{"id":74695,"date":"2020-06-06T10:49:40","date_gmt":"2020-06-06T08:49:40","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=74695"},"modified":"2020-06-06T10:49:42","modified_gmt":"2020-06-06T08:49:42","slug":"manifestations-sur-fond-de-crise-sanitaire-en-equateur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/06\/06\/manifestations-sur-fond-de-crise-sanitaire-en-equateur\/","title":{"rendered":"Manifestations sur fond de crise sanitaire en \u00c9quateur"},"content":{"rendered":"\n

Quito<\/em>. Alors en pleine\u00a0 pand\u00e9mie de Covid-19, l’\u00c9quateur a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 une triple crise \u00e0 la fois sanitaire, \u00e9conomique et politique <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Comme d\u2019autres pays d\u2019Am\u00e9rique latine, le pays a d\u00fb faire face \u00e0 une crise sanitaire d\u2019ampleur en raison d\u2019une capacit\u00e9 hospitali\u00e8re limit\u00e9e <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> et d\u2019une \u00e9conomie fragile, cons\u00e9quence notamment de la baisse des prix de mati\u00e8res premi\u00e8res depuis 2015 <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Quant \u00e0 la crise politique que traverse le gouvernement de Len\u00edn Moreno, elle a commenc\u00e9 bien avant l\u2019arriv\u00e9e de la pand\u00e9mie, et ses effets se sont accentu\u00e9s pendant l\u2019actuelle crise sanitaire.\u00a0<\/p>\n\n\n\n

En effet, en octobre 2019, l\u2019\u00c9quateur a connu les plus fortes manifestations de son histoire d\u00e9mocratique contemporaine \u00e0 la suite de l\u2019annonce du gouvernement de supprimer les subventions \u00e0 l’essence <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Au cours des dix journ\u00e9es de protestations, 10 personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es, 1507 bless\u00e9es et 1330 ont \u00e9t\u00e9 mises en d\u00e9tention <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span> <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les manifestations ont \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9es par le Mouvement Indig\u00e8ne (Conaie), mais un grand nombre de mouvements f\u00e9ministes, de militants de gauche et d\u2019\u00e9tudiants se sont unis autour d\u2019un discours anti-FMI et anti-n\u00e9olib\u00e9ral.\u00a0<\/p>\n\n\n\n

Afin de retrouver le calme,  le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 de reculer le 13 octobre 2019 en abandonnant la suppression des subventions \u00e0 l\u2019essence. N\u00e9anmoins, la tr\u00eave entre les secteurs sociaux et le gouvernement n\u2019a \u00e9t\u00e9 que temporaire. De fait, les probl\u00e8mes \u00e9conomiques – acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s par la crise sanitaire –  ont d\u00e9bouch\u00e9 sur de nouvelles sc\u00e8nes de confrontation. Lorsque les recettes fiscales sont affect\u00e9es, les principaux m\u00e9canismes de r\u00e9ponse de ce petit pays andin – fortement d\u00e9pendant de l\u2019exportation de p\u00e9trole et n\u2019ayant pas de monnaie nationale –  se limitent \u00e0 l\u2019augmentation des imp\u00f4ts, \u00e0 l\u2019\u00e9limination des subventions et\/ou \u00e0 la r\u00e9duction des d\u00e9penses publiques. <\/p>\n\n\n\n

Alors que les mesures de confinement \u00e9taient encore en vigueur, les manifestations\u00a0 ont commenc\u00e9 le 2 mai 2020 en r\u00e9ponse \u00e0 une r\u00e9duction budg\u00e9taire de 98 millions de dollars pour l’enseignement sup\u00e9rieur public  <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les professeurs et les \u00e9tudiants des principales universit\u00e9s publiques de la capitale du pays, Quito, se sont mobilis\u00e9s. En se basant sur l\u2019article 165 de la Constitution \u00e9quatorienne interdisant la disposition des ressources \u00e9conomiques de l’\u00e9ducation sous l\u2019\u00c9tat d\u2019exception, la Cour Constitutionnelle s\u2019est prononc\u00e9e le 13 mai contre la r\u00e9duction budg\u00e9taire, et a ordonn\u00e9 sa suspension temporelle <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>.\u00a0<\/p>\n\n\n\n

Le 16 mai, l\u2019Assembl\u00e9e Nationale a vot\u00e9 pour la proposition d\u2019un projet de loi urgent afin de faire face \u00e0 la situation actuelle. La coalition entre le parti du pr\u00e9sident (AP) et le plus grand parti de droite (Creo) a obtenu la majorit\u00e9 simple, n\u00e9cessaire pour faire passer la loi. Deux \u00e9l\u00e9ments ont cependant \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de critiques : la possibilit\u00e9 de flexibilisation des contrats de travail pendant une p\u00e9riode maximale de quatre ans, et l’absence d\u2019imp\u00f4ts extraordinaires sur les plus grandes entreprises du pays. Au cours de\u00a0 l\u2019apr\u00e8s-midi du 16 mai, les manifestations contre cette nouvelle loi se sont termin\u00e9es par des confrontations avec les forces de l\u2019ordre <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

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