{"id":53406,"date":"2019-11-23T14:57:09","date_gmt":"2019-11-23T13:57:09","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=53406"},"modified":"2023-08-28T21:42:40","modified_gmt":"2023-08-28T19:42:40","slug":"ou-va-le-parti-populaire-europeen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/11\/23\/ou-va-le-parti-populaire-europeen\/","title":{"rendered":"O\u00f9 va le Parti populaire europ\u00e9en ?"},"content":{"rendered":"\n
Zaghreb<\/em>. La nomination de Donald Tusk comme Pr\u00e9sident du Parti Populaire Europ\u00e9en, le plus grand groupe du Parlement avec 182\/751 d\u00e9put\u00e9s, exprimant le plus grand <\/a>nombre de commissaires<\/a> (10\/27), pose \u00e0 nouveau une des questions les plus \u00e9videntes de la vie politique continentale : quelle ligne peut \u00eatre d\u00e9finie par un parti qui s’\u00e9tend sur un arc allant de l’\u00e9quivalent politique de Marine Le Pen \u00e0 l’\u00e9quivalent d’Alain Jupp\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n Trois courants plus ou moins sous-terrains essayent d’apporter une r\u00e9ponse \u00e0 cette question.<\/p>\n\n\n\n La premi\u00e8re position semble avoir le vent en poupe depuis le meeting de Zaghreb : rediaboliser Orb\u00e1n<\/a>, en transformant le PPE en une grande coalition civique \u00e0 l’\u00e9chelle continentale qui rejette au moins dans le discours, le style populiste<\/a>. C’\u00e9tait la position incarn\u00e9e par Donald Tusk lors du pr\u00e9c\u00e9dent meeting du PPE en novembre 2018, profond\u00e9ment justifi\u00e9e au niveau national par son opposition au PiS<\/a>.<\/p>\n\n\n\n La deuxi\u00e8me position demeure \u00e9lectoralement int\u00e9ressante <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, tout en posant une question profonde sur l’identit\u00e9 du projet europ\u00e9en d\u00e9fendu par le PPE : encourager une nouvelle alliance avec les partis d’extr\u00eame droite capables d’arriver au gouvernement. C’est la position Berlusconi<\/a>. Pour l’ancien Pr\u00e9sident du Conseil italien cette strat\u00e9gie europ\u00e9enne cache un objectif domestique : revenir au pouvoir \u00e0 83 ans avec une coalition de droite-centre<\/em>. Elle s’articule parfaitement \u00e0 la doctrine d\u00e9fendue par Orb\u00e1n<\/a> en 2018, selon laquelle plut\u00f4t que de quitter le PPE pour \u00ab fonder un parti europ\u00e9en anti-immigration \u00bb, il faut que Fidesz prenne \u00e0 c\u0153ur le fait de le \u00ab renouveler \u00bb, en infl\u00e9chissant sa politique et le sens du projet europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n La troisi\u00e8me position est majoritaire tout en demeurant la moins visible. Elle permet au PPE de r\u00e9sister \u00e0 la contradiction qui l’habite, gr\u00e2ce \u00e0 une forme d’inertie qui a \u00e9t\u00e9 jusqu’ici particuli\u00e8rement efficace vis-\u00e0-vis de la tentative macronienne de recomposition de l’espace politique, mais qui a \u00e9galement permis d’affronter pour l’instant sans ruptures la question de l’expulsion d’Orb\u00e1n. La r\u00e9sistance de Barnier \u00e0 abandonner le PPE repr\u00e9sente un moment important de cette tendance profonde. C’est elle qui a assur\u00e9 l’\u00e9chec de la tentative de recomposition politique port\u00e9e par de nouvelles forces politique comme Renew. Le PPE a m\u00eame tenu \u00e0 le souligner d’une mani\u00e8re spectaculaire en rejetant la candidature de Sylvie Goulard<\/a>. <\/p>\n\n\n\n Le tableau ne serait pas complet cependant si on ne parvenait pas \u00e0 d\u00e9finir une autre direction, souvent ignor\u00e9e par les commentateurs, qui se tient sur une consid\u00e9ration profonde du rapport de forces \u00e0 l’\u00e9chelle continentale.<\/p>\n\n\n\n