{"id":6279,"date":"2018-07-29T22:00:19","date_gmt":"2018-07-29T20:00:19","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=6279"},"modified":"2019-05-18T16:24:20","modified_gmt":"2019-05-18T14:24:20","slug":"pourquoi-israel-sallie-t-il-avec-les-neonationalistes-europeens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/07\/29\/pourquoi-israel-sallie-t-il-avec-les-neonationalistes-europeens\/","title":{"rendered":"Pourquoi Isra\u00ebl se rapproche des n\u00e9o-nationalistes europ\u00e9ens ?"},"content":{"rendered":"\n

J\u00e9rusalem. <\/em>Apr\u00e8s avoir men\u00e9, en avril, une campagne l\u00e9gislative aux relents antis\u00e9mites contre George Soros, juif am\u00e9ricain d’origine hongroise, Viktor Orb\u00e1n tente d\u2019\u00e9touffer les critiques en affichant une certaine proximit\u00e9 avec le Premier ministre isra\u00e9lien. Benyamin Netanyahu compte quant \u00e0 lui sur son homologue hongrois pour s\u2019assurer un soutien dans les forums europ\u00e9ens et internationaux. Ce rapprochement s\u2019est notamment traduit en d\u00e9cembre par l’abstention de la Hongrie lors du vote des Nations Unies condamnant la reconnaissance par les \u00c9tats-Unis de J\u00e9rusalem comme capitale d\u2019Isra\u00ebl (5<\/strong>). En r\u00e9alit\u00e9, Netanyahu soigne ses relations avec l\u2019ensemble des dirigeants du groupe de Visegr\u00e1d, dont les positions n\u00e9o-nationalistes ont tendance \u00e0 irriter les autres pays de l\u2019Union. Une strat\u00e9gie payante pour Isra\u00ebl, puisqu\u2019en mai dernier, la Hongrie et la R\u00e9publique Tch\u00e8que ont bloqu\u00e9 une d\u00e9claration de l’Union critiquant le d\u00e9m\u00e9nagement de l’ambassade am\u00e9ricaine de Tel Aviv \u00e0 J\u00e9rusalem (4<\/strong>). <\/p>\n\n\n\n

Toutefois, loin d\u2019exprimer une affinit\u00e9 politique ou id\u00e9ologique grandissante, le rapprochement amorc\u00e9 par Netanyahu avec la droite dure europ\u00e9enne r\u00e9v\u00e8le en r\u00e9alit\u00e9 la permanence des alliances du mouvement sioniste. Le sionisme politique, th\u00e9oris\u00e9 \u00e0 la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle par Theodor Herzl, trouvait d\u00e9j\u00e0 ses meilleurs alli\u00e9s parmi les antis\u00e9mites chr\u00e9tiens d\u2019Europe, qui soutenaient le \u201cretour\u201c des Juifs en Palestine \u201cdans l\u2019espoir inavou\u00e9 d\u2019en d\u00e9barrasser les pays \u00e0 majorit\u00e9 chr\u00e9tienne\u201c (1<\/strong>). La complaisance de Netanyahu envers la politique n\u00e9o-nationaliste et antis\u00e9mite d\u2019Orb\u00e1n, qui qualifie lui-m\u00eame la Hongrie de \u201cbastion chr\u00e9tien\u201c et souhaite \u201cconstruire une d\u00e9mocratie chr\u00e9tienne \u00e0 l\u2019ancienne\u201c (6<\/strong>), n\u2019a donc rien d\u2019\u00e9tonnant : le dirigeant isra\u00e9lien se contente en effet d\u2019appliquer les vieilles recettes de Herzl. <\/p>\n\n\n\n

Craignant que la cause palestinienne finisse par pr\u00e9valoir en Europe au d\u00e9triment du projet sioniste (2<\/strong>), Netanyahu per\u00e7oit les n\u00e9o-nationalistes europ\u00e9ens, pourtant parfois ouvertement antis\u00e9mites, comme les seuls alli\u00e9s susceptibles de cautionner les mesures radicales prises par son gouvernement. Comme un symbole, c\u2019est au lendemain de la visite officielle de Viktor Orb\u00e1n en Isra\u00ebl que la Knesset a adopt\u00e9 une loi fondamentale d\u00e9finissant l’\u00c9tat h\u00e9breu comme \u201cl\u2019\u00c9tat-nation du peuple juif\u201d. Encourageant les implantations juives, et \u00f4tant \u00e0 l\u2019arabe son statut de langue officielle au c\u00f4t\u00e9 de l\u2019h\u00e9breu, cette loi constitue un v\u00e9ritable aboutissement pour Netanyahu. \u201cC\u2019est un moment d\u00e9cisif dans l’histoire de l’\u00c9tat d’Isra\u00ebl et celle du sionisme\u201c, a fi\u00e8rement proclam\u00e9 le Premier ministre isra\u00e9lien dans son discours, apr\u00e8s avoir fait explicitement r\u00e9f\u00e9rence au \u201cnationalisme\u201c du p\u00e8re spirituel Herzl (3<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n