{"id":80566,"date":"2020-08-25T15:14:09","date_gmt":"2020-08-25T13:14:09","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=80566"},"modified":"2022-06-16T20:02:26","modified_gmt":"2022-06-16T18:02:26","slug":"vagues-de-chaleur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/08\/25\/vagues-de-chaleur\/","title":{"rendered":"10 points sur les vagues de chaleur"},"content":{"rendered":"\n

1 \u2013 Les canicules  : plus fr\u00e9quentes, plus longues, plus intenses<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

La canicule est d\u00e9finie, selon l\u2019Organisation m\u00e9t\u00e9orologique mondiale, comme une p\u00e9riode de plus de cinq jours cons\u00e9cutifs au cours de laquelle la temp\u00e9rature exc\u00e8de de cinq degr\u00e9s Celsius la temp\u00e9rature normale. Il est aujourd\u2019hui av\u00e9r\u00e9 que la hausse globale des temp\u00e9ratures est la cons\u00e9quence directe de niveaux \u00e9lev\u00e9s d\u2019\u00e9mission et de concentration de gaz \u00e0 effet de serre dans l\u2019atmosph\u00e8re. Pour que la temp\u00e9rature de la Terre reste stable, le volume de rayons infrarouges \u00e9mis par le soleil doit rester \u00e9quivalent au volume de rayons infrarouges qui quittent l\u2019atmosph\u00e8re apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9fl\u00e9chis par la surface de la terre. Or la concentration croissante de gaz \u00e0 effet de serre dans l\u2019atmosph\u00e8re agit comme un isolant qui absorbe les radiations infrarouges sans les rejeter. Si l\u2019effet de serre est un ph\u00e9nom\u00e8ne n\u00e9cessaire au maintien d\u2019une temp\u00e9rature moyenne sur Terre, son d\u00e9s\u00e9quilibre cause le r\u00e9chauffement progressif de l\u2019atmosph\u00e8re et de la surface terrestre <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Comme le rapporte Wired<\/em>, les ann\u00e9es 2015 \u00e0 2018 ont toutes \u00e9t\u00e9 plus chaudes que n\u2019importe quelle ann\u00e9e depuis 1850, soit depuis le d\u00e9but de la mesure fiable des temp\u00e9ratures <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La courbe de Keeling indique en effet que la concentration de gaz \u00e0 effet de serre, mesur\u00e9e en ppm (parties par million), ne cesse de cro\u00eetre et a franchi, en 2013, le cap symbolique des 400 ppm\u202f\u2013\u202fniveau in\u00e9dit depuis plus de 450\u202f000 ans\u202f\u2013 \u00e0 une vitesse tout aussi anormale (le seuil pr\u00e9industriel s\u2019\u00e9levait \u00e0 280 ppm <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>). Selon une \u00e9tude de 2015 parue dans Nature Climate Change<\/em>, les \u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames qui se seraient produits deux fois par si\u00e8cle, pourraient d\u00e9sormais se produire deux fois par d\u00e9cennie depuis les ann\u00e9es 2000 <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les \u00e9pisodes caniculaires devraient devenir de plus en plus fr\u00e9quents, longs et intenses ces prochaines d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n

Les \u00e9v\u00e9nements m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames qui se seraient produits deux fois par si\u00e8cle, pourraient d\u00e9sormais se produire deux fois par d\u00e9cennie depuis les ann\u00e9es 2000.<\/p>CL\u00e9mence P\u00e8legrin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

On ne saurait n\u00e9anmoins rendre compte du changement climatique sans reconna\u00eetre la part d\u2019incertitude qui accompagne la recherche climatologique. L\u2019horizon temporel, l\u2019ampleur et les effets du changement climatique tel qu\u2019accentu\u00e9 par l\u2019homme sont difficilement mesurables et pr\u00e9visibles avec pr\u00e9cision. Son caract\u00e8re non-lin\u00e9aire en fournit une illustration \u00e9loquente : par exemple, la fonte du perg\u00e9lisol de l\u2019Arctique a commenc\u00e9 et favorise la lib\u00e9ration de grandes quantit\u00e9s de m\u00e9thane, gaz \u00e0 fort effet de serre, dans l\u2019atmosph\u00e8re. Le r\u00e9chauffement r\u00e9sultant de la lib\u00e9ration de m\u00e9thane risque de s\u2019auto-alimenter en acc\u00e9l\u00e9rant le r\u00e9chauffement, et donc une fonte plus rapide encore du perg\u00e9lisol. Au-del\u00e0 des cycles naturels du climat, la fr\u00e9quence rapproch\u00e9e des \u00e9v\u00e9nements climatiques extr\u00eames (les \u00e9volutions par rapport aux conditions atmosph\u00e9riques globales \u00e0 moyen et long terme) et des \u00e9pisodes m\u00e9t\u00e9orologiques (ph\u00e9nom\u00e8nes atmosph\u00e9riques locaux et \u00e0 court terme) pr\u00e9sente des enjeux \u00e9conomiques, sociaux, humains et environnementaux in\u00e9dits et croissants. Le co\u00fbt total du changement climatique est aujourd\u2019hui \u00e9valu\u00e9 \u00e0 pr\u00e8s de 1\u202f400 trillions de dollars d\u2019ici 2300 dans le cas du respect des objectifs de l\u2019Accord de Paris ; dans le cas d\u2019un maintien de la trajectoire actuelle, ce co\u00fbt pourrait s\u2019\u00e9lever \u00e0  plus de 2\u202f000 trillions de dollars <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. \u00c0 titre de comparaison, le co\u00fbt de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de coronavirus pour l\u2019\u00e9conomie mondiale s\u2019\u00e9l\u00e8verait, selon une estimation de la Banque asiatique de d\u00e9veloppement, \u00e0 8 trillions de dollars <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Le co\u00fbt total du changement climatique est aujourd\u2019hui \u00e9valu\u00e9 \u00e0 pr\u00e8s de 1\u202f400 trillions de dollars d\u2019ici 2\u202f300 dans le cas du respect des objectifs de l\u2019Accord de Paris.<\/p>Cl\u00e9mence P\u00e8legrin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

<\/p>\n\n\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \"Carte\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

2 \u2013 Les points de bascule  : vers la disparition irr\u00e9versible des \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e9ternels ?<\/h2>\n\n\n\n

L\u2019intensification et la multiplication r\u00e9centes des \u00e9pisodes caniculaires exerce une pression nouvelle sur les \u00e9cosyst\u00e8mes, y compris des milieux pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00ab \u00e9ternels \u00bb. C\u2019est ainsi que l\u2019on d\u00e9signe par exemple les neiges et glaciers persistants au sommet des montagnes, les calottes glaciaires de l\u2019Arctique ou de l\u2019Antarctique, ou encore le perg\u00e9lisol mentionn\u00e9 plus haut. Bien qu\u2019impropre, le terme \u00ab \u00e9ternel \u00bb renvoie \u00e0 la notion de stabilit\u00e9 g\u00e9oclimatique des \u00e9cosyst\u00e8mes sur le tr\u00e8s long terme (plusieurs centaines d\u2019ann\u00e9es) en d\u00e9pit de la variabilit\u00e9 des cycles m\u00e9t\u00e9orologiques. <\/p>\n\n\n\n

L\u2019Arctique est une r\u00e9gion particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable face au r\u00e9chauffement climatique, la vitesse observ\u00e9e de son r\u00e9chauffement \u00e9tant deux fois plus \u00e9lev\u00e9e que la moyenne plan\u00e9taire. En Sib\u00e9rie, le record de chaleur de 38\u00b0C a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9 dans la ville de Verkho\u00efansk en Russie en juillet ; la probabilit\u00e9 d\u2019occurrence d\u2019une vague de chaleur aurait \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par 600 \u00e0 cause du changement climatique, selon une \u00e9tude r\u00e9cente <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span> ; des feux de for\u00eat importants ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9s, sur une surface tendanciellement \u00e0 la hausse ; la tragique mar\u00e9e noire du mois de juin est attribu\u00e9e \u00e0 la fonte du perg\u00e9lisol, la fragilisation du sol et des infrastructures qui en r\u00e9sulte ayant touch\u00e9 les r\u00e9servoirs de produits p\u00e9troliers. Si certains ph\u00e9nom\u00e8nes, comme les feux en Sib\u00e9rie l\u2019\u00e9t\u00e9, ne sont pas nouveaux, leur intensit\u00e9 et leur probabilit\u00e9 accrue sur une zone g\u00e9ographique plus \u00e9tendue pose la question des mesures publiques d\u2019adaptation \u00e0 ces changements. <\/p>\n\n\n\n

L\u2019Arctique est une r\u00e9gion particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable face au r\u00e9chauffement climatique, la vitesse observ\u00e9e de son r\u00e9chauffement \u00e9tant deux fois plus \u00e9lev\u00e9e que la moyenne plan\u00e9taire.<\/p>CL\u00e9mence P\u00e8legrin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Ces \u00e9cosyst\u00e8mes que l\u2019on pensait p\u00e9rennes sont-ils perdus \u00e0 jamais ? La notion de \u00ab point de bascule \u00bb permet d\u2019approcher celle de l\u2019irr\u00e9versibilit\u00e9 du changement climatique. Un point de bascule (climate tipping point<\/em>) d\u00e9signe un seuil \u00e0 partir duquel le syst\u00e8me climatique basculerait dans un nouvel \u00e9tat, dont le retour \u00e0 l\u2019\u00e9tat initial ne serait pas permis par l\u2019att\u00e9nuation des facteurs de ce basculement. La d\u00e9sint\u00e9gration partielle ou totale des calottes glaciaires arctiques et antarctiques constitue l\u2019un de ces points de bascule, pouvant pr\u00e9cipiter la hausse du niveau des oc\u00e9ans et la lib\u00e9ration de gaz \u00e0 effet de serre dans une mesure in\u00e9dite. <\/p>\n\n\n\n

La notion de point de bascule a \u00e9t\u00e9 introduite par le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’\u00e9volution du climat) il y a plus de vingt ans, mais le risque que ces ph\u00e9nom\u00e8nes se mat\u00e9rialisent avait initialement \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 \u00e0 un sc\u00e9nario de r\u00e9chauffement de +5\u00b0C au-dessus des niveaux pr\u00e9-industriels. Les rapports sp\u00e9ciaux de 2018 et 2019 tendent \u00e0 d\u00e9montrer que ces points de non-retour auraient des chances non-n\u00e9gligeables de se produire dans un sc\u00e9nario de r\u00e9chauffement situ\u00e9 entre +1\u00b0C (r\u00e9chauffement d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9 aujourd\u2019hui) et +2\u00b0C (objectif limite de l\u2019Accord de Paris) <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Les rapports sp\u00e9ciaux de 2018 et 2019 tendent \u00e0 d\u00e9montrer que ces points de non-retour auraient des chances non-n\u00e9gligeables de se produire dans un sc\u00e9nario de r\u00e9chauffement situ\u00e9 entre +1\u00b0C et +2\u00b0C.<\/p>Cl\u00e9mence P\u00e8legrin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

3 \u2013 L\u2019emballement du r\u00e9chauffement <\/h2>\n\n\n\n

L\u2019une des principales menaces pos\u00e9es par le r\u00e9chauffement climatique, et plus g\u00e9n\u00e9ralement par le changement climatique r\u00e9side dans ces points de bascule et dans les \u00ab r\u00e9actions en cha\u00eene \u00bb cons\u00e9cutives, entre et au sein des \u00e9cosyst\u00e8mes. Leur niveau \u00e9lev\u00e9 d\u2019interd\u00e9pendance peut d\u00e9clencher des \u00ab boucles de r\u00e9troaction \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019emballement et d\u2019auto-alimentation des d\u00e9r\u00e8glements climatiques, comme dans le cas de la fonte du perg\u00e9lisol : en fondant, le sol gel\u00e9 lib\u00e8re du m\u00e9thane, alimentant la concentration excessive de gaz \u00e0 effet de serre dans l\u2019atmosph\u00e8re, elle-m\u00eame acc\u00e9l\u00e9rant en retour la fonte du perg\u00e9lisol.<\/p>\n\n\n\n

La hausse du niveau des oc\u00e9ans constitue un autre exemple des boucles de r\u00e9troaction. Le r\u00e9chauffement de la temp\u00e9rature de l\u2019oc\u00e9an et la fonte acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des glaciers causent l\u2019expansion et la dilatation des oc\u00e9ans. La hausse du niveau des oc\u00e9ans accro\u00eet d\u2019une part le risque de submersion des espaces c\u00f4tiers, o\u00f9 se concentre une part croissante de la population mondiale ; il augmente aussi le risque de salinisation des sols agricoles, comme on l\u2019observe d\u00e9j\u00e0 dans le delta du M\u00e9kong. L\u2019intrusion d\u2019eau sal\u00e9e dans les estuaires et les aquif\u00e8res contamine les eaux souterraines, source importante d\u2019approvisionnement en eau potable. La pluie peut diluer ce sel, jusqu\u2019\u00e0 un certain niveau de salinit\u00e9 de l\u2019eau et sous r\u00e9serve d\u2019un volume de pr\u00e9cipitations suffisant. Dans certaines r\u00e9gions d\u2019Asie, la s\u00e9cheresse et la salinisation des sols rencontrent la croissance d\u00e9mographique et la hausse de la demande en eau potable et non-potable, accentuant la pression sur l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau. La concentration plus \u00e9lev\u00e9e de sel dans les terres arables diminue \u00e9galement les rendements agricoles, mena\u00e7ant la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et les \u00e9quilibres socio-\u00e9conomiques r\u00e9gionaux <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n

Dans certaines r\u00e9gions d\u2019Asie, la s\u00e9cheresse et la salinisation des sols rencontrent la croissance d\u00e9mographique et la hausse de la demande en eau potable et non-potable, accentuant la pression sur l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau.<\/p>Cl\u00e9mence P\u00e8legrin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

4 \u2013 Une plan\u00e8te inhabitable ?<\/h2>\n\n\n\n

Le r\u00e9chauffement est donc l\u2019un des sympt\u00f4mes du changement climatique, au m\u00eame titre que (et en lien avec) d\u2019autres ph\u00e9nom\u00e8nes extr\u00eames affectant tous types de milieux. Un indicateur \u00e9troitement li\u00e9 au r\u00e9chauffement et \u00e0 sa l\u00e9talit\u00e9 est celui de l\u2019humidit\u00e9. Dans certaines r\u00e9gions, l\u00e0 o\u00f9 le r\u00e9chauffement aura lieu, la hausse du taux d’humidit\u00e9 de l’air risque de l\u2019accompagner et de rendre l\u2019air tout simplement irrespirable pour de nombreuses esp\u00e8ces, dont l\u2019homme. La temp\u00e9rature \u00ab humide \u00bb (wetbulb temperature<\/em>) mesure \u00e0 la fois la temp\u00e9rature et le taux d\u2019humidit\u00e9, et celle \u00e0 laquelle l\u2019organisme ne peut plus ramener sa temp\u00e9rature \u00e0 un niveau soutenable par la transpiration. Cette temp\u00e9rature mortelle est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 35\u00b0TW, un niveau jamais observ\u00e9 sur la plan\u00e8te depuis plusieurs millions d\u2019ann\u00e9es. Dans une \u00e9tude parue en mai dernier <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>, des chercheurs ont d\u00e9montr\u00e9 que les \u00e9pisodes de forte chaleur r\u00e9cents se rapprochent toujours davantage de cette limite fatale. En cas de r\u00e9chauffement plan\u00e9taire sup\u00e9rieur \u00e0 2\u00b0C, ces \u00e9pisodes pourraient se produire fr\u00e9quemment, a fortiori<\/em> dans des r\u00e9gions comme le Golfe persique et l\u2019Asie du sud. <\/p>\n\n\n\n

D\u00e8s aujourd\u2019hui, la fr\u00e9quence des \u00e9pisodes de temp\u00e9rature humide tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, et d\u00e9j\u00e0 difficilement soutenable pour le corps humain, a doubl\u00e9 depuis 1979\u202f\u2013 aux \u00c9mirats arabes unis, par exemple, les 35\u00b0TW ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 quasiment atteints, par br\u00e8ves occurrences. Les cons\u00e9quences pour de nombreux organismes vivants, dont le corps humain, sont rapides : en quelques heures, les organes ne peuvent plus fonctionner correctement et d\u00e9faillent, et le corps succombe \u00e0 une hyperthermie. \u00c0 terme, l\u2019habitabilit\u00e9 pour l\u2019homme de ces r\u00e9gions repose donc sur des moyens de compensation, comme la climatisation des espaces de vie. <\/p>\n\n\n\n

La multiplication de p\u00e9riodes de forte chaleur humide pose la question, bien plus t\u00f4t que les scientifiques ne le pensaient, de l\u2019habitabilit\u00e9 de r\u00e9gions enti\u00e8res de la plan\u00e8te.<\/p>Cl\u00e9mence P\u00e8legrin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

\u00c0 35\u00b0TW, ces \u00e9pisodes sont aujourd\u2019hui rarissimes. En revanche, la multiplication de p\u00e9riodes de forte chaleur humide pose la question, bien plus t\u00f4t que les scientifiques ne le pensaient, de l\u2019habitabilit\u00e9 de r\u00e9gions enti\u00e8res de la plan\u00e8te, conditionn\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence de ressources importantes, en eau comme en \u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n

5 \u2013 Les pays du Sud, moins pr\u00e9par\u00e9s et plus vuln\u00e9rables<\/h2>\n\n\n\n

Il est aujourd\u2019hui av\u00e9r\u00e9 que les pays les plus pauvres seront aussi les plus expos\u00e9s au r\u00e9chauffement climatique : selon des \u00e9tudes r\u00e9centes, c\u2019est au Moyen-Orient et dans certaines r\u00e9gions d\u2019Afrique et d\u2019Am\u00e9rique du Sud que les hausses de temp\u00e9ratures sont les plus importantes <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cette vuln\u00e9rabilit\u00e9 est d\u2019autant plus forte que ces r\u00e9gions connaissent des croissances d\u00e9mographiques souvent plus \u00e9lev\u00e9es, exposant des populations de plus en plus nombreuses aux vagues de chaleur plus fr\u00e9quentes et intenses. <\/p>\n\n\n\n

Cette ann\u00e9e, des records historiques de temp\u00e9ratures ont \u00e9t\u00e9 atteints \u00e0 Bagdad (51,6\u00b0C), \u00e0 Damas, Amman et Riyad (> 46\u00b0), dans des territoires d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9s \u00e0 des climats chauds, \u00e0 des niveaux de stress hydrique \u00e9lev\u00e9s et \u00e0 des niveaux de s\u00e9curit\u00e9 d\u2019approvisionnement \u00e9lectrique souvent pr\u00e9occupants <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>, impactant directement la capacit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 lutter contre les effets imm\u00e9diats des canicules. <\/p>\n\n\n\n

L\u2019Europe est aujourd\u2019hui la r\u00e9gion du monde o\u00f9 les canicules sont les plus meurtri\u00e8res, avec un total de 83 \u00e9pisodes et 140\u202f000 d\u00e9c\u00e8s depuis le d\u00e9but du XXe<\/sup><\/strong> si\u00e8cle, selon le Centre for Research on Epidemiology of Disasters (CRES) <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Mais le faible niveau de surveillance des d\u00e9c\u00e8s li\u00e9s aux canicules dans les pays du Sud rend particuli\u00e8rement difficile l\u2019acuit\u00e9 du diagnostic. Leur croissance d\u00e9mographique, associ\u00e9e \u00e0 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019urbanisation mondiale et au faible niveau de surveillance des d\u00e9c\u00e8s li\u00e9s aux \u00e9pisodes de canicule, accentue l\u2019urgence de la mise en place de mesures de mitigation des effets du r\u00e9chauffement.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019Europe est aujourd\u2019hui la r\u00e9gion du monde o\u00f9 les canicules sont les plus meurtri\u00e8res, avec un total de 83 \u00e9pisodes et 140\u202f000 d\u00e9c\u00e8s depuis le d\u00e9but du XXe<\/sup><\/strong> si\u00e8cle.<\/p>Cl\u00e9mence P\u00e8legrin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Le r\u00e9chauffement climatique accro\u00eet \u00e9galement la comp\u00e9tition pour, et les in\u00e9galit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0, certains services essentiels comme l\u2019eau potable. Du fait de la d\u00e9pl\u00e9tion des nappes phr\u00e9atiques, de la baisse d\u2019intensit\u00e9 des moussons (qui repr\u00e9sentent parfois jusqu\u2019\u00e0 80 % du volume de pr\u00e9cipitation annuel d\u2019un pays), d\u2019une gestion insuffisante des ressources et d\u2019un manque d\u2019infrastructures adapt\u00e9es, c\u2019est aujourd\u2019hui un quart de la population mondiale, dans 17 pays, qui fait face \u00e0 un risque de stress hydrique \u00e9lev\u00e9 <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>. En Inde, c\u2019est un quart de la population, soit plus de 330 millions de personnes, qui fait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 face \u00e0 des p\u00e9nuries d\u2019eau <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

\n\t
\n\t\t