{"id":46678,"date":"2019-09-08T23:14:29","date_gmt":"2019-09-08T21:14:29","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=46678"},"modified":"2020-02-22T19:07:55","modified_gmt":"2020-02-22T18:07:55","slug":"esquisse-dune-energie-europeenne-le-projet-dunion-de-lenergie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/09\/08\/esquisse-dune-energie-europeenne-le-projet-dunion-de-lenergie\/","title":{"rendered":"Esquisse d\u2019une \u00e9nergie europ\u00e9enne : le projet \u00ab d\u2019union de l\u2019\u00e9nergie \u00bb"},"content":{"rendered":"\n
Esquiss\u00e9e en 2014 par le Conseil europ\u00e9en et d\u00e9finie comme politique prioritaire de la Commission europ\u00e9enne d\u00e8s 2015, l\u2019union de l\u2019\u00e9nergie et du climat \u00e0 l\u2019horizon 2030 \u2014 ou \u201cunion de l\u2019\u00e9nergie\u201d \u2014 repr\u00e9sente le quatri\u00e8me paquet \u00e9nerg\u00e9tique et le dernier effort en date des institutions europ\u00e9ennes pour structurer, harmoniser et coordonner une v\u00e9ritable politique \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne entre \u00c9tats membres. Socle et instrument de la transition \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne, le projet d\u2019union de l\u2019\u00e9nergie s\u2019articule autour de cinq axes d\u2019action : la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique ; la finalisation de l\u2019int\u00e9gration du march\u00e9 europ\u00e9en de l\u2019\u00e9nergie ; l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique pour mod\u00e9rer la demande ; la d\u00e9carbonisation de l\u2019\u00e9conomie ; et le soutien \u00e0 la recherche, l\u2019innovation et la comp\u00e9titivit\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n Confront\u00e9e au triple d\u00e9fi de la coh\u00e9rence, de l\u2019efficacit\u00e9, et de la convergence des int\u00e9r\u00eats \u00e9nerg\u00e9tiques nationaux, l\u2019union de l\u2019\u00e9nergie affiche pourtant des objectifs ambitieux : clarifier le sens de la politique \u00e9nerg\u00e9tique de l\u2019Union, d\u00e9velopper la solidarit\u00e9 entre ses \u00c9tats membres, \u00e9galiser les conditions d\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9nergie, limiter les \u00e9missions de carbone, et stimuler les investissements dans l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, les \u00e9nergies renouvelables, les infrastructures, et la recherche-innovation. Le pr\u00e9sent article dresse un panorama de l\u2019\u00ab \u00e9tat de l\u2019union \u00bb de l\u2019\u00e9nergie en analysant ses principaux objectifs, dispositifs et progr\u00e8s. L\u2019union de l\u2019\u00e9nergie sera-t-elle une impulsion suffisante pour la gen\u00e8se d\u2019une v\u00e9ritable politique \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne ?<\/em><\/p>\n\n\n\n Si depuis longtemps l\u2019\u00e9nergie \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 une strat\u00e9gie nationale, elle est devenue la source d\u2019une intervention de l\u2019Union europ\u00e9enne. Cette \u00e9volution tient \u00e0 un facteur simple : l\u2019ubiquit\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie dans nos soci\u00e9t\u00e9s. L\u2019\u00e9nergie rythme notre \u00e9conomie, en tant que facteur de production pour les entreprises ; notre vie, par son usage diversifi\u00e9 pour la satisfaction de nos besoins \u00e0 toutes \u00e9chelles ; elle guide aussi notre politique, via l\u2019\u00e9laboration d\u2019une strat\u00e9gie d\u2019approvisionnement.<\/p>\n\n\n\n Par ce caract\u00e8re indispensable, l\u2019\u00e9nergie est le puits de nouvelles r\u00e9flexions strat\u00e9giques men\u00e9es au niveau europ\u00e9en. Cette appr\u00e9hension europ\u00e9enne d\u00e9bute d\u00e8s la cr\u00e9ation de la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne, avec le trait\u00e9 Euratom en 1957 et la CECA en 1951, pour ensuite devenir un axe de la politique europ\u00e9enne par la cr\u00e9ation d\u2019un march\u00e9 int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9nergie. Ce march\u00e9 europ\u00e9en doit pallier l\u2019in\u00e9galit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique des territoires tout en assurant aux citoyens europ\u00e9ens une \u00e9nergie s\u00fbre \u2013 par la garantie d\u2019une s\u00e9curit\u00e9 d\u2019approvisionnement \u2013, durable \u2013 par une \u00e9conomie de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 faibles \u00e9missions de carbone et respectueuse du climat -, comp\u00e9titive et abordable \u2013 \u00e0 travers une offre d\u2019\u00e9nergie \u00e0 prix raisonnable <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019intervention de l\u2019Union europ\u00e9enne sera au demeurant renforc\u00e9e par un constat environnemental alarmant. Le concept inexistant de fronti\u00e8res environnementales est effectivement le moteur d\u2019un projet innovant : l\u2019union de l\u2019\u00e9nergie. <\/p>\n\n\n\n L\u2019union de l\u2019\u00e9nergie repr\u00e9sente non seulement un acte fondateur pour une v\u00e9ritable influence g\u00e9opolitique et \u00e9conomique de l\u2019Union europ\u00e9enne mais constitue \u00e9galement les pr\u00e9mices d\u2019une souverainet\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne. Au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une convergence des int\u00e9r\u00eats g\u00e9opolitiques des pays europ\u00e9ens, cette politique doit permettre de r\u00e9aliser des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle sur les \u00e9quipements et l\u2019exploitation de synergies de savoir-faire.<\/p>\n\n\n\n \u00ab L\u2019union de l\u2019\u00e9nergie repr\u00e9sente non seulement un acte fondateur pour une v\u00e9ritable influence g\u00e9opolitique et \u00e9conomique de l\u2019Union europ\u00e9enne mais constitue \u00e9galement les pr\u00e9mices d\u2019une souverainet\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne. \u00bb<\/p>Claire Dagot<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Ce projet d\u2019une union de l’\u00e9nergie suppose une profonde r\u00e9vision du syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9en. Initi\u00e9 en 2015, et partiellement adopt\u00e9 en 2018 et 2019, il est toutefois le r\u00e9ceptacle de plusieurs difficult\u00e9s et conflits inter\u00e9tatiques, tant l\u2019\u00e9nergie demeure li\u00e9e \u00e0 des int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques nationaux. Et ce d\u2019autant plus que l\u2019union de l’\u00e9nergie introduit un nouveau cadre de gouvernance <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> qui permettra aux \u00c9tats membres et \u00e0 la Commission europ\u00e9enne de collaborer pour d\u00e9finir les politiques et mesures n\u00e9cessaires pour parvenir aux objectifs europ\u00e9ens. Malgr\u00e9 ces obstacles, la majorit\u00e9 des r\u00e8glements et des directives ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s. Le paradigme d\u2019une union de l’\u00e9nergie oriente la politique europ\u00e9enne de l\u2019\u00e9nergie autour de cinq grands axes normatifs : <\/p>\n\n\n\n L\u2019axe politique de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique est inh\u00e9rent au constat d\u2019appauvrissement des sols europ\u00e9ens en ressources \u00e9nerg\u00e9tiques et in extenso<\/em> de la d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique de nombreux \u00c9tats membres. Il ressort des derni\u00e8res donn\u00e9es disponibles que l\u2019Union a import\u00e9 53 % de son \u00e9nergie \u00e0 un co\u00fbt d\u2019environ 400 milliards d\u2019euros, ce qui en fait le principal importateur d\u2019\u00e9nergie au monde. Six \u00c9tats membres sont tributaires d\u2019un fournisseur ext\u00e9rieur unique pour l\u2019ensemble de leurs importations de gaz et restent donc trop vuln\u00e9rables au risque de rupture d\u2019approvisionnement.<\/p>\n\n\n\n Face \u00e0 cette vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, la r\u00e9ponse europ\u00e9enne est encore ambivalente. De nombreuses initiatives ont \u00e9t\u00e9 prises en mati\u00e8re d\u2019interconnexion afin de mettre un terme \u00e0 l\u2019isolement \u00e9nerg\u00e9tique de certains \u00c9tats membres. Ainsi, l\u2019interconnexion permet d\u2019offrir aux \u00c9tats particuli\u00e8rement d\u00e9pendants des alternatives en mati\u00e8re de source d\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique, dans le but de pr\u00e9venir une situation de crise ou de rupture de l\u2019approvisionnement. En d\u00e9montre le r\u00e9cent projet Celtic Interconnector reliant la France \u00e0 l\u2019Irlande, dont la mise en service est pr\u00e9vue pour 2026. Selon RTE, cette nouvelle interconnexion contribue non seulement aux \u00ab enjeux europ\u00e9ens en mati\u00e8re de transition \u00e9nerg\u00e9tique \u00bb par l\u2019extension des possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9changes en \u00e9nergies renouvelables mais vise \u00e9galement \u00e0 \u00ab renforcer la solidarit\u00e9 \u00e9lectrique entre les deux pays \u00bb. Toutefois, m\u00eame lorsque les march\u00e9s et les r\u00e9seaux fonctionnent bien, le risque d\u2019une crise de l\u2019\u00e9nergie \u2013 du fait de conditions m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames, d\u2019actes de malveillance, de d\u00e9t\u00e9rioration des relations diplomatiques avec les pays exportateurs, ou d\u2019une p\u00e9nurie de combustible \u2013 ne peut jamais \u00eatre exclu. \u00bb <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Toutefois, m\u00eame lorsque les march\u00e9s et les r\u00e9seaux fonctionnent bien, le risque d\u2019une crise de l\u2019\u00e9nergie \u2013 du fait de conditions m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames, d\u2019actes de malveillance, de d\u00e9t\u00e9rioration des relations diplomatiques avec les pays exportateurs, ou d\u2019une p\u00e9nurie de combustible \u2013 ne peut jamais \u00eatre exclu.<\/p>\n\n\n\n Ce faisant, la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019approvisionnement, d\u00e9finie comme la capacit\u00e9 des syst\u00e8mes \u00e9lectrique et gazier \u00e0 satisfaire de fa\u00e7on continue la demande pr\u00e9visible du march\u00e9, devient l\u2019\u00e9pine dorsale de la politique \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne. Elle s\u2019extravase dans l\u2019ensemble des directives, r\u00e8glements, et accords reli\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n Plusieurs\naspects sont d\u00e9velopp\u00e9s pour parvenir \u00e0 cette s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique tout en\nveillant au respect de la comp\u00e9tence des \u00c9tats membres \u00e0 d\u00e9finir leur propre\nbouquet \u00e9nerg\u00e9tique. Est ainsi renforc\u00e9e la transparence des accords relatifs \u00e0 l\u2019achat d\u2019\u00e9nergie en\nprovenance de pays tiers, d\u00e8s lors que ces accords sont susceptibles d\u2019avoir\nune incidence sur la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique de l\u2019Union. Une participation de la\nCommission europ\u00e9enne au processus de n\u00e9gociation est \u00e9galement pr\u00e9vue, afin\nd\u2019\u00e9viter les pressions inopportunes des \u00c9tats tiers et d’assurer plus\nefficacement le respect de la r\u00e9glementation europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n En outre, un programme d\u2019investissement garantissant la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019approvisionnement a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9. Il vise notamment le d\u00e9veloppement des infrastructures intelligentes, incluant \u00e9galement les interconnexions transfrontali\u00e8res, avec des points d’entr\u00e9e multiples et des flux \u00e9nerg\u00e9tiques invers\u00e9s. Il est \u00e9galement pr\u00e9vu de renforcer les travaux en mati\u00e8re de n\u0153uds gaziers. En Europe centrale, orientale et en zone M\u00e9diterran\u00e9e, un n\u0153ud d\u2019approvisionnement en gaz liquide en Europe du Nord est en cours de construction. En outre, il est pr\u00e9vu d’intensifier les travaux sur le corridor gazier sud-europ\u00e9en, afin de permettre aux pays d\u2019Asie centrale d’exporter leur gaz vers l\u2019Europe <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ce programme sera financ\u00e9 \u00e0 partir du Fonds europ\u00e9en pour les investissements strat\u00e9giques en appelant \u00e0 un engagement sans r\u00e9serve des \u00e9tablissements financiers europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n Outre les \u00e9nergies fossiles et traditionnelles, le d\u00e9ploiement des \u00e9nergies renouvelables contribue \u00e9galement au renforcement de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les diff\u00e9rents programmes de promotion et de soutien aux \u00e9nergies renouvelables sont donc prorog\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n La solidarit\u00e9 et la confiance entre \u00c9tats membres constituent un axe d\u00e9sormais central et identitaire de la politique \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne. Le principe de solidarit\u00e9, ins\u00e9r\u00e9 dans le trait\u00e9 de Lisbonne <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>, innerve de nombreuses directives et r\u00e8glements du paquet union de l\u2019\u00e9nergie. Cette valorisation de la solidarit\u00e9 provient du constat que les cons\u00e9quences de situations de crise s’\u00e9tendent souvent au-del\u00e0 des fronti\u00e8res nationales. Pour mettre en place un socle commun de gestion des crises, la Commission a propos\u00e9 des plans d\u2019action pr\u00e9ventive et des plans d\u2019urgence, tant au niveau r\u00e9gional qu’au niveau de l\u2019Union <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n \u00ab La solidarit\u00e9 et la confiance entre \u00c9tats membres constituent un axe d\u00e9sormais central et identitaire de la politique \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne. \u00bb<\/p>Claire Dagot<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n \u00c0 cet \u00e9gard, une autorit\u00e9 comp\u00e9tente en qualit\u00e9 de point de contact sera d\u00e9sign\u00e9e dans chaque \u00c9tat membre. \u00c0 travers une m\u00e9thodologie commune \u00e0 l\u2019ensemble des \u00c9tats, cette autorit\u00e9 devra \u00e9tablir un plan de pr\u00e9paration aux risques, qui d\u00e9finit notamment les mesures de pr\u00e9vention et d\u2019att\u00e9nuation en cas de d\u00e9t\u00e9rioration ou de rupture de l\u2019approvisionnement \u00e9lectrique. Le but est d’accro\u00eetre la confiance entre les \u00c9tats membres, et de surcro\u00eet d\u2019\u00e9viter des r\u00e9ductions injustifi\u00e9es des flux transfrontaliers, tout en excluant les interventions inappropri\u00e9es de l’\u00c9tat en situation de crise. En cas de crise de l’\u00e9lectricit\u00e9, les \u00c9tats membres devraient s’assister mutuellement dans un esprit de solidarit\u00e9 et veiller \u00e0 ce que l’\u00e9lectricit\u00e9 soit fournie l\u00e0 o\u00f9 elle est le plus n\u00e9cessaire. Cette coop\u00e9ration devrait se fonder sur des mesures convenues au pr\u00e9alable inscrites dans les plans de pr\u00e9paration aux risques <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n La dimension europ\u00e9enne donn\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9nergie s\u2019est effectu\u00e9e par le levier du march\u00e9. Initi\u00e9e dans le cadre d\u2019une politique de lib\u00e9ralisation \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, l\u2019int\u00e9gration d\u2019un march\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie doit en principe produire plusieurs effets b\u00e9n\u00e9fiques. Ledit march\u00e9 doit contribuer \u00e0 une diversification de l\u2019offre d\u2019\u00e9nergie par le d\u00e9veloppement de l\u2019innovation et de la comp\u00e9titivit\u00e9, et \u00e0 la garantie d\u2019un prix abordable aux consommateurs, et ce \u00e0 partir d\u2019une concurrence effective. Il permettrait donc d\u2019offrir une r\u00e9elle libert\u00e9 de choix \u00e0 tous les clients finals de l’Union, qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises, de cr\u00e9er de nouvelles perspectives d’activit\u00e9s \u00e9conomiques, d\u2019envoyer de bons signaux d’investissement et d’offrir des niveaux de service plus \u00e9lev\u00e9s <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Mais surtout, l\u2019int\u00e9gration d\u2019un march\u00e9 europ\u00e9en de l\u2019\u00e9nergie met un terme aux fronti\u00e8res \u00e9nerg\u00e9tiques, de sorte qu\u2019un consommateur fran\u00e7ais peut s\u2019approvisionner en \u00e9nergie produite dans un pays voisin. Pour ce faire, l\u2019Union europ\u00e9enne a b\u00e2ti un cadre r\u00e9glementaire de march\u00e9, qui permet aujourd\u2019hui de vendre de l\u2019\u00e9nergie librement au-del\u00e0 des fronti\u00e8res. La responsabilit\u00e9 d\u2019int\u00e9gration du march\u00e9 incombe aux \u00c9tats membres. En plus d\u2019ouvrir leur march\u00e9, ils doivent favoriser une coop\u00e9ration entre les gestionnaires de r\u00e9seau au niveau de l’Union et au niveau r\u00e9gional. Mais dans la pratique, ce march\u00e9 europ\u00e9en cohabite avec 28 cadres r\u00e9glementaires nationaux.<\/p>\n\n\n\n Cette situation est inh\u00e9rente \u00e0 la pr\u00e9valence de certains int\u00e9r\u00eats nationaux, tels que l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique ou les consid\u00e9rations de service public, qui s\u2019opposent \u00e0 une ouverture int\u00e9grale et concurrentielle du march\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie. Par ailleurs, ce ralentissement dans l\u2019ouverture du march\u00e9 est \u00e9galement imput\u00e9 \u00e0 des r\u00e9sultats de march\u00e9 contrast\u00e9s, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019augmentation des prix de l\u2019\u00e9nergie. \u00c0 titre d\u2019exemple, les prix de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ont augment\u00e9 en moyenne de 4,4 % de 2012 \u00e0 2013 pour les m\u00e9nages et les prix de gros du gaz repr\u00e9sentent plus du double des prix constat\u00e9s aux \u00c9tats-Unis <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Malgr\u00e9 ces diff\u00e9rents obstacles, la politique de l\u2019union de l’\u00e9nergie souhaite renforcer l\u2019int\u00e9gration du march\u00e9, dans l\u2019optique d’accro\u00eetre son efficacit\u00e9 et d\u2019offrir des prix abordables au consommateur. Le but \u00e9tant \u00e9galement de garantir le bon fonctionnement du march\u00e9 int\u00e9rieur de l’\u00e9nergie et d\u2019int\u00e9grer des exigences li\u00e9es au d\u00e9veloppement des sources d’\u00e9nergie renouvelables et de la politique environnementale <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>. En effet, l\u2019ensemble des mesures li\u00e9es au march\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie doit \u00eatre conforme aux objectifs fix\u00e9s en mati\u00e8re de climat et d’\u00e9nergie \u00e0 l’horizon 2030, notamment l\u2019augmentation de la part du renouvelable, la d\u00e9carbonisation de l\u2019\u00e9conomie par une r\u00e9duction des gaz \u00e0 effet de serre, ainsi que l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. <\/p>\n\n\n\n Le march\u00e9 int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9nergie, selon ce paquet l\u00e9gislatif, doit donc respecter un certain nombre de principes que les \u00c9tats sont tenus de garantir :<\/p>\n\n\n\n Plusieurs r\u00e8glements et directives ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s \u00e0 cette fin. Au regard des mesures adopt\u00e9es, plusieurs \u00e9l\u00e9ments d\u00e9terminants peuvent \u00eatre soulev\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Les objectifs europ\u00e9ens doivent se r\u00e9aliser par des instruments de march\u00e9, pour assurer non seulement la comp\u00e9titivit\u00e9 sur le march\u00e9 mondial mais \u00e9galement garantir un acc\u00e8s \u00e9gal et non discriminatoire au march\u00e9 de tous les fournisseurs et de tous les clients du secteur. \u00c0 titre d\u2019exemple, des r\u00e8gles \u00e9quitables concernant le segment du r\u00e9seau pour les \u00e9changes transfrontaliers sont pr\u00e9vus, comme la cr\u00e9ation d’un m\u00e9canisme de compensation pour les flux transfrontaliers d’\u00e9lectricit\u00e9, l\u2019harmonisation des redevances de transport transfrontalier et l’allocation des capacit\u00e9s disponibles d’interconnexion entre les r\u00e9seaux de transport nationaux <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n \u00ab Les objectifs europ\u00e9ens doivent se r\u00e9aliser par des instruments de march\u00e9, pour assurer non seulement la comp\u00e9titivit\u00e9 sur le march\u00e9 mondial mais \u00e9galement garantir un acc\u00e8s \u00e9gal et non discriminatoire au march\u00e9 de tous les fournisseurs et de tous les clients du secteur. \u00bb<\/p>Claire Dagot<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n En outre, l\u2019union de l\u2019\u00e9nergie attribue une responsabilit\u00e9 particuli\u00e8re aux consommateurs dans la transition du march\u00e9. Ces derniers doivent pouvoir participer pleinement au march\u00e9, et ce \u00e0 part \u00e9gale avec les autres acteurs du march\u00e9, et \u00eatre en mesure de g\u00e9rer leur consommation \u00e9nerg\u00e9tique. Ce r\u00f4le d\u00e9terminant serait un facteur de souplesse dont le march\u00e9 a besoin pour s’adapter \u00e0 une production variable et d\u00e9centralis\u00e9e d’\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 partir de sources renouvelables, comme en t\u00e9moigne le d\u00e9veloppement de l\u2019autoconsommation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9sidentielle et locale. N\u00e9anmoins, cette responsabilit\u00e9 est alt\u00e9r\u00e9e par le manque de transparence et d\u2019information, et d\u2019une technicit\u00e9 parfois difficile \u00e0 appr\u00e9hender par les consommateurs. L\u2019absence de ma\u00eetrise du march\u00e9 qui en r\u00e9sulte limite leur r\u00f4le actif. L\u2019objectif de l\u2019union de l\u2019\u00e9nergie est pourtant de donner aux consommateurs les moyens d’agir en leur donnant les outils n\u00e9cessaires pour participer au march\u00e9, de fa\u00e7on \u00e0 ce qu\u2019ils soient directement en mesure de profiter des avantages du march\u00e9 int\u00e9rieur de l’\u00e9nergie <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Par\nailleurs, le cadre r\u00e9glementaire am\u00e9lior\u00e9 doit contribuer \u00e0 surmonter les\nprobl\u00e8mes actuels de fragmentation des march\u00e9s nationaux qui, souvent, sont\nimputables \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9 d’intervention r\u00e9glementaire. Est en cause la\nquestion de la tarification de l\u2019\u00e9nergie, et plus particuli\u00e8rement des tarifs\nr\u00e9glement\u00e9s de vente de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9. En sus de la tarification li\u00e9e \u00e0 la\npr\u00e9carit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, l\u2019Union europ\u00e9enne autorise, \u00e0 titre provisoire et\nd\u00e9rogatoire, l\u2019offre de tarifs r\u00e9glement\u00e9s aux clients r\u00e9sidentiels et aux\nmicroentreprises. Cette tarification doit toutefois r\u00e9pondre \u00e0 une orientation\nde march\u00e9, de sorte qu\u2019elle ne doit pas mettre en p\u00e9ril la concurrence sur le\nmarch\u00e9. D\u00e8s lors qu\u2019une concurrence effective entre les fournisseurs pour les\ncontrats de fourniture d’\u00e9lectricit\u00e9 s\u2019exerce, les \u00c9tats membres devraient\nretirer toute mesure d\u2019intervention tarifaire. Aucun d\u00e9lai contraignant n\u2019a \u00e9t\u00e9\nen revanche impos\u00e9 par la r\u00e9glementation europ\u00e9enne, ce qui proroge donc\nl\u2019application d\u2019une tarification nationale de l\u2019\u00e9nergie. <\/p>\n\n\n\n L’am\u00e9lioration de l’efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique constitue l’une des cinq dimensions de la strat\u00e9gie pour l’union de l’\u00e9nergie, telle que pr\u00e9vue dans la communication de la Commission du 25 f\u00e9vrier 2015 intitul\u00e9e \u00ab Cadre strat\u00e9gique pour une union de l’\u00e9nergie r\u00e9siliente, dot\u00e9e d’une politique clairvoyante en mati\u00e8re de changement climatique \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Cette politique s\u2019applique tout au long de la cha\u00eene \u00e9nerg\u00e9tique, \u00e0 savoir la production, le transport, la distribution et l’utilisation finale d’\u00e9nergie. Ce principe est donc transversal. De ce fait, il est consid\u00e9r\u00e9 comme un principe de primaut\u00e9, qui doit faire partie int\u00e9grante de l\u2019ensemble des d\u00e9cisions \u00e9nerg\u00e9tiques, y compris concernant la planification ou le financement du syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique. \u00c0 ce titre, l\u2019Union europ\u00e9enne a fix\u00e9 un objectif d\u2019am\u00e9liorer l’efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique de 20 % d’ici \u00e0 2020 et d\u2019au moins 32,5 % d’ici \u00e0 2030, et pr\u00e9pare la voie pour de nouvelles am\u00e9liorations de l’efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique au-del\u00e0 de ces dates <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Plusieurs axes structurent la strat\u00e9gie europ\u00e9enne en mati\u00e8re d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. Elle consiste en une mod\u00e9ration de la demande \u00e9nerg\u00e9tique qui aura in extenso<\/em> un effet sur l\u2019offre \u00e9nerg\u00e9tique. Le but est d\u2019atteindre un \u00e9quilibre \u00e9conomique entre la d\u00e9carbonation de l\u2019approvisionnement en \u00e9nergie et la r\u00e9duction de la consommation finale d\u2019\u00e9nergie. Les prismes de l’efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et de la modulation de la demande doivent \u00eatre trait\u00e9s sur un pied d’\u00e9galit\u00e9 dans le cadre des d\u00e9cisions relatives aux capacit\u00e9 de production. En d\u2019autres termes, l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique doit constituer un levier dans les d\u00e9cisions relatives aux investissements concernant l’infrastructure \u00e9nerg\u00e9tique de l’Union.<\/p>\n\n\n\n Plusieurs domaines d\u2019actions ont \u00e9t\u00e9 \u00e9troitement associ\u00e9s \u00e0 la politique d\u2019am\u00e9lioration de l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. Le premier concerne le domaine du b\u00e2timent, eu \u00e9gard aux difficult\u00e9s d\u2019incitations nationales \u00e0 la r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique du parc. Cela tient \u00e0 plusieurs constats : 75 % du parc europ\u00e9en de logements pr\u00e9sente une faible efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, en sus d\u2019\u00eatre responsable d\u2019environ 36 % de toutes les \u00e9missions de CO2 dans l\u2019Union d\u2019ici \u00e0 2050. En effet, le chauffage et le refroidissement repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui pr\u00e8s de 50 % de la consommation d\u2019\u00e9nergie finale de l\u2019Union. Ainsi, la r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique devrait am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de l’air, \u00e9tant donn\u00e9 que des b\u00e2timents plus sobres en \u00e9nergie contribuent \u00e0 r\u00e9duire la demande de combustibles de chauffage, y compris de combustibles fossiles. Le but est de d\u00e9carboner le parc immobilier d\u2019ici 2050 par des incitations \u00e0 la r\u00e9novation ainsi que par le d\u00e9ploiement des \u00e9nergies renouvelables. Selon l\u2019analyse d\u2019impact r\u00e9alis\u00e9e par la Commission, un taux moyen annuel de r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique des b\u00e2timents de 3 % serait n\u00e9cessaire pour concr\u00e9tiser de fa\u00e7on rentable les ambitions de l\u2019Union en mati\u00e8re d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. Pour ce faire, les \u00c9tats membres doivent assurer l\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s au financement de la r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique, notamment pour les consommateurs en situation de pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. Des mesures financi\u00e8res telles que les pr\u00eats hypoth\u00e9caires, des contrats de performance \u00e9nerg\u00e9tique devront r\u00e9duire le risque per\u00e7u li\u00e9 aux investissements. Un recours aux certificats de performance \u00e9nerg\u00e9tique pour les logements en location constitue \u00e9galement une mesure incitative. Cette application doit s\u2019articuler \u00e0 une exigence de transparence des certificats, notamment en mati\u00e8re de calcul. Par ailleurs, il est propos\u00e9 de mettre en place un \u00ab seuil de d\u00e9clenchement \u00bb dans le cycle de vie d\u2019un b\u00e2timent, pour op\u00e9rer des r\u00e9novations visant \u00e0 am\u00e9liorer l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019ensemble de ces mesures devra \u00eatre d\u00e9fini par chaque \u00c9tat membre par la voie de la planification.<\/p>\n\n\n\n \u00ab Selon l\u2019analyse d\u2019impact r\u00e9alis\u00e9e par la Commission, un taux moyen annuel de r\u00e9novation \u00e9nerg\u00e9tique des b\u00e2timents de 3 % serait n\u00e9cessaire pour concr\u00e9tiser de fa\u00e7on rentable les ambitions de l\u2019Union en mati\u00e8re d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. \u00bb<\/p>Claire Dagot<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n En outre, le domaine du transport doit \u00e9galement \u00eatre concili\u00e9 avec l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. Cela permettrait notamment de r\u00e9aliser les obligations d\u2019\u00e9conomie d’\u00e9nergie au stade de l’utilisation finale. Ces mesures incluent les politiques qui sont, entre autres, destin\u00e9es \u00e0 encourager l’utilisation de v\u00e9hicules plus efficaces et moins polluants, un changement de mode de transport en faveur de la marche et du v\u00e9lo \u2013 mobilit\u00e9s dites douces \u2013 et des transports collectifs, ou encore une mobilit\u00e9 et un am\u00e9nagement urbain qui r\u00e9duisent la demande de transport. Cela int\u00e8gre \u00e9galement les dispositifs qui acc\u00e9l\u00e8rent l’adoption de v\u00e9hicules neufs et plus efficaces ou les politiques qui encouragent le passage \u00e0 des carburants plus performants, r\u00e9duisant la consommation \u00e9nerg\u00e9tique par kilom\u00e8tre. L\u2019Union europ\u00e9enne consid\u00e8re que les v\u00e9hicules \u00e9lectriques constituent un \u00e9l\u00e9ment important de la transition vers une \u00e9nergie propre. Les \u00c9tats membres devraient par exemple pr\u00e9voir des mesures visant \u00e0 simplifier le d\u00e9ploiement d\u2019infrastructures de recharge. Ce faisant, il est possible d\u2019utiliser efficacement les r\u00e9glementations des b\u00e2timents pour soutenir le d\u00e9ploiement de ces infrastructures dans les aires de stationnement des b\u00e2timents r\u00e9sidentiels et non r\u00e9sidentiels.<\/p>\n\n\n\n La politique de d\u00e9carbonisation de l\u2019\u00e9conomie repose sur plusieurs axes. Elle concerne notamment le volet des \u00e9missions, avec un march\u00e9 du carbone organis\u00e9 \u00e0 l’\u00e9chelle de l’Union \u2013 le syst\u00e8me d’\u00e9change de quotas d\u2019\u00e9mission de gaz \u00e0 effet de serre de l\u2019Union europ\u00e9enne et des objectifs nationaux de r\u00e9duction des gaz \u00e0 effet de serre ambitieux. Elle se parach\u00e8ve par une politique \u00e9nerg\u00e9tique visant \u00e0 faire de l’Union le leader mondial des \u00e9nergies renouvelables.<\/p>\n\n\n\n Dans un contexte d\u2019urgence climatique et dans le cadre de l\u2019Accord de Paris, l\u2019Union europ\u00e9enne a d\u00e9cid\u00e9 de consid\u00e9rablement rehausser son niveau d\u2019ambition pour 2030 par rapport aux objectifs fix\u00e9s pour 2020. L\u2019Union europ\u00e9enne consid\u00e8re qu\u2019elle est en bonne voie pour atteindre son objectif de r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre fix\u00e9 pour 2020 \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire une r\u00e9duction des \u00e9missions de 20 % d\u2019ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990. Ainsi, elle s\u2019engage \u00e0 l\u2019horizon 2030 \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre sur son territoire d\u2019au moins 40 % par rapport au niveau de 1990, de parvenir \u00e0 une part d\u2019au moins 32 % d\u2019\u00e9nergies renouvelables, ainsi que d\u2019accro\u00eetre l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique d\u2019au moins 32,5 %.<\/p>\n\n\n\n \u00ab Le syst\u00e8me d\u2019\u00e9change de quotas d\u2019\u00e9mission est la clef de vo\u00fbte de la politique climatique europ\u00e9enne. \u00bb<\/p>Claire Dagot<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Le syst\u00e8me d\u2019\u00e9change de quotas d\u2019\u00e9mission est la clef de vo\u00fbte de la politique climatique europ\u00e9enne. Toutefois, il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment r\u00e9form\u00e9 pour assurer son efficacit\u00e9 dans cette politique de transition. Une r\u00e9serve de stabilit\u00e9 du march\u00e9 a ainsi \u00e9t\u00e9 introduite en janvier 2019 pour pallier l\u2019exc\u00e9dent actuel de 1,65 milliard de quotas d\u2019\u00e9mission. Une r\u00e9serve de stabilit\u00e9 du march\u00e9 est un m\u00e9canisme qui permet d\u2019ajuster de mani\u00e8re automatique les volumes annuels de quotas \u00e0 mettre aux ench\u00e8res lorsque le nombre total de quotas en circulation exc\u00e8de une fourchette pr\u00e9d\u00e9finie. Cette r\u00e9serve doit \u00e9galement am\u00e9liorer la r\u00e9silience du syst\u00e8me face aux futurs grands chocs \u00e9nerg\u00e9tiques, en ajustant l\u2019offre de quotas \u00e0 mettre aux ench\u00e8res. \u00c0 cette fin, une politique d\u2019\u00e9l\u00e9vation significative des prix pour les \u00e9missions de carbone a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e afin de stimuler des r\u00e9ductions \u00e9conomiquement efficientes des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. Ce syst\u00e8me doit ainsi \u00eatre un moteur d\u2019investissements dans une \u00e9conomie \u00e0 faibles \u00e9missions de carbone. Depuis cette r\u00e9forme, le signal de prix du carbone renforc\u00e9 accro\u00eet d\u00e9j\u00e0 la confiance dans un d\u00e9veloppement et un d\u00e9ploiement plus large des technologies \u00e0 faibles \u00e9missions de carbone. <\/p>\n\n\n\n Bien que des am\u00e9liorations demeurent n\u00e9cessaires, cette politique climatique a d\u00e9j\u00e0 port\u00e9 ses fruits. De 1990 \u00e0 2017, l\u2019\u00e9conomie de l\u2019Union a connu une croissance de 58 %, tandis que les \u00e9missions ont diminu\u00e9 de 22 %, selon des donn\u00e9es pr\u00e9liminaires communiqu\u00e9es par les \u00c9tats membres <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, les \u00e9missions de l\u2019Union europ\u00e9enne ont diminu\u00e9 dans tous les secteurs \u00e9conomiques \u00e0 l\u2019exception des transports <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ce faisant, des objectifs contraignants pour 2030 ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9s pour r\u00e9duire de 37,5 %, par rapport \u00e0 2021, les \u00e9missions de carbone imputables aux voitures et camionnettes. Quant aux camions, l\u2019objectif est de 31 % de r\u00e9duction par rapport \u00e0 2021. Le reste des \u00e9missions de polluants atmosph\u00e9riques devrait continuer \u00e0 diminuer si tant est que les \u00c9tats continuent de mettre en \u0153uvre les mesures pour respecter leurs engagements nationaux. Ces mesures reprennent notamment la diminution de l\u2019utilisation du charbon, des mesures d\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique pour remplacer les \u00e9quipements de chauffage inefficaces et le d\u00e9veloppement de moyens de transport plus durables. <\/p>\n\n\n\n Une \u00e9conomie d\u00e9carbon\u00e9e est \u00e9galement tributaire du d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables. L\u2019objectif europ\u00e9en de devenir leader dans le secteur des \u00e9nergies renouvelables <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span> et d\u2019incarner la plateforme mondiale de d\u00e9veloppement de la prochaine g\u00e9n\u00e9ration de sources d’\u00e9nergie renouvelables techniquement avanc\u00e9es et comp\u00e9titives g\u00e9n\u00e8re un programme d\u2019investissement et de d\u00e9ploiement colossal. Pour arriver \u00e0 l\u2019objectif de 32 % d\u2019\u00e9nergies renouvelables en 2030, il est n\u00e9cessaire de proroger les diff\u00e9rents m\u00e9canismes de soutien et de subventions permettant de promouvoir l\u2019investissement et l\u2019usage des \u00e9nergies renouvelables. Ce faisant, leur int\u00e9gration dans le march\u00e9 se traduit par un raccordement et une commercialisation prioritaires, assurant aux producteurs la vente de leurs \u00e9nergies. En outre, les \u00e9nergies renouvelables b\u00e9n\u00e9ficient de diff\u00e9rents m\u00e9canismes de subvention, assurant une vente r\u00e9mun\u00e9ratrice aux producteurs. Ces diff\u00e9rents instruments ont contribu\u00e9 \u00e0 la forte croissance du secteur. Depuis 2014, la part des \u00e9nergies renouvelables dans le bouquet \u00e9nerg\u00e9tique de l\u2019Union a consid\u00e9rablement augment\u00e9, atteignant 17,5 % en 2017 <\/span>20<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n \u00ab Pour arriver \u00e0 l\u2019objectif de 32 % d\u2019\u00e9nergies renouvelables en 2030, il est n\u00e9cessaire de proroger les diff\u00e9rents m\u00e9canismes de soutien et de subventions permettant de promouvoir l\u2019investissement et l\u2019usage des \u00e9nergies renouvelables. \u00bb<\/p>Claire Dagot<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Cette croissance est toutefois in\u00e9gale entre \u00c9tats membres. Ainsi, alors qu\u2019en 2017, onze \u00c9tats membres avaient d\u00e9j\u00e0 une part d\u2019\u00e9nergies renouvelables sup\u00e9rieure \u00e0 leurs objectifs fix\u00e9s pour 2020 <\/span>21<\/sup><\/a><\/span><\/span>, les politiques de onze autres \u00c9tats membres actuellement envisag\u00e9es ou mises en \u0153uvre ne semblent pas suffisantes pour respecter leur trajectoire indicative. De nouvelles mesures sont adopt\u00e9es, comme la possibilit\u00e9 de ventes aux ench\u00e8res d\u2019\u00e9nergie renouvelable dans plusieurs \u00c9tats membres, dont la France, les Pays-Bas et le Portugal, ou l\u2019extension du recours aux accords d\u2019achat d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 par des entreprises, qui ont permis aux entreprises europ\u00e9ennes d\u2019acqu\u00e9rir une quantit\u00e9 record d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 produite par les capacit\u00e9s \u00e9oliennes en 2018. En outre, la nouvelle politique de gouvernance de l\u2019\u00e9nergie, initi\u00e9e \u00e0 travers les plans nationaux, devrait pallier cette in\u00e9galit\u00e9. L\u2019Union europ\u00e9enne pourra user de son pouvoir de recommandation d\u00e8s lors que les diff\u00e9rents plans nationaux ne veillent pas \u00e0 atteindre les objectifs \u00e9nerg\u00e9tiques et climatiques.<\/p>\n\n\n\n La politique \u00e9nerg\u00e9tique de l\u2019Union exige, pour sa mise en \u0153uvre, des investissements substantiels. \u00c0 l\u2019heure actuelle, environ 2 % du PIB europ\u00e9en sont investis dans le syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique et les infrastructures connexes. Pour parvenir \u00e0 une d\u00e9carbonisation de notre \u00e9conomie, ce taux devrait passer \u00e0 2,8 %. Cet objectif implique des investissements suppl\u00e9mentaires consid\u00e9rables \u2013 de l\u2019ordre de 175 \u00e0 290 milliards d\u2019euros par an.<\/p>\n\n\n\n L\u2019objectif d\u2019\u00eatre le leader mondial des \u00e9nergies renouvelables a d\u00e9j\u00e0 catalys\u00e9 de nombreux investissements <\/span>22<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le d\u00e9veloppement des investissements en faveur d’entreprises de haute technologie capables de faire face \u00e0 la concurrence mondiale gr\u00e2ce \u00e0 des politiques stables sera porteur d\u2019emplois et de croissance en Europe. \u00c0 l\u2019heure actuelle, les entreprises du secteur europ\u00e9en des \u00e9nergies renouvelables r\u00e9alisent collectivement un chiffre d\u2019affaires annuel de 129 milliards d\u2019euros et emploient plus d\u2019un million de personnes. Cela s\u2019ajoute au 3 millions d\u2019\u00ab emplois verts \u00bb <\/span>23<\/sup><\/a><\/span><\/span>, alors m\u00eame que la transition \u00e9nerg\u00e9tique offre des possibilit\u00e9s d\u2019en cr\u00e9er davantage <\/span>24<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cette comp\u00e9titivit\u00e9 mondiale draine ainsi l\u2019ensemble des investissements, laissant de c\u00f4t\u00e9 les infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques dites traditionnelles. Toutefois, ces derni\u00e8res continuent de faire l\u2019objet d\u2019investissements comme le d\u00e9veloppement de la fusion nucl\u00e9aire \u00e0 des fins de production \u00e9lectrique avec le projet de r\u00e9acteur prototype ITER.<\/p>\n\n\n\n Le projet d\u2019ach\u00e8vement du r\u00e9seau central europ\u00e9en d\u2019ici 2030 et du r\u00e9seau global d\u2019ici 2050 exige \u00e9galement de nombreux investissements. La modernisation et surtout l\u2019adaptation des r\u00e9seaux au d\u00e9ploiement des \u00e9nergies renouvelables n\u00e9cessitent des investissements sur une plus grande \u00e9chelle. Le niveau d\u2019investissement pour le transport de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est alors estim\u00e9 \u00e0 plus de 150 milliards d\u2019euros pour la p\u00e9riode 2021-2030. Ces nouveaux investissements devraient \u00eatre coupl\u00e9s \u00e0 la poursuite de la num\u00e9risation des r\u00e9seaux et des travaux visant \u00e0 les rendre plus \u00ab intelligents \u00bb, ainsi qu\u2019au d\u00e9ploiement de nouvelles installations de stockage. D\u2019autres infrastructures contribuant \u00e0 cette transition \u00e9nerg\u00e9tique, comme les modes de transport les moins polluants, font \u00e9galement l\u2019objet d\u2019investissements <\/span>25<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Le\nsecteur priv\u00e9 est la principale source de ces investissements, notamment dans\nle domaine des \u00e9nergies propres. Il est essentiel que l\u2019Union europ\u00e9enne et les\n\u00c9tats membres continuent d\u2019envoyer des signaux de long terme clairs afin de\nlever des financements durables et d\u2019affecter ces financements, de la mani\u00e8re\nla plus productive possible, aux efforts d\u2019innovation propre. Une meilleure\ntransparence et association des entreprises et des m\u00e9nages devraient \u00eatre un\nnouveau moteur d\u2019investissement. Ce faisant, la nouvelle gouvernance de l\u2019union\nde l’\u00e9nergie pr\u00e9voit la participation de ces parties \u00e0 la pr\u00e9paration des plans\nnationaux en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie et de climat, qui doivent \u00eatre coh\u00e9rents avec\nles strat\u00e9gies \u00e0 long terme ainsi qu\u2019avec l\u2019estimation des besoins\nd\u2019investissement. Le secteur financier ainsi que les autorit\u00e9s de surveillance\net les banques centrales, y compris la Banque centrale europ\u00e9enne, devront \u00eatre\nassoci\u00e9s \u00e0 cette r\u00e9orientation des investissements. <\/p>\n\n\n\n La recherche et l\u2019innovation sont essentielles pour la r\u00e9alisation des objectifs de l\u2019Union de l\u2019\u00e9nergie. Les investissements en soutien aux priorit\u00e9s de recherche et d\u2019innovation relevant de l\u2019Union de l’\u00e9nergie ont \u00e9t\u00e9 relativement stables tout au long de la p\u00e9riode 2014-2017. Les investissements publics effectu\u00e9s en faveur de ces priorit\u00e9s au cours de cette p\u00e9riode ont atteint un montant annuel moyen d\u2019environ 5,3 milliards d\u2019euros <\/span>26<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La Commission, dans sa communication intitul\u00e9e \u00ab Acc\u00e9l\u00e9rer l’innovation dans le domaine des \u00e9nergies propres \u00bb, a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019intensifier ces investissements par une allocation suppl\u00e9mentaire de 2,5 milliards d\u2019euros pour la p\u00e9riode 2018-2020 par l’interm\u00e9diaire du programme pour la recherche et l’innovation \u00ab Horizon 2020 \u00bb. Ce dernier doit \u00eatre usit\u00e9 pour soutenir les projets de d\u00e9carbonation du parc immobilier de l\u2019Union europ\u00e9enne, du renforcement de la pr\u00e9\u00e9minence de l\u2019Union dans le secteur des \u00e9nergies renouvelables, \u00e0 la mise au point de solutions de stockage d\u2019\u00e9nergie, au d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9lectromobilit\u00e9, et au renforcement de l\u2019int\u00e9gration du syst\u00e8me de transport urbain.<\/p>\n\n\n\n N\u00e9anmoins,\nd\u2019autres programmes et initiatives ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s. Le programme\n\u00ab Horizon Europe \u00bb sera lanc\u00e9 en 2021 et portera sur la r\u00e9alisation\nd\u2019objectifs soci\u00e9taux. Le domaine de mission de ce programme concerne\nprincipalement les villes intelligentes et neutres pour le climat. En parall\u00e8le,\nla Commission europ\u00e9enne lance, dans le cadre de l\u2019initiative Breakthrough Energy,<\/em> un fonds\nd’investissement conjoint pour soutenir les entreprises europ\u00e9ennes innovantes\nqui mettent au point et commercialisent des technologies enti\u00e8rement nouvelles\ndans le domaine des \u00e9nergies propres. Plus de 100 projets aff\u00e9rents \u00e0\nl\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et \u00e0 l\u2019utilisation efficace des ressources ont \u00e9t\u00e9\nretenus.<\/p>\n\n\n\n De nouveaux instruments pour orienter cet investissement ont \u00e9t\u00e9 mis en place, comme le Conseil europ\u00e9en de l\u2019innovation, dont l\u2019action sera centr\u00e9e sur les produits, services et processus radicalement nouveaux et novateurs. D\u2019autres sont maintenus comme l\u2019Institut europ\u00e9en d\u2019innovation et de technologie, qui soutient les jeunes innovateurs et les jeunes entreprises dans l\u2019Union europ\u00e9enne ou encore le Fonds pour l\u2019innovation, dont l\u2019objet est de soutenir les technologies d\u2019avant-garde.<\/p>\n\n\n\nS\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique, confiance et solidarit\u00e9 inter\u00e9tatique<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nUn march\u00e9 int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9nergie pleinement int\u00e9gr\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
<\/p>\n\n\n\nAm\u00e9liorer l’efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
D\u00e9carboniser l\u2019\u00e9conomie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Investir dans la recherche, l’innovation et la comp\u00e9titivit\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n