{"id":59297,"date":"2020-02-08T16:54:33","date_gmt":"2020-02-08T15:54:33","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=59297"},"modified":"2020-02-09T23:35:43","modified_gmt":"2020-02-09T22:35:43","slug":"geopolitique-de-la-crise-iranienne-les-implications-strategiques-de-la-crise-de-janvier-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/02\/08\/geopolitique-de-la-crise-iranienne-les-implications-strategiques-de-la-crise-de-janvier-2020\/","title":{"rendered":"G\u00e9opolitique de la crise iranienne : les implications strat\u00e9giques de la crise de janvier 2020"},"content":{"rendered":"\n
T\u00e9h\u00e9ran.<\/em> Le 3 janvier 2020 au matin, l\u2019Europe apprenait la mort de Qassem Soleimani <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019arm\u00e9e iranienne et chef de la force d\u2019\u00e9lite al-Qods (\u201cJ\u00e9rusalem\u201d) des Gardiens de la R\u00e9volution depuis la fin des ann\u00e9es 1990. Homme discret et \u00e9l\u00e9gant, il \u00e9tait reconnu, y compris par ses ennemis, comme un strat\u00e8ge militaire hors pair dot\u00e9 d\u2019un redoutable sens politique. A la t\u00eate d\u2019al-Qods, Soleimani s\u2019\u00e9tait impos\u00e9 comme le chef d\u2019orchestre d\u2019un r\u00e9seau de proxys<\/em> patiemment tiss\u00e9 par T\u00e9h\u00e9ran au Moyen-Orient, au fil des d\u00e9boires am\u00e9ricains en Irak, de la r\u00e9volution avort\u00e9e en Syrie et de la lutte contre Daech. Soleimani assurait \u00e9galement la liaison entre le r\u00e9gime iranien et les affili\u00e9s historiques du r\u00e9gime, qu\u2019il s\u2019agisse du Hezbollah au Liban ou du Djihad islamique \u00e0 Gaza. Par lui, l\u2019Iran avait consolid\u00e9 la colonne vert\u00e9brale d\u2019un v\u00e9ritable \u201caxe chiite\u201d, capable de peser sur le destin politique de la plupart des Etats de la r\u00e9gion. Cet avantage g\u00e9opolitique d\u00e9cisif obtenu pour l\u2019Iran avait progressivement renforc\u00e9 la confiance du g\u00e9n\u00e9ral : il ne se dissimulait plus, ces derniers mois, pour rencontrer directement les chefs de milices chiites affili\u00e9es \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran en Irak et en Syrie. <\/p>\n\n\n\n Au sein-m\u00eame de l\u2019Iran, cette figure populaire, incarnant la \u201cr\u00e9sistance h\u00e9ro\u00efque\u201d \u00e0 l\u2019influence de l\u2019Occident, \u00e9tait largement m\u00e9diatis\u00e9e depuis le d\u00e9but de l\u2019engagement iranien contre Daech. L\u2019apparence d’invincibilit\u00e9 de Soleimani, renforc\u00e9e par un culte de la personnalit\u00e9 bien huil\u00e9, alimentait ces derniers mois des rumeurs quant aux \u00e9ventuelles ambitions politiques du g\u00e9n\u00e9ral. Le \u201ccher Qassem\u201d faisait d\u00e9sormais figure, pour certains analystes, de s\u00e9rieux outsider conservateur aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2021. Alors qu\u2019on disait les Etats-Unis sur le retrait, nul ne pensait, \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, que l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine oserait abattre cet homme consid\u00e9r\u00e9 intouchable, une nuit de janvier \u00e0 la sortie de l\u2019a\u00e9roport de Bagdad.<\/p>\n\n\n\n Ni les raisons strat\u00e9giques, ni la l\u00e9galit\u00e9 de cet acte ne seront justifi\u00e9s par le pouvoir am\u00e9ricain dans l\u2019imm\u00e9diat. Apr\u00e8s cinq jours d\u2019attente angoiss\u00e9e, la \u201crevanche\u201d promise par le r\u00e9gime iranien, \u00e0 grand renfort de propagande, sera finalement limit\u00e9e, si ce n\u2019est simplement symbolique. Avec le tir de missiles balistiques sur la base militaire d\u2019A\u00efn al-Asad, l\u2019Iran aura tout au plus d\u00e9montr\u00e9 sa capacit\u00e9 \u00e0 viser directement et ouvertement les personnels am\u00e9ricains dans la r\u00e9gion. Malgr\u00e9 au moins une soixantaine de bless\u00e9s l\u00e9gers, aucun mort ne sera \u00e0 d\u00e9plorer c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain car le gouvernement irakien, et donc Washington, avaient apparemment \u00e9t\u00e9 pr\u00e9venus des frappes \u00e0 venir. <\/p>\n\n\n\n Au lendemain de l\u2019\u00e9limination de Soleimani, l\u2019id\u00e9e d\u2019un nouvel affrontement global, opposant T\u00e9h\u00e9ran et Washington, a pris une ampleur d\u00e9mesur\u00e9e dans le d\u00e9bat public, notamment aux Etats-Unis o\u00f9 le hashtag #WWIII <\/em>est rapidement devenu viral. L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un tel conflit, qui s’appuie sur le parall\u00e8le historique entre l\u2019assassinat de Franz Ferdinand d\u2019Autriche et celui de Soleimani, para\u00eet pourtant d\u00e9nu\u00e9e de tout fondement s\u00e9rieux. Elle est moins r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9ostrat\u00e9gique que de la tendance performatrice des r\u00e9seaux sociaux \u00e0 amplifier les crises par le truchement des opinions publiques. <\/p>\n\n\n\n Contrairement \u00e0 l\u2019avant Premi\u00e8re guerre mondiale, l\u2019escalade au Moyen-Orient entre l\u2019Iran et les Etats-Unis ne s\u2019articule pas sur des syst\u00e8mes d\u2019alliance aussi \u00e9tendus que ceux des ann\u00e9es 1910, et l\u2019 \u201daxe chiite\u201d de Soleimani n\u2019est pas la \u201cgrande politique\u201d de Th\u00e9ophile Delcass\u00e9. L’asym\u00e9trie militaire des forces en pr\u00e9sence est en outre manifeste, que ce soit sur le plan technologique, humain ou financier. Le r\u00e9gime iranien en est bien conscient, et a adopt\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es une strat\u00e9gie visant au d\u00e9veloppement d\u2019armes asym\u00e9triques, visant pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 composer avec ce d\u00e9s\u00e9quilibre et \u00e9viter tout affrontement direct. En d\u00e9veloppant un impressionnant programme de missiles balistiques, en avan\u00e7ant dans la ma\u00eetrise des technologies nucl\u00e9aires \u00e0 finalit\u00e9s ambig\u00fces, en renfor\u00e7ant un r\u00e9seau de proxys ayant recours au terrorisme, en d\u00e9veloppant des capacit\u00e9s offensives dans le domaine cyber, l\u2019Iran a pris acte, et s\u2019est intelligemment adapt\u00e9, au rapport du faible-au-fort qui caract\u00e9rise sa relation avec les Etats-Unis. Si cette strat\u00e9gie peut fonctionner en \u00e9tablissant une forme de dissuasion (dont l\u2019Etat d\u2019Isra\u00ebl est une cible collat\u00e9rale), elle ne permettrait pas \u00e0 l\u2019Iran d\u2019assumer un conflit direct avec la premi\u00e8re puissance mondiale. <\/p>\n\n\n\n\n\n C\u2019est dans le contexte de ce singulier \u00e9quilibre de pouvoirs qu\u2019il convient d\u2019interpr\u00e9ter la s\u00e9quence d\u2019escalade initi\u00e9e, le mois dernier, par Washington. En \u00e9liminant Soleimani, les Etats-Unis ont point\u00e9, sur le plan tactique, l\u2019incapacit\u00e9 de l\u2019Iran \u00e0 s\u2019engager dans une escalade militaire d\u2019ampleur, dont T\u00e9h\u00e9ran sait qu\u2019il ne sortirait pas vainqueur. Le Pentagone a ainsi plac\u00e9 la R\u00e9publique islamique devant un choix simple : soit une vengeance sous-proportionn\u00e9e, au mieux symbolique (il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9quivalent am\u00e9ricain de Soleimani \u00e0 abattre au Moyen-Orient). Soit une r\u00e9ponse militaire sur-proportionn\u00e9e, dont T\u00e9h\u00e9ran n\u2019aurait ni les moyens financiers et militaires, ni le capital politique \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et diplomatique \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur d\u2019assumer les cons\u00e9quences en cas de nouvelle escalade. <\/p>\n\n\n\n En supprimant Soleimani, les Etats-Unis ont en outre r\u00e9affirm\u00e9 leur capacit\u00e9 tactique \u00e0 agir au Moyen-Orient. Ce rappel \u00e9tait n\u00e9cessaire, tant l\u2019absence de r\u00e9ponse am\u00e9ricaine aux frappes d\u00e9vastatrices, attribu\u00e9es indirectement \u00e0 l\u2019Iran, contre des infrastructures du g\u00e9ant p\u00e9trolier saoudien ARAMCO en septembre 2019 avait \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e par beaucoup comme la preuve d\u2019une impotence tactique des Etats-Unis dans la r\u00e9gion. M. Trump a en outre donn\u00e9, par cette action, une meilleure cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 la ligne rouge que constitue pour lui l\u2019atteinte \u00e0 la vie d\u2019Am\u00e9ricains au Moyen-Orient. Cette ligne rouge, franchie par les Talibans lors d\u2019un attentat ayant co\u00fbt\u00e9 la vie d\u2019un soldat am\u00e9ricain, avait d\u00e9j\u00e0 men\u00e9 en d\u00e9cembre 2019 \u00e0 l\u2019abandon (temporaire) par Washington des n\u00e9gociations sur la transition politique afghane. C\u2019est \u00e0 ce m\u00eame titre que M. Trump a justifi\u00e9 l\u2019\u00e9limination de Soleimani, intervenue quelques jours apr\u00e8s qu\u2019un traducteur am\u00e9ricain avait p\u00e9ri dans une attaque de roquettes contre une base am\u00e9ricaine au nord de l\u2019Irak men\u00e9e par des proxys <\/em>iraniens, les Kataeb Hezbollah. <\/p>\n\n\n\n Peut-on d\u00e8s lors consid\u00e9rer que la s\u00e9quence qui se termine \u00e9tait un \u201cbon coup\u201d pour Washington ? Quatre \u00e9l\u00e9ments nous fondent \u00e0 r\u00e9pondre n\u00e9gativement \u00e0 cette question. <\/p>\n\n\n\n Premi\u00e8rement, si le pari am\u00e9ricain d\u2019une r\u00e9ponse iranienne moins que proportionnelle \u00e0 la mort de Soleimani pouvait para\u00eetre rationnel, il n\u2019en constituait pas moins une action dont les cons\u00e9quences \u00e9taient, et demeurent, incertaines. Un missile iranien aurait pu d\u00e9vier de sa cible et faire de nombreux morts sur la base d\u2019A\u00efn al-Asad. En grimpant soudainement de plusieurs niveaux dans l\u2019escalade, les Etats-Unis ont en outre ouvert une nouvelle p\u00e9riode dans laquelle les erreurs d\u2019\u00e9valuation (et leurs cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses) deviennent plus probables. Le moindre incident pourrait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 par l\u2019un ou l\u2019autre des protagonistes comme une nouvelle provocation, susceptible de repr\u00e9sailles. Ce risque est d\u2019autant plus grand que c\u2019est en Irak, un pays lui-m\u00eame affaibli par une contestation populaire majeure \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019Etat, que se joue en premier lieu l\u2019opposition irano-am\u00e9ricaine. <\/p>\n\n\n\n Se pose de surcro\u00eet la question de l\u2019exploitation de ce climat explosif par les cellules djihadistes irakiennes, mur\u00e9es dans la clandestinit\u00e9 depuis la d\u00e9faite territoriale de Daech, mais qui demeurent organis\u00e9es et attendent de nouvelles opportunit\u00e9s. C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dans un climat de guerre civile anti-am\u00e9ricaine que l\u2019Etat islamique au Levant d\u2019al-Zarkaoui avait, \u00e0 partir de 2006, initi\u00e9 une strat\u00e9gie de confessionnalisation de l\u2019Irak par des attentats cibl\u00e9s contre les populations chiites. La capacit\u00e9 de l\u2019islamisme djihadiste irakien \u00e0 exploiter le chaos \u00e9tant historiquement prouv\u00e9e, peut-on s\u2019attendre \u00e0 la r\u00e9surgence d\u2019une organisation terroriste comparable \u00e0 Daech ? <\/p>\n\n\n\n Ce sc\u00e9nario n\u2019est pas impossible, \u00e0 l\u2019aune des \u00e9volutions r\u00e9centes de la situation irakienne. A l\u2019instar des ann\u00e9es 2005-2010, on observe en premier lieu une reconfessionnalisation du paysage politique irakien au lendemain de la mort de Soleimani. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019est manifest\u00e9 par le vote d\u2019une demande de retrait des troupes am\u00e9ricaines d\u2019Irak au Parlement, que les d\u00e9put\u00e9s sunnites et kurdes ont boycott\u00e9 (ils n\u2019\u00e9taient pas suffisamment nombreux \u00e0 eux seuls pour l\u2019emp\u00eacher). Les Kurdes \u00e9tant particuli\u00e8rement attach\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9sence am\u00e9ricaine en Irak, il serait tentant pour Washington de s\u2019appuyer sur eux pour conserver des troupes dans le nord irakien, au d\u00e9triment de la fragile unit\u00e9 retrouv\u00e9e entre Erbil et Bagdad apr\u00e8s les d\u00e9boires du r\u00e9f\u00e9rendum d\u2019ind\u00e9pendance de 2017. Plus r\u00e9v\u00e9latrice encore, la nouvelle proximit\u00e9 entre T\u00e9h\u00e9ran et Muqtada al-Sadr, clerc chiite \u00e0 la t\u00eate de la coalition majoritaire au Parlement, qui avait fait campagne en 2018 sur l\u2019opposition aux ing\u00e9rences iraniennes \u00e0 Bagdad, marque le risque d\u2019un \u00e9clatement du fragile nationalisme supra-confessionnel irakien qu\u2019il incarnait jusqu\u2019ici. Enfin, sur le plan op\u00e9rationnel, la suspension des activit\u00e9s de la coalition internationale contre Daech, qui visaient \u00e0 renforcer l\u2019arm\u00e9e irakienne (r\u00e9-int\u00e9gration sous le giron de l\u2019Etat des milices autonomes, formation \u00e0 la lutte anti-terroriste), laisse le fragile \u00c9tat seul face \u00e0 l\u2019\u00e9ventuelle r\u00e9surgence de groupes djihadistes. <\/p>\n\n\n\n En deuxi\u00e8me lieu, la situation strat\u00e9gique dans laquelle les Etats-Unis se trouvent en Irak, au lendemain de la mort de Soleimani, semble d\u00e9sormais intenable. D\u2019une part, la popularit\u00e9 am\u00e9ricaine \u00e0 Bagdad est \u00e0 son plus bas depuis la fin de l\u2019occupation. Au-del\u00e0 des r\u00e9clamations de d\u00e9part des troupes am\u00e9ricaines, Bagdad a d\u00e9pos\u00e9 une plainte officielle devant la Cour internationale de justice pour la violation de sa souverainet\u00e9 par les Etats-Unis. L\u2019isolationnisme demeurant de surcro\u00eet un pilier du programme \u00e9lectoral de M. Trump, on voit mal comment les Etats-Unis pourraient conserver leur pr\u00e9sence militaire en Irak, sauf \u00e0 violer ouvertement la souverainet\u00e9 d\u2019un pays alli\u00e9 et la promesse faite par M. Trump \u00e0 ses \u00e9lecteurs ( \u201cno more wars in the Middle East<\/em>\u201d). Effet premier (et sans doute recherch\u00e9) de l\u2019assassinat de Soleimani, la dissuasion am\u00e9ricaine tactiquement r\u00e9-instaur\u00e9e se trouve ainsi paradoxalement d\u00e9cr\u00e9dibilis\u00e9e par son effet secondaire, \u00e0 savoir une injonction politique au retrait. <\/p>\n\n\n\n La pr\u00e9sence am\u00e9ricaine en Arabie saoudite, au Kowe\u00eft et aux Emirats arabes unis serait-elle suffisante, dans ce contexte, pour conserver \u201c\u00e0 distance\u201d l\u2019avantage de la dissuasion r\u00e9-instaur\u00e9e ? C\u2019est toute la question, et l\u2019enjeu diplomatique qui s\u2019ouvre aujourd\u2019hui. <\/strong>Celui a \u00e9t\u00e9 bien anticip\u00e9 par l\u2019Iran, qui a tr\u00e8s rapidement capitalis\u00e9 sur la mort de Soleimani pour encourager le d\u00e9part am\u00e9ricain non seulement d\u2019Irak, mais de toute la r\u00e9gion. La main de T\u00e9h\u00e9ran reste ainsi tendue \u00e0 Ryadh pour la formation d\u2019une architecture r\u00e9gionale de s\u00e9curit\u00e9 (projet HOPE), tandis que les cha\u00eenes de propagande iranienne ont fait courir un temps des fausses rumeurs sur le retrait des troupes am\u00e9ricaines au Kowe\u00eft. <\/p>\n\n\n\n En troisi\u00e8me lieu, les implications concr\u00e8tes de l\u2019\u00e9limination de Soleimani quant \u00e0 la capacit\u00e9 pratique de l\u2019Iran \u00e0 influencer l\u2019Irak et la Syrie paraissent relativement limit\u00e9es. Le successeur de Soleimani, Esmael Ghaani, qui a combattu \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s pendant la guerre Iran-Irak, \u00e9tait le num\u00e9ro 2 de Soleimani depuis que ce dernier dirigeait al-Qods et dispose \u00e0 ce titre de comp\u00e9tences op\u00e9rationnelles comparables. Il devrait pouvoir s\u2019appuyer sur les r\u00e9seaux des Gardiens pour poursuivre les travaux de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. La difficult\u00e9 sera sans doute pour lui de tisser des liens interpersonnels renouvel\u00e9s avec les chefs de milice en Syrie et en Irak, puisques Ghaani travaillait principalement \u00e0 la fronti\u00e8re orientale de l\u2019Iran (Pakistan, Afghanistan), et moins au Moyen-Orient. <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\nLa Troisi\u00e8me Guerre mondiale n\u2019aura pas lieu<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nUn succ\u00e8s tactique, une d\u00e9faite strat\u00e9gique<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
L\u2019illusion de la \u201cdissuasion r\u00e9instaur\u00e9e\u201d<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
Une politique \u00e9trang\u00e8re am\u00e9ricaine de plus en plus illisible au Moyen-Orient<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
Un affaiblissement limit\u00e9 des capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles de l\u2019Iran au Moyen-Orient<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
Un cadeau inesp\u00e9r\u00e9 au r\u00e9gime iranien ?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n