{"id":58180,"date":"2020-01-26T22:38:42","date_gmt":"2020-01-26T21:38:42","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=58180"},"modified":"2020-01-26T23:12:15","modified_gmt":"2020-01-26T22:12:15","slug":"au-burgenland-majorite-absolue-des-sociaux-democrates-apres-une-coalition-avec-lextreme-droite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/01\/26\/au-burgenland-majorite-absolue-des-sociaux-democrates-apres-une-coalition-avec-lextreme-droite\/","title":{"rendered":"Au Burgenland, majorit\u00e9 absolue des sociaux-d\u00e9mocrates apr\u00e8s une coalition avec l\u2019extr\u00eame-droite"},"content":{"rendered":"\n
Eisenstadt.<\/em> Dans les syst\u00e8mes de partis de plus en plus fragment\u00e9s de l\u2019espace germanophone, l\u2019obtention par un seul parti d\u2019une majorit\u00e9 parlementaire absolue fait aujourd\u2019hui figure d\u2019exception. Si les gouvernements \u00ab monochromes \u00bb \u00e9taient encore d\u2019usage au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 dans un certains nombre de r\u00e9gions, l\u2019affaiblissement consid\u00e9rable des partis de masse (sociaux-d\u00e9mocrates, chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates) et l\u2019apparition d\u2019une offre politique alternative (Verts, extr\u00eame-droite) a contribu\u00e9 \u00e0 la disparition progressive de ce mod\u00e8le. En ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2020, une situation de majorit\u00e9 absolue ne se pr\u00e9sentait ainsi dans aucun des 16 L\u00e4nder <\/em>allemands, des 9 L\u00e4nder <\/em>autrichiens et des 17 cantons de Suisse germanophone <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> ; partout o\u00f9 la constitution r\u00e9gionale n\u2019attribue pas d\u00e9j\u00e0 les postes gouvernementaux sur une base proportionnelle, une coalition d\u2019au moins deux partis \u00e9tait n\u00e9cessaire pour atteindre la majorit\u00e9. La n\u00e9cessit\u00e9 de coalitions de plus en plus complexes constitue m\u00eame un d\u00e9fi majeur pour l\u2019avenir d\u2019un syst\u00e8me pens\u00e9 autour de la repr\u00e9sentation proportionnelle, et o\u00f9 la mont\u00e9e des extr\u00eames tend \u00e0 mener \u00e0 l\u2019ingouvernabilit\u00e9, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises dans ces colonnes <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n L\u2019issue de l\u2019\u00e9lection de ce dimanche au Burgenland, r\u00e9gion de 300 000 habitants \u00e0 l\u2019extr\u00eame est du pays, est donc surprenante \u00e0 plus d\u2019un titre. D\u2019abord par les 19 mandats sur 36 (49,9 %,+8pp) obtenus par le ministre-pr\u00e9sident sortant Hans Peter Doskozil <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>, qui remporte une victoire d\u2019une rare ampleur. Ensuite parce que son parti, le Parti social-d\u00e9mocrate d\u2019Autriche (SP\u00d6, S&D), dont la famille politique est en difficult\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne, \u00e9tait engag\u00e9 depuis 2015 dans une coalition controvers\u00e9e avec le Parti de la libert\u00e9 d\u2019Autriche (FP\u00d6, ID).<\/p>\n\n\n\n\n\n Le Burgenland, Land <\/em>rural et frontalier avec la Hongrie, dont il a d\u2019ailleurs fait partie jusqu\u2019au trait\u00e9 de Trianon de 1920, est aussi le Land<\/em> le plus pauvre d\u2019Autriche : il est la seule r\u00e9gion \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier du Fonds Europ\u00e9en de d\u00e9veloppement r\u00e9gional, et d\u00e9pend fortement de l\u2019agriculture et du tourisme. C\u2019est aussi un bastion historique des sociaux-d\u00e9mocrates, qui y gouvernent de mani\u00e8re ininterrompue depuis 1964. En 2015, cependant, le ministre-pr\u00e9sident de l\u2019\u00e9poque Hans Niessl avait conclu une alliance controvers\u00e9e avec le FP\u00d6, qui \u00e9tait arriv\u00e9 troisi\u00e8me. La coalition, dont la section r\u00e9gionale du SP\u00d6 a plusieurs fois soulign\u00e9 le succ\u00e8s et la bonne ambiance de travail malgr\u00e9 les critiques de la direction f\u00e9d\u00e9rale du parti, avait \u00e9t\u00e9 fragilis\u00e9e l\u2019an pass\u00e9 par la r\u00e9v\u00e9lation de l\u2019\u00ab affaire d\u2019Ibiza<\/a> \u00bb. Les deux partenaires de coalition avaient alors d\u00e9cid\u00e9 d\u2019un commun accord d\u2019avancer au 26 janvier l\u2019\u00e9lection originellement pr\u00e9vue pour mai. Cette fois, le parti d\u2019extr\u00eame-droite, fragilis\u00e9 par les affaires et potentiellement victime de sa position de partenaire minoritaire <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>, accuse une forte baisse, n\u2019obtenant que 9,8 % des voix et 4 si\u00e8ges (-5,3pp).<\/p>\n\n\n\n Les 49,9 % du SP\u00d6 repr\u00e9sentent une hausse de 8 points, bien mieux que l\u2019\u00d6VP du chancelier Sebastian Kurz, qui parvient \u00e0 am\u00e9liorer l\u00e9g\u00e8rement son score d\u2019il y a cinq ans \u00e0 30,6 % (+1,5pp). Pour les Verts, qui viennent d\u2019entrer au gouvernement f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 Vienne comme partenaires minoritaires des conservateurs <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>, il n\u2019y a gu\u00e8re d\u2019effet positif : ils stagnent \u00e0 6,7 % (+0,3pp) et 2 si\u00e8ges. Les lib\u00e9raux de NEOS (RE) ne parviennent pas \u00e0 passer la barre des 5 % n\u00e9cessaire pour la repr\u00e9sentation au Landtag<\/em>, r\u00e9unissant 1,7 % des suffrages (-0,6pp). Ainsi les \u00e9lecteurs du Burgenland ont choisi de pl\u00e9bisciter la formation politique traditionnellement dominante plut\u00f4t que de se lancer dans des exp\u00e9riences nouvelles. <\/p>\n\n\n\n Peter Doskozil, qui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Niessl en 2019, a men\u00e9 une campagne m\u00e9langeant le populisme de droite et de gauche. Doskozil, policier de formation, a \u00e9t\u00e9 ministre f\u00e9d\u00e9ral de la D\u00e9fense et du Sport en 2016-2017 avant de rejoindre le gouvernement du Burgenland d\u2019abord comme ministre r\u00e9gional des finances. Son gouvernement r\u00e9gional m\u00e8ne une politique sociale assez g\u00e9n\u00e9reuse, garantissant notamment un salaire minimum de 1700\u20ac net, mais aussi une politique migratoire restrictive.<\/p>\n\n\n\n L\u2019issue du vote de ce dimanche confirme ainsi une tendance \u00e0 la r\u00e9gionalisation des \u00e9quilibres politiques d\u00e9j\u00e0 largement observ\u00e9e lors de ces derniers mois, notamment lors de plusieurs scrutins dans l\u2019Est de l\u2019Allemagne : les partis sociaux-d\u00e9mocrates, affaiblis \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale et en passe d\u2019\u00eatre d\u00e9pass\u00e9s par les Verts <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>, s\u2019affirment malgr\u00e9 tout comme des forces dominantes dans certains espaces r\u00e9gionaux comme le Burgenland o\u00f9 le Mecklembourg.\u00a0 Quand aux partis verts et lib\u00e9raux, leurs bonnes dynamiques dans les zones urbaines prosp\u00e8res sont contrebalanc\u00e9es par des performances fragiles dans les territoires p\u00e9riph\u00e9riques \u00e9conomiquement moins performants. La plupart des \u00e9lecteurs du SP\u00d6 et du FP\u00d6, dont la coalition a re\u00e7u un taux d\u2019assentiment de pr\u00e8s de 60 %, ont aussi d\u00e9clar\u00e9, ce dimanche, avoir pris leur d\u00e9cision sur des crit\u00e8res strictement r\u00e9gionaux, et, pour les premiers, par sympathie pour le ministre-pr\u00e9sident sortant <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. C\u2019est aussi \u00e0 cette \u00e9chelle r\u00e9gionale que les efforts de construction de consensus, de collaboration transpartisane et d\u2019innovation politique se manifestent de la mani\u00e8re la plus flagrante, de la nomination du premier ministre-pr\u00e9sident vert (Bade-Wurtemberg) \u00e0 de nouvelles \u00ab Tr\u00e8s grandes coalitions \u00bb (Saxe, Saxe-Anhalt) en passant par de nouveaux mod\u00e8les minoritaires (Thuringe), sans oublier l\u2019\u00e9trange coalition rouge-bleue qui gouverne encore au Burgenland. Alors que les dynamiques f\u00e9d\u00e9rales apparaissent comme de moins en moins lisibles, les \u00e9volutions r\u00e9gionales rendent compte de l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des clivages, mais aussi – et peut-\u00eatre surtout – de la possibilit\u00e9 d\u2019une recomposition productive diff\u00e9renci\u00e9e de l\u2019espace politique.<\/p>\n\n\n\n Perspectives :<\/strong><\/p>\n\n\n\n L\u2019Autriche n\u2019a pas attendu la coalition \u00e9colo-conservatrice pour devenir un lieu unique d\u2019exp\u00e9rimentation en termes de coalitions politiques. Dans le Burgenland, les sociaux-d\u00e9mocrates grimpent dans les urnes (50,8 % des voix) apr\u00e8s cinq ans de coalition avec l\u2019extr\u00eame droite FP\u00d6.<\/p>\n","protected":false},"author":175,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-briefings.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1731],"tags":[],"geo":[536],"class_list":["post-58180","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique","staff-francois-hublet","staff-pierre-mennerat","geo-centres"],"acf":[],"yoast_head":"\n
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