{"id":65429,"date":"2020-03-27T20:20:25","date_gmt":"2020-03-27T19:20:25","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=65429"},"modified":"2020-03-27T20:20:28","modified_gmt":"2020-03-27T19:20:28","slug":"la-troisieme-lumiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/03\/27\/la-troisieme-lumiere\/","title":{"rendered":"La troisi\u00e8me lumi\u00e8re"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019une des caract\u00e9ristiques marquantes de la litt\u00e9rature du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle est peut-\u00eatre que la dystopie y a remplac\u00e9 l\u2019utopie comme lieu privil\u00e9gi\u00e9 pour penser la r\u00e9alit\u00e9 au moyen de l\u2019imagination. Les grands mythes de la communaut\u00e9 heureuse qui se d\u00e9ploient au cours de l\u2019histoire de l\u2019Occident (de Platon \u00e0 Thomas More, Tommaso Campanella et Lord Francis Bacon), s\u2019effondrent, au dernier si\u00e8cle, dans l\u2019image spectrale des ruines malheureuses de la communaut\u00e9 (une \u00e9volution qui est pourtant d\u00e9j\u00e0 inscrite dans l\u2019arch\u00e9type historique<em> <\/em>de toutes les utopies&#160;: le mythe platonicien de l\u2019Atlantide). De la Metropolis de Fritz Lang (1927) \u00e0 l\u2019Oc\u00e9ania de George Orwell (1948), avec petite pause r\u00e9cr\u00e9ative dans le \u00ab&#160;meilleur des mondes&#160;\u00bb d\u2019Aldous Huxley (1931), l\u2019avenir du vivre ensemble se dessine alors, dans ses projections artistiques, comme une d\u00e9gradation et une menace. L\u2019id\u00e9e de progr\u00e8s se renverse en r\u00e9gression, la confiance en peur. La science-fiction, cette admirable chronique imaginaire du possible et de l\u2019impossible de l\u2019\u00e9volution de la condition humaine dict\u00e9e par le pouvoir de la science, raconte les d\u00e9serts apocalyptiques plut\u00f4t que les jardins d\u2019\u00c9den&#160;: la technique, qui am\u00e9liore chaque jour les conditions de vie de l\u2019humanit\u00e9, aboutit paradoxalement \u00e0 la m\u00e9fiance et \u00e0 l\u2019angoisse, lorsqu\u2019elle est pens\u00e9e comme crit\u00e8re de s\u00e9lection de l\u2019avenir, dans l\u2019oscillation ind\u00e9cidable entre pr\u00e9vision et imagination. \u00c0 mesure que le pr\u00e9sent se parfait \u2014 devenant plus s\u00fbr, plus pacifique, moins pauvre pour une grande partie de la population mondiale \u2014 la crainte atavique de l\u2019humanit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des menaces hantant sa vie quotidienne (maladies, famines, mis\u00e8re, guerres, injustice, oppression) se d\u00e9tourne vers l\u2019avenir. <\/p>\n\n\n\n<p>La dystopie, en effet, est essentiellement <em>dyschronie<\/em>&#160;: affirmation de la sup\u00e9riorit\u00e9 de la puissance entropique sur la puissance g\u00e9n\u00e9rative, illustration apocalyptique du passage du temps, du cours de l\u2019histoire. Que la vie ne soit, au fond, rien de plus qu\u2019une course \u00e0 la mort, non seulement au niveau individuel mais collectif, c\u2019est la peur profonde des grands auteurs de science-fiction du si\u00e8cle dernier (d\u2019Aldous Huxley \u00e0 Philip Dick, de J.G. Ballard au transversal Cormac McCarthy), qui nous ont livr\u00e9 des fresques d\u2019une puissance effrayante sur un lendemain qui vient \u00e0 notre rencontre avec le visage du cauchemar.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019entr\u00e9e turbulente dans le troisi\u00e8me mill\u00e9naire n\u2019a pas arrang\u00e9 les choses. Mais, si cela \u00e9tait possible, elle les a en quelque sorte \u00ab&#160;tordues&#160;\u00bb plus encore.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans compter l\u2019urgence des flux migratoires, \u00e0 son plus fort en 2015, trois crises mondiales majeures ont secou\u00e9 les vingt premi\u00e8res ann\u00e9es du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle&#160;: la crise terroriste de 2001, la crise \u00e9conomique de 2008 et d\u00e9sormais la crise sanitaire d\u00e9clench\u00e9e par l\u2019\u00e9pid\u00e9mie du coronavirus. Cette derni\u00e8re, en plein cours, m\u00eame si sa dur\u00e9e et ses cons\u00e9quences demeurent impr\u00e9visibles, est probablement la plus grave des trois, celle qui a le plus grand potentiel de transformation des structures sociales, \u00e9conomiques et culturelles des pays touch\u00e9s. Personne ne doute que nous en sortirons \u00e9conomiquement \u00e0 genoux, anthropologiquement diff\u00e9rents, d\u00e9pouill\u00e9s d\u2019un grand nombre des certitudes paresseuses sur lesquelles nous nous sommes appuy\u00e9s au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec son habituelle combinaison meurtri\u00e8re de <em>cognitive fallacy<\/em> \u00e9hont\u00e9e et de supr\u00eame efficacit\u00e9 \u00e9motionnelle, Trump a parl\u00e9 du coronavirus comme d\u2019un \u00ab&#160;virus \u00e9tranger&#160;\u00bb. Il est vain de r\u00e9pondre que les virus n\u2019ont pas de passeport&#160;: les citoyens occidentaux ressentent, souffrent de cette contagion comme de quelque chose d\u2019\u00e9tranger \u00e0 leur monde de bien-\u00eatre, fond\u00e9 sur la libert\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9, comme ali\u00e8ne au <em>status quo<\/em> garanti par la formidable machine gouvernementale d\u00e9mocratique et lib\u00e9rale, sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire, qu\u2019ils ont su construire. Les garanties de s\u00e9curit\u00e9 collective, avant tout physique, qui ont contribu\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9cisive \u00e0 alimenter le consensus social pour l\u2019\u00c9tat de droit, se r\u00e9v\u00e8lent soudainement pr\u00e9caires. Si le terrorisme avait \u00e9gratign\u00e9 le sentiment d\u2019invuln\u00e9rabilit\u00e9 du citoyen occidental commun, la contagion virale \u00e9l\u00e8ve le <em>vulnus<\/em> \u00e0 la hauteur d\u2019une anxi\u00e9t\u00e9 mondiale. Tous les maux qui jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent \u00e9taient <em>\u00e9trangers<\/em>, confin\u00e9s dans des pays malheureux et lointains \u2014 les maux que nous contemplions \u00e0 l\u2019\u00e9cran de t\u00e9l\u00e9vision, entre consternation et distraction, ou que nous lisions dans le journal avec le d\u00e9tachement \u00e9motionnel subtil qui nous prot\u00e8ge \u00e0 la fois de la frustration du d\u00e9j\u00e0 vu et du sentiment d\u2019impuissance \u2014, sont maintenant chez nous&#160;: les murs derri\u00e8re lesquels nous sommes confin\u00e9s incarnent leur violence plut\u00f4t qu\u2019ils ne nous en prot\u00e8gent. <\/p>\n\n\n\n<p>Restrictions inou\u00efes \u00e0 la libert\u00e9 de circulation, s\u00e9gr\u00e9gation forc\u00e9e, fermeture de la majorit\u00e9 des activit\u00e9s commerciales et des \u00e9tablissements publiques, des mus\u00e9es, des th\u00e9\u00e2tres et des \u00e9glises&#160;; risque individuel d\u2019hospitalisation prolong\u00e9e et douloureuse et, pour de nombreuses personnes \u00e2g\u00e9es ou malades, l\u2019ombre d\u2019une mort qui devient soudainement, affreusement, une possibilit\u00e9 imminente, comme une peine capitale&#160;; probabilit\u00e9, individuelle et collective, de la catastrophe \u00e9conomique\u2026 Jusqu\u2019\u00e0 hier, ces circonstances \u00e9taient une r\u00e9alit\u00e9 en Syrie, au Soudan, dans la Corne de l\u2019Afrique, dans des territoires meurtris par des guerres civiles inextinguibles, le sous-d\u00e9veloppement, des dictatures implacables. Aujourd\u2019hui, elles sont \u00e9galement venues en Europe&#160;: la dystopie est la marque de la chronique r\u00e9aliste de notre temps, non plus un dispositif \u00ab&#160;inventif&#160;\u00bb de l\u2019imagination, mais une loupe d\u2019observation. Dyschronique n\u2019est plus le futur, mais le pr\u00e9sent. L\u2019effet de distanciation est le code herm\u00e9neutique de l\u2019actualit\u00e9, litt\u00e9ralement et charnellement malade, dont nous faisons partie.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment donner une voix litt\u00e9raire \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9&#160;? Comment traduire la chronique dystopique en une expression de sens, \u00e0 travers la force de la po\u00e9sie&#160;? Si le sens est une recomposition symbolique du chaos en ordre, en forme, comment \u00e9viter la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de la recomposition en n\u00e9gation et mensonge, l\u00e0 o\u00f9 le d\u00e9sordre est une exp\u00e9rience r\u00e9elle, urgente et in\u00e9vitable&#160;? La d\u00e9nonciation du sens comme fiction \u00e9vasive est la grande arme id\u00e9ologique de la violence, qui choisit la voie du chaos comme loi de survie et de v\u00e9rit\u00e9. Nietzsche l\u2019a vu avec une clart\u00e9 aveuglante et, pour sauver l\u2019art, l\u2019a priv\u00e9 du sens et lui a m\u00eame assign\u00e9 la t\u00e2che de dissoudre celui-ci. Mais quelle voie demeure pour celui qui ne veut pas sacrifier l\u2019\u00eatre humain \u00e0 l\u2019art, qui refuse la dissolution tragique des individus dans la nature&#160;? Quel chemin reste ouvert pour ceux qui continuent \u00e0 croire que le sens n\u2019est pas la suppression de la r\u00e9alit\u00e9, et que la v\u00e9rit\u00e9 passe par la reconstruction symbolique de la forme sous laquelle l\u2019homme se dit transcendant par rapport au chaos de la contingence&#160;?\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9crivain contemporain, t\u00e9moin du quotidien dystopique d\u2019une histoire assi\u00e9g\u00e9e par les menaces apocalyptiques des migrations massives, de la catastrophe \u00e9cologique et maintenant des urgences sanitaires, ils ne restent pas beaucoup de possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9nonciation du sens cr\u00e9dibles, d\u2019expression d\u2019un ordre symbolique qui ne tombe pas au sol comme le ch\u00e2teau de cartes de l\u2019esth\u00e9tisme illusoire ou des vell\u00e9it\u00e9s moralisatrices. Le fil de la narration qui ne r\u00e9ussit pas \u00e0 se sublimer en une parabole absolue (art si difficile, si rare) est impraticable. Tout aussi impraticable, \u00e0 l\u2019heure actuelle, est le funambulisme ludique de l\u2019exp\u00e9rimentalisme formaliste, qui ass\u00e8che le r\u00e9el en le subvertissant et, pour la soustraire \u00e0 la profanation de l\u2019int\u00e9r\u00eat, fait de la v\u00e9rit\u00e9 un jouet incompr\u00e9hensible. La litt\u00e9rature avance \u00e0 t\u00e2tons et il n\u2019y a pas beaucoup de tentatives \u00e0 la hauteur de cet immense d\u00e9fi.<\/p>\n\n\n\n<p>Encore plus significatif et louable est par cons\u00e9quent le chemin litt\u00e9raire de Rui Nunes, un auteur portugais d\u2019une rigueur ardue et lucide. Avec sa nouvelle \u0153uvre, sorte de po\u00e8me narratif, <em>O Anjo Campon\u00eas. Pardais, Deus, Ossos<\/em> (<em>L\u2019Ange Paysan [Moineaux, Dieu. Os]<\/em>), Rui Nunes nous offre un exemple de grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 artistique pour s\u2019attaquer au c\u0153ur du probl\u00e8me, pour faire du noir profond de l\u2019histoire contemporaine l\u2019encre de sa propre \u00e9criture, qui litt\u00e9ralement et litt\u00e9rairement, prend l\u2019obscurit\u00e9 en main pour la brandir comme une torche qui ouvre le regard, trop souvent d\u00e9tourn\u00e9 par rapport au vrai&#160;: par rapport \u00e0 la douleur et \u00e0 l\u2019erreur qui dominent notre temps, \u00e0 la souffrance qui pave nos pas, et que trop souvent on pi\u00e9tine \u00e0 la h\u00e2te, en faisant semblant de ne pas la voir.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce <em>faire semblant<\/em>, cette fiction qui nous blinde contre le r\u00e9el, dans sa v\u00e9rit\u00e9 nue de vie (v\u00e9g\u00e9tale, animale, humaine) sacrifi\u00e9e et bless\u00e9e par la violence sociale, \u00e9conomique, politique, religieuse, que d\u00e9nonce la litt\u00e9rature, nous obligeant \u00e0 regarder ce que nous ne voulons et ne savons pas voir, per\u00e7ant l\u2019obscurit\u00e9 de notre aveuglement avec un mot fait chair qui nous ram\u00e8ne \u00e0 la vision, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9coute, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la v\u00e9rit\u00e9 de ce qui est.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9el est la v\u00e9rit\u00e9 que nous renions, t\u00e9moigne cette litt\u00e9rature qui reconna\u00eet dans la dystopie non un lieu d\u2019imagination, mais d\u2019exp\u00e9rience, s\u2019\u00e9tablissant ainsi comme une \u00e9criture non m\u00e9taphoriquement, mais temporellement apocalyptique. Le verbe po\u00e9tique est alors une <em>annonce <\/em>(ang\u00e9lique)<em> <\/em>de cette perte abyssale que nous sommes, une annonce capable d\u2019\u00e9noncer la v\u00e9rit\u00e9 en se soustrayant \u00e0 l\u2019enregistrement informatif qui d\u00e9forme l\u2019exp\u00e9rience en une accumulation de donn\u00e9es, en rejetant la dissolution de la subjectivit\u00e9 dans l\u2019immanence des d\u00e9terminismes \u2014 sociaux, \u00e9conomiques, s\u00e9miotiques. Celui de l\u2019\u00e9criture apocalyptique de l\u2019annonce de la v\u00e9rit\u00e9 est d\u2019un r\u00e9alisme mystique, car il \u00e9coute et t\u00e9moigne de cette fracture du r\u00e9el o\u00f9 l\u2019\u00eatre se manifeste comme une diff\u00e9rence de lui-m\u00eame, o\u00f9 l\u2019obscurit\u00e9 devient lumi\u00e8re, o\u00f9 le temps est reconnu comme une forme de la vie et de la mort qui ne tient pas en soi-m\u00eame et o\u00f9 le mot \u00e9nonc\u00e9 se produit comme \u201cL\u2019instant clandestin de l\u2019\u00e9ternit\u00e9\u201d (p.33).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9criture apocalyptique qui d\u00e9nonce la fiction sociale de la suppression de la v\u00e9rit\u00e9 du r\u00e9el, de la blessure caus\u00e9e au vivant par la violence individuelle et collective, est la parole ang\u00e9lique qui, en annon\u00e7ant que \u201cLe rien est un fragment de Dieu\u201d (p.14), proclame la non-r\u00e9signation de la vie au n\u00e9ant de la mort et de la violence. Qui proclame l\u2019id\u00e9e de Dieu comme le principe de pl\u00e9nitude dans lequel la n\u00e9gation de l\u2019\u00eatre est contredite par un besoin de sens qui, m\u00eame lorsqu\u2019il est incapable de s\u2019articuler comme un espoir de salut, prononce obstin\u00e9ment sa possibilit\u00e9 comme une alternative au chaos et \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9 du mal, de la souffrance et de la mort. Que l\u2019homme ne se r\u00e9signe pas \u00e0 la nuit, est le t\u00e9moignage ang\u00e9lique d\u2019un Dieu qui se manifeste temporellement dans le mot m\u00eame qui annonce son absence, son manque&#160;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&#160;\u00catre proche et ne pas savoir de quoi&#160;: c\u2019est ma croyance,\u00a0un vide parlant d\u2019un autre vide&#160;\u00bb (p.53)<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dieu d\u2019impuissance, le Dieu annonc\u00e9 par l\u2019ange de la po\u00e9sie ne sauve pas l\u2019histoire, mais \u00e9claire sa v\u00e9rit\u00e9, en r\u00e9it\u00e9rant comme une infaillible intuition mystique, contre toute \u00e9vidence factuelle, la non-\u00e9quivalence de l\u2019homme au mal dont il est l\u2019auteur ou la victime. Ange de l\u2019impuissance comme le Dieu dont il est un messager, l\u2019ange de la po\u00e9sie n\u2019est pas porteur de solutions politiques, d\u2019optimismes id\u00e9ologiques, de messianismes artistiques. Comme l\u2019<em>Angelus Novus<\/em> de Paul Klee d\u00e9crit par Walter Benjamin dans ses <em>Th\u00e8ses de philosophie de l\u2019histoire<\/em>, comme l\u2019ange de <em>Guernica<\/em> de Pablo Picasso que le po\u00e8te portugais Carlos de Oliveira d\u00e9crit dans le po\u00e8me qui donne son titre au roman de Rui Nunes, l\u2019ange de la po\u00e9sie ne r\u00e9ussit pas \u00e0 \u00e9viter le mal qu\u2019il contemple&#160;: il ne peut pas arr\u00eater \u00ab&#160;la catastrophe, qui accumule ruines sur ruines, sans cesse&#160;\u00bb, ni \u00ab&#160;r\u00e9veiller les morts et recomposer le bris\u00e9&#160;\u00bb (9<sup>\u00e8me<\/sup> des<em> Th\u00e8ses sur la philosophie de l\u2019histoire<\/em> de Walter Benjamin)&#160;; il ne peut pas suspendre les bombardements. En r\u00e9alit\u00e9, il ne comprend m\u00eame pas pleinement ce qu\u2019il envisage&nbsp; (<em>ses yeux ruraux ne comprennent pas bien les symboles de cette r\u00e9colte<\/em>). L\u2019ange n\u2019en sait pas plus que les autres. Mais, terrible et implacable comme seul un ange peut l\u2019\u00eatre, m\u00eame si impuissant, en mettant en lumi\u00e8re la v\u00e9rit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9, dans son fardeau de douleur et de violence, il annonce mystiquement que cette v\u00e9rit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est pas tout, et que la restitution fid\u00e8le du surplus que chaque homme porte en lui commence pr\u00e9cis\u00e9ment avec le refus de tout ce qui nuit au vivant. Sa parole est une torche plant\u00e9e dans le lecteur, de sorte qu\u2019elle y pousse comme un arbre, une m\u00e9moire vivante du vide qui parle et se r\u00e9v\u00e8le comme un temps lourd d\u2019\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Il entre par la fen\u00eatre<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>l\u2019ange paysan&#160;;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>avec la troisi\u00e8me lumi\u00e8re \u00e0 la main&#160;;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>minutieux, habitu\u00e9<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>aux int\u00e9rieurs des moissons,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>aux ustensiles<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>qui dorment dans la suie&#160;;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>ses yeux ruraux<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>ne comprennent pas bien les symboles<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>de cette r\u00e9colte&#160;: h\u00e9lices,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>moteurs furieux&#160;;&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>et il \u00e9tend son bras plus loin&#160;; il plante<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>dans l\u2019air, comme un arbre,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>la flamme de la lampe.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Carlos de Oliveira, \u00ab&#160;Description de la Guerre dans Guernica&#160;\u00bb, <em>Entre duas mem\u00f3rias<\/em>, Dom Quixote, Lisboa, 1971)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l&rsquo;heure du coronavirus, comment traduire la r\u00e9alit\u00e9 dystopique en 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