{"id":56231,"date":"2020-01-10T17:37:57","date_gmt":"2020-01-10T16:37:57","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=56231"},"modified":"2020-01-14T19:49:23","modified_gmt":"2020-01-14T18:49:23","slug":"pourquoi-laustralie-brule-t-elle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2020\/01\/10\/pourquoi-laustralie-brule-t-elle\/","title":{"rendered":"Pourquoi l\u2019Australie br\u00fble-t-elle ? 10 questions, 10 r\u00e9ponses"},"content":{"rendered":"\n
D’octobre \u00e0 aujourd\u2019hui, les incendies ont couvert environ 8 millions d’hectares de terres entre la Nouvelle-Galles du Sud, l\u2019\u00c9tat de Victoria, l’Australie du Sud et le Queensland \u2013 une superficie deux fois plus grande celle des incendies de 2019 en Sib\u00e9rie et en Amazonie r\u00e9unis, et \u00e9gale aux quatre cinqui\u00e8mes de toutes les for\u00eats italiennes. En seulement quatre ans, au cours des 50 derni\u00e8res ann\u00e9es, la superficie br\u00fbl\u00e9e en Nouvelle-Galles du Sud a d\u00e9pass\u00e9 le million d’hectares. Aujourd’hui, elle a presque atteint le double du chiffre de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e la plus spectaculaire connue par l\u2019\u00c9tat (1974 avec 3,5 millions d’hectares couverts).<\/p>\n\n\n\n\n\n Une autre caract\u00e9ristique in\u00e9dite de ces incendies est la simultan\u00e9it\u00e9 des feux sur de vastes zones, qui alternent g\u00e9n\u00e9ralement. Et en Australie, nous ne sommes qu’au d\u00e9but de l’\u00e9t\u00e9 <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, ces chiffres vont donc encore augmenter, potentiellement jusqu’\u00e0 15 millions d’hectares couverts par le feu. L’Australie a une superficie de 769 millions d’hectares, on ne peut pas dire \u00ab qu\u2019un continent br\u00fble \u00bb. Par ailleurs, en moyenne 38 millions d’hectares de prairies (20 % du total) br\u00fblent dans les savanes du centre-nord chaque ann\u00e9e pendant la saison s\u00e8che, qui dans cette partie du pays correspond aux mois d\u2019avril-novembre. Mais c’est un \u00e9cosyst\u00e8me compl\u00e8tement diff\u00e9rent de celui qui est maintenant en feu.<\/p>\n\n\n\n Il s’agit principalement de for\u00eats d’eucalyptus et du bush<\/em>, une savane semi-aride avec des arbres bas, denses ou dispers\u00e9s, compos\u00e9e principalement de gramin\u00e9es et d’arbustes et similaire au maquis m\u00e9diterran\u00e9en. C’est une v\u00e9g\u00e9tation qui est n\u00e9e pour br\u00fbler : le climat de l’Australie centrale a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s sec au cours ces derni\u00e8res 100 millions d’ann\u00e9es (depuis que l’Australie a fait son voyage de l’Antarctique \u00e0 sa position actuelle), et les incendies provoqu\u00e9s par la foudre ont \u00e9t\u00e9 si fr\u00e9quents que les plantes ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9es d’\u00e9voluer pour les surmonter de la meilleure fa\u00e7on possible : en se laissant br\u00fbler ! En effet, si le feu d\u00e9truit la v\u00e9g\u00e9tation existante, il ouvre aussi de nouveaux espaces de reproduction et de renouvellement pour les plantes. De nombreuses esp\u00e8ces de buissons contiennent des huiles et des r\u00e9sines hautement inflammables, de sorte qu’elles br\u00fblent bien et avec des flammes tr\u00e8s intenses lorsque le feu se d\u00e9clare. Comme les graines de ces esp\u00e8ces sont presque enti\u00e8rement imperm\u00e9ables au feu, ce stratag\u00e8me est le seul moyen de \u00ab battre \u00bb la v\u00e9g\u00e9tation concurrente et de r\u00e9ussir \u00e0 se reproduire en exploitant \u00e0 leur avantage les conditions environnementales d\u00e9favorables. Cependant, cette fois, les conditions de s\u00e9cheresse sont si extr\u00eames que m\u00eame les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers traditionnellement plus humides et rarement touch\u00e9s par le feu sont en train de br\u00fbler.<\/p>\n\n\n\n\n\n En Australie, la moiti\u00e9 des incendies sont caus\u00e9es par la foudre, et l’autre moiti\u00e9 par l’homme pour des motifs \u00e0 la fois coupables et malveillants (en Italie, au contraire, 95 % des incendies sont d’origine anthropique, principalement coupables). Cependant, les plus importants d\u2019entre eux ont tendance \u00e0 \u00eatre caus\u00e9s par la foudre, car ils touchent les zones les plus \u00e9loign\u00e9es et les plus inhabit\u00e9es, o\u00f9 les activit\u00e9s humaines sont moins susceptibles d’arriver \u2013 \u00e0 l’exception peut-\u00eatre des accidents sur les lignes \u00e9lectriques, qui ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 responsables des incendies d\u00e9vastateurs en Californie en 2017 et 2019. Selon Ross Bradstock, de l’Universit\u00e9 de Wollongong, un seul incendie caus\u00e9 par la foudre (le feu de la montagne de Gospers) a d\u00e9j\u00e0 couvert plus de 500 000 hectares de brousse depuis octobre, et pourrait \u00eatre le plus grand incendie jamais enregistr\u00e9 dans le monde.<\/p>\n\n\n\n Des rapports circulent sur l’arrestation de pyromanes pr\u00e9sum\u00e9s. Il a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 que certaines d’entre elles sont de fausses nouvelles diffus\u00e9es pour nier le probl\u00e8me climatique. De plus, ce ne sont pas des pyromanes au sens de la d\u00e9finition anglo-saxonne, qui inclut \u00e0 la fois la faute et l\u2019intention. Cependant, il est clair que le probl\u00e8me ici n’est pas ce qui allume la flamme, mais ce qui la fait se propager une fois allum\u00e9e \u2013 ce sont deux phases diff\u00e9rentes et distinctes.<\/p>\n\n\n\n\n\n 2019 a \u00e9t\u00e9 l’ann\u00e9e la plus chaude et la plus s\u00e8che en Australie depuis 1900. Au cours de la derni\u00e8re ann\u00e9e, les temp\u00e9ratures moyennes ont \u00e9t\u00e9 sup\u00e9rieures de 1,5 degr\u00e9 \u00e0 la moyenne de 1961-1990, le maximum \u00e9tant sup\u00e9rieur de plus de 2 \u00b0C, et plus d’un tiers des pr\u00e9cipitations qui tombent habituellement sur le continent n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es. Une vague de chaleur terrestre et maritime a produit des temp\u00e9ratures record dans le pays en d\u00e9cembre (42 \u00b0C de moyenne nationale, avec des pics \u00e0 49 \u00b0C), alors que la s\u00e9cheresse dure maintenant depuis deux ans. Lorsque l’air est chaud et sec, l\u2019eau s\u2019\u00e9vapore rapidement, et la v\u00e9g\u00e9tation se dess\u00e8che. Plus la s\u00e9cheresse est longue, plus la taille des parties de la plante qui se dess\u00e8chent est importante. Lorsque m\u00eame les plus grandes parties (tiges et branches) perdent de l’eau, ce qui arrive tr\u00e8s rarement, les feux peuvent durer plus longtemps, comme dans une chemin\u00e9e, les petites \u00ab pi\u00e8ces \u00bb sont celles qui allument le feu, et les grandes sont celles qui br\u00fblent le plus longtemps, exactement comme le \u00ab petit bois \u00bb et les b\u00fbches. En fait, les combustibles forestiers sont class\u00e9s comme \u00ab combustible d’une heure \u00bb, \u00ab combustible de dix heures \u00bb, \u00ab combustible de cent heures \u00bb ou \u00ab combustible de mille heures \u00bb selon le temps qu\u2019il faut au bois pour absorber ou perdre l\u2019humidit\u00e9. Ce qui propage les flammes, en revanche, c’est le vent, qui pousse l’air chaud g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par la flamme sur les plantes avoisinantes. Normalement, les plus grands incendies se produisent les jours tr\u00e8s venteux. Des feux tr\u00e8s grands et tr\u00e8s intenses sont m\u00eame capables de cr\u00e9er eux-m\u00eames le vent : l’air chaud monte si vite qu’il laisse un \u00ab vide \u00bb : pour le remplir, plus d’air s’engouffre violemment, venant des zones environnantes. Il en r\u00e9sulte une temp\u00eate de feu, le \u00ab vent de feu \u00bb, avec lequel le feu se maintient jusqu’\u00e0 ce qu’il n’y ait plus de combustible disponible.<\/p>\n\n\n\n\n\n Pour \u00e9teindre un incendie, il est n\u00e9cessaire d’\u00e9liminer le combustible. L’eau et les retardateurs lanc\u00e9s \u00e0 partir de v\u00e9hicules a\u00e9riens ne peuvent que ralentir la combustion (en refroidissant le carburant ou en retardant chimiquement la r\u00e9action de combustion), mais des \u00e9quipes au sol sont n\u00e9cessaires pour \u00e9liminer le carburant. Des feux de canop\u00e9e intenses comme ceux qui se d\u00e9veloppent en Australie peuvent g\u00e9n\u00e9rer des flammes de plusieurs dizaines de m\u00e8tres de haut, se propager \u00e0 des vitesses sup\u00e9rieures \u00e0 dix kilom\u00e8tres \u00e0 l’heure (la vitesse de course d’un homme moyen) et produire une \u00e9nergie de cent mille kW par m\u00e8tre lin\u00e9aire de front. Or les \u00e9quipes au sol ne pourraient pas op\u00e9rer en toute s\u00e9curit\u00e9 avec une intensit\u00e9 de seulement 4000 kW par m\u00e8tre (25 fois moins que celle des feux les plus intenses).<\/p>\n\n\n\n\n\n Le bush<\/em> australien est un environnement qui \u00ab veut \u00bb br\u00fbler de toutes ses forces, et en br\u00fblant, il am\u00e9liore sa sant\u00e9 et sa biodiversit\u00e9 \u2013 \u00e0 son rythme, se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant au fil des ann\u00e9es ou des d\u00e9cennies. M\u00eame les animaux connaissent le danger et beaucoup savent comment r\u00e9agir : l’estimation d’un demi-milliard d’animaux impliqu\u00e9s \u2013 voire un milliard \u2013 relanc\u00e9e par les m\u00e9dias est une estimation grossi\u00e8re et quelque peu alarmiste, qui tient \u00e9galement compte, par exemple, des oiseaux \u2013 qui peuvent \u00e9videmment voler et s’\u00e9loigner de la zone <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2013 \u00e0 l’exclusion importante des jeunes oiseaux et des \u0153ufs. <\/p>\n\n\n\n Les animaux plus petits et moins mobiles (koalas, mais aussi amphibiens, micromammif\u00e8res et reptiles) peuvent en effet se retrouver dans des situations o\u00f9 il leur est impossible de fuir, et leurs habitats seront radicalement modifi\u00e9s pendant de nombreuses ann\u00e9es \u2013 de nombreux animaux ne retrouveront plus de conditions ad\u00e9quates. D’autres, en revanche, en trouveront de meilleurs encore. C’est un ph\u00e9nom\u00e8ne bien connu en Australie que certains faucons sont capables de transporter des brindilles br\u00fblantes pour propager activement des feux sur de nouvelles zones, lib\u00e9rant ainsi la vue de nouveaux terrains de chasse <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les incendies peuvent \u00e0 l\u2019inverse cr\u00e9er de fortes menaces pour des esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales rares (comme le pin Wollemi<\/a>) et sont surtout tr\u00e8s probl\u00e9matiques pour l’homme : d\u00e9j\u00e0 28 victimes pour un total de 800 morts depuis 1967, des fum\u00e9es qui rendent l’air dangereux \u00e0 respirer, des biens et des activit\u00e9s d\u00e9truits pour des milliards de dollars de d\u00e9g\u00e2ts. De plus, les incendies cr\u00e9ent de l’\u00e9rosion, augmentent le risque hydrog\u00e9ologique et risquent de rendre la crise climatique encore plus grave, tant au niveau mondial, en contribuant \u00e0 l’augmentation du CO2 atmosph\u00e9rique (306 millions de tonnes \u00e9mises jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent selon la NASA, soit presque l’\u00e9quivalent des \u00e9missions de tout le pays en 2018), qu’au niveau local, en d\u00e9posant leurs r\u00e9sidus sur les glaciers de Nouvelle-Z\u00e9lande qui risquent de fondre plus rapidement.<\/p>\n\n\n\n\n\n L’extraordinaire s\u00e9cheresse australienne a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par une rare combinaison de facteurs. En th\u00e9orie, le premier maillon de la cha\u00eene est El Nino, un r\u00e9chauffement p\u00e9riodique du Pacifique Sud qui provoque de grands changements dans la m\u00e9t\u00e9orologie terrestre. Mais cette ann\u00e9e, El Nino n’est pas actif. Au lieu de cela, un autre ph\u00e9nom\u00e8ne climatique, le dip\u00f4le de l’oc\u00e9an Indien (IOD) \u2013 une configuration qui am\u00e8ne de l’air humide sur la c\u00f4te africaine et de l’air sec sur la c\u00f4te australienne \u2013 s’est produit avec une intensit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que le r\u00e9chauffement climatique peut tripler la fr\u00e9quence des \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames dans l’IOD <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. \u00c0 cela s’est superpos\u00e9, en septembre 2019, un r\u00e9chauffement soudain de la stratosph\u00e8re (plus de 40 degr\u00e9s d’augmentation) dans la zone antarctique, lui aussi extraordinaire, d\u00fb \u00e0 des causes \u00ab naturelles \u00bb, qui a apport\u00e9 plus d’air chaud et sec en Australie. Le troisi\u00e8me ph\u00e9nom\u00e8ne est un d\u00e9placement vers le nord des vents d’ouest (ou anti-aliz\u00e9), les vents soufflant constamment d’ouest en est entre 30 et 60 degr\u00e9s de latitude sur les mers des deux h\u00e9misph\u00e8res terrestres. Le d\u00e9placement vers le nord de l’anti-aliz\u00e9 (mode annulaire sud) apporte de l’air sec et chaud en Australie, et semble \u00eatre favoris\u00e9 \u00e0 la fois par le changement climatique et, il suffit de penser au trou d’ozone <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le changement climatique y est donc pour quelque chose, \u00e0 la fois dans son action directe (l’air australien s’est r\u00e9chauff\u00e9 d’au moins un degr\u00e9 en moyenne au cours du si\u00e8cle dernier) et indirecte par son influence sur les grandes structures m\u00e9t\u00e9orologiques de l’h\u00e9misph\u00e8re sud.<\/p>\n\n\n\n\n\n Beaucoup de critiques<\/a> ont port\u00e9 sur le gouvernement australien qui n\u2019a pas respect\u00e9 son engagement d\u2019atteindre des objectifs d\u00e9j\u00e0 plut\u00f4t modestes (28 % de r\u00e9duction des \u00e9missions de 2005 \u00e0 2030) pris par le pays dans le cadre des accords de Paris. Il y a cependant un probl\u00e8me structurel. L’\u00e9conomie australienne est fortement bas\u00e9e sur l’extraction et l’exportation de charbon (notamment vers le Japon avec 40 % des exportations, la Chine et l’Inde), un combustible fossile dont l’extraction n’est pas compatible avec la r\u00e9alisation des objectifs de l\u2019accord de Paris visant \u00e0 maintenir le r\u00e9chauffement climatique en dessous de 1,5 \u00b0C par rapport \u00e0 l’\u00e9poque pr\u00e9industrielle. Tr\u00e8s concr\u00e8tement, l’industrie du charbon emploie pr\u00e8s de 40 000 travailleurs australiens et est fortement subventionn\u00e9e par le gouvernement.<\/p>\n\n\n\n Le gouvernement conservateur actuel, comme dans d’autres parties du monde, est r\u00e9ticent \u00e0 d\u00e9carboniser l’\u00e9conomie nationale. Pourtant l\u2019\u00e9chelle nationale ne permet pas de comprendre r\u00e9ellement les incendies australiens qui ne sont pas seulement la responsabilit\u00e9 du Premier ministre Morrison ou de ses \u00e9lecteurs, mais aussi de toutes les activit\u00e9s qui, dans le monde entier, continuent de contribuer \u00e0 l’augmentation du CO2 atmosph\u00e9rique\u00a0\u2013\u00a0production et consommation d’\u00e9nergie (30 %), transports (25 %), agriculture et \u00e9levage (20 %), chauffage et climatisation domestiques (15 %) et d\u00e9forestation (10 %).<\/p>\n\n\n\n\n\n Tous les derniers rapports du GIEC<\/a>, des institutions australiennes de recherche environnementale et du gouvernement lui-m\u00eame s’accordent \u00e0 dire qu’il y a une augmentation du danger d’incendie en Australie en raison du changement climatique, avec un degr\u00e9 de probabilit\u00e9 \u00ab presque certain \u00bb. L’arriv\u00e9e de ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques tr\u00e8s dangereux est \u00e9galement surveill\u00e9e et connue bien \u00e0 l’avance. Des alarmes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises et les \u00e9vacuations ont \u00e9t\u00e9 correctement effectu\u00e9es, au moins en l\u2019\u00e9tat de connaissances disponibles. Pourtant le d\u00e9fi pour les services de lutte contre les incendies, qui est \u00e9galement valable dans certaines r\u00e9gions europ\u00e9ennes, est de savoir comment maintenir un syst\u00e8me qui ne doit \u00eatre activ\u00e9 \u00e0 tr\u00e8s petite \u00e9chelle qu’une fois par d\u00e9cennie. L’autre outil pour \u00e9viter les incendies est la pr\u00e9vention, qui se fait \u00e0 grande \u00e9chelle avec la technique du \u00ab br\u00fblage dirig\u00e9 \u00bb, qui \u00e9limine le combustible en utilisant une flamme basse, scientifiquement con\u00e7ue. Il s\u2019agit d\u2019un type d’intervention approuv\u00e9 \u00e9galement par de nombreux \u00e9cologistes australiens, et pratiqu\u00e9 depuis quarante mille ans par les populations aborig\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n En 2018-2019, 140 000 hectares de terres ont fait l’objet de ce traitement, mais son application est fortement limit\u00e9e par le manque de fonds et, encore une fois, par le changement climatique, qui r\u00e9duit le nombre de jours avec des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques favorables pour le r\u00e9aliser. Il faut noter que l’intensit\u00e9 de la s\u00e9cheresse et des incendies en cours aurait probablement mis en difficult\u00e9 m\u00eame les services et les communaut\u00e9s les mieux form\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n\n\n Il y a une priorit\u00e9 : r\u00e9duire nos \u00e9missions par des comportements collectifs et \u00e0 fort impact. S’efforcer de prendre en compte l’empreinte du changement climatique, de l\u2019impact de notre production et (surtout) de notre consommation dans la r\u00e9alit\u00e9. L\u2019\u00e9cosyst\u00e8me australien est touch\u00e9, les koalas sont durement touch\u00e9s. Demain ce sera le tour d’autres animaux, d’autres \u00e9cosyst\u00e8mes, d’autres personnes. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes se d\u00e9ploieront en Europe.<\/p>\n\n\n\n Ceux qui vivent en contact avec une for\u00eat peuvent se renseigner sur le danger d’incendie et sur les pratiques d’autoprotection n\u00e9cessaires pour minimiser le risque pour votre propri\u00e9t\u00e9 : les incendies frapperont avec une intensit\u00e9 croissante et \u00e0 nouveau l\u2019Europe m\u00e9diterran\u00e9enne notamment, mais ils peuvent se d\u00e9clencher dans des endroits o\u00f9 vous ne vous y attendiez pas. Il est extr\u00eamement important de savoir comment se prot\u00e9ger.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Un \u00e9tat des lieux en dix points sur les incendies sans pr\u00e9c\u00e9dent qui touchent l’\u00eele par l’\u00e9cologue italien Giorgio Vacchiano.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":56309,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-angles.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1730],"tags":[],"geo":[],"class_list":["post-56231","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-energie-et-environnement","staff-giorgio-vacchiano"],"acf":[],"yoast_head":"\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n2 \u2013 Quelle est la v\u00e9g\u00e9tation qui br\u00fble ?<\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n3 \u2013 Qu’est-ce qui a caus\u00e9 les incendies ?<\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n4 \u2013 Quelle est la cause de la propagation des flammes ?<\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n5 \u2013 Pourquoi ne peut-on pas \u00e9teindre les incendies ?<\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n 6 \u2013 Quels sont les effets des incendies ?<\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n7 \u2013 Quel est le rapport avec le changement climatique ?<\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n8 \u2013 Quel est le rapport avec la politique australienne ?<\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n9 \u2013 Aurait-on pu pr\u00e9venir ou \u00e9viter les incendies ?<\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n10 \u2013 Que faire ?<\/h2>\n\n\n\n