{"id":73174,"date":"2020-05-20T17:06:37","date_gmt":"2020-05-20T15:06:37","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=73174"},"modified":"2020-05-22T13:21:23","modified_gmt":"2020-05-22T11:21:23","slug":"lenigme-de-la-paix-en-asie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/05\/20\/lenigme-de-la-paix-en-asie\/","title":{"rendered":"L’\u00e9nigme de la paix en Asie"},"content":{"rendered":"\n

Il se passe quelque chose d’\u00e9trange en Asie. La r\u00e9gion confront\u00e9e aux plus importantes transformations de ses rapports de forces, l’Asie de l’Est, y traverse une p\u00e9riode de paix. La r\u00e9gion domin\u00e9e g\u00e9opolitiquement par l’Occident, l’Asie occidentale, fait quant \u00e0 elle l\u2019exp\u00e9rience de la guerre et du conflit. Comment expliquer ce sch\u00e9ma inhabituel de guerre et de paix ? Cet article entend explorer les forces historiques profondes qui m\u00e8nent aujourd\u2019hui \u00e0 la paix en Asie orientale et \u00e0 la guerre en Asie occidentale.<\/p>\n\n\n\n

Pour commencer, tout, dans la logique de l’Histoire, semble nous dire que l’Asie orientale devrait \u00eatre en guerre. Plusieurs grandes figures intellectuelles occidentales l’ont pr\u00e9dit. Richard K. Betts a ainsi d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab  l’un des facteurs qui incitent \u00e0 l’optimisme concernant la paix en Europe est l’apparente satisfaction des grandes puissances face au statu quo<\/em>  \u00bb, tandis qu’il existe en Asie de l’Est \u00ab  un vaste r\u00e9servoir de dol\u00e9ances qui s’accumulent, potentiellement plus g\u00e9n\u00e9ratrices de conflits que pendant la guerre froide, pendant laquelle la bipolarit\u00e9 a permis d\u2019\u00e9viter l’escalade des querelles de clocher  \u00bb. Aaron L. Friedberg d\u00e9clare qu\u2019\u00ab  alors que la guerre civile et les conflits ethniques continueront pendant un certain temps \u00e0 couver \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de l’Europe, c’est l’Asie qui, \u00e0 long terme, semble bien plus susceptible de devenir le th\u00e9\u00e2tre de conflits entre grandes puissances. Le demi-mill\u00e9naire au cours duquel l’Europe a \u00e9t\u00e9 le principal g\u00e9n\u00e9rateur de guerre au monde (ainsi que de richesse et de connaissances) touche \u00e0 sa fin. Mais, pour le meilleur ou pour le pire, le pass\u00e9 de l’Europe pourrait \u00eatre l’avenir de l’Asie  \u00bb. Barry Buzan et Gerald Segal ont \u00e9galement observ\u00e9 que \u00ab  l’Asie court le risque d\u2019un retour vers le futur  \u00bb, futur marqu\u00e9 par les tensions et conflits. Et d\u2019ajouter que \u00ab  l’Europe, en particulier, et l’Occident, en g\u00e9n\u00e9ral, constituent des soci\u00e9t\u00e9s internationales avanc\u00e9es et largement d\u00e9velopp\u00e9es  \u00bb. L\u2019Asie se distingue par la combinaison de plusieurs soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es avec une soci\u00e9t\u00e9 internationale r\u00e9gionale si appauvrie dans son d\u00e9veloppement qu\u2019il est m\u00eame difficile de la comparer \u00e0 l’Afrique ou au Moyen-Orient  \u00bb <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Plusieurs d\u00e9cennies se sont \u00e9coul\u00e9es depuis ces pr\u00e9dictions pleines d\u2019assurance qui voyaient en l’Asie de l’Est un terreau fertile pour le conflit. Pourtant, ce n\u2019est pas la guerre qui s\u2019imposa, mais bien la paix. Pourquoi  ?<\/p>\n\n\n\n

La r\u00e9gion confront\u00e9e aux plus importantes transformations de ses rapports de forces, l’Asie de l’Est, y traverse une p\u00e9riode de paix. La r\u00e9gion domin\u00e9e g\u00e9opolitiquement par l’Occident, l’Asie occidentale, fait quant \u00e0 elle l\u2019exp\u00e9rience de la guerre et du conflit.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Il serait insens\u00e9 d\u2019avancer des explications fond\u00e9es sur un unique facteur. L’Asie et, plus sp\u00e9cifiquement, l\u2019Asie du Nord-Est et l’Asie du Sud-Est sont des lieux complexes. Plusieurs facteurs y ont contribu\u00e9 \u00e0 la paix, notamment l’engagement strat\u00e9gique de la Chine de progresser pacifiquement ; l’ordre international fond\u00e9 sur l\u2019\u00e9tat de droit, transmis par l’Occident apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, la culture du pragmatisme inh\u00e9rente \u00e0 de nombreuses cultures de l’Asie de l’Est et peut-\u00eatre la simple chance d’avoir en Asie des dirigeants et penseurs strat\u00e9giques r\u00e9fl\u00e9chis et profonds, parmi lesquels de grands hommes tels que Deng Xiaoping et Lee Kuan Yew.<\/p>\n\n\n\n

La contribution de la Chine \u00e0 la dynamique de paix est particuli\u00e8rement cruciale. Napol\u00e9on a \u00e9mis cet avertissement bien connu : \u00ab  laissez donc la Chine dormir, car lorsque la Chine s\u2019\u00e9veillera, le monde entier tremblera  \u00bb. L’Occident a ignor\u00e9 ce sage conseil. Il ne s\u2019est pas content\u00e9 d\u2019\u00e9veiller la Chine mais l\u2019a pi\u00e9tin\u00e9e tout enti\u00e8re, emmen\u00e9 par les Britanniques lors de la c\u00e9l\u00e8bre guerre de l’opium en 1842. Dans un acte plus terrifiant encore, les forces britanniques et fran\u00e7aises ont pill\u00e9, saccag\u00e9 et d\u00e9truit le Palais d’\u00e9t\u00e9 en 1860, d\u00e9truisant par la m\u00eame occasion des \u0153uvres d’art et antiquit\u00e9s historiques qui valaient mille fois Notre-Dame. Les Chinois ont subi un si\u00e8cle d\u2019une am\u00e8re humiliation entre 1842 et 1949. Ils ne l’ont pas oubli\u00e9. Pas plus tard qu’en mars 2020, le correspondant du Financial Times<\/em>, Jamil Anderlini, racontait sa rencontre avec un jeune enfant chinois qui lui demandait, dans une profonde angoisse  : \u00ab  pourquoi avez-vous br\u00fbl\u00e9 le Palais d’\u00e9t\u00e9 ?  \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Les Chinois ont subi un si\u00e8cle d\u2019une am\u00e8re humiliation entre 1842 et 1949. Ils ne l’ont pas oubli\u00e9.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Avec tant de souffrance et d’humiliation, la Chine aurait d\u00fb r\u00e9appara\u00eetre dans la peau d\u2019un furieux dragon cracheur de flammes, au lieu de quoi elle s’est engag\u00e9e \u00e0 progresser pacifiquement. Deng Xiaoping, en chef avis\u00e9, a sagement conseill\u00e9 \u00e0 son peuple d\u2019encaisser les humiliations et les insultes, de faire profil bas et de s’efforcer de r\u00e9ussir. La Chine aurait pu se consid\u00e9rer provoqu\u00e9e par de nombreux \u00e9v\u00e9nements au cours des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es : la d\u00e9cision du pr\u00e9sident Clinton d’envoyer des porte-avions dans le d\u00e9troit de Taiwan en 1996 ; le bombardement de l’ambassade de Chine \u00e0 Belgrade en mai 1999 ; les rencontres rapproch\u00e9es avec des navires de la marine japonaise dans les \u00eeles Diaoyutai\/Senkaku de septembre 2012 \u00e0 fin 2013, que Christopher Hughes, professeur de relations internationales \u00e0 la London School of Economics and Political Science<\/em> (LSE), qualifie de \u00ab  plus graves pour les relations sino-japonaises dans la p\u00e9riode de l’apr\u00e8s-guerre en termes de risque de conflit militaris\u00e9  \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Chacun de ces \u00e9v\u00e9nements aurait pu d\u00e9clencher une guerre ou un simple accrochage. Pourtant, de toutes les grandes puissances de l’histoire du monde, et notamment des cinq membres permanents du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l’ONU, la Chine est la seule \u00e0 n\u2019avoir pas men\u00e9 de guerre au cours des 40 derni\u00e8res ann\u00e9es (depuis la guerre sino-vietnamienne de 1979).<\/p>\n\n\n\n

La retenue militaire chinoise s’explique \u00e9galement par une culture de la strat\u00e9gie profond\u00e9ment ancr\u00e9e, la Chine \u00e9tant convaincue que la meilleure fa\u00e7on de gagner des guerres est de ne pas les mener. Sun Tzu affirmait que \u00ab  la meilleure victoire est celle dans laquelle l’adversaire se rend de son propre chef avant qu’il n’y ait de v\u00e9ritables hostilit\u00e9s… Il est pr\u00e9f\u00e9rable de gagner sans se battre  \u00bb. Henry Kissinger<\/a> a savamment d\u00e9crit la diff\u00e9rence entre la pulsion qui m\u00e8ne l\u2019Occident \u00e0 rechercher la victoire militaire et celle qui m\u00e8ne la Chine \u00e0 s’assurer un avantage strat\u00e9gique \u00e0 long terme. Il l\u2019a fait en comparant le jeu d’\u00e9checs occidental avec le jeu chinois de wei qi<\/em>, d\u00e9clarant que \u00ab  si les \u00e9checs s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la bataille d\u00e9cisive, le wei qi<\/em> s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la campagne prolong\u00e9e. Le joueur d’\u00e9checs vise la victoire totale. Le joueur de wei qi<\/em> recherche un avantage relatif  \u00bb <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Kissinger poursuit en ajoutant que \u00ab  les penseurs chinois ont d\u00e9velopp\u00e9 une pens\u00e9e strat\u00e9gique qui met l’accent sur la victoire gr\u00e2ce \u00e0 l’avantage psychologique et pr\u00f4ne l’\u00e9vitement des conflits directs  \u00bb <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

La retenue militaire chinoise s’explique \u00e9galement par une culture de la strat\u00e9gie profond\u00e9ment ancr\u00e9e, la Chine \u00e9tant convaincue que la meilleure fa\u00e7on de gagner des guerres est de ne pas les mener.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Cette culture strat\u00e9gique explique en partie l’essor relativement pacifique de la Chine. Toutefois, cette ascension pacifique a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9e par l’environnement mondial favorable que l’Occident a cr\u00e9\u00e9 apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Ici, la comparaison entre l’environnement mondial de la fin du XIXe si\u00e8cle et du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle et celui de la fin du XXe si\u00e8cle et du d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle s\u2019av\u00e8re utile. Lorsque, durant cette premi\u00e8re \u00e9poque, le Japon est devenu une grande puissance, il a cru qu’il n’avait pas d’autre choix que de conqu\u00e9rir des territoires pour s’assurer des ressources naturelles essentielles. Lorsque la Chine a commenc\u00e9 d\u2019\u00e9merger lors de la seconde, elle a respect\u00e9 l’ordre \u00e9tabli en 1945, fond\u00e9 sur la primaut\u00e9 du droit, et a utilis\u00e9 le commerce plut\u00f4t que la conqu\u00eate pour s\u2019assurer croissance \u00e9conomique et prosp\u00e9rit\u00e9. La Chine est ind\u00e9niablement devenue le premier b\u00e9n\u00e9ficiaire de cet ordre, ce qui explique en partie la d\u00e9sillusion de l’administration Trump<\/a> \u00e0 l’\u00e9gard de ce dernier. Pourtant, malgr\u00e9 cette culture strat\u00e9gique et cet environnement favorable, des guerres auraient pu \u00e9clater car l’Asie de l\u2019Est regorge de \u00ab  points chauds  \u00bb, parmi lesquels la fronti\u00e8re la plus dangereuse au monde, entre la Cor\u00e9e du Nord et la Cor\u00e9e du Sud, la profonde d\u00e9fiance entre la Chine et le Japon, la question irr\u00e9solue de Ta\u00efwan et les litiges territoriaux en mer de Chine m\u00e9ridionale, pour n’en citer que quelques-uns. Dans chacun de ces quatre exemples, des rencontres rapproch\u00e9es ont eu lieu qui auraient pu d\u00e9clencher des conflits. Pourtant, la paix a pr\u00e9valu.<\/p>\n\n\n\n

D\u2019autres facteurs ont contribu\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9dominance de la paix. L’un d’entre eux est une force intangible : une culture du pragmatisme profond\u00e9ment ancr\u00e9e. Sa v\u00e9ritable signification ne peut \u00eatre mise en \u00e9vidence qu’en la confrontant \u00e0 la tendance occidentale \u00e0 la prise de positions id\u00e9ologiques. Ce contraste peut \u00eatre appliqu\u00e9 \u00e0 un probl\u00e8me sp\u00e9cifique \u00e0 l’Asie de l’Est : celui de la p\u00e9ninsule cor\u00e9enne. Apr\u00e8s la guerre de Cor\u00e9e en 1950-53, la Chine devint le protecteur de la Cor\u00e9e du Nord et les \u00c9tats-Unis ceux de la Cor\u00e9e du Sud. Pendant des d\u00e9cennies, tout fut paralys\u00e9. Pourtant, lorsque la Chine d\u00e9cida de s’ouvrir au monde et de nouer des relations avec tous ses partenaires potentiels, elle mit enti\u00e8rement de c\u00f4t\u00e9 ses divergences id\u00e9ologiques pass\u00e9es avec la Cor\u00e9e du Sud et \u00e9tablit des relations diplomatiques avec cette derni\u00e8re en ao\u00fbt 1992. Les \u00c9tats-Unis auraient pu et auraient d\u00fb \u00e9galer cet acte pragmatique en \u00e9tablissant des relations diplomatiques avec la Cor\u00e9e du Nord. Pourtant, pour des raisons id\u00e9ologiques, cette id\u00e9e n’a m\u00eame pas travers\u00e9 l’esprit des responsables politiques de Washington \u00e0 l’\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n

Lorsque la Chine a commenc\u00e9 d\u2019\u00e9merger lors de la seconde, elle a respect\u00e9 l’ordre \u00e9tabli en 1945, fond\u00e9 sur la primaut\u00e9 du droit, et a utilis\u00e9 le commerce plut\u00f4t que la conqu\u00eate pour s\u2019assurer croissance \u00e9conomique et prosp\u00e9rit\u00e9.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Cette culture du pragmatisme explique \u00e9galement pourquoi l’Asie du Sud-Est demeure en paix. En th\u00e9orie, l’Asie du Sud-Est devrait \u00eatre la r\u00e9gion la plus dangereuse de la plan\u00e8te. Aucune r\u00e9gion du monde n’est plus diversifi\u00e9e. L’Asie du Sud-Est a servi de carrefour du monde pendant plus de deux mill\u00e9naires. Sa remarquable diversit\u00e9 culturelle est le fruit de cette histoire. Au moins quatre grandes vagues culturelles ont d\u00e9ferl\u00e9 sur l’Asie du Sud-Est : les vagues indienne, chinoise, musulmane et occidentale. Dans un espace g\u00e9ographique relativement restreint se trouvent 240 millions de musulmans, 130 millions de chr\u00e9tiens, 200 millions de bouddhistes et 13 millions d’hindous. Un historien britannique renomm\u00e9, C.A. Fisher, a qualifi\u00e9 la r\u00e9gion de \u00ab  Balkans d’Asie  \u00bb, ajoutant que ces derniers \u00e9taient plus divers encore que leurs pendants europ\u00e9ens. Il a pr\u00e9dit des troubles pour l’Asie du Sud-Est. Sur la liste des r\u00e9gions les plus prometteuses en mati\u00e8re de coop\u00e9ration internationale, l’Asie du Sud-Est figurait assur\u00e9ment au dernier rang.<\/p>\n\n\n\n

Et pourtant, les Balkans d’Asie donn\u00e8rent naissance, \u00e9tonnamment, \u00e0 la deuxi\u00e8me organisation r\u00e9gionale la plus performante au monde, l\u2019ASEAN, qui se classe deuxi\u00e8me, apr\u00e8s l’Union europ\u00e9enne, pour la gamme d\u2019activit\u00e9s couvertes par sa coop\u00e9ration r\u00e9gionale. En effet, comme je le d\u00e9montre dans un ouvrage dont je suis le coauteur, The ASEAN Miracle<\/em>, les observateurs les plus avertis, y compris ses p\u00e8res fondateurs, pensaient de l\u2019ASEAN qu\u2019elle s’effondrerait et \u00e9chouerait, \u00e0 l\u2019image de tous ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs en Asie du Sud-Est. De nombreux facteurs, dont la crainte partag\u00e9e du communisme, la chance et le golf, expliquent son succ\u00e8s d\u00e9fiant toute attente. Une gouvernance de haut niveau y a \u00e9galement contribu\u00e9. Le pr\u00e9sident Suharto, dont l’esprit \u00e9tait impr\u00e9gn\u00e9 de mysticisme javanais, a pu coop\u00e9rer avec Lee Kuan Yew, un brillant avocat de formation anglo-saxonne. Quel \u00e9tait le pont qui reliait ces diff\u00e9rents univers mentaux ? La culture du pragmatisme.<\/p>\n\n\n\n

Les \u00ab  Balkans d’Asie  \u00bb donn\u00e8rent naissance, \u00e9tonnamment, \u00e0 la deuxi\u00e8me organisation r\u00e9gionale la plus performante au monde, l\u2019ASEAN, qui se classe deuxi\u00e8me, apr\u00e8s l’Union europ\u00e9enne, pour la gamme d\u2019activit\u00e9s couvertes par sa coop\u00e9ration r\u00e9gionale.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Une autre fa\u00e7on de comprendre le bilan de paix et de prosp\u00e9rit\u00e9 de l’Asie de l’Est est de le comparer et de le comparer \u00e0 l’Asie de l’Ouest, laquelle a toujours connu guerres et conflits. Il est toujours dangereux de proposer des explications \u00e0 facteur unique. Pour autant, certaines d\u2019entre elles peuvent offrir un \u00e9clairage utile. La diff\u00e9rence fondamentale entre Asie de l’Est et Asie de l’Ouest r\u00e9side dans le fait que si l’Asie de l’Est est profond\u00e9ment impr\u00e9gn\u00e9e de cette culture du pragmatisme, l’Asie de l’Ouest (qui est demeur\u00e9e sous domination occidentale) a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e par la culture de la \u00ab g\u00e2chette facile  \u00bb qu\u2019a produit l’Occident.<\/p>\n\n\n\n

Comme le terme de \u00ab  culture de la g\u00e2chette facile  \u00bb peut sembler assez provocateur, il peut \u00eatre utile de l’expliquer \u00e0 l’aide de donn\u00e9es. J\u2019ai mentionn\u00e9 plus haut que la Chine n’a pas men\u00e9 de guerre en quarante ans et n’a pas tir\u00e9 un seul coup de feu en trente ans. En revanche, au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es, depuis la fin de la guerre froide (qui \u00e9tait cens\u00e9e apporter des dividendes de paix), les \u00c9tats-Unis ont \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s, directement ou indirectement, dans des conflits en Somalie, au Kosovo, en Irak, en Syrie, en Libye, au Y\u00e9men, au Pakistan, au Panama, au Kowe\u00eft, en Bosnie, en Iran, au Soudan, en Afghanistan et en Serbie.<\/p>\n\n\n\n

La statistique suivante explique les diff\u00e9rences marqu\u00e9es entre la culture strat\u00e9gique de l’Asie de l’Est et de l’Ouest. En trente ans, depuis 1989, la Chine n’a pas tir\u00e9 une seule balle au-del\u00e0 de ses fronti\u00e8res. \u00c0 l’inverse, au cours de la derni\u00e8re ann\u00e9e de la pr\u00e9sidence de Barack Obama, un dirigeant pourtant relativement pacifiste, les \u00c9tats-Unis ont largu\u00e9 26 172 bombes sur sept pays. Il sera probablement impossible de documenter le nombre total de bombes que les \u00c9tats-Unis ont largu\u00e9es \u00e0 l’\u00e9tranger depuis la fin de la guerre froide. Il est difficile de trouver des estimations, mais on estime n\u00e9anmoins que le chiffre s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 100 000 pour la p\u00e9riode de la pr\u00e9sidence de de Barack Obama et \u00e0 environ 70 000 pour celle de George W. Bush. Lorsque les futurs historiens se pencheront sur cette habitude de la \u00ab  g\u00e2chette facile  \u00bb et du largage de bombes, la question \u00e9vidente qu’ils se poseront sera celle de savoir si les dirigeants, tant civils que militaires, qui ont pris ces d\u00e9cisions ont r\u00e9fl\u00e9chi soigneusement et strat\u00e9giquement avant de mettre en \u0153uvre de telles actions.<\/p>\n\n\n\n

En trente ans, depuis 1989, la Chine n’a pas tir\u00e9 une seule balle au-del\u00e0 de ses fronti\u00e8res. \u00c0 l’inverse, au cours de la derni\u00e8re ann\u00e9e de la pr\u00e9sidence de Barack Obama, un dirigeant pourtant relativement pacifiste, les \u00c9tats-Unis ont largu\u00e9 26 172 bombes sur sept pays.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Barack Obama a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment troubl\u00e9 par ces tendances militaristes des \u00c9tats-Unis. Il a donc essay\u00e9 de faire preuve de retenue strat\u00e9gique et s\u2019est en effet vu vilipend\u00e9 pour ne pas avoir bombard\u00e9 la Syrie lorsque la presse a rapport\u00e9 que Bachar Al-Assad avait utilis\u00e9 des bombes chimiques en ao\u00fbt 2013. Pourtant, comme je me le demandais dans La Chine a-t-elle gagn\u00e9  ?<\/em> : \u00ab  cela aurait-il permis de faire tomber Assad ? Probablement pas. Et si Assad \u00e9tait tomb\u00e9, le peuple syrien aurait-il \u00e9t\u00e9 mieux loti ou bien aurait-il subi des pertes humaines encore plus importantes, comme ce fut le cas des Irakiens et des Libyens apr\u00e8s les interventions occidentales ? Quels int\u00e9r\u00eats nationaux am\u00e9ricains le bombardement de la Syrie aurait-il consolid\u00e9 ?  \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Nul besoin d\u2019\u00eatre un strat\u00e8ge de g\u00e9nie pour constater que presque toutes les interventions occidentales en Asie occidentale (et en Afrique du Nord) se sont sold\u00e9es par des \u00e9checs. De nombreux alli\u00e9s de l’Occident ont soulign\u00e9 que c’\u00e9tait une erreur de l’Occident que de continuer \u00e0 intervenir en Asie occidentale. Ainsi, un haut fonctionnaire indien, Shyam Saran, \u00e9crivit-il \u00e0 propos des interventions occidentales : \u00ab  dans la plupart des cas, la situation post-intervention est bien pire, la violence plus meurtri\u00e8re et la souffrance de ceux qui \u00e9taient cens\u00e9s \u00eatre prot\u00e9g\u00e9es bien plus grave qu’auparavant. L’Irak est un cas ancien, la Libye et la Syrie en sont de plus r\u00e9cents. Une histoire similaire se d\u00e9roule aujourd\u2019hui en Ukraine. Dans chaque cas, aucune r\u00e9flexion approfondie n’a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur les cons\u00e9quences possibles de l’intervention  \u00bb. De m\u00eame, un autre haut fonctionnaire indien, Shivshankar Menon, a fait remarquer que \u00ab  les interventions unilat\u00e9rales (parfois secr\u00e8tes), comme en Libye ou en Syrie, ont eu des r\u00e9sultats inattendus et dangereux… Nous devons clairement am\u00e9liorer, renforcer et utiliser les processus et les institutions de consultation et d’action multilat\u00e9rales dont dispose la communaut\u00e9 internationale  \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Puisqu’il est manifeste que presque toutes les interventions occidentales en Asie occidentale se sont sold\u00e9es par un \u00e9chec, il para\u00eet \u00e9vident de se demander pourquoi l’Occident a continu\u00e9 de mettre en \u0153uvre de telles politiques. Ici, pour \u00eatre tout \u00e0 fait juste, il faut reconna\u00eetre qu’il y a eu quelques diff\u00e9rences d\u2019un dirigeant occidental \u00e0 l\u2019autre. Par exemple, lorsque le pr\u00e9sident George W. Bush a d\u00e9cid\u00e9 d’envahir l’Irak en mars 2003, les dirigeants fran\u00e7ais et allemands, Chirac et Schr\u00f6der, s’y sont oppos\u00e9s en faisant montre d\u2019un grand courage personnel. \u00c0 raison  : l’Irak s’est av\u00e9r\u00e9 \u00eatre un \u00e9chec catastrophique, qui a co\u00fbt\u00e9 aux \u00c9tats-Unis des milliers de milliards de dollars, sommes qu’ils ne pouvaient pas se permettre de d\u00e9penser alors que 50 % de la population am\u00e9ricaine souffrait d’une diminution de son niveau de vie. La le\u00e7on \u00e9tait claire : les interventions occidentales dans les pays musulmans du Moyen-Orient conduisent \u00e0 des d\u00e9sastres. Et pourtant, l’Occident a continu\u00e9 d\u2019intervenir. La France s\u2019est engag\u00e9e dans les conflits libyen (2011) et syrien (de 2014 \u00e0 aujourd’hui). L’Allemagne a particip\u00e9 \u00e0 la guerre en Syrie. Elle a cependant refus\u00e9 d’envoyer des troupes en Libye. Mais elle a autoris\u00e9 l’utilisation de ses installations militaires et a apport\u00e9 une contribution financi\u00e8re. D’autres d\u00e9sastres ont suivi. La vie quotidienne des gens ordinaires en Libye et en Syrie s’est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e depuis ces interventions.<\/p>\n\n\n\n

Le paradoxe moral est que les interventions occidentales en Asie de l\u2019Ouest ne sont pas motiv\u00e9es par une quelconque volont\u00e9 de nuire ou de d\u00e9truire.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

La question \u00e9vidente est la suivante : l’Occident peut-il tirer les le\u00e7ons de trois d\u00e9cennies d’erreurs et cesser d’intervenir militairement dans les affaires des \u00c9tats musulmans d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord ? Plusieurs universitaires occidentaux, dont Andrew Bacevich, John Mearsheimer et Steve Walt, ont plaid\u00e9 de mani\u00e8re convaincante en faveur de l’arr\u00eat de ces interventions. Bacevich, par exemple, \u00e9crit qu\u2019\u00ab  en Irak, en Afghanistan et en Libye, entre autres, l’intervention a produit non pas la stabilit\u00e9 mais l’instabilit\u00e9. En effet, Daesh lui-m\u00eame compte parmi les fruits empoisonn\u00e9s de l’invasion irakienne imprudemment con\u00e7ue par George W. Bush et aggrav\u00e9e encore par l’occupation grotesquement mal g\u00e9r\u00e9e qui s\u2019ensuivit. Aussi bienveillantes que soient nos intentions, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 aggraver la situation  \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Le paradoxe moral r\u00e9side ici dans ce que ces interventions occidentales en Asie de l\u2019Ouest ne sont pas motiv\u00e9es par une quelconque volont\u00e9 de nuire ou de d\u00e9truire. Au contraire, elles sont guid\u00e9es par un noble d\u00e9sir de venir en aide \u00e0 ces soci\u00e9t\u00e9s en faisant tomber leurs dictateurs malfaisants. Lorsque l’on est motiv\u00e9 par des actions nobles, le calcul des co\u00fbts et des avantages n’entre pas en ligne de compte. Ce qui nous am\u00e8ne au c\u0153ur des diff\u00e9rences d\u2019approches des esprits occidentaux et orientaux quant aux questions de guerre et de paix. L’Occident estime que l’objectif id\u00e9ologique de promotion de la d\u00e9mocratie devrait l’emporter sur toute consid\u00e9ration pragmatique. L\u2019Orient juge que les calculs pragmatiques, plut\u00f4t que les consid\u00e9rations id\u00e9ologiques, doivent guider l’\u00e9laboration des politiques. Cette simple diff\u00e9rence de points de vue explique pourquoi l’Asie occidentale conna\u00eet la guerre et les conflits et l’Asie orientale la paix.<\/p>\n\n\n\n

Qu\u2019en est-il alors de l’Asie du Sud, cette vaste r\u00e9gion intens\u00e9ment peupl\u00e9e, localis\u00e9e entre l’Asie occidentale et l’Asie orientale ? La r\u00e9ponse est simple  : elle est d\u00e9chir\u00e9e entre les impulsions id\u00e9ologiques de l’Occident et celles, pragmatiques, de l’Orient. Deux \u00e9tudes de cas donnent \u00e0 voir le d\u00e9chirement de cette r\u00e9gion  : la premi\u00e8re concerne les anciens Pakistan occidental et oriental ; la seconde, l’Inde.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019Orient juge que les calculs pragmatiques, plut\u00f4t que les consid\u00e9rations id\u00e9ologiques, doivent guider l’\u00e9laboration des politiques. Cette simple diff\u00e9rence de points de vue explique pourquoi l’Asie occidentale conna\u00eet la guerre et les conflits et l’Asie orientale la paix.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Lorsque le Pakistan occidental et le Pakistan oriental furent s\u00e9par\u00e9s en 1971, la doxa<\/em> de par le monde, y compris en Occident, tenait pour acquis que le Pakistan occidental allait r\u00e9ussir et que le Pakistan oriental, devenu le Bangladesh, allait \u00e9chouer. Henry Kissinger refl\u00e8te bien cette doxa<\/em> lorsqu\u2019il fait remarquer que le Bangladesh demeurerait \u00ab  une cause perdue  \u00bb. Et c\u2019est en effet ce que laissaient pr\u00e9sager tous les indicateurs. Avec l’acc\u00e9l\u00e9ration de la guerre froide, le Pakistan occidental est devenu le favori de l’Occident, tout particuli\u00e8rement apr\u00e8s l’invasion de l’Afghanistan par l\u2019Union sovi\u00e9tique en 1979. Le Pakistan a re\u00e7u une aide massive, s\u2019\u00e9levant \u00e0 pr\u00e8s de 5 milliards de dollars dans les ann\u00e9es 1980. Le Bangladesh, en comparaison, n\u2019a re\u00e7u que des miettes. \u00c0 la fin de la guerre froide, le Pakistan a temporairement perdu son statut de favori g\u00e9opolitique. Il est n\u00e9anmoins redevenu le favori de l\u2019Occident et plus particuli\u00e8rement des \u00c9tats-Unis apr\u00e8s le 11 septembre 2001 et la d\u00e9cision des \u00c9tats-Unis d’envahir l’Afghanistan. Le Bangladesh, en revanche, n’a jamais \u00e9t\u00e9 une priorit\u00e9 strat\u00e9gique pour l’Occident.<\/p>\n\n\n\n

Pr\u00e8s de cinquante ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis la s\u00e9paration. Qui, du Pakistan occidental ou du Pakistan oriental, s\u2019en est le mieux sorti ? La r\u00e9ponse se trouve dans les donn\u00e9es. En 1971, lorsque les deux pays se sont s\u00e9par\u00e9s, le PIB par habitant du Pakistan occidental \u00e9tait 1,6 fois plus \u00e9lev\u00e9 que celui du Pakistan oriental. Aujourd’hui, le PIB par habitant du Bangladesh d\u00e9passe celui du Pakistan depuis 2016. Pourquoi le Bangladesh a-t-il r\u00e9ussi contre toute attente, b\u00e9n\u00e9ficiant d’un taux de croissance \u00e9conomique moyen de plus de 6 % par an pendant plus de trois d\u00e9cennies ? <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span> De nombreux facteurs y ont probablement contribu\u00e9 mais un contraste \u00e9vident se d\u00e9gage tout particuli\u00e8rement. Le Pakistan a particip\u00e9 \u00e0 plusieurs op\u00e9rations militaires impliquant l’Occident. Son budget militaire repr\u00e9sentait 4 % de son PIB en 2018, ce qui en fait l’un des plus \u00e9lev\u00e9s au monde. Le Bangladesh, en revanche, ne s’est impliqu\u00e9 dans aucun des conflits militaires men\u00e9s par l’Occident. Il a connect\u00e9 son \u00e9conomie \u00e0 l’environnement pragmatique de l’Asie de l’Est, attirant ainsi les investissements \u00e9trangers, \u00e0 l\u2019instar de l’Asie du Sud-Est, pour alimenter sa croissance \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n

L’implication dans le mod\u00e8le de d\u00e9veloppement \u00e9conomique de l’Est est payante, comme le prouve le Bangladesh. Paradoxalement, l\u2019une des bonnes fortunes paradoxales du Bangladesh r\u00e9side dans le fait qu’il a \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9 par l’Occident.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

De l\u2019\u00e9tude comparative du cas pakistanais ressort un enseignement clair. L’implication dans les aventures militaires occidentales n’est pas rentable, comme l’a prouv\u00e9 le Pakistan. L’implication dans le mod\u00e8le de d\u00e9veloppement \u00e9conomique de l’Est est payante, comme le prouve le Bangladesh. Paradoxalement, l\u2019une des bonnes fortunes paradoxales du Bangladesh r\u00e9side dans le fait qu’il a \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9 par l’Occident.<\/p>\n\n\n\n

L’\u00e9tude de cas indienne est plus int\u00e9ressante encore. Situ\u00e9 entre l’Asie occidentale et l’Asie orientale, le pays est clairement d\u00e9chir\u00e9, sur les plans politique et psychologique, entre les impulsions venant de l’Occident et de l’Orient. L’Inde s\u2019est \u00e9galement trouv\u00e9e prise dans des courants g\u00e9opolitiques crois\u00e9s. Pendant la guerre froide, lorsque l’Occident s’est align\u00e9 sur une Chine communiste et une dictature militaire au Pakistan, l\u2019Inde, plus grande d\u00e9mocratie du monde, s\u2019est vue \u00e9vinc\u00e9e par l’Occident. Aujourd’hui, avec l’\u00e9mergence de la Chine au rang de principal rival g\u00e9opolitique des \u00c9tats-Unis, l’Inde est devenue une priorit\u00e9 g\u00e9opolitique pour les \u00c9tats-Unis. En effet, depuis la fin de la guerre froide, elle est r\u00e9guli\u00e8rement courtis\u00e9e par les pr\u00e9sidents am\u00e9ricains, qu\u2019il s\u2019agisse de Bill Clinton, George W. Bush, Barack Obama ou Donald Trump.<\/p>\n\n\n\n

Une telle cour peut sembler tr\u00e8s s\u00e9duisante. De nombreuses voix puissantes et influentes au sein de l’establishment<\/em> strat\u00e9gique indien appellent l’Inde \u00e0 \u00e9tablir un partenariat strat\u00e9gique, voire une alliance implicite, avec les \u00c9tats-Unis pour affronter la Chine. La profonde d\u00e9fiance entre l’Inde et la Chine renforcent encore cet appel. Il est clair qu’au cours de la prochaine d\u00e9cennie, l’Inde devra faire des choix strat\u00e9giques clairs. Il s’agira de choix fatidiques.<\/p>\n\n\n\n

Il est clair qu’au cours de la prochaine d\u00e9cennie, l’Inde devra faire des choix strat\u00e9giques clairs. Il s’agira de choix fatidiques.<\/p>Kishore Mahbubani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Avant d\u2019op\u00e9rer ces choix, il pourrait \u00eatre bon pour l’Inde d’approfondir la question cl\u00e9 \u00e0 laquelle cet article a tent\u00e9 de r\u00e9pondre. Pourquoi les pays situ\u00e9s \u00e0 l’ouest de l’Inde ont-ils subi tant de conflits et n\u2019ont-ils connu aucun \u00e9pisode de croissance \u00e9conomique miracle ? Pourquoi les pays situ\u00e9s \u00e0 l’Est de l’Inde ont-ils \u00e0 l\u2019inverse connu tant de miracles \u00e9conomiques et si peu de conflits, relativement parlant ? Cet article ne fait que commencer \u00e0 explorer certaines diff\u00e9rences cl\u00e9s dans les dynamiques sous-jacentes de l’Asie de l’Ouest et de l’Est. N\u00e9anmoins, une le\u00e7on est claire. L’Asie orientale, tant au Nord-Est qu\u2019au Sud-Est, a r\u00e9ussi parce qu’elle a suivi des voies politiques et \u00e9conomiques pragmatiques.<\/p>\n\n\n\n

Malgr\u00e9 cette le\u00e7on \u00e9vidente, nombreux sont ceux qui, en Occident, pr\u00e9f\u00e9reraient encore que l’Inde rejoigne l’Occident plut\u00f4t que l’Orient. \u00c0 premi\u00e8re vue, il semblerait qu\u2019il soit dans l\u2019int\u00e9r\u00eat commun des deux piliers de l’Occident que sont l’Europe et l’Am\u00e9rique que d\u2019attirer l’Inde vers l’Occident. En v\u00e9rit\u00e9, leurs int\u00e9r\u00eats divergent. Si l’Inde se rapproche de l’Occident, les \u00c9tats-Unis y gagneront en ce qu’ils s\u2019adjoindront un partenaire fort pour faire contrepoids \u00e0 la Chine, leur principal rival g\u00e9opolitique. Si l’Inde se rapproche de l’Est, l’Europe y gagnerait en ce que, si l’Inde se joint aux r\u00e9ussites \u00e9conomiques pragmatiques de l’Est, elle pourrait devenir un pont vital transmettant la culture pragmatique de l’Asie de l’Est \u00e0 l’Asie de l’Ouest. Une Asie occidentale (et, plus tard, une Afrique du Nord) pleine de r\u00e9ussites \u00e9conomiques de style est-asiatique serait un cadeau g\u00e9opolitique majeur \u00e0 l’Europe. C’est pour cette raison que l’Europe doit tout \u00e0 la fois comprendre et soutenir l’histoire de paix de l’Asie orientale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Aux temps du Covid-19, l’Asie du Sud-Est est \u00e9rig\u00e9e en mod\u00e8le de gestion de la crise. Pour comprendre d’o\u00f9 lui vient cette force, il faut peut-\u00eatre revenir \u00e0 sa vision pragmatique. <\/p>\n

L’ancien diplomate et sp\u00e9cialiste renomm\u00e9 de la g\u00e9opolitique asiatique Kishore Mahbubani tente dans ce texte in\u00e9dit de r\u00e9pondre \u00e0 la plus grande \u00e9nigme pos\u00e9e par l’Asie orientale  : la paix.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":73201,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-angles.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1732],"tags":[],"geo":[531],"class_list":["post-73174","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-guerre","staff-kishore-mahbubani","geo-chine"],"acf":[],"yoast_head":"\nL'\u00e9nigme de la paix en Asie | Le Grand Continent<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Selon Kishore Mahbubani, c'est la vision pragmatique qui est \u00e0 l'origine de la plus grande \u00e9nigme de l'Asie orientale : la paix.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, 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