{"id":46629,"date":"2019-09-07T02:26:39","date_gmt":"2019-09-07T00:26:39","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=46629"},"modified":"2019-09-07T13:44:55","modified_gmt":"2019-09-07T11:44:55","slug":"en-tunisie-un-paysage-politique-particulierement-brouille-a-la-veille-des-elections-presidentielles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/09\/07\/en-tunisie-un-paysage-politique-particulierement-brouille-a-la-veille-des-elections-presidentielles\/","title":{"rendered":"En Tunisie, un paysage politique particuli\u00e8rement brouill\u00e9 \u00e0 la veille de l’\u00e9lection pr\u00e9sidentielle"},"content":{"rendered":"\n
Tunis<\/em>. Bien que la R\u00e9publique tunisienne se caract\u00e9rise par un parlementarisme fort, l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle qui approche n\u2019est pas sans importance. Depuis la mort du pr\u00e9sident B\u00e9ji Caid Essebsi, le 25 juillet dernier, le pays, actuellement en phase de transition est pr\u00e9sid\u00e9 par Mohamed Ennaceur, le chef de l\u2019Assembl\u00e9e des repr\u00e9sentants du peuple. Le pr\u00e9sident par int\u00e9rim est tenu par la Constitution d\u2019organiser une \u00e9lection moins de trois mois apr\u00e8s la mort du pr\u00e9sident anciennement \u00e9lu. Pour l\u2019heure Mohamed Ennaceur semble relever le d\u00e9fi, il parvient \u00e0 piloter la mise en place du premier tour de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle dont la date a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e au 15 septembre. Ce succ\u00e8s du pr\u00e9sident par int\u00e9rim et des instances \u00e9lectorales rel\u00e8ve presque de l\u2019exploit lorsque l\u2019on sait que la jeune r\u00e9publique tunisienne ne dispose pas encore d\u2019une Cour constitutionnelle op\u00e9rationnelle charg\u00e9e de fixer le cadre \u00e9lectoral. <\/p>\n\n\n\n Malgr\u00e9 tout, l\u2019\u00e9lection \u00e0 venir s\u2019inscrit dans un contexte de forte fragmentation politique. Comme lors de l\u2019\u00e9lection de 2014, un ph\u00e9nom\u00e8ne de multiplication des candidatures a morcel\u00e9 l\u2019offre politique nationale. Sur les 97 dossiers de candidatures d\u00e9pos\u00e9s \u00e0 l\u2019Instance sup\u00e9rieure ind\u00e9pendante, pas moins de 26 ont \u00e9t\u00e9 officiellement retenus \u2013 les autres ayant \u00e9t\u00e9 refus\u00e9s principalement en raison de manque de parrainages et de cautions financi\u00e8res. <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n La division politique atteint un niveau particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 pour cette deuxi\u00e8me \u00e9lection pr\u00e9sidentielle de la Tunisie post-printemps arabe. Contrairement \u00e0 celle de 2014 caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019absence de certains acteurs structurants de la sc\u00e8ne politique tunisienne, plusieurs grandes factions politiques se sont lanc\u00e9es cette fois-ci dans la course \u00e0 la pr\u00e9sidentielle. Notamment le parti islamiste (aussi appel\u00e9 \u00ab musulman d\u00e9mocrate \u00bb) Ennahdha qui pr\u00e9sente pour la premi\u00e8re fois de son histoire, \u00e0 travers la personne d\u2019Abdelfattah Mourou, un candidat \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Mais, le myst\u00e8re plane sur la popularit\u00e9 actuelle du parti qui \u00e9tait sorti vainqueur des municipales de 2018. En effet, Abdelfattah Mourou oriente sa campagne principalement vers des enjeux \u00e9conomiques et sociaux, au risque de perdre une partie de son \u00e9lectorat sensible \u00e0 la dimension religieuse du parti. <\/p>\n\n\n\n La multiplication de candidats fermement ancr\u00e9s dans le paysage politique tunisien laisse peu de place \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une faction qui dominerait ostensiblement la campagne. A l\u2019image du Premier ministre d\u00e9sormais candidat, Youssef Chahed, qui peine \u00e0 regagner le niveau de popularit\u00e9 qu\u2019il avait en 2016. Alors qu\u2019il m\u00e8ne campagne sur l\u2019exp\u00e9rience du pouvoir acquise ces derni\u00e8res ann\u00e9es, sa difficult\u00e9 \u00e0 faire significativement baisser le taux de ch\u00f4mage l\u2019emp\u00eache de voir sa r\u00e9putation d\u00e9coller aupr\u00e8s l\u2019opinion publique. <\/p>\n\n\n\n L\u2019assise de ces factions politiques classiques est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e par la campagne sur fond de populisme men\u00e9e par Nabil Karoui. Ce favori des sondages est particuli\u00e8rement populaire aupr\u00e8s des populations tunisiennes marginalis\u00e9es. En ce sens il pique des \u00e9lecteurs traditionnellement ralli\u00e9s \u00e0 Ennahdha. L\u2019avance de ce parti qui se pr\u00e9sente comme une force avant tout populaire s\u2019explique notamment par la puissance financi\u00e8re et m\u00e9diatique de Nabil Karoui. En effet, en plus d\u2019\u00eatre tr\u00e8s bien install\u00e9 dans le monde de la publicit\u00e9 \u00e0 travers son groupe Karoui&Karoui, le candidat en t\u00eate des sondages est propri\u00e9taire de Nessma TV, l\u2019une des cha\u00eenes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es les plus importantes du pays. <\/p>\n\n\n\n