaginaire sans limite de Boulgakov r\u00e9sonnent \u00e0 nouveau dans cette traduction du Ma\u00eetre et Marguerite<\/em> par Andr\u00e9 Marcowicz et Fran\u00e7oise Morvan. \u00c9coutons la fr\u00e9n\u00e9sie fracassante de Marguerite flottant dans les airs.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":95790,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-speeches.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1728],"tags":[],"geo":[550],"class_list":["post-95276","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-arts","staff-mathieu-roger-lacan","geo-russie"],"acf":[],"yoast_head":"\nInvisible et libre ! | Le Grand Continent<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/12\/26\/boulgakov\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Invisible et libre ! 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