{"id":82503,"date":"2020-09-09T18:04:21","date_gmt":"2020-09-09T16:04:21","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=82503"},"modified":"2020-09-16T09:41:06","modified_gmt":"2020-09-16T07:41:06","slug":"lempreinte-carbone-du-numerique-un-impense-des-politiques-environnementales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/09\/09\/lempreinte-carbone-du-numerique-un-impense-des-politiques-environnementales\/","title":{"rendered":"L\u2019empreinte carbone du num\u00e9rique : impens\u00e9 des politiques environnementales ?"},"content":{"rendered":"\n
Ces derniers mois ont consacr\u00e9 l\u2019av\u00e8nement du t\u00e9l\u00e9travail, pr\u00e9sent\u00e9 comme un instrument majeur de la r\u00e9silience de l\u2019\u00e9conomie face \u00e0 la pand\u00e9mie. Le maintien des mesures de distanciation sociale, rendu n\u00e9cessaire par l\u2019\u00e9volution incertaine de la situation sanitaire, pourrait ainsi devenir le moteur de la transition num\u00e9rique. Cela servirait une relance \u00e9conomique plus respectueuse de l\u2019environnement dans la mesure o\u00f9 les technologies num\u00e9riques pourraient permettre des gains potentiels de 7800 MT de CO2 <\/sub>(15 % des \u00e9missions mondiales) gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019optimisation de la logistique, du transport, de la consommation \u00e9nerg\u00e9tique des b\u00e2timents, etc. <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Mais si l\u2019on souhaite respecter les objectifs de l\u2019Accord de Paris, il est n\u00e9cessaire de veiller \u00e0 ce que ces gains environnementaux ne soient pas annul\u00e9s par les pollutions g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les \u00e9quipements num\u00e9riques, gourmands en \u00e9nergie et en ressources.<\/p>\n\n\n\n L\u2019intensification des usages du num\u00e9rique s\u2019accompagne d\u2019une explosion de l\u2019empreinte environnementale du secteur. Selon une r\u00e9cente \u00e9tude<\/a> du groupe d\u2019experts GreenIT<\/em>, en France, le secteur repr\u00e9senterait <\/strong>actuellement 6,2 % de la consommation d\u2019\u00e9nergie primaire, 10,2 % de la consommation d\u2019eau et 5,2 % des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (contre respectivement 3 %, 0,2 % et 3,7 % \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>). <\/strong>\u00c0 politique constante, les \u00e9missions du secteur num\u00e9rique fran\u00e7ais pourraient encore augmenter de 60 % d\u2019ici 2040 <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span> en raison de l\u2019augmentation du trafic de donn\u00e9es, pouss\u00e9e entre autres par la multiplication des \u00e9quipements terminaux (comme les smartphones, tablettes, et ordinateurs).<\/p>\n\n\n\n Le num\u00e9rique repose sur l\u2019\u00e9change de donn\u00e9es \u2013 stock\u00e9es et trait\u00e9es dans des centres de donn\u00e9es \u2013 entre terminaux via <\/em>des infrastructures r\u00e9seaux <\/em>(fibre optique, antennes, etc.). La production de ces divers \u00e9quipements n\u00e9cessite une forte consommation d\u2019\u00e9nergie primaire : \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la France, cela repr\u00e9sente 2,6 % de la consommation annuelle de la France <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les pollutions li\u00e9es \u00e0 la production de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 n\u00e9cessaire au fonctionnement des \u00e9quipements. En France, la consommation \u00e9lectrique du num\u00e9rique repr\u00e9sente 8,3 % de la consommation \u00e9lectrique totale <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. D\u2019apr\u00e8s une \u00e9tude<\/a> du CNRS, les plus gros centres de donn\u00e9es peuvent ainsi consommer jusqu\u2019\u00e0 100 MW \u2013 soit le dixi\u00e8me de la production d\u2019une centrale thermique \u2013 afin de faire tourner leurs serveurs et climatiser les circuits \u00e9lectroniques. Cette consommation s\u2019explique par la volont\u00e9 de pr\u00e9server \u00ab l\u2019hyperdisponibilit\u00e9 \u00bb d\u2019Internet : ainsi, m\u00eame s\u2019ils sont peu sollicit\u00e9s la nuit, les centres de donn\u00e9es continuent de fonctionner, donc de consommer de l\u2019\u00e9nergie <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. C\u2019est \u00e9galement le cas des box Internet : utilis\u00e9es quelques heures par jour en moyenne, celles-ci restent allum\u00e9es en permanence, consommant ainsi l\u2019\u00e9quivalent de la production de deux \u00e0 trois r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n\n\n Il existe un certain consensus autour de la poursuite de l\u2019augmentation du trafic, notamment li\u00e9e \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralisation des usages vid\u00e9o et des services cloud<\/em>, donc de l\u2019augmentation de la consommation \u00e9nerg\u00e9tique des r\u00e9seaux et des centres de donn\u00e9es. Dans un rapport<\/a> de d\u00e9cembre 2019, le Conseil g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00e9conomie se veut toutefois rassurant, pr\u00e9voyant la compensation des nouveaux usages par l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, le d\u00e9clin des t\u00e9l\u00e9viseurs et la saturation du march\u00e9 des terminaux. Le rapport souligne \u00e9galement les gains \u00e9nerg\u00e9tiques que permettra la g\u00e9n\u00e9ralisation de la fibre optique, qui consomme trois fois moins que l\u2019ADSL (0,5 W par ligne contre 1,8). N\u00e9anmoins, on peut craindre que les progr\u00e8s technologiques n\u2019entra\u00eenent un effet rebond, dans la mesure o\u00f9 l\u2019optimisation des syst\u00e8mes \u2013 la m\u00e9moire, le stockage, etc. \u2013 favorise de nouveaux usages et entra\u00eene une baisse de la vigilance des d\u00e9veloppeurs \u2013 lesquels, n\u2019\u00e9tant plus contraints d\u2019\u00e9conomiser les ressources (bande passante, puissance de calcul, stockage), garnissent les applications de fonctionnalit\u00e9s superflues, cr\u00e9ant des \u00ab ob\u00e9siciels \u00bb particuli\u00e8rement gourmands en \u00e9nergie. <\/p>\n\n\n\n L\u2019exemple de la technologie 5G illustre particuli\u00e8rement bien les inqui\u00e9tudes qui peuvent exister autour d\u2019un \u00e9ventuel effet rebond. En effet, si elle pr\u00e9sente une meilleure efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique que les g\u00e9n\u00e9rations mobiles pr\u00e9c\u00e9dentes, elle implique un renouvellement des \u00e9quipements terminaux, et surtout pourrait entra\u00eener une multiplication des usages <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span> (la vid\u00e9o 4K puis 8K, le cloud gaming<\/em>, la voiture connect\u00e9e ou autonome, etc.). L\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique m\u00eame de la 5G commence \u00e0 \u00eatre d\u00e9battue, au moment o\u00f9 les premiers retours d\u2019exp\u00e9rience nous parviennent de Chine. Un r\u00e9cent article<\/a> du South China Morning Post<\/em> rapporte ainsi la d\u00e9cision de China Unicom de mettre en en veille certaines stations 5G entre 21 heures et 9 heures du matin pour r\u00e9duire les frais d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, constatant que ces \u00e9quipements, beaucoup plus nombreux que les \u00e9quipements 4G, consommaient 3,5 fois plus d\u2019\u00e9nergie que leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs.<\/p>\n\n\n\nUne transition num\u00e9rique, lourde d\u2019impacts environnementaux\u2026<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nUne hausse des pollutions limit\u00e9e par une plus grande efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique ?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n