{"id":46339,"date":"2019-09-04T16:22:54","date_gmt":"2019-09-04T14:22:54","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=46339"},"modified":"2019-09-10T10:03:40","modified_gmt":"2019-09-10T08:03:40","slug":"les-raisons-des-signes-tardifs-de-relance-de-leconomie-allemande-et-les-solutions-de-sortie-de-crise-envisageese","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/09\/04\/les-raisons-des-signes-tardifs-de-relance-de-leconomie-allemande-et-les-solutions-de-sortie-de-crise-envisageese\/","title":{"rendered":"Les raisons des signes tardifs de relance de l\u2019\u00e9conomie allemande et les solutions de sortie de crise envisag\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n
Berlin.<\/em> Malgr\u00e9 certains indicateurs \u00e9conomiques plut\u00f4t favorables, le PIB allemand a d\u00e9cru de 0,1 % au deuxi\u00e8me trimestre 2019.\u00a0 Derri\u00e8re ce chiffre se cache une r\u00e9alit\u00e9 dure \u00e0 accepter. L\u2019Allemagne souffre depuis plusieurs ann\u00e9es d\u2019un manque d\u2019investissements qui a engendr\u00e9 de lourds probl\u00e8mes structurels. <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n Elle accuse un retard technologique cons\u00e9quent dans l\u2019industrie automobile, souffre d\u2019un syst\u00e8me \u00e9ducatif sous-financ\u00e9 et d\u2019un manque d\u2019enseignants, est retard\u00e9 par infrastructures routi\u00e8res et ferroviaires obsol\u00e8tes, un r\u00e9seau internet lent et non fiable ainsi qu\u2019une arm\u00e9e dans un \u00e9tat qui laisse d\u00e9sirer.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/p>\n\n\n\n \u00c0 ces faiblesses structurelles s\u2019ajoute la possibilit\u00e9 d\u2019une imminente r\u00e9cession mondiale. En effet, la r\u00e9cente inversion de la courbe des taux am\u00e9ricains ainsi que l\u2019enfermement des \u00e9conomies dans un cercle vicieux des taux d\u2019int\u00e9r\u00eats bas vont dans cette direction. La r\u00e9cession allemande semble donc faire son chemin.<\/p>\n\n\n\n Pourtant, l\u2019Allemagne b\u00e9n\u00e9ficie du plein-emploi, d\u2019une dette publique bient\u00f4t inf\u00e9rieure \u00e0 60 % du PIB, d\u2019une confiance des consommateurs imperturbable et de 58 milliards d\u2019euros d\u2019exc\u00e9dents en 2018. Il y a seulement quelques semaines, le Ministre des Finances Olaf Scholz exprimait la possibilit\u00e9 d\u2019utiliser 50 milliards d\u2019euros pour redynamiser l\u2019\u00e9conomie. <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n\n\n Avant l\u2019apparition r\u00e9cente d\u2019une croissance n\u00e9gative du PIB, l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral n\u2019avait en r\u00e9alit\u00e9 pas la capacit\u00e9 d\u2019intervenir pour soutenir l\u2019\u00e9conomie. Cette incapacit\u00e9 r\u00e9sulte directement des r\u00e8gles budg\u00e9taires constitutionnelles allemande. Pour comprendre cela, il est n\u00e9cessaire d\u2019analyser s\u00e9par\u00e9ment les principales recettes de l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral, que sont l\u2019imp\u00f4t, l\u2019emprunt sur les march\u00e9s financiers et l\u2019exc\u00e9dent commercial.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Les recettes fiscales, suivants la courbe de croissance du PIB, ne faisaient que cro\u00eetre. Sous la r\u00e8gle budg\u00e9taire (Schuldenbremse<\/em>, \u00ab frein \u00e0 l\u2019endettement \u00bb) <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>, inscrite dans la constitution, interdisant le financement de l\u2019Etat, par \u00e9mission de bons du Tr\u00e9sor, sur les march\u00e9s financiers \u00e0 un montant sup\u00e9rieur \u00e0 0,35 % du PIB, l\u2019endettement allemand augmentait tout atteignant son maximum l\u00e9gal. Enfin, l\u2019exceptionnel exc\u00e9dent allemand ne montrait aucun signe de faiblesse. <\/p>\n\n\n\n Toutefois, le ralentissement de la croissance depuis avril dernier a m\u00e9caniquement frein\u00e9 l\u2019augmentation des recettes fiscales. D\u2019une mani\u00e8re similaire, il a\u00a0 math\u00e9matiquement diminu\u00e9 le montant d\u2019endettement l\u00e9gal. Enfin, les pulsions protectionnistes de Donald Trump, la guerre commerciale sino-am\u00e9ricaine et le ralentissement de la croissance du commerce mondial qui en a r\u00e9sult\u00e9 sont venus menacer l\u2019exc\u00e9dent allemand. <\/p>\n\n\n\n Ces inversement de tendances ont eu pour cons\u00e9quence, par l\u2019interm\u00e9diaire de la r\u00e8gle budg\u00e9taire allemande, la diminution du budget f\u00e9d\u00e9ral et des programmes d\u2019investissements nationaux. Ainsi, la volont\u00e9 r\u00e9cente du gouvernement Merkel de lutter enfin contre la r\u00e9cession, quelques mois apr\u00e8s le d\u00e9but de ces d\u00e9s\u00e9quilibres macro\u00e9conomiques, arrive amplement \u00e0 temps dans le sens des r\u00e8gles budg\u00e9taires allemandes.<\/p>\n\n\n\n On pourrait de plus reprocher le manque de soutien apport\u00e9 par l\u2019Etat au secteur priv\u00e9. Or, en raison d\u2019une grande s\u00e9paration entre le priv\u00e9 et le public, l\u2019Etat allemand ne peut et n\u2019interviendra jamais dans la sph\u00e8re priv\u00e9e. Les plans sociaux de Deutsche Bank, du leader mondial de la chimie BASF ou l\u2019annonce de diminution des b\u00e9n\u00e9fices de BMW ne mobilisera en rien l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral. \u00c0 titre d\u2019exemple, lorsqu\u2019Opel fr\u00f4lait le d\u00e9p\u00f4t de bilan et suppliait l\u2019Etat de l\u2019aider, ce dernier lui r\u00e9pondait de se d\u00e9brouiller seul. <\/p>\n\n\n\n En revanche, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019intervenir dans le secteur priv\u00e9, l\u2019Etat reste en capacit\u00e9 d\u2019orienter la production. En cela, le gouvernement aurait pu, bien avant les faiblesses de la croissance, combler les retards technologiques et augmenter la comp\u00e9titivit\u00e9 de l\u2019industrie automobile via un cr\u00e9dit d\u2019imp\u00f4t sous condition d\u2019investissement dans la conception de v\u00e9hicules \u00e9lectriques. Les retomb\u00e9es sur la croissance comme la technologie auraient \u00e9t\u00e9 importantes. Il ne faut toutefois pas voir directement en la personne d\u2019Angela Merkel un bouc-\u00e9missaire, puisque ses volont\u00e9s d’accro\u00eetre les investissements ont en r\u00e9alit\u00e9, la plupart du temps, \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9es par l\u2019opposition gouvernementale. <\/p>\n\n\n\n C\u2019est donc l\u2019ensemble du ciblage sectoriel de la politique du gouvernement qui s\u2019est av\u00e9r\u00e9 insuffisant, tant dans l\u2019\u00e9ducation, l\u2019arm\u00e9e, les infrastructures routi\u00e8res et ferroviaires que dans le d\u00e9ploiement d\u2019internet.<\/p>\n\n\n\n Maintenant que le gouvernement allemand s\u2019est d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 agir<\/strong>, les solutions de relance de la croissance et des r\u00e9ponses aux probl\u00e8mes structurels doivent \u00eatre au centre des r\u00e9flexions. <\/p>\n\n\n\n La Schuldenbremse<\/em> est vue aujourd\u2019hui comme un frein majeur \u00e0 l\u2019investissement <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019auteur m\u00eame de cette r\u00e8gle, Christian Kastrop, en souhaite le retrait <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Toutefois, cette issue semble plus probable en th\u00e9orie qu\u2019en pratique. Sauf coup politique majeur, il serait en effet compliqu\u00e9 de voir la fin de cette r\u00e8gle avant au moins deux ans. N\u00e9cessitant une modification constitutionnelle, les deux tiers du parlement doivent \u00eatre en faveur de cet amendement. Or, la fragile coalition actuelle, les \u00e9lections r\u00e9gionales en cours ainsi que l\u2019\u00e9lection d\u2019un nouveau chancelier d\u2019ici deux ans compliquent ce sc\u00e9nario.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Une autre solution semble en revanche rassembler de nombreux experts : la cr\u00e9ation d\u2019une Banque d\u2019Investissement<\/strong>. En plus de la Schuldenbremse<\/em>, la r\u00e8gle constitutionnelle obligeant l\u2019\u00e9quilibre entre les recettes et d\u00e9penses de l\u2019Etat (Schwarze Null<\/em>, \u00ab z\u00e9ro noir \u00bb) <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span> emp\u00eache l\u2019Etat de d\u00e9penser plus qu\u2019il ne le souhaiterait, voire devrait. Coupl\u00e9 aux apports des L\u00e4nder, des march\u00e9s financiers et de la sph\u00e8re priv\u00e9e, l\u2019Etat pourrait alors confier son exc\u00e9dent commercial tout en gardant un budget \u00e9quilibr\u00e9 et un endettement \u00e0 0,35 % du PIB \u00e0 la nouvelle Banque d\u2019Investissement, l\u2019exc\u00e9dent \u00e9tant ext\u00e9rieur \u00e0 ces r\u00e8gles. De plus, l\u2019Etat ne pouvant d\u00e9cider d\u2019investir dans un Land plut\u00f4t qu\u2019un autre, l\u2019ind\u00e9pendance de cette banque lui permettrait, via l\u2019argent public et priv\u00e9, d\u2019orienter ses investissements o\u00f9 elle le souhaite. Cette hypoth\u00e8se allierait donc investissements massifs et respect des r\u00e8gles budg\u00e9taires actuelles.<\/strong><\/p>\n\n\n\n Divis\u00e9e entre l\u2019abandon des r\u00e8gles budg\u00e9taire strictes et la cr\u00e9ation d\u2019un m\u00e9canisme d\u2019investissements massifs contournant ces r\u00e8gles, l\u2019Allemagne semble s\u2019orienter vers la seconde hypoth\u00e8se. Plus rapide et politiquement moins risqu\u00e9e, elle conserverait l\u2019exemplarit\u00e9 budg\u00e9taire allemande. <\/p>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nPourquoi l\u2019Allemagne n\u2019a-t-elle pas agit avant ?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
Quels seraient alors les actions envisag\u00e9es par le gouvernement pour relancer l\u2019\u00e9conomie allemande ?<\/strong><\/h4>\n\n\n\n