{"id":91971,"date":"2020-11-20T15:08:38","date_gmt":"2020-11-20T14:08:38","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=91971"},"modified":"2020-11-25T13:08:33","modified_gmt":"2020-11-25T12:08:33","slug":"la-poesie-desentropise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/11\/20\/la-poesie-desentropise\/","title":{"rendered":"La po\u00e9sie d\u00e9sentropise"},"content":{"rendered":"\n<p><em>La po\u00e9sie d\u00e9sentropise<\/em>, \u00e9crit la po\u00e9tesse Ad\u00edlia Lopes en ouverture de son dernier livre (<em>Dias et Dias<\/em>, Ass\u00edrio &amp; Alvim, Lisboa 2020), dans un vers qui ose un n\u00e9ologisme t\u00e9m\u00e9raire et s\u00e9duisant qu\u2019on peut lire comme une \u00e9pigraphe \u00e0 toute son \u00e9criture, dont la texture discr\u00e8te et tenace n\u2019exc\u00e8de jamais le registre quotidien, l\u2019esth\u00e9tique du fragment de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jours (<em>Des jours et des jours)<\/em>, passent, d\u00e9vorant nos vies et y faisant cro\u00eetre l\u2019entropie, mais la po\u00e9sie est une horloge qui inverse le cours du temps. Elle ne se limite pas simplement \u00e0 la m\u00e9moire de ce que cette course a emport\u00e9, mais reconstitue plus radicalement ce qui a \u00e9t\u00e9, comme ce que nous n\u2019avons pas \u00e9t\u00e9, renouant avec une pl\u00e9nitude du sens que la pr\u00e9sence pure abolit et qui n\u2019est accessible que par la fracture de ce qui n\u2019est plus. Ainsi, celle qui \u00e9crit a <em>60 ans adolescents, <\/em>car elle<em> \u00e9crit comme quand elle avait 11 ans et voyageait au deuxi\u00e8me \u00e9tage de l\u2019omnibus urbain <\/em>(7-VI-2020, p.55)&#160;: la po\u00e8te redevient celle qu\u2019elle \u00e9tait quand elle \u00e9crit sur ce qu\u2019elle \u00e9tait.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle se livre \u00e0 la contemporan\u00e9it\u00e9 radicale du pr\u00e9sent qui resurgit apr\u00e8s-coup, comme compr\u00e9hension de soi dans la parole po\u00e9tique, comme une apparition qui n\u2019a lieu une seule fois, une fois pour toutes, dans la n\u00e9cessit\u00e9 irr\u00e9versible de l\u2019instantan\u00e9it\u00e9. Irr\u00e9versible est ce qui passe, parce que le temps ne se donne \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience et comme exp\u00e9rience, que comme instant insaisissable. Toutefois, le sujet, en tant que vivant, ne peut s\u2019emp\u00eacher de se projeter dans cette cessation incessante et d\u2019y esp\u00e9rer une continuit\u00e9. L\u2019\u00e9vidence du <em>jamais plus<\/em> se fait alors apparition durable dans l\u2019actualit\u00e9 symbolique du po\u00e8me, dans la fatigue du sens, forme dans laquelle le sujet rencontre sa propre v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les nombreuses choses qu\u2019on peut apprendre de la litt\u00e9rature, d\u2019un po\u00e8me (<em>J\u2019ai appris dans un po\u00e8me de Fleur Adcock que je pouvais manger du pain avec du fromage et des tomates. Je n\u2019avais jamais essay\u00e9 d\u2019ajouter des tomates au pain avec du fromage. La litt\u00e9rature m\u2019apprend tout. <\/em>23-V-2020, p. 49), la plus importante est certainement de d\u00e9masquer l\u2019injonction mensong\u00e8re du <em>carpe diem<\/em> comme une tromperie tragique, de reconna\u00eetre que l\u2019entropie n\u2019est pas la corrosion du maintenant par l\u2019apr\u00e8s, mais plut\u00f4t la corrosion du maintenant comme impossibilit\u00e9 de la pr\u00e9sence, comme inaccessibilit\u00e9 du maintenant \u00e0 celui qui le vit. Le temps est le don du monde en tant que forme incessante, merveilleusement multiforme, fragmentation color\u00e9e, soustraction <em>tragique <\/em>&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Ao longo dos anos foram demolindo as casas de Lisboa que tinham azulejos antigos lind\u00edssimos na fachada. Os azulejos eram partidos, destru\u00eddos. Eu, quando passava por uma obra destas, apanhava do ch\u00e3o fragmentos de azulejos. Enfeitei as minhas estantes com estes bocadinhos de azulejos. Fica lindo, muito colorido, brilhante, mas \u00e9 tr\u00e1gico.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(9-V-2020, p. 46)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Au fil des ans, on a d\u00e9moli les maisons de Lisbonne qui avaient des tr\u00e8s beaux vieux carreaux sur la fa\u00e7ade. Les carreaux \u00e9taient cass\u00e9s, d\u00e9truits. Quand je passais au long d\u2019un de ces chantiers, je ramassais des fragments de carreaux sur le sol. J\u2019ai d\u00e9cor\u00e9 mes \u00e9tag\u00e8res avec ces petits morceaux de carreaux. C\u2019est beau, tr\u00e8s color\u00e9, brillant, mais c\u2019est tragique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(9-V-2020, p. 46)<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cette raison, la po\u00e8te ne raconte pas d\u2019histoires, elle ne raconte pas le pass\u00e9, elle ne reconstruit pas le fil de la m\u00e9moire, elle ne cherche pas l\u2019unit\u00e9 du perdu (de l\u2019exp\u00e9rience et du discours). La po\u00e8te n\u2019\u00e9crit pas un journal de sa propre vie, une chronique de sa propre \u00e9poque, elle ne<em> se souvient<\/em> pas des choses, des \u00eatres, des \u00e9v\u00e9nements. Son texte est une forme de fiction accord\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire (dispositif inexorablement artificiel du <em>comme si<\/em>), n\u00e9cessaire \u00e0 la survie du sujet, qui pour ne pas sombrer doit se penser comme un, malgr\u00e9 sa propre dissolution dans les jours (jour apr\u00e8s jour), mais la po\u00e8te ne peut se pr\u00eater \u00e0 cette fiction si sa mission est de dire la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience, l\u2019exp\u00e9rience comme v\u00e9rit\u00e9. Humblement, silencieusement, la po\u00e8te ne fait que ramasser du sol la vie effrit\u00e9e en fragments inutilisables, en les reconnaissant comme pleinement actuels, en en faisant une partie <em>durable<\/em> de ce que nous sommes&#160;: non pas un tas de pass\u00e9, mais un pr\u00e9sent qui sombre sans cesse, un pr\u00e9sent qui appara\u00eet comme dispara\u00eetre, et qui ne peut donc \u00eatre \u00ab&#160;sauv\u00e9&#160;\u00bb que dans la reconnaissance de cette inaccessibilit\u00e9 originelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>moi<\/em> dit par la po\u00e9sie, le <em>moi<\/em> temporel dans la radicalit\u00e9 de sa propre non repr\u00e9sentabilit\u00e9, est un ensemble chaotique de synecdoques (textuelles, sensorielles, \u00e9motionnelles) qui s\u2019organisent, \u00e9blouissantes, intermittentes, ind\u00e9l\u00e9biles, dans le pr\u00e9sent du mot comme une apparition qui a le pouvoir ingouvernable des accidents&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Comecei a ouvir a Musa quando ia fazer 23 anos. Antes n\u00e3o ouvia a Musa. Eu sei que falar assim parece banha da cobra. Mas n\u00e3o \u00e9. J\u00e1 contei isto muitas vezes. A minha gata tinha desaparecido, eu estava muito triste, aflita. De repente na minha cabe\u00e7a estava um poema sobre a gata. Peguei no caderno e na esferogr\u00e1fica e escrevi. Ouvir a Musa n\u00e3o \u00e9 s\u00f3 ter prazer em escrever, ter vontade de escrever, ter ideias ou imagens como eu tinha aos 11 anos. \u00c9 aparecer o texto na cabe\u00e7a vindo n\u00e3o sei de onde. E a minha gata apareceu. N\u00e3o s\u00e3o os textos que me interessam, quero l\u00e1 saber da Musa. Quero \u00e9 a gata, o afecto, a vida, a gata.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(7-VI-2020, p. 55)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 ou\u00efr la Muse \u00e0 23 ans. Je n\u2019entendais pas la Muse auparavant. Je sais que ce discours semble de la poudre de perlimpinpin. Mais ce n\u2019en est pas. Je l\u2019ai dit plusieurs fois. Mon chat avait disparu, j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s triste, en d\u00e9tresse. Soudain, dans ma t\u00eate, il y avait un po\u00e8me sur le chat. J\u2019ai pris le cahier et le stylo et j\u2019ai \u00e9crit. \u00c9couter la Muse, ce n\u2019est pas seulement avoir le plaisir d\u2019\u00e9crire, l\u2019envie d\u2019\u00e9crire, avoir des id\u00e9es ou des images comme j\u2019en avais \u00e0 11 ans. C\u2019est voir appara\u00eetre le texte dans sa t\u00eate, venu d\u2019on ne sait o\u00f9. Et mon chat est apparu. Ce ne sont pas les textes qui m\u2019int\u00e9ressent, je me fiche de la Muse. Ce que je veux, c\u2019est le chat, l\u2019affection, la vie, le chat.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(7-VI-2020, p. 55)<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie, tout comme la vie, est une apparition accidentelle. Pr\u00e9sence d\u00e9sir\u00e9e mais jamais poss\u00e9d\u00e9e, qui se manifeste comme indisponibilit\u00e9, puissance \u00e0 laquelle le sujet est soumis, dans la d\u00e9pendance inconditionnelle qu\u2019est l\u2019amour, dans la menace permanente qu\u2019est le d\u00e9sir&#160;: s\u2019exposer au manque comme condition de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8me n\u2019est donc pas \u00e9crit par la po\u00e8te (<em>\u00c9couter la Muse, ce n\u2019est pas seulement avoir le plaisir d\u2019\u00e9crire, l\u2019envie d\u2019\u00e9crire,<\/em>), mais il lui appara\u00eet comme une beaut\u00e9 \u00e9trang\u00e8re, d\u00e9sirable (<em>C\u2019est appara\u00eetre le texte dans la t\u00eate venant de je ne sais o\u00f9<\/em>), au moment o\u00f9 elle fait exp\u00e9rience de la vie comme dispara\u00eetre (<em>Mon chat avait disparu<\/em>) et dit cet effacement comme la v\u00e9rit\u00e9 dans laquelle la vie se livre (<em>Et mon chat est apparu<\/em>). En \u00e9tant dite comme disparition, la pr\u00e9sence se manifeste pour ce qu\u2019elle est, dans l\u2019authenticit\u00e9 d\u2019une apparition textuelle dont l\u2019exp\u00e9rience fait partie sans pouvoir la saturer, qui s\u2019\u00e9tablit dans l\u2019articulation symbolique entre exp\u00e9rience entropique et parole d\u00e9sentropique, entre vie et po\u00e9sie, entre chat et texte, affection et sens. Le texte ne remplace pas le chat, le sens ne remplace pas l\u2019affection, le mot ne remplace pas la vie (<em>Ce ne sont pas les textes qui m\u2019int\u00e9ressent, je me fiche de la Muse. Ce que je veux, c\u2019est le chat, l\u2019affection, la vie, le chat<\/em>), mais sans texte le chat dispara\u00eet pour toujours, sans Muse l\u2019affection, la vie, se dissolvent, corrod\u00e9es par la rouille du chaos pur&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>A vida muda<\/em><br><em>catavento enferrujado<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(27-III-2020, p. 19)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>La vie chang<\/em>e<br><em>girouette rouill\u00e9e<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(27-III-2020, p. 19)<\/p>\n\n\n\n<p>Le v\u00e9ritable d\u00e9fi, d\u00e9sentropique, du mot n\u2019est pas de mettre de l\u2019ordre dans la d\u00e9sorganisation grouillante \u00e9tablie par l\u2019instantan\u00e9it\u00e9 comme cessation perp\u00e9tuelle, par le pr\u00e9sent comme contingence radicale. Toute ambition en ce sens est vou\u00e9e \u00e0 la frustration et \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition st\u00e9rile&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Arrumo a casa, continuo a arrumar a casa, tarefa sem fim. A casa est\u00e1 por arrumar h\u00e1 mais de cem anos. Loi\u00e7as partidas, pap\u00e9is velhos, roupas que n\u00e3o servem para nada. Circulo pelos quartos. Os quartos comunicam entre si, t\u00eam muitas portas, as portas t\u00eam bandeiras das portas, isto \u00e9, vidra\u00e7as ao alto das portas junto ao tecto. Os quartos s\u00e3o oito. A luz circula de uns quartos para os outros pelas bandeiras das portas. Posso andar aqui \u00e0s voltas infinitamente<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p>(7-IV-2020, p. 25)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Je range ma maison, je continue \u00e0 ranger la maison, une t\u00e2che sans fin. La maison attend d\u2019\u00eatre rang\u00e9e depuis plus de cent ans. Vaisselle cass\u00e9e, vieux papiers, v\u00eatements inutiles. Je fais le tour des pi\u00e8ces. Les pi\u00e8ces communiquent entre elles, ont de nombreuses portes, les portes ont des \u0153ils-de-b\u0153uf, c\u2019est-\u00e0-dire des vitres en haut des portes, pr\u00e8s du plafond. Il y a huit pi\u00e8ces. La lumi\u00e8re circule d\u2019une pi\u00e8ce \u00e0 l\u2019autre \u00e0 travers les \u0153ils-de-b\u0153uf sur les portes. Ici, je peux tourner en rond sans fin.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(7-IV-2020, p. 25)<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie d\u00e9sentropise, non parce qu\u2019elle emp\u00eache la dissolution, le chaos, la rouille, la poussi\u00e8re, le vieillissement, la d\u00e9su\u00e9tude, mais parce qu\u2019elle dit tout cela comme si cela avait un sens, parce qu\u2019elle circule dans l\u2019exp\u00e9rience temporelle, dans le va-et-vient binaire sans direction entre pr\u00e9sence et absence, apparition et disparition, inscrivant symboliquement l\u2019infini qui fait du pr\u00e9sent instantan\u00e9ment cessant, instantan\u00e9ment fini, une apparition irr\u00e9versible accueillie par le sujet comme une singularit\u00e9 in\u00e9puisable dans l\u2019affection, dans le d\u00e9sir, dans la m\u00e9moire qui ne cr\u00e9e pas l\u2019unit\u00e9 mais la multitude&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>\u00c9 poss\u00edvel fazer o s\u00edmbolo do infinito a entrar e a sair pelas portas deste quarto.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(27-IV-2020<em>, <\/em>p. 36)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Il est possible de faire le symbole de l\u2019infini en entrant et en sortant par les portes de cette pi\u00e8ce. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(27-IV-2020, p. 36)<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9moire et le d\u00e9sir (respectivement, la non-r\u00e9signation de l\u2019affection \u00e0 la disparition et \u00e0 l\u2019absence, le brandissement de la dur\u00e9e comme v\u00e9rit\u00e9 irr\u00e9ductible du sujet contre l\u2019instantan\u00e9it\u00e9 de la cessation comme v\u00e9rit\u00e9 du temps) attestent le pouvoir de signification de l\u2019infini qui fait manifester la pr\u00e9sence incessamment cessante du fini comme une apparition irr\u00e9versiblement vraie, d\u00e9finitive, irrempla\u00e7able dans sa singularit\u00e9. La v\u00e9rit\u00e9 de ce qui a \u00e9t\u00e9 non comme pr\u00e9sence mais comme une apparition donn\u00e9e au sujet, ne peut \u00eatre effac\u00e9e m\u00eame si ce qui a \u00e9t\u00e9 n\u2019est plus. C\u2019est pourquoi le po\u00e8te vit sa vie comme une petite maison en d\u00e9sordre, qui continue de se salir et de vieillir, sachant que ce qui compte, ce n\u2019est pas l\u2019effort sans fin pour endiguer la corrosion (raconter, assembler, faire semblant d\u2019une unit\u00e9 impossible, produire une dur\u00e9e artificiel), mais y circulant avec la g\u00e9n\u00e9reuse libert\u00e9 de la lumi\u00e8re (<em>La lumi\u00e8re circule d\u2019une pi\u00e8ce \u00e0 l\u2019autre<\/em>), qui rend visible (fait appara\u00eetre) tout ce qu\u2019elle touche, sans distinguer entre le grand et le petit, l\u2019ancien et le nouveau, le sale et le propre, le pr\u00e9sent et le pass\u00e9. Le saut sur les genoux du chat r\u00e9apparu, le parfum des eucalyptus venant par la fen\u00eatre de la maison&#160;; les biscuits au chocolat emball\u00e9s minutieusement dans un sac de 250 gr, livr\u00e9 par l\u2019\u00e9picier&#160;; les fen\u00eatres de l\u2019appartement des grands-parents&#160;; les le\u00e7ons de travaux manuels&#8230; La po\u00e9sie est l\u2019illumination <em>m\u00e9ticuleuse<\/em> de petits moments qui ne font pas une histoire, une vitrine pleine de fripes. Ce sont de modestes \u00e9piphanies qui ne r\u00e9v\u00e8lent qu\u2019elles-m\u00eames \u2013 <em>pas rares, ch\u00e8res, pr\u00e9cieuses, <\/em>mais<em> <\/em>simplement<em> aim\u00e9es <\/em>\u2013 que le mot ne repr\u00e9sente ni n\u2019interpr\u00e8te, mais expose, donne \u00e0 voir, dans l\u2019actualit\u00e9 radicalement contingente de leur <em>\u00eatre une chose<\/em>, ou une partie du monde&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Eu sei que, quando falo da minha casa, parece que estou a descrever a casa da mariquinhas. Gosto de objectos, de coisas. Cresci numa casa em que n\u00e3o se deitava quase nada fora. Durante cem anos as pessoas foram guardando porcarias e coisas boas. As pessoas vinham de um tempo em que havia falta de coisas e aqui o dinheiro foi sempre pouco. Tenho muitos objectos, n\u00e3o s\u00e3o coisas raras, caras, preciosas. S\u00e3o coisas queridas para mim. Saturo o espa\u00e7o com objectos, sou barroca, tenho horror ao vazio. \u00c0s vezes lembro-me de um objecto que n\u00e3o vejo h\u00e1 muito tempo. Ainda o tenho&#160;? Onde est\u00e1&#160;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;<\/em>(7-VI-2020, p. 54)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Je sais que quand je parle de ma maison, il semble que je d\u00e9cris une maison qui n\u2019est plus. J\u2019aime les objets, les choses. J\u2019ai grandi dans une maison o\u00f9 presque rien n\u2019\u00e9tait jet\u00e9. Depuis cent ans, les gens ont gard\u00e9 \u00e0 la fois des ordures et des choses valables. Les gens venaient d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 les choses manquaient, et ici l\u2019argent a toujours \u00e9t\u00e9 rare. J\u2019ai beaucoup d\u2019objets&#160;; ce ne sont pas des choses rares, ch\u00e8res, pr\u00e9cieuses. Ce sont des choses aim\u00e9es. Je sature d\u2019objets l\u2019espace, je suis baroque, j\u2019ai horreur du vide. Parfois, je me souviens d\u2019un objet que je n\u2019ai pas vu depuis longtemps. Est-ce que je l\u2019ai toujours&#160;? O\u00f9 est-il&#160;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(7-VI-2020, p. 54)<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa finitude, la vie est satur\u00e9e par l\u2019accumulation infinie d\u2019instants infinit\u00e9simaux, dont la discontinuit\u00e9 se r\u00e9sout comme continuit\u00e9 dans la coupure de Dedekind op\u00e9r\u00e9e par le mot po\u00e9tique&#160;: \u00ab&#160;Tout ce qui s\u2019applique au fini s\u2019applique aussi \u00e0 l\u2019infini&#160;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Nunca esque\u00e7o o problema da habita\u00e7\u00e3o. Posso brincar \u00e0s casinhas porque ainda tenho casa. Arrumo as minhas coisas minuciosamente. As minhas coisas securizam-me. Sou dom\u00e9stica.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(7-V-2020 p. 44)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>Je n\u2019oublie jamais le probl\u00e8me du domicile. Je peux jouer \u00e0 la d\u00eenette parce que j\u2019ai encore une maison. Je range soigneusement mes affaires. Mes affaires m\u2019offrent une s\u00e9curit\u00e9. Je suis m\u00e9nag\u00e8re.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;(7-V-2020 p. 44)<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture modeste, domestique, intime, prosa\u00efque, \u2018f\u00e9mininement\u2019 concr\u00e8te d\u2019Ad\u00edlia Lopes n\u2019oublie jamais le probl\u00e8me de l\u2019habitation (\u00eatre ou ne pas \u00eatre chez soi sur cette terre, dans cette vie), mais l\u2019aborde \u00e0 la lumi\u00e8re de la gr\u00e2ce enfantine de savoir jouer avec lui&#160;; elle n\u2019oublie jamais le caract\u00e8re tragique de l\u2019exp\u00e9rience, mais y fait face avec cet amour du bonheur sans lequel il n\u2019y aurait pas de po\u00e9sie (7-VI-2020, p. 51)&#160;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>\u00c9 a quarentena do coronav\u00edrus. N\u00e3o devo sair de casa. Tenho 60 anos, hipertens\u00e3o e diabetes. Vivo sozinha. N\u00e3o tenho net, n\u00e3o tenho televis\u00e3o. Nem um candeeiro tenho para ler e escrever. Os trocos s\u00e3o poucos. Mas sou feliz<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>(31-III-2020, p. 21)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>C\u2019est la quarantaine du coronavirus. Je ne dois pas quitter la maison. J\u2019ai 60 ans, de l\u2019hypertension et un diab\u00e8te. Je vis seule. Je n\u2019ai pas d\u2019internet, je n\u2019ai pas de t\u00e9l\u00e9vision. Je n\u2019ai m\u00eame pas de lampe pour lire et \u00e9crire. L\u2019argent est rare. Mais je suis heureuse.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(31-III-2020, p. 21)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les jours (Des jours et des jours), passent, d\u00e9vorant nos vies et y faisant cro\u00eetre l\u2019entropie, mais la po\u00e9sie est une horloge qui inverse le cours du temps.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":91975,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-reviews.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1728],"tags":[],"staff":[2170,2169],"editorial_format":[],"serie":[],"audience":[],"geo":[1917],"class_list":["post-91971","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-arts","staff-antonio-m-feijo","staff-teresa-bartolomei","geo-europe"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.1.1 - 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