{"id":8947,"date":"2018-10-14T22:00:39","date_gmt":"2018-10-14T20:00:39","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=8947"},"modified":"2019-04-06T08:27:14","modified_gmt":"2019-04-06T06:27:14","slug":"poseidon-coule-t-il-ou-des-hesitations-francaises-en-termes-darmement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/10\/14\/poseidon-coule-t-il-ou-des-hesitations-francaises-en-termes-darmement\/","title":{"rendered":"Pos\u00e9idon coule-t-il ? Ou des h\u00e9sitations fran\u00e7aises en termes d\u2019armement"},"content":{"rendered":"\n

Paris.<\/em> On le savait d\u00e9j\u00e0, sur le plan politique, Paris et Rome ne s\u2019entendent plus depuis quelques mois. Lundi dernier encore, \u00c9douard Philippe et le vice-premier ministre italien Matteo Salvini, ont eu des \u00e9changes tr\u00e8s \u00ab francs et directs \u00bb d\u00e8s le d\u00e9but du G6 \u00e0 Lyon (1<\/strong>). Le d\u00e9but d\u2019une tr\u00e8s longue semaine pour les relations franco-italiennes, puisque, depuis lors, l\u2019opposition a gagn\u00e9 le milieu de l\u2019armement. En effet, selon des sources concordantes, Paris refuserait le principe d’une prise de participations crois\u00e9es entre les groupes Fincantieri et Naval Group. Cet \u00e9change de participations \u00e9tait pourtant le c\u0153ur du projet industriel, appel\u00e9 Pos\u00e9idon, visant \u00e0 constituer une entit\u00e9 europ\u00e9enne de d\u00e9fense sp\u00e9cialis\u00e9e dans le domaine militaire naval.<\/p>\n\n\n\n

En d\u00e9but de semaine, c\u2019est l\u2019annonce du rapprochement des deux groupes italiens Fincantieri et Leonardo, qui a port\u00e9 un nouveau coup de semonce au projet. Ils annon\u00e7aient en effet de nouvelles lignes directrices pour renforcer leur coop\u00e9ration dans le domaine des navires de guerre, au sein de leur entreprise conjointe Orizzonte Sistemi Navali (OSN) (2<\/strong>). Avec OSN, Fincantieri se dote d\u00e9sormais d\u2019un \u00e9lectronicien (Leonardo) avec qui travailler, ce que Naval Group poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 via ses contacts avec Thal\u00e8s. Paris craint donc que le rapprochement entre Fincantieri (5 milliards de chiffre d\u2019affaire) et Naval Group (3,7 milliards) ne se fasse au d\u00e9triment de ce dernier et de Thal\u00e8s. Mais pas seulement, car l\u2019affaire se double de blocages politiques et de rivalit\u00e9s industrielles franco-fran\u00e7aises.<\/p>\n\n\n\n

D\u2019abord, l\u2019activit\u00e9 sous-marine de Naval Group est un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la force de dissuasion fran\u00e7aise, dont il est hors de question de c\u00e9der le contr\u00f4le. Ensuite, les sorties de Matteo Salvini sur l\u2019\u00a0\u00bbhypocrite pr\u00e9sident \u00bb Macron, puis celles de la ministre italienne de la d\u00e9fense Elisabetta Trenta contre une France \u00ab en partie responsable du d\u00e9sastre \u00bb en Libye ont refroidi les relations entre les deux pays (5<\/strong>). Enfin, Thal\u00e8s, qui a ses entr\u00e9es dans les minist\u00e8res, s\u2019est toujours oppos\u00e9 \u00e0 ce projet. Craignant que Leonardo ne vienne concurrencer ses produits, l\u2019\u00e9lectronicien fran\u00e7ais se soucie aussi de trouver une place au sein des infrastructures de d\u00e9fense europ\u00e9ennes. Ni dans les groupes franco-allemands (Nexter\/Krauss Maffei Wegmann et Dassault\/Airbus), ni dans le franco-italien (Naval Group\/Fincantieri), ni m\u00eame dans le franco-britannique (MBDA), Thal\u00e8s n\u2019a son nom sur le fronton (7<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Cet accrochage entre Rome et Paris n\u2019est pas sans rappeler celui apparu en juin. La France et huit autres pays europ\u00e9ens lan\u00e7aient alors l\u2019Initiative europ\u00e9enne d\u2019intervention (IEI), compl\u00e9mentaire de la CSP et visant \u201c\u00e0 favoriser l\u2019\u00e9mergence d\u2019une culture strat\u00e9gique europ\u00e9enne et, en particulier, \u00e0 renforcer la capacit\u00e9 des Europ\u00e9ens \u00e0 agir ensemble\u201d (3<\/strong>). Une initiative \u00e0 laquelle n\u2019appartient pas l\u2019Italie, qui a souhait\u00e9, pour le moment, se mettre en retrait. Or, la question du poids de l\u2019Italie dans la future \u201cEurope de la d\u00e9fense\u201d est cruciale. Alors que le d\u00e9part du Royaume-Uni laisse la France comme seule grande puissance militaire de l\u2019Union, Paris ne peut compter sur un seul soutien militaire de la Bundeswehr, trop faible pour faire face aux enjeux internationaux, et la d\u00e9cision italienne de diminuer de 500 millions le budget allou\u00e9 \u00e0 ses arm\u00e9es ne devrait pas aider la France \u00e0 r\u00e9soudre l\u2019\u00e9quation (4<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n