{"id":73533,"date":"2020-05-22T15:47:34","date_gmt":"2020-05-22T13:47:34","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=73533"},"modified":"2020-05-23T15:33:59","modified_gmt":"2020-05-23T13:33:59","slug":"la-diplomatie-sanitaire-de-la-chine-en-afrique-une-position-de-protagoniste-qui-nest-pas-sans-comporter-quelques-pieges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/05\/22\/la-diplomatie-sanitaire-de-la-chine-en-afrique-une-position-de-protagoniste-qui-nest-pas-sans-comporter-quelques-pieges\/","title":{"rendered":"Diplomatie sanitaire de la Chine en Afrique : une position de protagoniste qui n’est pas sans comporter quelques pi\u00e8ges"},"content":{"rendered":"\n

Bien que les autorit\u00e9s chinoises n’aient pas encore explicitement d\u00e9clar\u00e9 <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> que le don de masques et d’autres \u00e9quipements de protection aux pays en d\u00e9veloppement faisait partie d’une strat\u00e9gie formelle et coh\u00e9rente, le gouvernement chinois a d\u00e9ploy\u00e9 des efforts consid\u00e9rables pour activer son appareil diplomatique, semblant jouer un r\u00f4le de premier plan en r\u00e9ponse \u00e0 l’\u00e9pid\u00e9mie de COVID-19 en Afrique. Il a cr\u00e9\u00e9 de nombreuses ressources en ligne pour partager son exp\u00e9rience <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>, a envoy\u00e9 12 000 kits de d\u00e9pistage \u00e0 de nombreux pays africains <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span> et a organis\u00e9 des sessions de visioconf\u00e9rence avec des responsables de la sant\u00e9 de 20 pays africains <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le milliardaire chinois et fondateur du g\u00e9ant du commerce \u00e9lectronique Alibaba, Jack Ma, a \u00e9galement distribu\u00e9 20 000 kits de d\u00e9pistage, 100 000 masques et 1 000 combinaisons de protection \u00e0 chacun des 54 \u00c9tats africains <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Et le 19 mars, P\u00e9kin a annonc\u00e9 son intention de construire un centre de recherche africain pour la pr\u00e9vention et le contr\u00f4le des maladies \u00e0 Nairobi. <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n

Ce n’est pas la premi\u00e8re coop\u00e9ration sanitaire internationale d\u2019urgence dans laquelle la Chine a jou\u00e9 un r\u00f4le actif, l’\u00e9pid\u00e9mie de virus Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014 l’ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e. Cependant, cette fois-ci, la Chine se trouve face au contexte d\u2019une sc\u00e8ne mondiale tout \u00e0 fait diff\u00e9rente. Les \u00c9tats-Unis semblent peu d\u00e9sireux et, surtout, incapables de prendre la t\u00eate des op\u00e9rations, d\u00e9daignant la coop\u00e9ration internationale et manquant de fournitures m\u00e9dicales. La r\u00e9ponse de l’administration Trump \u00e0 la crise du COVID-19 contraste avec la r\u00e9ponse de l’administration Obama \u00e0 la crise Ebola de 2014, en r\u00e9ponse \u00e0 laquelle Washington avait mobilis\u00e9 une coalition de quelque 70 pays, organisations internationales et entreprises du secteur priv\u00e9 pour pr\u00e9venir et att\u00e9nuer la propagation de la maladie dans le monde <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les pays europ\u00e9ens sont confront\u00e9s \u00e0 leurs propres p\u00e9nuries, m\u00eame s\u2019il faut rappeler que l’Union europ\u00e9enne a r\u00e9cemment r\u00e9orient\u00e9 des fonds provenant de ressources ext\u00e9rieures existantes pour lutter contre la pand\u00e9mie dans les pays partenaires, dont 20 % ont \u00e9t\u00e9 allou\u00e9s \u00e0 l’Afrique (soit 3,25 milliards d’euros, dont 2,06 milliards \u00e0 l’Afrique subsaharienne) <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>. On est encore loin de la demande faite par la Commission \u00e9conomique pour l’Afrique \u00e0 la communaut\u00e9 internationale d’un fonds d’urgence de 100 milliards de dollars <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Malgr\u00e9 l’appel \u00e0 l’unit\u00e9 lanc\u00e9 par l’Organisation mondiale de la sant\u00e9, la pand\u00e9mie prend un chemin qui divise et brise le mondialisme. <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span> Cela peut s’av\u00e9rer particuli\u00e8rement dommageable pour l’Afrique, dont le niveau de pr\u00e9paration pour faire face \u00e0 la pand\u00e9mie est actuellement tr\u00e8s faible et d\u00e9pend du soutien ext\u00e9rieur. <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n

Bien que la Chine ait rapidement apport\u00e9 son soutien, sa diplomatie sanitaire \u00e0 dominante bilat\u00e9rale, vis-\u00e0-vis de la participation au syst\u00e8me de sant\u00e9 multilat\u00e9ral mondial, ne lui permettra gu\u00e8re de coordonner l’aide internationale \u00e0 l’Afrique, mais pourrait n\u00e9anmoins lui accorder une position de leader incontest\u00e9 \u2013\u202fnon sans \u00e9cueils. Les raisons qui poussent la Chine \u00e0 intensifier sa diplomatie sanitaire en Afrique sont examin\u00e9es de pr\u00e8s, les conclusions des observateurs allant de l’ambition de gagner de l’influence sur d’autres \u00c9tats par des gestes humanitaires, \u00e0 la protection de la s\u00e9curit\u00e9 nationale et de la puissance \u00e9conomique, en passant par un int\u00e9r\u00eat r\u00e9el \u00e0 aider les pays africains dans le besoin, dans une sorte de cadre de justice mondiale. Pour comprendre la logique de la Chine en mati\u00e8re de diplomatie de la sant\u00e9 en Afrique, et sa position par rapport aux autres acteurs internationaux et aux organisations multilat\u00e9rales, il peut \u00eatre utile de remonter au d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n

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