{"id":40350,"date":"2019-06-11T14:36:16","date_gmt":"2019-06-11T12:36:16","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=40350"},"modified":"2019-07-27T11:46:07","modified_gmt":"2019-07-27T09:46:07","slug":"cop25-en-amerique-latine-le-chili-mis-a-lepreuve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/06\/11\/cop25-en-amerique-latine-le-chili-mis-a-lepreuve\/","title":{"rendered":"COP25 en Am\u00e9rique latine : le Chili mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve ?"},"content":{"rendered":"\n
Santiago du Chili. <\/em>Pour la cinqui\u00e8me fois, une Conf\u00e9rence des Parties (COP) aura lieu en r\u00e9gion latino-am\u00e9ricaine. L\u2019Argentine, le Mexique et le P\u00e9rou ont d\u00e9j\u00e0 abrit\u00e9 un sommet du climat r\u00e9unissant une fois par an les \u00c9tats signataires de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques de 1992. \u00c0 l\u2019origine, la COP25 devait \u00eatre pr\u00e9sid\u00e9e par le Br\u00e9sil. Or, apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident Jair Bolsonaro \u2013 qui s\u2019est revendiqu\u00e9 publiquement climatosceptique\u2014, le pays a retir\u00e9 sa candidature en raison des \u00ab restrictions budg\u00e9taires \u00bb. Alors que le Chili accueillera en novembre le sommet de la Coop\u00e9ration \u00c9conomique Asie-Pacifique (APEC), portant sur l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique, la connectivit\u00e9 r\u00e9gionale et le r\u00f4le des femmes dans la croissance \u00e9conomique, il devra aussi faire preuve \u00e0 la fois de son leadership<\/em> et des progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans l’utilisation des \u00e9nergies renouvelables lors de la COP25 qui se d\u00e9roulera du 2 au 13 d\u00e9cembre 2019.<\/p>\n\n\n\n En mars 2019, la ministre de l’Environnement Carolina Schmidt s\u2019est vue impliqu\u00e9e dans une controverse apr\u00e8s que les m\u00e9dias eurent r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019elle avait envoy\u00e9 une lettre \u00e0 l’ONU pour souligner les probl\u00e8mes rencontr\u00e9s dans l\u2019organisation de la conf\u00e9rence et pour essayer de la d\u00e9placer. Dans la lettre, il \u00e9tait indiqu\u00e9 que le Chili n’aurait pas le m\u00eame temps que d’autres pays-h\u00f4tes pour planifier le sommet, notamment pour d\u00e9finir le site et pour trouver l\u2019h\u00e9bergement n\u00e9cessaire pour accueillir les d\u00e9l\u00e9gations des 196 pays qui y participeront. Malgr\u00e9 cette lettre, l’ONU a finalement rejet\u00e9 la demande du Chili de retarder la conf\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n Pour Mat\u00edas Asun, directeur national de Greenpeace au Chili, \u00ab l\u2019organisation du sommet est le moindre des probl\u00e8mes que le Chili devra surmonter \u00bb <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le pays continue \u00e0 utiliser des explosifs pour extraire du charbon en Patagonie, compte neuf des dix villes o\u00f9 la qualit\u00e9 de l’air est la plus m\u00e9diocre sur le continent et a notamment \u00e9vit\u00e9 de signer l’accord d\u2019Escaz\u00fa r\u00e9gissant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information, la participation publique et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice \u00e0 propos des questions environnementales en Am\u00e9rique latine et dans les Cara\u00efbes. Le refus de signer cet accord a \u00e9t\u00e9 objet de d\u00e9bat pour des nombreuses ONG qui ont interpell\u00e9 la ministre Schmidt, pour qui l\u2019accord r\u00e9gional ne permettrait pas au pays d\u2019am\u00e9liorer les conditions d\u00e9j\u00e0 institutionnalis\u00e9es puisque \u00ab le Chili respecte dans sa l\u00e9gislation interne toutes les mesures de participation citoyenne pr\u00e9vues dans l’accord d\u2019Escaz\u00fa \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Bien que l\u2019Am\u00e9rique latine et les Cara\u00efbes repr\u00e9sentent moins de 10 % des \u00e9missions mondiales de carbone, la r\u00e9gion est extr\u00eamement vuln\u00e9rable aux effets du r\u00e9chauffement climatique en raison de sa situation g\u00e9ographique et de ses conditions socio-\u00e9conomiques, d\u00e9mographiques et institutionnelles <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Pour sa part, le Chili, qui est responsable du 0.25 % des \u00e9missions mondiales de CO2, remplit 7 des 9 conditions de vuln\u00e9rabilit\u00e9, ce qui le place parmi les 10 nations les plus touch\u00e9es par le r\u00e9chauffement climatique selon le rapport du Global Climate Risk Index 2017 <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>, pr\u00e9sent\u00e9 par la Germanwatch \u00e0 la COP22. C\u2019est dans ce contexte que le pays a d\u00e9cid\u00e9 de passer d\u2019une production de 10 % de son \u00e9nergie de fa\u00e7on renouvelable en 2014 \u00e0 20 % en 2018. L\u2019objectif est d\u2019atteindre les 70 % d\u2019ici 2050.<\/p>\n\n\n\n Le gouvernement du pr\u00e9sident Sebasti\u00e1n Pi\u00f1era a annonc\u00e9 mardi 4 juin la fermeture de huit centrales \u00e0 charbon avant 2024 et l\u2019objectif d\u2019en finir compl\u00e8tement avec l\u2019utilisation de charbon d\u2019ici 2040. Les centrales, entr\u00e9es en activit\u00e9 il y a plus de 40 ans, seront ferm\u00e9es progressivement dans les cinq prochaines ann\u00e9es selon l\u2019accord pass\u00e9 entre le gouvernement chilien et les entreprises propri\u00e9taires de celles-ci. N\u00e9anmoins, une fois les centrales ferm\u00e9es, elles resteront dans un \u00ab \u00e9tat de r\u00e9serve op\u00e9rationnelle \u00bb strat\u00e9gique pendant cinq ans, au cas o\u00f9 elles seraient n\u00e9cessaires en raison d’une urgence ou d’un manque d’approvisionnement.<\/p>\n\n\n\n