{"id":7317,"date":"2018-08-19T22:00:13","date_gmt":"2018-08-19T20:00:13","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=7317"},"modified":"2019-04-07T17:54:08","modified_gmt":"2019-04-07T15:54:08","slug":"le-role-positif-de-lunion-dans-la-politique-des-infrastructures","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/08\/19\/le-role-positif-de-lunion-dans-la-politique-des-infrastructures\/","title":{"rendered":"Le r\u00f4le (positif) de l’Union dans la politique des infrastructures"},"content":{"rendered":"\n
G\u00eanes. <\/em>L’effondrement du pont Morandi \u00e0 G\u00eanes, qui a caus\u00e9 une quarantaine de morts et une s\u00e9rie de dommages graves, m\u00eame s’il est encore difficile \u00e0 quantifier, \u00e0 l’ensemble du trafic routier dans le Nord-Ouest, a soulev\u00e9 des doutes suppl\u00e9mentaires quant \u00e0 l’\u00e9tat de nombreuses infrastructures strat\u00e9giques construites dans les ann\u00e9es d’apr\u00e8s-guerre en Italie. Pourtant, les partis au pouvoir ont refus\u00e9 d\u2019envisager la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat, pointant du doigt des coupables id\u00e9aux qui correspondent parfaitement au discours politique qu\u2019ils ont tenu jusqu\u2019alors. En particulier, les d\u00e9clarations du ministre de l’Int\u00e9rieur et dirigeant de la Lega, Matteo Salvini, ont fait sensation car il a accus\u00e9 l’Union d’\u00eatre responsable de la catastrophe en raison de contraintes budg\u00e9taires, ce qui emp\u00eacherait l\u2019engagement dans l’entretien et la reconstruction des infrastructures (7<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n L’accusation de Salvini semble totalement infond\u00e9e pour un certain nombre de raisons, comme la Commission europ\u00e9enne s’est empress\u00e9e de le confirmer (3<\/strong>). Tout d’abord, bien que les budgets nationaux soient examin\u00e9s et n\u00e9goci\u00e9s avec Bruxelles, l’Union n’est pas directement responsable des autoroutes et des infrastructures de transport, pour lesquelles les allocations de d\u00e9penses restent sous le contr\u00f4le des \u00c9tats membres. En outre, il n’existe toujours pas de syst\u00e8me europ\u00e9en de surveillance des infrastructures ; l’action europ\u00e9enne Tu 1406, men\u00e9e par la Coop\u00e9ration europ\u00e9enne en science et technologie (Cost), vise pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 combler cette lacune (1<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n N\u00e9anmoins, la Commission conserve un r\u00f4le d’orientation et d'\u00a0\u00bbencouragement \u00bb, dans lequel la politique d’infrastructure conserve une certaine importance dans les priorit\u00e9s de l’Union : \u00e0 travers le Plan Juncker, approuv\u00e9 en 2014 et avec un objectif de 500 milliards jusqu’en 2020, l’Union a fait pression sur les gouvernements pour renouveler les infrastructures et mobiliser les investissements, comme en t\u00e9moignent les recommandations du Conseil europ\u00e9en de mai 2018 \u00e0 l’Italie, dans lesquelles Bruxelles souligne l’importance de \u00ab stimuler la recherche, l’innovation, les comp\u00e9tences num\u00e9riques et les infrastructures par des investissements cibl\u00e9s \u00bb (4<\/strong>). La Commission elle-m\u00eame confirme que pour l’Italie, dans le cadre du Plan Juncker, \u00ab 2,5 milliards d’euros sur la p\u00e9riode 2014-2020 dans les fonds structurels et d’investissement europ\u00e9ens pour les infrastructures de r\u00e9seau, telles que les routes ou les chemins de fer \u00bb ont \u00e9t\u00e9 allou\u00e9s dans le cadre du projet de corridor Ten-T Rhin-Alpes, dont G\u00eanes est le tron\u00e7on sud (2<\/strong>) ; enfin, il faut ajouter qu’en avril dernier, apr\u00e8s une longue s\u00e9rie de reports, l’Union a donn\u00e9 le feu vert \u00e0 un plan d’investissement de 10 milliards d’euros dans les infrastructures (6<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n L’Union a donc une fois de plus \u00e9t\u00e9 prise comme bouc \u00e9missaire par un gouvernement populiste en Europe, alors que, selon les mots de Bloomberg, \u00ab l’Italie devrait se tourner vers elle-m\u00eame \u00bb (5<\/strong>). En effet, l’effondrement du pont de Morandi, qui n’est que le dernier et le plus grave cas de d\u00e9faillance g\u00e9n\u00e9rale d’une infrastructure dans le pays, semble d\u00e9pendre d’une s\u00e9rie de probl\u00e8mes pass\u00e9s : depuis le manque d’entretien et de reconstruction d’infrastructures vieilles d\u2019une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es, jusqu\u2019au syst\u00e8me de veto crois\u00e9 qui a souvent rendu impossible ou tr\u00e8s lent la construction de nouvelles infrastructures – comme en t\u00e9moigne la Tav ou la Gronda elle-m\u00eame, le projet d’un nouveau carrefour pour G\u00eanes arr\u00eat\u00e9 depuis 1984- en passant par un syst\u00e8me de concessions aux particuliers lib\u00e9r\u00e9 des r\u00e8gles du march\u00e9 et en dehors des appels d’offres. L\u00e0 encore, la Commission s’est fait entendre, d\u00e9non\u00e7ant l’Italie en avril 2017 pour infraction aux r\u00e8gles de concurrence et appelant \u00e0 un plus grand respect du droit europ\u00e9en (3<\/strong>). Pourtant, des ann\u00e9es de discours populistes l’ont d\u00e9montr\u00e9 : lorsqu’il y a quelqu’un \u00e0 bl\u00e2mer, l’Union est toujours en premi\u00e8re ligne.<\/p>\n\n\n\n Giovanni Collot<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" La catastrophe de G\u00eanes a conduit le gouvernement italien \u00e0 bl\u00e2mer l’Union. Mais ces accusations ne sont pas fond\u00e9es : alors que la responsabilit\u00e9 premi\u00e8re de la gestion du r\u00e9seau routier incombe aux \u00c9tats membres, Bruxelles a soutenu l’augmentation des investissements dans la construction et l’entretien des infrastructures. 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Sources<\/strong><\/h4>\n\n\n\n