{"id":67713,"date":"2020-04-10T17:46:34","date_gmt":"2020-04-10T15:46:34","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=67713"},"modified":"2020-04-13T12:29:11","modified_gmt":"2020-04-13T10:29:11","slug":"la-crise-du-covid-19-un-tournant-geopolitique-pour-litalie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/04\/10\/la-crise-du-covid-19-un-tournant-geopolitique-pour-litalie\/","title":{"rendered":"La crise du Covid-19, un tournant g\u00e9opolitique pour l’Italie ?"},"content":{"rendered":"\n
Rome. <\/em>La crise du Covid-19 appara\u00eet comme un facteur d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration pour les tensions g\u00e9opolitiques qui parcourent l\u2019Italie. Depuis la seconde guerre mondiale, la g\u00e9opolitique de l\u2019Italie \u00e9tait marqu\u00e9e par trois lignes directrices : l\u2019Europe, le rapport transatlantique (OTAN et alliance avec les \u00c9tats-Unis) et la M\u00e9diterran\u00e9e. L\u2019Europe et la dimension transatlantique apparaissaient comme des ensembles d\u2019int\u00e9gration, alors que la M\u00e9diterran\u00e9e d\u00e9signait un ensemble de relations bilat\u00e9rales vers le Sud assez disparates, d\u00e9finissant une projection marqu\u00e9e par les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et une grande capacit\u00e9 de dialogue avec des r\u00e9gimes de diff\u00e9rentes natures. Ainsi, suivant l\u2019\u00e9volution des majorit\u00e9s, nous assistons \u00e0 des modulations de cette triangulation qui n\u2019avait cependant jamais \u00e9t\u00e9 remise en cause. Par exemple, lorsqu\u2019en 2003, le gouvernement de centre-droit dirig\u00e9 par Silvio Berlusconi d\u00e9cidait d’appuyer l\u2019intervention am\u00e9ricaine en Irak, en envoyant sur le terrain 3000 soldats, nous constations alors un paroxysme dans la relation Italie-USA, une intensification qui ne signifiait pas pour autant une rupture ou une absence sur les autres domaines, en particulier celui europ\u00e9en. <\/p>\n\n\n\n Cette tripartition de la g\u00e9opolitique italienne repose \u00e9galement sur un \u00ab concept faible \u00bb de puissance. Pendant longtemps, la volont\u00e9 de ne pas r\u00e9p\u00e9ter les errements de l\u2019imp\u00e9rialisme fasciste avait repr\u00e9sent\u00e9 une forme de vaccin contre les vell\u00e9it\u00e9s de puissance mondiale. L\u2019Italie canalisait ses efforts au sein des ensembles int\u00e9gr\u00e9s, Europe et Alliance Transatlantique, tout en cultivant une marge de man\u0153uvre m\u00e9diterran\u00e9enne qui lui permettait de mettre en place une remarquable politique bilat\u00e9rale. On peut \u00e0 cet \u00e9gard \u00e9voquer le \u00ab n\u00e9o-Atlantisme \u00bb, incarn\u00e9 par l\u2019action du gouvernement d\u2019Amintore Fanfani, entre promotion des int\u00e9r\u00eats p\u00e9troliers italien par l\u2019action de l\u2019ENI (emmen\u00e9e par Enrico Mattei), et visions tiers-mondistes promues par le maire d\u00e9mocrate-chr\u00e9tien de Florence, Giorgio La Pira. Ainsi se dessinait une g\u00e9opolitique italienne \u00e0 la fois constante et plurielle, par ailleurs jamais v\u00e9ritablement incarn\u00e9e par un leader gouvernemental, tant la constitution italienne limite les pouvoirs du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et du Pr\u00e9sident du Conseil des Ministres.<\/p>\n\n\n\n Dans les ann\u00e9es 1980, l\u2019ascension des socialistes au pouvoir, puis la modification des \u00e9quilibres internationaux \u00e0 la suite de la chute du mur de Berlin, ont contribu\u00e9 au retour d\u2019une forme de g\u00e9opolitique plus nationale, un filon illustr\u00e9 par la d\u00e9fense du concept d\u2019Italie comme moyenne puissance<\/em> sous la plume de l\u2019universitaire Carlo Maria Santoro <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. A partir de ce moment-l\u00e0, nous assistons \u00e0 la renaissance des vell\u00e9it\u00e9s explicites de puissance : il convient de souligner combien la cr\u00e9ation, en 1993, de la revue italienne de g\u00e9opolitique Limes<\/em> <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>, a particip\u00e9 \u00e0 renforcer et p\u00e9renniser les raisonnements qui accentuent la r\u00e9f\u00e9rence autour de l\u2019\u00e9chelon national, afin de les pr\u00e9senter dans des sc\u00e9narios de concurrence et de comp\u00e9tition internationale. Cette vision qui revisite les lectures r\u00e9alistes des relations internationales s\u2019\u00e9tend au jeu europ\u00e9en, qui est d\u00e9crit syst\u00e9matiquement comme un espace d\u2019affrontements entre Etat-Nations, en \u00e9cartant l\u2019analyse de l\u2019int\u00e9gration et de la coop\u00e9ration multilat\u00e9rales <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La fin des tabous li\u00e9s \u00e0 la p\u00e9riode fasciste appara\u00eet \u00e9galement lorsque Carlo Azeglio Ciampi acc\u00e8de \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, et qu’il relance un discours explicite sur la Patrie. <\/p>\n\n\n\n A partir de 1994, nous assistons en Italie \u00e0 une alternance entre majorit\u00e9s de centre-droit et de centre gauche. Les formations pivots de ces majorit\u00e9s, Forza Italia<\/em> \u00e0 droite et le Parti D\u00e9mocrate \u00e0 gauche, vont s\u2019inscrire dans la continuit\u00e9 de la politique \u00e9trang\u00e8re de la R\u00e9publique italienne, et en particulier en ce qui concerne les rapports avec l\u2019Union Europ\u00e9enne et les Etats-Unis. La r\u00e9f\u00e9rence nationale progresse cependant avec d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la droite de Silvio Berlusconi qui fait de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019Italie (\u00ab Allez l\u2019Italie \u00bb) son th\u00e8me principal, alors que la gauche, d\u2019une mani\u00e8re moins prononc\u00e9e, propose sa vision du \u00ab syst\u00e8me pays \u00bb. <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n\n\n Les \u00e9lections de 2018 marquent une \u00e9volution ult\u00e9rieure dans ce positionnement g\u00e9opolitique, avec l\u2019acc\u00e8s au pouvoir d\u2019une coalition entre le Mouvement 5 \u00e9toiles (M5S) et la Lega <\/em>emmen\u00e9e par Matteo Salvini. <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n Ces deux formations ne se rattachent pas aux expressions traditionnelles de la politique \u00e9trang\u00e8re italienne. La Lega<\/em> est un parti qui fut longtemps f\u00e9d\u00e9raliste et r\u00e9gionaliste. Lors des \u00e9lections de 2018, elle s’est affirm\u00e9 comme un parti nationaliste en insistant \u00e9galement sur le rejet de l\u2019immigration clandestine, avec un positionnement assez semblable \u00e0 ceux des forces d\u2019extr\u00eame-droite europ\u00e9ennes, notamment lorsqu’il s’agissait de critiquer l\u2019Union Europ\u00e9enne. <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span> Le M5S n\u2019a pas de v\u00e9ritable ligne d\u00e9finie mais se caract\u00e9rise par une volont\u00e9 de d\u00e9construction des syst\u00e8mes en place, en privil\u00e9giant des contre-analyses par rapport aux r\u00e9cits classiques. Ainsi le M5S propose souvent une critique des logiques de pouvoir europ\u00e9ennes. <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n La coalition qui soutient le premier gouvernement Conte en 2018 va avoir un fonctionnement tric\u00e9phale. Le Pr\u00e9sident du Conseil Giuseppe Conte se voit accoler deux vices-pr\u00e9sidents, Luigi di Maio et Matteo Salvini, qui entendent mettre en \u0153uvre la ligne politique de leurs partis respectifs, le M5S et la Lega<\/em>. Ce gouvernement va rapidement appara\u00eetre comme souverainiste et nous pouvons observer certaines tendances communes. Tout d\u2019abord il faut rappeler combien le rapport avec la France devient probl\u00e9matique. <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span> Matteo Salvini fait dans un premier temps feu de tout bois dans sa critique de la France et de son pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Emmanuel Macron. Cette action va quelque part \u00e9galement le l\u00e9gitimer en le d\u00e9signant comme son ennemi politique, alors que les \u00e9lections europ\u00e9ennes se profilent \u00e0 l\u2019horizon. Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, de nombreuses affaires, comme par exemple la r\u00e9vision de l\u2019accord STX-Fincantieri, assombrissent le tableau des relations entre Paris et Rome. Mais c\u2019est sous le gouvernement Conte 1 que cette tension va atteindre son paroxysme sur fond de gestion de la crise migratoire et de rivalit\u00e9s dans le dossier libyen. <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span> Paris est d\u00e9sign\u00e9 comme un ennemi de la part de formations politiques qui multiplient les gestes \u00e9clatants, comme l\u2019illustre en 2019 la visite de Luigi Di Maio \u00e0 un comit\u00e9 de Gilets Jaunes, une initiative qui entra\u00eene le rappel de l\u2019ambassadeur de France \u00e0 Rome, Christian Masset, ressemblant de fait \u00e0 une quasi rupture des relations diplomatiques. <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span> Cette actualit\u00e9 r\u00e9cente, a illustr\u00e9 la r\u00e9activation d\u2019une ligne francophobe que l\u2019on croyait ensevelie dans l\u2019histoire des rivalit\u00e9s coloniales de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle, ou de la d\u00e9claration de guerre de 1940.<\/p>\n\n\n\n Lors des \u00e9lections europ\u00e9ennes de 2019, c\u2019est la Lega<\/em> qui fera le meilleur score en Italie, une performance d\u2019autant plus nationale qu\u2019elle n\u2019appartient \u00e0 aucune des formations qui composent la majorit\u00e9 au parlement europ\u00e9en et renforce l\u2019isolement de l\u2019Italie face \u00e0 Strasbourg. <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span> <\/p>\n\n\n\n Alors que les relations avec la France et, dans une moindre mesure l\u2019Allemagne, sont vilipend\u00e9es en m\u00eame temps qu’appara\u00eet une critique prot\u00e9iforme des institutions europ\u00e9ennes, nous assistons \u00e0 des tentatives italiennes de politiques de puissance, tout au moins en lien avec une volont\u00e9 de puissance. La Lega<\/em> va parfois s\u2019identifier dans le souverainisme trumpien et cherchera \u00e0 \u00e9tablir des relations privil\u00e9gi\u00e9es avec l\u2019administration am\u00e9ricaine. Cette tentative ne provoquera pas les effets escompt\u00e9s, l\u2019administration am\u00e9ricaine isolationniste ne faisant que peu de cas de l\u2019Italie. Les relations avec les Etats-Unis restent cependant institutionnalis\u00e9es \u00e0 travers l\u2019OTAN, et continuent \u00e0 repr\u00e9senter un cadre relativement prioritaire pour l\u2019Italie. <\/p>\n\n\n\n Mais le gouvernement Conte 1, ou plus exactement les ministres qui le composent, vont exprimer souvent leur d\u00e9sir de promouvoir d\u2019excellentes relations avec deux autres puissances mondiales, la Russie et la Chine.<\/p>\n\n\n\n La Russie a toujours \u00e9t\u00e9 l\u2019objet d\u2019attentions sp\u00e9cifiques de la part de l\u2019Italie, m\u00eame durant la p\u00e9riode de la Guerre Froide lorsque le Parti Communiste italien regardait avec sympathie le grand fr\u00e8re sovi\u00e9tique. Plus r\u00e9cemment, il faut rappeler le style personnel d\u2019un Silvio Berlusconi qui aimait afficher sa proximit\u00e9 avec Vladimir Poutine. Mais ces liens politiques ou personnels ne s\u2019opposaient pas aux points cardinaux de la politique italienne, \u00e0 savoir Europe et alliance transatlantique. Il s\u2019agissait de cultiver une marge de man\u0153uvre qui permette \u00e0 l\u2019Italie \u00e0 la fois d\u2019assurer la promotion de ses int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, mais aussi de ses capacit\u00e9s \u00e0 mettre en \u0153uvre une diplomatie \u00e0 360\u00b0. Lorsque la Lega<\/em> de Matteo Salvini multiplie les contacts avec les milieux poutiniens, c\u2019est d\u2019autant plus remarquable que cela appara\u00eet comme le seul horizon g\u00e9opolitique qu\u2019elle entretient, hormis la camaraderie avec certains partis europ\u00e9ens d\u2019extr\u00eame droite <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n C\u00f4t\u00e9 M5S on va voir appara\u00eetre un prisme chinois, qui sera en particulier illustr\u00e9 par le secr\u00e9taire d\u2019Etat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie Michele Geraci, ardent d\u00e9fenseur de l\u2019intensification des relations avec P\u00e9kin. <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span> Rien de v\u00e9ritablement nouveau lorsque l\u2019on se rappelle le r\u00f4le qu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment jou\u00e9 Romano Prodi dans la promotion de bonnes relations avec la Chine. Mais lors des p\u00e9riodes pr\u00e9c\u00e9dentes, cette vision, tr\u00e8s li\u00e9e aux int\u00e9r\u00eats commerciaux, ne rentrait pas en conflit avec les points cardinaux de la g\u00e9opolitique italienne. Cependant, lorsqu\u2019en mars 2019 l\u2019Italie rejoint l\u2019initiative des \u00ab nouvelles routes de la Soie \u00bb, elle suscite l\u2019inqui\u00e9tude voire la r\u00e9probation \u00e0 la fois de Bruxelles et de Washington, ce qui n\u2019emp\u00eache pas le gouvernement Conte de poursuivre sa feuille de route pro-chinoise <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>. On retrouvera cet \u00e9l\u00e9ment lors de l\u2019\u00e9t\u00e9 2019, alors que Washington s\u2019alarme de la p\u00e9n\u00e9tration d\u2019entreprises chinoises dans les technologies de r\u00e9seau 5G, et qu’elle exerce des pressions sur ses alli\u00e9s pour \u00e9riger des barri\u00e8res face aux risques de captations de donn\u00e9es par le gouvernement chinois. M\u00eame si les services de s\u00e9curit\u00e9 italiens, traditionnellement proches des \u00c9tats-Unis, se montreront prudents, on verra tout de m\u00eame s\u2019exprimer des soutiens \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la position chinoise. <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span> <\/p>\n\n\n\n Le changement de gouvernement en ao\u00fbt 2019 a \u00e9t\u00e9 souvent per\u00e7u comme un retour \u00e0 la normale pour l\u2019Italie. En effet, la nouvelle coalition qui inclut le Parti D\u00e9mocrate aux c\u00f4t\u00e9s du M5S, offrait des garanties en termes de continuit\u00e9 de la politique italienne dans les cadres europ\u00e9ens et atlantistes. <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span> C\u2019est ainsi que l\u2019on a pu observer par exemple, une relance des relations avec la France. Apr\u00e8s deux ann\u00e9es de rupture, le sommet bilat\u00e9ral de Naples de f\u00e9vrier 2020 a relanc\u00e9 un cadre de coop\u00e9ration bilat\u00e9ral, en remettant en marche le processus d\u2019\u00e9laboration d\u2019un trait\u00e9 de coop\u00e9ration franco-italien, sur le mod\u00e8le franco-allemand. Au vu des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, un tel instrument serait extr\u00eamement utile car il permettrait de rem\u00e9dier aux d\u00e9ficiences de compr\u00e9hension et de communication qui existent entre Paris et Rome. Mais malgr\u00e9 le beau fixe affich\u00e9 \u00e0 Naples le 27 f\u00e9vrier dernier, lorsque Emmanuel Macron d\u00e9gustait un baba chez Scaturchio<\/em> en compagnie de Giuseppe Conte, de nombreuses scories subsistaient. L\u2019accueil des italiens fut certes cordial, mais des doutes demeuraient sur les r\u00e9elles intentions de la France, alors que les italiens n\u2019arrivent pas \u00e0 compl\u00e8tement s\u2019investir dans le processus du \u00ab Trait\u00e9 du Quirinal \u00bb. <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span> <\/p>\n\n\n\n La crise du Covid-19 a ult\u00e9rieurement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 une s\u00e9rie de processus et de perceptions latentes. L\u2019Italie a subi la premi\u00e8re la vague \u00e9pid\u00e9mique d\u2019importance en Europe. <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span> Les courbes de contagion indiquent un d\u00e9calage d\u2019environ une dizaine de jours avec la France. Alors que les italiens \u00e9taient touch\u00e9s de plein fouet, les responsables europ\u00e9ens consid\u00e9raient avec un certain narcissisme que cette expansion ne les concernerait pas vraiment, un facteur que l\u2019on a retrouv\u00e9 au sein des conseils europ\u00e9ens. Il faudra attendre que ces d\u00e9calages soient annul\u00e9s par l\u2019accumulation des d\u00e9c\u00e8s dans tous les pays europ\u00e9ens pour qu\u2019une conscience commune du drame actuel \u00e9merge. <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span> <\/p>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n