{"id":62249,"date":"2020-03-06T20:18:56","date_gmt":"2020-03-06T19:18:56","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=62249"},"modified":"2020-03-07T03:39:45","modified_gmt":"2020-03-07T02:39:45","slug":"bolsonaro-election-masculinite-populisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/03\/06\/bolsonaro-election-masculinite-populisme\/","title":{"rendered":"Genre et populisme : ces hommes qui ont \u00e9lu Bolsonaro"},"content":{"rendered":"\n
Le Br\u00e9sil n’a cess\u00e9 de s’enfoncer dans la crise \u00e9conomique entre 2014 et 2018, ann\u00e9e o\u00f9 le populiste d’extr\u00eame droite Jair Bolsonaro a remport\u00e9 l’\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Ce texte soutient que la victoire surprenante de Bolsonaro s’explique en partie par la mani\u00e8re dont la crise \u00e9conomique a interagi avec les normes de genre en vigueur. Dans les r\u00e9gions o\u00f9 les hommes connaissent des licenciements plus nombreux, on constate une augmentation de la part des votes en faveur de Bolsonaro. En revanche, dans les r\u00e9gions o\u00f9 les femmes subissent davantage de suppressions d’emplois, ses r\u00e9sultats \u00e9lectoraux sont proportionnellement plus faibles. Cela peut s’expliquer par le fait que les hommes se sentent plus pouss\u00e9s \u00e0 voter pour un personnage qui incarne les st\u00e9r\u00e9otypes masculins de sorte \u00e0 compenser la baisse du statut \u00e9conomique et social.<\/em><\/p>\n\n\n\n La r\u00e9cente recrudescence des mouvements populistes, autoritaires et d’extr\u00eame droite dans les \u00e9conomies avanc\u00e9es et \u00e9mergentes a relanc\u00e9 un d\u00e9bat de longue date sur le r\u00f4le des facteurs \u00e9conomiques et culturels dans l’explication de l’extr\u00e9misme politique. En effet, le d\u00e9bat en cours de Vox<\/a> sur le populisme suscite une discussion anim\u00e9e autour de cette question. S’appuyant sur la \u00ab th\u00e9orie du retour de b\u00e2ton culturel \u00bb de Norris et Inglehart <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, Eichengreen <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> montre que, dans le cas du Brexit, les conditions \u00e9conomiques sont aussi importantes que l’identit\u00e9 culturelle pour expliquer les r\u00e9sultats du r\u00e9f\u00e9rendum. Rodrik <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span> affirme que l’interaction entre les chocs \u00e9conomiques et les valeurs culturelles est souvent capitale pour expliquer un retour de b\u00e2ton populiste. Les chocs \u00e9conomiques, qui sont soudains et de courte dur\u00e9e, peuvent entra\u00eener un ralliement populiste autour des clivages culturels existants, qui sont ancr\u00e9s profond\u00e9ment et qui \u00e9voluent lentement. S’il peut sembler tentant de rechercher les forces culturelles et \u00e9conomiques communes qui expliquent la mont\u00e9e du populisme dans le monde, Colantone et Stanig <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span> soulignent que les partis populistes se fondent sur des plateformes politiques tr\u00e8s diverses et ne peuvent \u00eatre compris ind\u00e9pendamment de leur contexte national.<\/p>\n\n\n\n Les hommes se sentent plus pouss\u00e9s \u00e0 voter pour un personnage qui incarne les st\u00e9r\u00e9otypes masculins de sorte \u00e0 compenser la baisse du statut \u00e9conomique et social.<\/p>LAURA BARROS ET MANUEL SANTOS<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent, toutes les contributions \u00e0 ce d\u00e9bat ont jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent port\u00e9 sur les \u00e9conomies les plus d\u00e9velopp\u00e9es : les \u00c9tats-Unis, le Royaume-Uni (le Brexit) et d’autres pays d’Europe occidentale. Nous \u00e9largissons ici le d\u00e9bat en \u00e9voquant l’\u00e9lection br\u00e9silienne d’octobre 2018<\/a>, au cours de laquelle le populiste d’extr\u00eame droite Jair Bolsonaro a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident<\/a>.<\/p>\n\n\n\n\n\n Les chocs \u00e9conomiques, qui sont soudains et de courte dur\u00e9e, peuvent entra\u00eener un ralliement populiste autour des clivages culturels existants, qui sont ancr\u00e9s profond\u00e9ment et qui \u00e9voluent lentement.<\/p>LAURA BARROS ET MANUEL SANTOS<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Contrairement \u00e0 la vague populiste, la plupart du temps de droite, qui d\u00e9ferle sur les \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es, le populisme latino-am\u00e9ricain a en g\u00e9n\u00e9ral toujours \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 la gauche <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Dornbusch et Edwards <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span> d\u00e9finissent le \u00ab populisme macro\u00e9conomique \u00bb latino-am\u00e9ricain comme un ensemble de politiques \u00e9conomiques non durables \u00e9manant de la tension entre in\u00e9galit\u00e9 et redistribution. Edwards <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span> a montr\u00e9 que presque tous les gouvernements populistes d’Am\u00e9rique latine, tant avant qu’apr\u00e8s les ann\u00e9es 1990, \u00e9taient caract\u00e9ris\u00e9s par des \u00ab dirigeants charismatiques<\/a> \u00bb qui menaient des politiques suivant des th\u00e9ories \u00e9conomiques h\u00e9t\u00e9rodoxes.<\/p>\n\n\n\n L’\u00e9lection de Bolsonaro repr\u00e9sente un v\u00e9ritable tournant dans la r\u00e9gion. Contrairement \u00e0 l’ \u00ab ancien \u00bb programme populiste latino-am\u00e9ricain, qui se limitait principalement \u00e0 la sph\u00e8re \u00e9conomique, Bolsonaro a \u00e9t\u00e9 le fer de lance d’une plate-forme autoritaire et ultra-conservatrice, qualifi\u00e9e \u00e0 juste titre par Hunter et Power <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span> de \u00ab r\u00e9action illib\u00e9rale \u00bb. Cette \u00e9volution est en accord avec la description faite par Tabellini <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span> d’un glissement des clivages politiques reposant sur la distinction des classes vers un affrontement selon les dimensions culturelles.<\/p>\n\n\n\n Dans un article r\u00e9cent <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>, nous examinions comment un choc \u00e9conomique important au Br\u00e9sil a entra\u00een\u00e9 un soutien \u00e0 Bolsonaro suivant un clivage culturel particuli\u00e8rement envahissant et bien ancr\u00e9, \u00e0 savoir les normes entourant les identit\u00e9s de genre<\/a>.<\/p>\n\n\n\n Bien qu’il se fasse passer pour un marginal en politique, Jair Bolsonaro, ancien capitaine de l’arm\u00e9e de r\u00e9serve, a une longue carri\u00e8re en politique derri\u00e8re lui. Entre 1991 et 2018, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu sept fois de suite d\u00e9put\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 la chambre basse du Congr\u00e8s. Tout au long de cette p\u00e9riode, Bolsonaro s’est fait conna\u00eetre du public pour ses opinions commun\u00e9ment consid\u00e9r\u00e9es comme sexistes, homophobes, racistes et, dans leur ensemble, illib\u00e9rales. Contrairement aux mouvements populistes de droite aux \u00c9tats-Unis et en Europe, dont la rh\u00e9torique se concentre principalement sur l’immigration, une part importante des positions illib\u00e9rales de Bolsonaro concernait les questions de genre, refl\u00e9tant souvent des croyances misogynes. Dans un \u00e9pisode, \u00e0 l’\u00e9poque o\u00f9 Bolsonaro \u00e9tait d\u00e9put\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral, il a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 une coll\u00e8gue, lors d’un d\u00e9bat, qu’il ne la violerait pas parce qu’\u00ab elle n’en valait pas la peine \u00bb. En 2016, lors d’une interview \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, Bolsonaro a d\u00e9clar\u00e9 qu’il n’engagerait pas une femme au m\u00eame salaire qu’un homme parce que \u00ab les femmes tombent enceintes \u00bb. Plus r\u00e9cemment, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9lu, Bolsonaro a \u00e9mis des commentaires offensants sur les r\u00e9seaux sociaux \u00e0 propos de l’apparence de Brigitte Macron. <\/p>\n\n\n\n\n\n Comme les femmes repr\u00e9sentent environ 52 % de l’\u00e9lectorat br\u00e9silien, il n’est pas facile de comprendre son soutien \u00e9lectoral malgr\u00e9 son hostilit\u00e9 envers un groupe d\u00e9mographique aussi important. Nous soutenons que cette apparente contradiction peut \u00eatre r\u00e9solue en croisant les recherches sur le statut social relatif (voir Gidron et Hall <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>) avec l’identit\u00e9 de genre (voir sur ce sujet les travaux d’Akerlof et de Kranton <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>, Bertrand et al. <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>), et les recherches r\u00e9centes explorant les racines \u00e9conomiques du populisme <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>). Dans nos travaux, nous montrons que les effets de la crise \u00e9conomique br\u00e9silienne sur le march\u00e9 du travail expliquent en partie le soutien apport\u00e9 \u00e0 Bolsonaro. Plus important encore, ces r\u00e9sultats ne sont pas dus au choc \u00e9conomique global lui-m\u00eame, mais plut\u00f4t \u00e0 ses effets diff\u00e9rentiels sur les hommes et les femmes.<\/p>\n\n\n\n Contrairement aux mouvements populistes de droite aux \u00c9tats-Unis et en Europe, dont la rh\u00e9torique se concentre principalement sur l’immigration, une part importante des positions illib\u00e9rales de Bolsonaro concernait les questions de genre, refl\u00e9tant souvent des croyances misogynes.<\/p>LAURA BARROS ET MANUEL SANTOS<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Entre 2002 et 2016, le Br\u00e9sil \u00e9tait dirig\u00e9 par le Parti des travailleurs (Partido dos Trabalhadores<\/em>, ou PT), un parti de gauche. La p\u00e9riode 2002-2013 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une croissance \u00e9conomique soutenue, une forte augmentation des d\u00e9penses sociales et une diminution rapide de la pauvret\u00e9 et des in\u00e9galit\u00e9s. Toutefois, ce cycle vertueux s’est interrompu \u00e0 la fin de 2014, lorsque l’\u00e9conomie br\u00e9silienne a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par une grave crise \u00e9conomique, se soldant par deux profondes r\u00e9cessions, en 2015 et en 2016. La crise est n\u00e9e de la conjonction de facteurs multiples, dont la chute des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, la mauvaise gestion politique et l’incertitude politique et \u00e9conomique, g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 la suite du scandale de corruption Lava Jato<\/a> (Car Wash) <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La principale cons\u00e9quence de la crise pour le Br\u00e9silien moyen a \u00e9t\u00e9 une brusque augmentation du ch\u00f4mage (de 6,8 % au troisi\u00e8me trimestre 2014 \u00e0 11,9 % au troisi\u00e8me trimestre 2018). <\/p>\n\n\n\n Toutes les industries n’ont pas \u00e9t\u00e9 touch\u00e9es de la m\u00eame fa\u00e7on par la crise et, selon l\u2019organisation de l’emploi local avant la crise, le choc a touch\u00e9 certaines r\u00e9gions plus que d’autres. En outre, le march\u00e9 du travail br\u00e9silien \u00e9tant caract\u00e9ris\u00e9 par une tr\u00e8s large s\u00e9gr\u00e9gation sectorielle selon le sexe, l’intensit\u00e9 du choc a \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente pour les hommes et les femmes. C’est ce que montre la figure 1, qui pr\u00e9sente notre mesure du choc, ventil\u00e9e par sexe, et la diff\u00e9rence du choc pour les hommes et pour les femmes, les zones les plus sombres subissant des pertes d’emploi plus importantes. Notre variable de choc est mesur\u00e9e sous la forme d’un pourcentage pond\u00e9r\u00e9 de variation de l’emploi.<\/p>\n\n\n\n Nous nous servons de cette variation spatiale pour estimer les retomb\u00e9es locales du choc \u00e9conomique de 2014-2018 par sexe sur les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux locaux en 2018. (En termes techniques, nous utilisons une approche du type r\u00e9partition des valeurs dans l’esprit de Bartik <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span> pour l’identification des causes. La figure 2 montre la r\u00e9partition spatiale de la principale variable de r\u00e9sultat : le pourcentage de voix r\u00e9colt\u00e9es par Bolsonaro au deuxi\u00e8me tour de l’\u00e9lection, face au candidat de gauche du PT, Fernando Haddad.<\/p>\n\n\n\n\n\n L’analyse empirique r\u00e9v\u00e8le que dans les r\u00e9gions o\u00f9 les hommes subissent des chocs \u00e9conomiques plus importants, la part des votes pour Bolsonaro est plus \u00e9lev\u00e9e. En revanche, dans les r\u00e9gions o\u00f9 les femmes subissent des chocs plus importants, sa part de voix est relativement plus faible. Quelle est l’ampleur de ces effets ? Dans des travaux comparatifs, nous avons montr\u00e9 que si le choc de l’emploi des hommes avait, globalement, atteint des sommets, Bolsonaro aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9lu d’office d\u00e8s le premier tour de l’\u00e9lection. En revanche, si le choc f\u00e9minin \u00e9tait, en moyenne, sup\u00e9rieur au 90e percentile de la distribution des chocs masculins, Bolsonaro aurait perdu au deuxi\u00e8me tour face \u00e0 Fernando Haddad, ce qui t\u00e9moigne de l’importance de nos r\u00e9sultats. Comme le souligne Margalit <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>, une m\u00e9thode d’identification de ce type ne nous permet d’expliquer que les variations entre les diff\u00e9rentes r\u00e9gions dans cette \u00e9lection particuli\u00e8re, et non le changement profond qui s’est op\u00e9r\u00e9 dans le soutien populiste. La comparaison de nos r\u00e9sultats avec la variation moyenne du soutien \u00e9lectoral nous donne donc une id\u00e9e de la signification explicative de nos r\u00e9sultats. Pour les chocs masculins et f\u00e9minins, l’effet normalis\u00e9 correspond \u00e0 10 % et 13 %, respectivement, de la perte moyenne de soutien au Parti des travailleurs au premier tour. Par cons\u00e9quent, bien que les normes de genre et les chocs \u00e9conomiques ne puissent \u00e0 eux seuls expliquer l’\u00e9lection de Bolsonaro, leurs effets semblent \u00eatre un aspect important pour comprendre la mont\u00e9e du populisme au Br\u00e9sil.<\/p>\n\n\n\n\n\n Les r\u00e9sultats officiels des \u00e9lections n’\u00e9tant pas ventil\u00e9s par sexe, nous ne pouvons pas montrer de mani\u00e8re d\u00e9cisive que ces effets proviennent du fait que les hommes et les femmes votent diff\u00e9remment. Pour ce faire, nous analysons des enqu\u00eates comparatives sur les pr\u00e9f\u00e9rences politiques, couvrant la p\u00e9riode 2007-2019.<\/p>\n\n\n\n Bien que les normes de genre et les chocs \u00e9conomiques ne puissent \u00e0 eux seuls expliquer l’\u00e9lection de Bolsonaro, leurs effets semblent \u00eatre un aspect important pour comprendre la mont\u00e9e du populisme au Br\u00e9sil.<\/p>LAURA BARROS ET MANUEL SANTOS<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n D’apr\u00e8s les donn\u00e9es de ces enqu\u00eates, l’ascension de Bolsonaro serait \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 l’\u00e9mergence d’un \u00e9cart id\u00e9ologique sans pr\u00e9c\u00e9dent entre les sexes. La figure 3 illustre l’\u00e9volution de la diff\u00e9rence moyenne entre les hommes et les femmes sur une \u00e9chelle id\u00e9ologique gauche \u2013 droite auto-\u00e9valu\u00e9e. Les valeurs les plus \u00e9lev\u00e9es de l’\u00e9chelle repr\u00e9sentent une id\u00e9ologie plus \u00e0 droite. Ainsi, les \u00e9valuations ponctuelles sup\u00e9rieures \u00e0 z\u00e9ro signifient qu’en moyenne, les hommes se situent davantage \u00e0 droite que les femmes. C’est le cas pour 2019, ann\u00e9e de la premi\u00e8re enqu\u00eate apr\u00e8s la victoire de Bolsonaro \u00e0 l’\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Pour toutes les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, l’\u00e9cart entre les sexes en mati\u00e8re d’id\u00e9ologie est nettement plus faible et, en fait, statistiquement impossible \u00e0 distinguer de la valeur z\u00e9ro.<\/p>\n\n\n\n\n\n Nous supposons que la rh\u00e9torique autoritaire et sexiste de Bolsonaro peut \u00eatre attrayante pour les hommes qui, en raison du choc \u00e9conomique, subissent une perte relative de leur identit\u00e9 sociale masculine traditionnelle, de type gagne pain pour le foyer familial. Ce \u00ab m\u00e9canisme de compensation \u00bb est conforme \u00e0 la litt\u00e9rature scientifique sur le r\u00f4le de la perte de statut social relatif dans le contexte de la mont\u00e9e r\u00e9cente du populisme. Par exemple, lorsque les groupes dominants per\u00e7oivent une menace pour leur statut, ils se rallient aux candidats conservateurs, de droite et autoritaires qui promettent de restaurer le \u00ab pass\u00e9 glorieux \u00bb <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Nous supposons que la rh\u00e9torique autoritaire et sexiste de Bolsonaro peut \u00eatre attrayante pour les hommes qui, en raison du choc \u00e9conomique, subissent une perte relative de leur identit\u00e9 sociale masculine traditionnelle, de type gagne pain pour le foyer familial.<\/p>Laura Barros et Manuel Santos<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Le populisme en Am\u00e9rique latine : un tournant ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Br\u00e9sil : La crise \u00e9conomique de 2014-2018, le genre et l’\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2018<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
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\r\n <\/picture>\r\n \n Une (sombre)<\/strong> perspective<\/strong><\/h2>\n\n\n\n