{"id":84238,"date":"2020-09-19T17:35:52","date_gmt":"2020-09-19T15:35:52","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=84238"},"modified":"2020-09-21T09:43:18","modified_gmt":"2020-09-21T07:43:18","slug":"gazprom-en-detresse-moscou-en-alerte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/09\/19\/gazprom-en-detresse-moscou-en-alerte\/","title":{"rendered":"Gazprom en d\u00e9tresse, Moscou en alerte ?"},"content":{"rendered":"\n
Parmi les nombreux et divers h\u00e9ritages de l’\u00e8re sovi\u00e9tique – souvent sources de controverses consid\u00e9rables ou de r\u00e9\u00e9valuation historique – il en est un qui est particuli\u00e8rement significatif pour la Russie d’aujourd’hui. Au tournant des ann\u00e9es 70 et 80, les \u00e9claireurs russes du RSFS ont r\u00e9alis\u00e9 que la vaste r\u00e9gion de la Sib\u00e9rie et de la Volga – historiquement consid\u00e9r\u00e9e comme une faiblesse plut\u00f4t qu’une force, en raison de la proverbiale rigidit\u00e9 climatique et de l’attaquabilit\u00e9 des empires du centre-est – grouillait de gaz naturel. <\/p>\n\n\n\n
C’est ainsi qu’a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e l’\u00e8re de la Russie en tant que superg\u00e9ante \u00e9nerg\u00e9tique et que les deux g\u00e9ants du gaz et du p\u00e9trole de la F\u00e9d\u00e9ration naissante ont pris une forme d\u00e9finitive : Lukoil et, surtout, Gazprom. Depuis lors, malgr\u00e9 l’in\u00e9vitable r\u00e9duction g\u00e9opolitique provoqu\u00e9e par l’implosion de l’URSS, l’\u00e9conomie russe est entr\u00e9e dans une union incontournable avec une dynamique \u00e9nerg\u00e9tique, tant en termes d’autosuffisance (russe) que d’h\u00e9t\u00e9rod\u00e9pendance (autres peuples, notamment l’Europe). <\/p>\n\n\n\n
Pour r\u00e9sumer : la Russie est au gaz naturel ce que l’Arabie Saoudite est \u00e0 l’or noir. Toutefois, les deux \u00c9tats ont en commun l’intention programmatique de diversifier leurs \u00e9conomies, \u00e0 la base de projets tels que Vision 2030, pr\u00e9conis\u00e9 par le prince h\u00e9ritier saoudien Mo\u1e25ammad bin Salm\u0101n. <\/p>\n\n\n\n
C’est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cause de ce lien qu’une forme adapt\u00e9e du proverbe grec ancien est valable : \u00ab si Gazprom pleure, Moscou ne rit pas \u00bb. Pour l’instant, \u00e0 vrai dire, l’entreprise bas\u00e9e dans le futuriste Lachta-centrum de Saint-P\u00e9tersbourg ne semble pas trop mal se porter : en 2019, elle a enregistr\u00e9 des revenus nets de plus de 110 milliards de dollars – essentiellement en ligne avec les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes (depuis le d\u00e9clin important de 2014, ils sont en hausse) et des b\u00e9n\u00e9fices de 38,7 milliards de dollars (+1,1 % par rapport \u00e0 2018). <\/p>\n\n\n\n\n\n Les probl\u00e8mes sont survenus, comme on pouvait s’y attendre, en conjonction avec le verrouillage semi-global pour faire face \u00e0 la pand\u00e9mie de Covid-19, qui a \u00e9galement perturb\u00e9 l’ensemble du march\u00e9 de l’\u00e9nergie. Le b\u00e9n\u00e9fice net pour le premier semestre 2020 a chut\u00e9 de fa\u00e7on titanesque, passant de 11 milliards de dollars d\u00e9but 2019 \u00e0 447 millions de dollars pour la p\u00e9riode janvier-juin de cette ann\u00e9e – soit 25 fois moins. Cons\u00e9quence physiologique, ceci, d’une baisse des prix et d’une chute de la demande (et des ventes) dans ce jardin d’Eden du gaz russe qu’est l’Europe – avec une demande contract\u00e9e de 16 % sur une base annuelle dans le Vieux Continent. En outre, les producteurs russes ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s par le feu crois\u00e9 de la d\u00e9valuation du rouble. N\u00e9anmoins, Gazprom tient \u00e0 souligner que, malgr\u00e9 le temps pand\u00e9mique, le groupe a r\u00e9ussi \u00e0 \u00ab tenir \u00bb mieux que beaucoup d’autres concurrents <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> – ce qui est fondamentalement vrai et peut s’expliquer \u00e0 la lumi\u00e8re du ph\u00e9nom\u00e8ne d’h\u00e9t\u00e9rod\u00e9pendance mentionn\u00e9 ci-dessus, qui \u00ab impr\u00e8gne \u00bb, entre autres, le d\u00e9bat controvers\u00e9 sur le gazoduc Nord Stream 2.<\/p>\n\n\n\n Face \u00e0 la hausse des prix du p\u00e9trole et du gaz (le baril de r\u00e9f\u00e9rence du p\u00e9trole de l’Oural russe se n\u00e9gocie d\u00e9sormais \u00e0 44-45 dollars, contre 16,55 en avril), l’avenir reste cependant extr\u00eamement incertain pour les op\u00e9rateurs du secteur – Gazprom inclus. Comme l’explique l’analyste de l’\u00e9nergie Aleksandr Sobko sur RIA Novosti <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>, bien que le secteur de l’\u00e9nergie soit caract\u00e9ris\u00e9 par la cyclicit\u00e9 – \u00e9tant donn\u00e9 que la baisse de la demande et des prix se traduit par une diminution des investissements \u00e0 moyen-long terme, ce qui affectera l’offre \u00e0 l’avenir et entra\u00eenera une augmentation des prix du p\u00e9trole – la crise actuelle est sensiblement diff\u00e9rente des pr\u00e9c\u00e9dentes. On peut s’attendre \u00e0 une tr\u00e8s longue reprise de la demande gr\u00e2ce \u00e0 la promotion des sources d’\u00e9nergie renouvelables – en particulier sur le march\u00e9 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des Russes : l’Europe, qui fait la paire avec les stocks mondiaux d\u00e9j\u00e0 \u00e9normes accumul\u00e9s au cours du printemps. <\/p>\n\n\n\n
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