{"id":75858,"date":"2020-06-18T17:56:23","date_gmt":"2020-06-18T15:56:23","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=75858"},"modified":"2020-06-18T17:57:01","modified_gmt":"2020-06-18T15:57:01","slug":"une-europe-pour-le-monde-une-conversation-avec-pierre-defraigne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/06\/18\/une-europe-pour-le-monde-une-conversation-avec-pierre-defraigne\/","title":{"rendered":"Une Europe pour le monde, une conversation avec Pierre Defraigne"},"content":{"rendered":"\n
Pierre Defraigne a travaill\u00e9 pendant pr\u00e8s de 35 ans aux c\u00f4t\u00e9s de plusieurs Commissaires europ\u00e9ens parmi lesquels Etienne Davignon et Pascal Lamy<\/em>, dont il a \u00e9t\u00e9 Directeur de Cabinet. D\u00e9sormais, il consacre une grande partie de son temps \u00e0 l\u2019analyse (Centre Madariaga-Coll\u00e8ge d\u2019Europe), au d\u00e9bat, et \u00e0 l\u2019enseignement (Coll\u00e8ge d\u2019Europe, Sciences Po). Il prend aujourd\u2019hui le temps de revenir avec nous sur sa vision de l\u2019Europe pour demain, en proposant une lecture critique, \u00e0 la confluence de la g\u00e9opolitique, de l\u2019\u00e9conomie politique, et de l\u2019histoire.<\/em><\/p>\n\n\n\n Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, je dois revenir sur ma th\u00e8se fondamentale : un march\u00e9 ne peut se construire qu\u2019avec la puissance publique. Ce qui fonde le succ\u00e8s d\u2019une \u00e9conomie est l\u2019alliance entre le Prince et le Marchand. La trag\u00e9die de l\u2019Europe, est qu\u2019elle ne poss\u00e8de ni Prince, ni Marchand, dans la mesure o\u00f9 nous avons Airbus pour seul champion europ\u00e9en transnational tandis que du c\u00f4t\u00e9 politique, l\u2019unit\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 une politique industrielle efficace est loin d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e. Cette derni\u00e8re est complexe et implique une politique discr\u00e9tionnaire de l\u2019ex\u00e9cutif. Or, la m\u00e9thode diplomatique et le n\u00e9cessaire compromis entre les 27 Etats-membres, emp\u00eachent actuellement l\u2019Union europ\u00e9enne de jouer son r\u00f4le de guide, \u00e0 m\u00eame de fixer le cadre politique requis pour atteindre le juste \u00e9quilibre entre le Prince et le Marchand.<\/p>\n\n\n\n Il est donc indispensable de faire \u00e9merger un capitalisme europ\u00e9en. Premi\u00e8rement, l\u2019Union europ\u00e9enne doit \u00eatre en mesure de peser sur le d\u00e9veloppement de sa propre structure \u00e9conomique de mani\u00e8re \u00e0 susciter davantage d\u2019acteurs priv\u00e9s transnationaux, soit des champions europ\u00e9ens. Ensuite, le capitalisme europ\u00e9en doit s\u2019appuyer sur un pacte social et environnemental \u2013 les deux grandes dimensions d\u2019une \u00e9conomie contractuelle. Il doit donc reposer d\u2019une part, sur une r\u00e9partition plus juste des richesses, et d\u2019autre part, sur une meilleure prise en compte de l\u2019urgence environnementale.<\/p>\n\n\n\n On comprend ais\u00e9ment que cela passe par une Europe diff\u00e9rente de celle que nous connaissons actuellement. Il faut en finir avec l\u2019Europe des comit\u00e9s o\u00f9 le droit de veto fait la loi. Ce dont nous avons besoin, c\u2019est une Europe v\u00e9ritablement op\u00e9rationnelle o\u00f9 la Commission joue le r\u00f4le d\u2019Ex\u00e9cutif tout en s\u2019appuyant \u00e0 la fois sur le Conseil d\u00e9cidant \u00e0 la majorit\u00e9 qualifi\u00e9e, et sur le Parlement europ\u00e9en, bien trop effac\u00e9 aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n Pour r\u00e9sumer, l\u2019Europe nous offre une occasion de re-r\u00e9guler le capitalisme, de lui imposer des limites et de le faire dans un contexte qui doit rester celui d\u2019une \u00e9conomie relativement ouverte. Personne ne peut imaginer que l\u2019Europe se referme, elle n\u2019a pas de vocation \u00e0 l\u2019autarcie, ce serait l\u2019asphyxie garantie. Il faut donc privil\u00e9gier une ouverture pragmatique. Il est \u00e9vident que lorsqu\u2019on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019on ne produit plus certaines mol\u00e9cules pharmaceutiques, voire de bouteilles \u00e0 oxyg\u00e8ne dans l\u2019UE 27, on comprend tr\u00e8s vite le risque strat\u00e9gique en temps de pand\u00e9mie. L\u2019UE doit opter pour un libre \u00e9change raisonn\u00e9, diff\u00e9rent du laissez-aller qui pr\u00e9valait dans les d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n\n\n\n Selon moi, l\u2019autonomie strat\u00e9gique est l\u2019\u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de la solidarit\u00e9. La solidarit\u00e9 ne peut exister que dans une \u2018communaut\u00e9 de destin\u2019 o\u00f9 la s\u00e9curit\u00e9 est assur\u00e9e. La premi\u00e8re fonction r\u00e9galienne de l\u2019Europe est d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 vis-\u00e0-vis de l\u2019ext\u00e9rieur et de contribuer \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n Se doter d\u2019une autonomie strat\u00e9gique avec une d\u00e9fense commune au sein de l\u2019OTAN, nous permettrait d\u2019\u00e9tablir avec les Etats-Unis, un niveau de partenariat bien diff\u00e9rent de celui d\u2019aujourd\u2019hui. Aujourd\u2019hui, nous prenons note de ce que les Am\u00e9ricains nous disent de faire, et parfois de mani\u00e8re tr\u00e8s brutale d\u2019ailleurs. Nous rechignons mais nous acceptons, faute d\u2019alternative. Par cons\u00e9quent, les autres puissances comme la Chine, la Russie ou l\u2019Inde, ne prennent pas les Europ\u00e9ens au s\u00e9rieux, pr\u00e9f\u00e9rant bien souvent s\u2019adresser directement \u00e0 la Maison blanche plut\u00f4t qu\u2019aux capitales europ\u00e9ennes, tandis que Bruxelles est paralys\u00e9e par le veto, et d\u00e9cr\u00e9dibilis\u00e9e par sa d\u00e9pendance strat\u00e9gique vis-\u00e0-vis de Washington.<\/p>\n\n\n\n Une solidarit\u00e9 effective passe par la cr\u00e9ation de cette communaut\u00e9 de destin strat\u00e9gique. Celle-ci justifierait de compl\u00e9ter l\u2019eurozone par une Union de transferts qui ne sera acceptable pour l’Allemagne sans base strat\u00e9gique commune et cr\u00e9dible.<\/p>\n\n\n\n Je pense qu\u2019un ethos<\/em> europ\u00e9en entendu comme un ensemble de principes et de r\u00e8gles qui fondent l\u2019adh\u00e9sion du citoyen \u00e0 un demos<\/em> europ\u00e9en \u2013 les deux \u00e9tant ins\u00e9parables puisqu\u2019il n\u2019y a pas de demos<\/em> sans ethos<\/em>, ni d\u2019ethos<\/em> sans demos <\/em>\u2013<\/em>, s\u2019est construit \u00e0 travers notre exp\u00e9rience historique ; les Droits de l\u2019Homme sont \u00e0 titre d\u2019illustration un \u00e9l\u00e9ment central de l\u2019ethos <\/em>europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n Mais aujourd\u2019hui, il faut aller plus loin en se dotant des outils conceptuels et philosophiques capables d\u2019\u00e9tablir un rapport entre soci\u00e9t\u00e9 et progr\u00e8s technique, par exemple. Acceptons-nous d\u2019 \u00eatre guid\u00e9s par la technologie ou voulons-nous en garder le contr\u00f4le ? \u00c9tablissons-nous des limites ou d\u00e9cidons-nous d\u2019internaliser dans la l\u00e9gislation toutes les avanc\u00e9es faites dans le domaine de la biotechnologie ou du num\u00e9rique ? Je suis tr\u00e8s inquiet de voir la technologie prendre le pas sur le politique. Le meilleur exemple du moment ? Elon Musk qui envoie une fus\u00e9e au firmament et qui de fait, se substitue \u00e0 la NASA, l\u2019organe public qui jusqu\u2019alors, planifiait et mettait en \u0153uvre l\u2019effort spatial am\u00e9ricain. Le partenariat public-priv\u00e9 a bon dos. Qu\u2019on en arrive l\u00e0 montre que nous avons \u00e9t\u00e9 trop loin !<\/p>\n\n\n\n Aussi, s\u2019aper\u00e7oit-on que nous devrons nous mettre d\u2019accord sur des normes europ\u00e9ennes sur des sujets tr\u00e8s d\u00e9licats et parfois, tr\u00e8s intimes, comme le mariage pour tous ou la GPA. Dans la plupart des pays d\u2019Europe occidentale, cela va d\u00e9sormais de soi. En revanche, dans les nouveaux \u00c9tats membres comme la Hongrie ou la Pologne, ce choix est beaucoup moins \u00e9vident. La sensibilit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 ne doit \u00eatre mise de c\u00f4t\u00e9. Nous ne sommes pas arriv\u00e9s au mariage pour tous il y a 50 ans. Nous ne pouvons pas simplement imposer nos lois. Passer d\u2019un ethos<\/em> occidental \u00e0 un ethos<\/em> europ\u00e9en impose de prendre en compte la dimension anthropologique de ces questions. Chaque soci\u00e9t\u00e9 a son rythme nous ne pouvons pas trop rapidement croire que les pionniers que nous sommes sont n\u00e9cessairement dans le vrai<\/em> tandis que les nouveau-venus sont dans l\u2019erreur<\/em>. L\u2019Europe de la subsidiarit\u00e9 doit tenir compte de ces diff\u00e9rences et de ces d\u00e9calages. Il en va bien s\u00fbr tout autrement du respect de la d\u00e9mocratie. Le champ de l\u2019ethos<\/em> est tr\u00e8s vaste et demande un grand travail en commun de r\u00e9flexion sur ce qui fait l\u2019essence du projet europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n Pour moi, l\u2019humanisme europ\u00e9en est le produit le plus substantiel qui \u00e9merge du processus historique de construction europ\u00e9enne depuis la Renaissance. Nous devons garder cette avance et \u00eatre jaloux de son int\u00e9grit\u00e9. C\u2019est un travail qui demande un d\u00e9bat continuel, \u00e0 travers l\u2019\u00e9change et l\u2019exp\u00e9rimentation. Le travail doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 afin d\u2019assurer l\u2019adh\u00e9sion des citoyens \u00e0 ce nouveau cadre politique qu\u2019est l\u2019Europe. On doit ressentir avec lui une affinit\u00e9 profonde, c\u2019est l\u00e0 que se situe le lien entre demos<\/em> et ethos<\/em>.<\/p>\n\n\n\n Sans aucun doute. L\u2019Homme est la mesure de toute chose – l\u2019Homme dans son int\u00e9gralit\u00e9, bien entendu. Mais je suis aussi toujours soucieux de ne pas tomber dans l\u2019euro-centrisme, en veillant \u00e0 ce que ce qui ici est consid\u00e9r\u00e9 comme progr\u00e8s ne soit pas obtenu aux d\u00e9pens du reste du monde. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, nous devons aider certains pays dans la voie de l\u2019humanisme de type lib\u00e9ral. De l\u2019autre, nous devons reconna\u00eetre le droit d\u2019autres pays d\u2019explorer d\u2019autres voies de d\u00e9veloppement en rapport avec leurs valeurs. L\u2019universalit\u00e9 des droits ne se d\u00e9cr\u00e8te pas, elle se construit dans la dur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Il y a en effet dans l\u2019universalit\u00e9 une ambigu\u00eft\u00e9 : elle peut \u00eatre v\u00e9cue comme un pros\u00e9lytisme intol\u00e9rable ou au contraire comme une richesse incroyable qui passe par l\u2019\u00e9change et l\u2019acceptation des diff\u00e9rences. Je fais ici allusion \u00e0 nos rapports avec la Chine, notamment.<\/p>\n\n\n\n Oui, et il faut accepter d\u2019en revenir aux fondamentaux : les Droits de l\u2019Homme. Les Europ\u00e9ens ont introduit le droit de propri\u00e9t\u00e9 comme un droit naturel \u00e9quivalent quasiment aux autres droits. Or il convient d\u2019\u00e9tablir une hi\u00e9rarchie. Que la propri\u00e9t\u00e9 soit utile aux individus pour assurer leur s\u00e9curit\u00e9, certes : \u2018charbonnier en sa maison est Roi\u2019 et chacun a le droit d\u2019\u00e9pargner pour sa retraite. Mais personnellement, je critique le fait que, dans la doxa n\u00e9olib\u00e9rale qui exalte la marchandisation, le droit de propri\u00e9t\u00e9 ait pris l\u2019ascendant sur les droits de l\u2019Homme et la d\u00e9mocratie<\/p>\n\n\n\n Prenons un exemple concret : l\u2019\u00e9cart entre les salaires moyens et ceux des dirigeants peut-il \u00eatre fix\u00e9 arbitrairement par le propri\u00e9taire du capital ou ne devrions-nous pas imposer une limite soit de mani\u00e8re contractuelle, soit par la l\u00e9gislation ?<\/p>\n\n\n\n Nous pourrions \u00e9galement red\u00e9finir le droit de l\u2019actionnaire au sein des entreprises. Une entreprise n\u2019est pas seulement un actif dans un portefeuille financier, c\u2019est avant tout une communaut\u00e9 d\u2019hommes et de femmes, de travailleurs, de sous-traitants, de clients, etc. Pourquoi donner \u00e0 des actionnaires de passage, \u00e0 des fonds d\u2019investissement le droit de restructurer une entreprise et de ne pas en assumer les co\u00fbts \u2013 support\u00e9s par les travailleurs ? Ne peut-on pas fid\u00e9liser l\u2019actionnariat en donnant un pouvoir de d\u00e9cision aux actionnaires stables, sup\u00e9rieur \u00e0 celui d\u00e9volu \u00e0 ceux qui ne cherchent que les profits de court-terme ? La r\u00e9forme du statut de l\u2019entreprise est un point essentiel pour la d\u00e9mocratie.<\/p>\n\n\n\n Nous devons enfin \u00eatre en mesure de faire payer l\u2019imp\u00f4t aux entreprises multinationales qui s\u2019y soustraient aujourd\u2019hui largement. L\u2019Europe est devenue une cour de r\u00e9cr\u00e9ation fiscale pour les multinationales. Elles ne contribuent pas justement, au regard de leur droit de propri\u00e9t\u00e9, au bien commun. Le droit de propri\u00e9t\u00e9 doit donc faire l\u2019objet de limites, par la r\u00e9gulation, et par la normalisation environnementale et sociale.<\/p>\n\n\n\n Nous devons \u00e9galement nous interroger sur le poids excessif qu\u2019a pris la finance pr\u00e9datrice et d\u00e9stabilisatrice dans nos structures \u00e9conomiques. On aurait tout \u00e0 gagner \u00e0 avoir un secteur financier all\u00e9g\u00e9, moins attractif, notamment pour les jeunes qui privil\u00e9gieraient sans doute davantage des carri\u00e8res dans les secteurs productifs o\u00f9 se joue la v\u00e9ritable croissance.<\/p>\n\n\n\n Il est un fait que l\u2019appareil institutionnel europ\u00e9en s\u2019est laiss\u00e9 gagner apr\u00e8s les ann\u00e9es Delors par la doxa<\/em> n\u00e9olib\u00e9rale anglo-saxonne, notamment pendant la d\u00e9cennie Barroso. Et malheureusement, il s\u2019est \u00e9tabli une culture d\u2019 autocensure de tout ce qui orbite autour de la Commission europ\u00e9enne et \u00e9marge aux fonds europ\u00e9ens : tous les think-tanks<\/em>, tous les instituts Jean Monnet d\u2019\u00e9tudes europ\u00e9ennes, toutes les fondations subventionn\u00e9es, tous les consultants qui travaillent pour l\u2019UE et sont finalement s\u00e9lectionn\u00e9s selon leur conformit\u00e9 \u00e0 la pens\u00e9e de Bruxelles ou de Francfort, ou plut\u00f4t, devrais-je dire, de l\u2019a-pens\u00e9e n\u00e9olib\u00e9rale<\/em>. Il y a une force d\u2019influence du noyau que constituent les institutions europ\u00e9ennes, et principalement la Commission, pour rester dans une orthodoxie de langage et de concepts qui est fonci\u00e8rement d\u00e9bilitante et st\u00e9rilisante pour la singularit\u00e9 de la pens\u00e9e europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\nVous \u00eates un commentateur avis\u00e9 de l\u2019histoire et des transformations du capitalisme mondialis\u00e9 que vous utilisez notamment pour comprendre le r\u00f4le g\u00e9opolitique et g\u00e9ostrat\u00e9gique de l\u2019Union Europ\u00e9enne. Comment l\u2019UE doit-elle se placer dans le capitalisme post-COVID ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Vous soulignez l\u2019importance de l\u2019autonomie strat\u00e9gique pour assurer le fondement d\u2019une v\u00e9ritable solidarit\u00e9 europ\u00e9enne, comment liez-vous ces deux concepts ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Cette communaut\u00e9 de destin doit-elle se construire contre un ethos<\/em> n\u00e9olib\u00e9ral ou pour un ethos<\/em> europ\u00e9en ? Quel r\u00e9cit doit-on fournir \u00e0 la construction europ\u00e9enne ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
C\u2019est donc pour vous l\u2019humanisme europ\u00e9en qui d\u00e9finit la \u00ab civilisation europ\u00e9enne \u00bb ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Cette transition culturelle passe-t-elle par un changement des principes qui fondent le capitalisme ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Vous avez longtemps fr\u00e9quent\u00e9 la \u00ab bulle bruxelloise \u00bb. Il semble exister un foss\u00e9 entre la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue, celle de la violence sociale propre au n\u00e9olib\u00e9ralisme, et la vision que l\u2019Union europ\u00e9enne a d\u2019elle-m\u00eame, celle d\u2019une Union solidaire et humaniste. Ne pensez-vous pas que l\u2019Union europ\u00e9enne se retrouve aujourd\u2019hui prisonni\u00e8re de sa fausse conscience, d\u2019une sorte de sommeil dogmatique ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n