{"id":4253,"date":"2018-06-10T22:00:36","date_gmt":"2018-06-10T20:00:36","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=4253"},"modified":"2019-05-24T17:19:23","modified_gmt":"2019-05-24T15:19:23","slug":"les-entreprises-indiennes-ne-sauveront-pas-la-siderurgie-europeenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/06\/10\/les-entreprises-indiennes-ne-sauveront-pas-la-siderurgie-europeenne\/","title":{"rendered":"Les entreprises indiennes ne sauveront pas la sid\u00e9rurgie europ\u00e9enne"},"content":{"rendered":"\n

Mumbai<\/em>. Pour faire face \u00e0 la concurrence \u00e9trang\u00e8re dans le secteur de la sid\u00e9rurgie, Donald Trump n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 mettre en place une taxe de 25 % sur les importations d\u2019acier et une autre de 10 % sur celles d\u2019aluminium, \u00e0 partir du 1er Juin. Face \u00e0 cette mesure, Jean-Claude Juncker, pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne s\u2019\u00e9tait insurg\u00e9 en mars dernier : \u00ab Nous ne resterons pas les bras crois\u00e9s pendant que notre industrie est frapp\u00e9e par des mesures injustes \u00bb (5<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Une v\u00e9ritable r\u00e9action se fait encore attendre. Plusieurs d\u00e9put\u00e9s et industriels europ\u00e9ens reprochent notamment \u00e0 la Commission sa mansu\u00e9tude \u00e0 l’\u00e9gard du dumping chinois, qui rend l\u2019acier europ\u00e9en moins comp\u00e9titif sur le march\u00e9 international (1<\/strong>). Selon Eurofer, au cours de la seule ann\u00e9e 2017, les importations d\u2019acier indien et indon\u00e9sien ont augment\u00e9 de plus de 100 % (2<\/strong>). L\u2019UE semble attentiste, laissant ce secteur strat\u00e9gique d\u00e9p\u00e9rir face \u00e0 la concurrence grandissante de la Chine, de l\u2019Inde ou encore du Br\u00e9sil, qui ont fait de la sid\u00e9rurgie une priorit\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 60.<\/p>\n\n\n\n

Aussi, depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, l\u2019industrie sid\u00e9rurgique europ\u00e9enne traverse une crise sans pr\u00e9c\u00e9dent. Parall\u00e8lement \u00e0 la crise financi\u00e8re de 2008 et au ralentissement de la croissance des pays \u00e9mergents (car l\u2019acier permet de gros d\u00e9bouch\u00e9s \u00e0 l\u2019export), entre 2007 et 2015, pas moins de 85 000 emplois ont disparu, soit 20 % des effectifs du secteur. On se rappelle des brutales fermetures de ArcelorMittal \u00e0 Florange et \u00e0 Li\u00e8ge, r\u00e9duisant la production annuelle d\u2019environ 11 millions de tonnes d\u2019acier (3<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Les groupes europ\u00e9ens comme le fran\u00e7ais Arcelor, le britannique Corus ou l\u2019italien Ilva ont subi, depuis 2006, des rachats massifs de leurs actifs de la part des magnats de l\u2019acier indien comme Tata ou Mittal, qui ont ensuite proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 de nombreuses restructurations. Cependant, les difficult\u00e9s europ\u00e9ennes persistent, aboutissant \u00e0 des r\u00e9ductions de personnel, voire \u00e0 des fermetures de sites.<\/p>\n\n\n\n

Pour faire face \u00e0 leur surcapacit\u00e9 de production, le g\u00e9ant allemand Thyssenkrupp et l\u2019indien Tata Steel ont lanc\u00e9 en septembre 2017 une fusion de leurs activit\u00e9s respectives dans l\u2019acier, aboutissant \u00e0 la suppression de 4 000 postes dans l\u2019administration, la R&D et la production. Elle permet aussi \u00e0 Tata Steel de se recentrer sur le march\u00e9 indien et \u00e0 Thyssenkrupp de se d\u00e9sengager de l\u2019acier, et en retour de renforcer ses activit\u00e9s dans des secteurs \u00e0 plus haute valeur ajout\u00e9e, \u00a0tels que les sous-marins, les ascenseurs ou les composants automobiles (4<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

La fusion, qui vise \u00e0 faire de la joint-venture le nouveau le leader europ\u00e9en, tout en r\u00e9alisant plusieurs centaines de millions d\u2019euros d\u2019\u00e9conomies, semble \u00eatre un \u00e9chec puisque d\u00e9but mai 2018, le groupe indien Tata annonce finalement mettre \u00e0 la vente cinq unit\u00e9s de production sid\u00e9rurgique au Royaume-Uni, au Canada, en Allemagne, en Su\u00e8de et en Turquie, qui emploient au total un millier de personnes. Ce nouveau constat d\u2019\u00e9chec montre que face au manque de comp\u00e9titivit\u00e9-co\u00fbt des usines europ\u00e9ennes, les groupes indiens font aujourd\u2019hui faire marche arri\u00e8re (6<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n