{"id":40927,"date":"2019-06-17T16:14:35","date_gmt":"2019-06-17T14:14:35","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=40927"},"modified":"2019-06-17T16:14:37","modified_gmt":"2019-06-17T14:14:37","slug":"la-volatilite-electorale-traverse-la-manche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/06\/17\/la-volatilite-electorale-traverse-la-manche\/","title":{"rendered":"La volatilit\u00e9 \u00e9lectorale traverse la Manche"},"content":{"rendered":"\n
Londres<\/em>. C\u2019est l\u2019une des tendances de fond de la d\u00e9mocratie contemporaine post-crise \u00e9conomique de 2008. Les \u00e9lecteurs sont de moins en moins fid\u00e8les \u00e0 un parti, et peuvent changer d\u2019appartenance d\u2019une \u00e9lection \u00e0 l\u2019autre avec une extr\u00eame volatilit\u00e9. Les \u00e9lections europ\u00e9ennes viennent d\u2019en donner un bel exemple en Italie. En 2014, aux Europ\u00e9ennes, c\u2019\u00e9tait le Parti d\u00e9mocrate de Matteo Renzi qui avait r\u00e9alis\u00e9 un score historique, au-dessus de 40 %. En 2018, c\u2019est le Mouvement 5 \u00c9toiles (M5E) qui \u00e9tait arriv\u00e9 en t\u00eate avec plus de 33 % des suffrages, faisant exactement le double du score de la Ligue de Matteo Salvini, en pleine ascension. Aux Europ\u00e9ennes du 26 mai, c\u2019est la Ligue qui est arriv\u00e9e \u00e0 33 % et le M5E \u00e0 17 %, renversant le rapport de force, comme les sondages l\u2019indiquaient.<\/p>\n\n\n\n Au Royaume-Uni, deux \u00e9lections viennent de nous donner une tendance comparable, conditionn\u00e9e par le Brexit qui est devenu le point majeur de clivage au sein de l\u2019\u00e9lectorat. Aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de 2017, le Parti conservateur et le Parti travailliste \u00e9taient arriv\u00e9s nettement en t\u00eate. Aux Europ\u00e9ennes de 2019 <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> en revanche, ils ne sont qu\u2019en troisi\u00e8me (Labour) et cinqui\u00e8me place (Conservateurs). C\u2019est le tout nouveau parti de Nigel Farage, le Brexit Party, qui est arriv\u00e9 en t\u00eate avec 31,6 % des voix. Il y a six mois ce parti n\u2019existait pas. Les Lib\u00e9raux D\u00e9mocrates se placent en deuxi\u00e8me position, avec un score historique de 20,3 %. Le parti de Theresa May n\u2019a obtenu qu\u2019un score de 9,1 %, du jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale. Ce record n\u00e9gatif a d\u2019ailleurs conduit \u00e0 la d\u00e9mission de la Premi\u00e8re ministre, le 7 juin, ouvrant la course \u00e0 sa succession dans un climat de grande fragilit\u00e9 pour le Parti conservateur, conditionn\u00e9 de plus en plus par la radication des tenants du Brexit.<\/p>\n\n\n\n Le 6 juin, alors que Theresa May pr\u00e9sidait aux c\u00e9r\u00e9monies du 75\u00e8me<\/sup> anniversaire du D\u00e9barquement, \u00a0se tenait une \u00e9lection partielle dans la circonscription de Peterborough, scrut\u00e9e par tous les observateurs politiques. Cette fois, c\u2019est le Parti travailliste qui l\u2019a emport\u00e9, d\u2019une courte t\u00eate, avec 10,5 % des suffrages, devant (de 683 voix) le Brexit Party de Nigel Farage. Les Conservateurs \u00e9taient 3\u00e8me<\/sup> et les Lib Dem 4\u00e8me<\/sup>. Dans cette m\u00eame circonscription, le Brexit l\u2019avait largement emport\u00e9 lors du r\u00e9f\u00e9rendum de 2016, avec un score de plus de 60 %. Bien que d\u2019une courte t\u00eate, la victoire du Labour aux d\u00e9pends du Brexit Party a suscit\u00e9 de nombreuses analyses. Qui a vraiment gagn\u00e9 ?, s\u2019interrogeait le tablo\u00efd The Sun<\/em>, au lendemain du vote. <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La mobilisation anti-Brexit, sur un scrutin majoritaire \u00e0 un tour selon la r\u00e8gle britannique du \u201cFirst Past The Post\u201d, a sembl\u00e9 indiquer l\u2019existence d\u2019une sorte de plafond de verre pour le parti de Nigel Farage, incapable de remporter une circonscription pourtant largement acquise \u00e0 ses th\u00e8ses lors du r\u00e9f\u00e9rendum il y a trois ans.<\/p>\n\n\n\n Pour les chercheurs italiens Andrea Pareschi et Gianfranco Baldini, dans un article publi\u00e9 sur le Blog de LSE consacr\u00e9 au Brexit <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>, l\u2019analyse du vote de Peterborough, \u00e0 deux semaines de distance du vote aux Europ\u00e9ennes, d\u00e9note une grande volatilit\u00e9 du corps \u00e9lectoral, mais aussi une forte structuration de ce m\u00eame vote par l\u2019identification ou non au Brexit. \u00ab Les incertitudes du Brexit \u00e0 venir devraient sugg\u00e9rer aux Conservateurs comme aux Travaillistes de prendre tr\u00e8s au s\u00e9rieux les r\u00e9sultats de Peterborough, surtout depuis que les \u00e9lections europ\u00e9ennes ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de vastes fuites dans leur \u00e9lectorat et les coalitions qui les ont support\u00e9 en 2017. Les pr\u00e9f\u00e9rences \u00e9lectorales semblent surtout conditionn\u00e9es par les identit\u00e9s du Brexit que par le pass\u00e9, avec le Brexit Party et les Lib Dem qui \u00e9mergent d\u00e9sormais \u00a0– au-del\u00e0 du cas de Peterborough- comme les partis les plus vot\u00e9s parmi les \u00e9lecteurs \u00e0 la \u00ab forte identit\u00e9 \u00bb au sein des deux camps \u00bb.<\/p>\n\n\n\n