{"id":40499,"date":"2019-06-14T12:48:45","date_gmt":"2019-06-14T10:48:45","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=40499"},"modified":"2019-06-16T12:13:21","modified_gmt":"2019-06-16T10:13:21","slug":"un-candidat-a-la-vice-presidence-peroniste-pour-macri-largentine-senfonce-dans-lhyperpolarisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/06\/14\/un-candidat-a-la-vice-presidence-peroniste-pour-macri-largentine-senfonce-dans-lhyperpolarisation\/","title":{"rendered":"Un candidat \u00e0 la vice-pr\u00e9sidence p\u00e9roniste pour Macri : l\u2019Argentine s\u2019enfonce dans l\u2019hyperpolarisation"},"content":{"rendered":"\n

Buenos Aires<\/em>. Mardi 11 juin, le pr\u00e9sident de l\u2019Argentine, Mauricio Macri, a annonc\u00e9 que Miguel \u00c1ngel Pichetto, leader d\u2019Alternativa Federal<\/em>, groupe parlementaire p\u00e9roniste dissident du kirchn\u00e9risme, allait l\u2019accompagner dans la formule avec laquelle il essayera de briguer un deuxi\u00e8me mandat suite au long processus \u00e9lectoral qui d\u00e9butera le 11 ao\u00fbt, avec les primaires ouvertes, simultan\u00e9es et obligatoires, et qui s\u2019ach\u00e8vera le 24 novembre, date du deuxi\u00e8me tour. Cette annonce a surpris une opinion publique encore boulevers\u00e9e par le renoncement \u00e0 briguer la pr\u00e9sidence de Cristina Fern\u00e1ndez de Kirchner (CFK), qui avait communiqu\u00e9 sa candidature en tant que vice-pr\u00e9sidente de son ancien chef de cabinet (2007 – 2008), Alberto Fern\u00e1ndez <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n

Il y a un mois, Alternativa Federal<\/em> discutait encore avec Roberto Lavagna de la possibilit\u00e9 d\u2019imposer une troisi\u00e8me voie interm\u00e9diaire entre les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 de Cambiemos<\/em>, coalition au pouvoir, et les politiques qualifi\u00e9es de \u00ab populistes \u00bb du kirchn\u00e9risme <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cependant, l\u2019ancien ministre de l\u2019\u00e9conomie a annonc\u00e9 le 23 mai son \u00e9loignement du mouvement en soulignant son opposition \u00e0 une \u00e9ventuelle primaire avec les autres membres de celui-ci. Malgr\u00e9 cette rupture, Pichetto soulignait jusqu\u2019\u00e0 la semaine derni\u00e8re la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9senter un candidat propre \u00e0 Alternativa Federal<\/em>. Juan Manuel Urtubey, gouverneur de la province de Salta, \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 par les m\u00e9dias comme la principale option. A la suite de l\u2019annonce de Macri, celui-ci a confirm\u00e9 qu\u2019il accompagnerait Lavagna en tant que candidat \u00e0 la vice-pr\u00e9sidence. <\/p>\n\n\n\n

Soutenue par Juan Schiaretti, r\u00e9\u00e9lu gouverneur de la province de C\u00f3rdoba au d\u00e9but du mois de mai avec 57,28 % des voix, en devan\u00e7ant par 35 points de pourcentage le candidat de Cambiemos<\/em>, la possibilit\u00e9 d\u2019une troisi\u00e8me voie incarn\u00e9e par Alternativa Federal<\/em> s\u2019est \u00e9vanouie cette derni\u00e8re semaine avec le d\u00e9part de Sergio Massa, ancien chef de cabinet de CFK (2008 – 2009) ayant obtenu 21,39 % des voix lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2015. Celui-ci a officialis\u00e9 son rapprochement au kirchn\u00e9risme le 12 juin suite \u00e0 l\u2019annonce de la cr\u00e9ation du Frente de<\/em> Todos<\/em> (\u00ab Front de Tous \u00bb). <\/p>\n\n\n\n

Dans ce contexte, l\u2019annonce de Pichetto comme candidat \u00e0 la vice-pr\u00e9sidence avec Mauricio Macri confirme l’hyperpolarisation du champ politique argentin – connue par les Argentins sous le nom de La<\/em> Grieta (<\/em>\u00ab la fissure \u00bb) – et la minimisation de l\u2019\u00e9lan de la troisi\u00e8me voie, monopolis\u00e9e d\u00e9sormais par la formule Lavagna – Urtubey. Pour les soutiens du front Todos<\/em>, comme Felipe Sol\u00e1, ancien gouverneur de la province de Buenos Aires (2002 – 2007), \u00ab la formule de Cambiemos<\/em> refl\u00e8te que ce qui est en jeu est plus profond que l’antonymie p\u00e9ronisme \/ antip\u00e9ronisme, mais plut\u00f4t la d\u00e9fense des plus d\u00e9munis et de la classe moyenne ou du FMI et des grandes banques \u00bb <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de La<\/em> Grieta<\/em>, les soutiens de la coalition au pouvoir, renomm\u00e9e Juntos por el Cambio<\/em> (\u00ab Ensemble pour le changement \u00bb), consid\u00e8rent que dans ces \u00e9lections s\u2019opposent la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale capitaliste et le populisme autoritaire <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n

L\u2019annonce a par ailleurs \u00e9t\u00e9 bien re\u00e7ue par les march\u00e9s financiers : le risque souverain a touch\u00e9 son plus bas niveau depuis avril <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span> alors que le peso argentin s\u2019est appr\u00e9ci\u00e9 de 2,4 %, devenant ainsi la monnaie \u00e9mergente la plus performante de la journ\u00e9e <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La d\u00e9pr\u00e9ciation du peso argentin \u00e9tant un facteur d\u2019irritation sociale tr\u00e8s important en Argentine, les membres de la coalition au pouvoir esp\u00e8rent que la monnaie nationale atteindra une plus grande stabilit\u00e9 dans les semaines \u00e0 venir, ce qui pourrait contribuer \u00e0 redorer l\u2019image du gouvernement. \u00a0<\/p>\n\n\n\n

Perspectives<\/strong> :<\/h4>\n\n\n\n