{"id":76076,"date":"2020-06-21T14:06:38","date_gmt":"2020-06-21T12:06:38","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=76076"},"modified":"2020-06-21T14:09:02","modified_gmt":"2020-06-21T12:09:02","slug":"2019-lannee-du-pic-carbone","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/06\/21\/2019-lannee-du-pic-carbone\/","title":{"rendered":"2019, l\u2019ann\u00e9e du \u00ab pic carbone \u00bb ?"},"content":{"rendered":"\n
Depuis le d\u00e9but de la crise sanitaire, l\u2019AIE s\u2019est impos\u00e9e comme le fer de lance de la r\u00e9conciliation des politiques \u00e9conomiques et climatiques, dans une certaine symbiose avec le plan de relance pr\u00e9sent\u00e9 par la Commission europ\u00e9enne \u00e0 la fin du mois de mai <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Aujourd\u2019hui, alors que les Etats d\u00e9confinent progressivement leur population et que l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique reprend, et avec elle, les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, l\u2019Agence publie son \u00ab Plan pour la relance durable \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> avec plusieurs recommandations-phares \u00e0 destination des gouvernements autour de six secteurs-cl\u00e9s : l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, les transports, l\u2019industrie, les b\u00e2timents, les carburants et l\u2019innovation. <\/p>\n\n\n\n Trois objectifs sont poursuivis par le Plan : relance \u00e9conomique des \u00e9conomies affect\u00e9es par le coronavirus, lutte contre le changement climatique, et d\u00e9veloppement des \u00e9conomies \u00e9mergentes. En mati\u00e8re climatique, il s\u2019agit plus particuli\u00e8rement pour les gouvernements nationaux d\u2019\u00e9viter le rebond des \u00e9missions de GES constat\u00e9 apr\u00e8s la crise \u00e9conomique de 2008-2009. Selon l\u2019AIE, si la chute des \u00e9missions de CO2 pr\u00e9cipit\u00e9e par le coronavirus, \u00ab qui r\u00e9sulte d\u2019un trauma \u00e9conomique, n\u2019est pas \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer, elle fournit une base \u00e0 partir de laquelle r\u00e9duire structurellement les \u00e9missions \u00bb. <\/p>\n\n\n\n Selon l\u2019AIE, l\u2019industrie de l\u2019\u00e9nergie emploierait environ 40 millions de personnes dans le monde, dont 3 millions d\u2019emplois supprim\u00e9s ou risquant de l\u2019\u00eatre \u00e0 cause de la crise du coronavirus. Par ailleurs, les investissements dans le secteur de l\u2019\u00e9nergie devraient diminuer 20 % en 2020. 3 millions d\u2019emplois suppl\u00e9mentaires seraient \u00e0 risque ou d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 supprim\u00e9s dans les secteurs de l\u2019automobile, du b\u00e2timent et de l\u2019industrie. Il est donc d\u2019autant plus urgent, pour l\u2019AIE, d\u2019oeuvrer en faveur de la cr\u00e9ation d\u2019emplois durables, c\u2019est-\u00e0-dire situ\u00e9s dans des secteurs d\u2019activit\u00e9 renfor\u00e7ant la r\u00e9silience \u00e9conomique et \u00e9nerg\u00e9tique de nos soci\u00e9t\u00e9s \u2014 la r\u00e9silience \u00e9tant entendue au sens de capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister et \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une grande vari\u00e9t\u00e9 de menaces et de chocs, comme les catastrophes naturelles ou les les conflits g\u00e9opolitiques. Parmi ces activit\u00e9s cit\u00e9s par l\u2019AIE, le d\u00e9veloppement des infrastructures de r\u00e9seaux, dont le r\u00f4le \u00ab d\u2019interconnecteur \u00bb entre \u00c9tats est vou\u00e9 \u00e0 prendre une place plus importante, \u00e0 mesure de l\u2019int\u00e9gration des \u00e9nergies renouvelables et de la digitalisation du syst\u00e8me \u00e9lectrique <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span> ; infrastructures ou encore, l\u2019extension de la dur\u00e9e d\u2019exploitation des centrales nucl\u00e9aires au-del\u00e0 des limites r\u00e9glementaires, et l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, \u00e0 travers des op\u00e9rations de r\u00e9novation des b\u00e2timents.<\/p>\n\n\n\n Toujours selon l\u2019AIE, la mise en oeuvre d\u2019un ensemble de politiques publiques et d\u2019investissements cibl\u00e9s, sur la p\u00e9riode allant de 2021 \u00e0 2023, pourrait s\u2019inscrire au service de la relance \u00e9conomique mondiale, en rapportant environ 1,1 % de croissance par an. Sur le plan climatique, il pourrait contribuer \u00e0 la r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre \u00e0 hauteur de 4,5 milliards de tonnes \u2014 par rapport aux 33 milliards de tonnes \u00e9mises en 2019 <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2014 et r\u00e9duire la pollution de l\u2019air \u00e0 hauteur de 5 %. Enfin, sur le plan du d\u00e9veloppement, 270 millions de personnes pourraient obtenir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et 420 millions de personnes pourraient se doter de combustibles propres et efficaces pour cuisiner. <\/p>\n\n\n\n Le co\u00fbt de ce plan est \u00e9valu\u00e9, selon l\u2019Agence, \u00e0 environ 1 trillion d\u2019euros par an sur les trois prochaines ann\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, soit 0,7 % du PIB mondial, r\u00e9parti entre efforts publics (300 milliards de dollars annuels de budgets publics) et priv\u00e9s (de l\u2019ordre de 700 milliards d\u2019investissements priv\u00e9s). Pour rappel, et \u00e0 titre de comparaison, le Pacte vert europ\u00e9en pr\u00e9voit, lui, de mobiliser un total de 1000 milliards d\u2019euros sur 10 ans, dont plus de 500 milliards au titre du budget europ\u00e9en pour les deux prochaines p\u00e9riodes, 2021-2027 et suivant.<\/p>\n\n\n\n\n\n La \u00ab relance durable \u00bb est un argument politique fort pour convaincre les gouvernements qu\u2019au-del\u00e0 de la notion de n\u00e9cessit\u00e9 de lutter contre le changement climatique, il est non seulement possible, mais pr\u00e9f\u00e9rable, d\u2019investir d\u00e8s aujourd\u2019hui dans la transition \u00e9nerg\u00e9tique et \u00e9cologique. C\u2019est pourquoi, au coeur du rapport de l\u2019AIE, se trouve la notion de cr\u00e9ation d\u2019emplois. Les recommandations de l\u2019agence relatives \u00e0 toutes les th\u00e9matiques \u00e9tudi\u00e9es sont adoss\u00e9es \u00e0 des indicateurs de potentiel de cr\u00e9ation d\u2019emplois et d\u2019impact des investissements par technologie. Aussi, en mati\u00e8re de gain \u00e9nerg\u00e9tique dans le secteur du b\u00e2timent, chaque million de dollars investi dans les r\u00e9novations du parc existant repr\u00e9senterait un potentiel de 10 \u00e0 31 emplois, contre 9 \u00e0 28 emplois par million investi dans les constructions neuves, et entre 7 et 16 emplois par million investi dans des appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers plus performants, et des outils de ma\u00eetrise de la consommation \u00e9lectrique. L\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique occupe une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans le plan de l\u2019AIE, qui lui accorde un tiers du montant annuel d\u2019investissement public pr\u00e9conis\u00e9<\/p>\n\n\n\n La lecture du rapport de l\u2019AIE laisse transpara\u00eetre deux mots-cl\u00e9s au coeur de la rh\u00e9torique pour la lutte contre le changement climatique dans la perspective in\u00e9dite et mena\u00e7ante de la crise du coronavirus : cr\u00e9ation de valeur<\/em> et r\u00e9silience<\/em>. En creux de ce discours se d\u00e9gage la conscience que les ressources financi\u00e8res, notamment publiques, sont particuli\u00e8rement limit\u00e9es dans un environnement macro\u00e9conomique sous pression. La transition \u00e9cologique appara\u00eet alors comme une cause juste, certes, mais \u00e9galement comme l\u2019allocation la plus pertinente de ces ressources limit\u00e9es : \u00e0 court terme, par l\u2019investissement dans la cr\u00e9ation d\u2019emplois locaux et non-d\u00e9localisables ; \u00e0 long terme, parce qu\u2019un dollar d\u00e9pens\u00e9 aujourd\u2019hui co\u00fbte moins cher qu\u2019un dollar d\u00e9pens\u00e9 demain, a fortiori s\u2019il est investi dans une technologie rentable et d\u00e9carbon\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n