{"id":5681,"date":"2018-07-15T22:00:17","date_gmt":"2018-07-15T20:00:17","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=5681"},"modified":"2019-05-18T17:41:00","modified_gmt":"2019-05-18T15:41:00","slug":"le-grand-ecart-de-theresa-may","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/07\/15\/le-grand-ecart-de-theresa-may\/","title":{"rendered":"Le grand \u00e9cart de Theresa May"},"content":{"rendered":"\n
Londres. <\/em>Grand \u00e9cart au sein du cabinet. Vendredi 6 juillet, au terme d\u2019un long s\u00e9minaire r\u00e9unissant les membres du cabinet \u00e0 Chequers, la r\u00e9sidence de campagne des Premiers ministres britanniques, Theresa May a fait conna\u00eetre sa vision de la future relation entre le Royaume-Uni et l\u2019Union europ\u00e9enne. Le nouveau plan publi\u00e9 par le gouvernement britannique propose de mettre fin \u00e0 la libre circulation des personnes et \u00e0 la juridiction de la Cour de justice de l\u2019Union (1<\/strong>), en pr\u00e9voyant la cr\u00e9ation d\u2019une zone de libre-\u00e9change avec un ensemble de \u201cr\u00e8gles communes\u201d pour les biens industriels et les produits agricoles. Il propose \u00e9galement de mettre en place un nouveau mod\u00e8le douanier favorable aux entreprises et d\u2019\u00e9viter ainsi une fronti\u00e8re dure entre l\u2019Irlande du Nord et la R\u00e9publique d\u2019Irlande, principal point de friction dans la n\u00e9gociation (5<\/strong>). Confirmant l\u2019accord de Chequers, un livre blanc a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 jeudi dernier qui doit encore \u00eatre analys\u00e9 par Bruxelles. C\u2019est le document le plus important depuis juin 2016. Il pose notamment comme priorit\u00e9 pour le Royaume-Uni de prot\u00e9ger la libert\u00e9 de mouvement des travailleurs qualifi\u00e9s et des \u00e9tudiants (8<\/strong>, 7<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n Alert\u00e9e par les milieux d\u2019affaires, Theresa May a finalement choisi de proposer \u00e0 Bruxelles un Brexit en douceur, marquant un changement de direction par rapport aux promesses initiales du gouvernement. L\u2019accord de Chequers a d\u00e9clench\u00e9 un r\u00e8glement de comptes au sein du cabinet impliquant les v\u00e9t\u00e9rans du \u201cBrexit dur\u201d. Deux poids lourds de l\u2019ex\u00e9cutif ont d\u00e9missionn\u00e9 : David Davis et Boris Johnson, respectivement ministre du Brexit et ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, tous deux nomm\u00e9s au lendemain du r\u00e9f\u00e9rendum et acteurs de premier plan dans la campagne du Leave. Dominic Raab, eurosceptique convaincu, est d\u00e9sormais en charge de la n\u00e9gociation, tandis que Jeremy Hunt, partisan d\u2019un second r\u00e9f\u00e9rendum, a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du Foreign Office (5<\/strong>). Un savant m\u00e9lange cens\u00e9 r\u00e9\u00e9quilibrer le jeu et marginaliser la frange \u201chard brexit\u201d du cabinet, au moment o\u00f9 p\u00e8se la menace d\u2019une arriv\u00e9e de Jeremy Corbyn \u00e0 Downing Street. Aujourd\u2019hui, un vote \u00e0 la Chambre des communes r\u00e9v\u00e9lera l\u2019ampleur de l\u2019hostilit\u00e9 des \u201chard-brexiters\u201d sur l\u2019accord de retrait.<\/p>\n\n\n\n Grand \u00e9cart \u00e0 l\u2019international. Comme si les man\u0153uvres byzantines au sein du Parti conservateur ne suffisaient pas, Theresa May s\u2019est retrouv\u00e9e contrainte, au cours de la semaine \u00e9coul\u00e9e, de g\u00e9rer un positionnement international plus mouvant que jamais. Londres se trouve en effet sur une ligne plus dure que Washington vis-\u00e0-vis de Moscou, et plus proche de ses partenaires europ\u00e9ens sur le r\u00f4le de l\u2019Otan. Mercredi, durant le sommet de l\u2019Alliance atlantique \u00e0 Bruxelles, Theresa May a mis en garde le chef d\u2019\u00c9tat am\u00e9ricain sur sa rencontre avec le pr\u00e9sident Poutine, pr\u00e9vue ce lundi, en l\u2019invitant \u00e0 soulever l\u2019affaire Skripal et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, \u00e0 prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats du monde occidental (4<\/strong>). Parlent-ils la m\u00eame langue ? Avant m\u00eame son arriv\u00e9e au Royaume-Uni, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain s\u2019est lourdement ing\u00e9r\u00e9 dans l\u2019\u00e9quilibre du parti conservateur, en rendant un hommage appuy\u00e9 \u00e0 son \u201cami\u201d Boris Johnson (9<\/strong>). Comme pour lui restituer les compliments que l\u2019ancien ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res lui avait lanc\u00e9 d\u00e9but juin, en affirmant que le Brexit manquait cruellement d\u2019un n\u00e9gociateur comme le pr\u00e9sident am\u00e9ricain (3<\/strong>), afin d\u2019affaiblir ainsi Theresa May. En d\u2019autres temps, la visite de l\u2019alli\u00e9 am\u00e9ricain aurait constitu\u00e9 un soutien pr\u00e9cieux pour la Grande Bretagne, notamment dans la gestion de ses relations avec l\u2019UE. Aujourd\u2019hui, dans un contexte europ\u00e9en et international chaotique, avec un locataire de la Maison Blanche hostile aux outils de la diplomatie, elle est surtout accueillie par des pol\u00e9miques et des protestations.<\/p>\n\n\n\n Dans le nouveau plan qu\u2019elle vient de proposer, la Premi\u00e8re ministre britannique a tenu \u00e0 garantir que le choix des \u00e9lecteurs du Brexit – celui d\u2019un Royaume-Uni libre de nouer ses propres accords commerciaux avec le monde – sera respect\u00e9. \u00c0 quel prix ? Dans une interview livr\u00e9e au Sun<\/em> jeudi dernier, Donald Trump a pr\u00e9venu que si la proposition de Theresa May est approuv\u00e9e \u00e0 Bruxelles, elle tuera toute possibilit\u00e9 d\u2019accord de libre-\u00e9change entre les deux pays (6<\/strong>). Lors d\u2019une conf\u00e9rence de presse le jour suivant, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain a tenu \u00e0 pr\u00e9ciser que la relation entre les deux pays n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi \u201csp\u00e9ciale\u201d et qu\u2019un accord commercial est tout \u00e0 fait possible. Une diplomatie bipolaire qui semble avoir principalement comme effet de contribuer \u00e0 d\u00e9stabiliser le pays, en un moment politique des plus d\u00e9licats.<\/p>\n\n\n\n Theresa May et son gouvernement ont publi\u00e9 un Livre blanc sur la relation post-Brexit entre le Royaume-Uni et l\u2019Union europ\u00e9enne. Entre les d\u00e9missions de Boris Johnson et David Davis et la visite d\u00e9stabilisante de l\u2019alli\u00e9 am\u00e9ricain, la Premi\u00e8re ministre traverse une zone de turbulences. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-briefings.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"_yoast_wpseo_estimated-reading-time-minutes":0,"footnotes":""},"categories":[1731],"tags":[],"staff":[1720],"editorial_format":[],"serie":[],"audience":[],"geo":[547],"class_list":["post-5681","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique","staff-vera-marchand","geo-nordiques"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false},"yoast_head":"\nPerspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
Sources :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n