{"id":39649,"date":"2019-06-03T08:42:53","date_gmt":"2019-06-03T06:42:53","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=39649"},"modified":"2019-06-03T08:43:22","modified_gmt":"2019-06-03T06:43:22","slug":"les-elections-europeennes-vues-par-la-russie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/06\/03\/les-elections-europeennes-vues-par-la-russie\/","title":{"rendered":"Les \u00e9lections europ\u00e9ennes vues par la Russie"},"content":{"rendered":"\n
Moscou. <\/em>Au moins depuis l’\u00e9lection de Trump, sinon avant <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, la Russie concentre l\u2019attention des renseignements des pays occidentaux, qui craignent son influence dans le jeu d\u00e9mocratique. Afin de combler son foss\u00e9 \u00e9conomique et strat\u00e9gique avec l\u2019Occident, Moscou a adopt\u00e9 la strat\u00e9gie dite \u201cdu chaos\u201d : scl\u00e9roser les institutions occidentales, voire les fondements de la coexistence civile dans les pays occidentaux, notamment par la promotion de tendances hostiles aux valeurs d\u00e9mocratiques <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Telles sont les accusations qui p\u00e8sent sur la Russie. La r\u00e9alit\u00e9 est moins simple, principalement pour deux raisons.<\/p>\n\n\n\n Tout d’abord, la Russie ne semble pas disposer d’outils suffisamment puissants pour atteindre ces objectifs. En d\u2019autres termes, dans le syst\u00e8me des m\u00e9dias occidentaux, les m\u00e9dias qui adoptent la version russe constituent toujours une claire minorit\u00e9, bien que bruyante. De plus, la corr\u00e9lation entre la croissance d’un certain type d’informations (ou de d\u00e9sinformation) et la mont\u00e9e \u00e9lectorale de certains partis n’a pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Enfin, on ne saurait affirmer que la port\u00e9e op\u00e9rationnelle des pirates informatiques russes ou parrain\u00e9s par des organes de l’\u00c9tat russe puisse menacer l’int\u00e9grit\u00e9 de l’infrastructure virtuelle strat\u00e9gique des opposants.<\/p>\n\n\n\n Deuxi\u00e8mement, la volont\u00e9 politique du Kremlin n\u2019est pas toujours univoque. C\u2019est notamment le cas vis-\u00e0-vis de l’Europe, toujours d\u00e9pourvue d\u2019entit\u00e9 \u00e9tatique supranationale et donc aux mains d’orientations nationales divergentes. Ces divergences se font particuli\u00e8rement sentir lorsqu\u2019il s\u2019agit des liens avec la F\u00e9d\u00e9ration de Russie.<\/p>\n\n\n\n En ce qui concerne les \u00e9lections europ\u00e9ennes, il ne fait aucun doute que Moscou suscitait un certain int\u00e9r\u00eat. L\u2019impact symbolique et le choc politique r\u00e9sultant d\u2019une grande avanc\u00e9e des souverainistes ne pouvaient en fait que profiter \u00e0 la strat\u00e9gie actuelle du Kremlin, qui vise \u00e0 \u00e9tendre son influence g\u00e9opolitique.<\/p>\n\n\n\n Toutefois, l\u2019importance strat\u00e9gique du renouvellement du Parlement europ\u00e9en est certainement inf\u00e9rieure \u00e0 celle des principaux scrutins nationaux du continent (France, Allemagne, Royaume-Uni), en particulier dans une phase politique dans laquelle les \u00c9tats disposent de pouvoirs nettement plus puissants que les institutions communautaires.<\/p>\n\n\n\n L’issue des europ\u00e9ennes repr\u00e9sente donc un succ\u00e8s relatif et simplement tactique pour Moscou, presque d\u00e9pourvu de r\u00e9sultats concrets. Pour la Russie, les priorit\u00e9s sont la fin des sanctions et la dissolution des liens transatlantiques, par lesquels Washington contr\u00f4le l’orientation g\u00e9opolitique du continent. Aucune de ces deux perspectives n’est devenue plus r\u00e9aliste apr\u00e8s le vote de dimanche dernier et la Russie n\u2019avait, en tous les cas, aucun espoir d\u2019une quelconque am\u00e9lioration sur ces sujets, m\u00eame dans le cas d’une affirmation plus claire des forces eurosceptiques.<\/p>\n\n\n\n Grande est en effet la confusion sous le ciel des souverainistes, divis\u00e9s en deux courants au moins, sinon plus, qui – pour simplifier beaucoup – pourraient \u00eatre class\u00e9 dans les \u00ab philo-Poutine \u00bb de l’Europe occidentale (la minorit\u00e9) et les \u00ab philo-Trump\u201d de l\u2019Europe de l\u2019Est (la majorit\u00e9). Sans surprise, la droite eurosceptique est encore divis\u00e9e aujourd’hui en au moins trois groupes parlementaires, dont les relations mutuelles ne sont pas toujours faciles.<\/p>\n\n\n\n Tous les calculs sont d\u00e9j\u00e0 faits depuis un certain temps par le Kremlin. Personne l\u00e0-bas n\u2019a accord\u00e9 une attention particuli\u00e8re au moment \u00e9lectoral europ\u00e9en et Moscou s\u2019est faite discr\u00e8te afin de ne pas animer les opinions publiques du continent contre la Russie.<\/p>\n\n\n\n Au Kremlin, on se contente aujourd’hui de d\u00e9tecter la fragmentation du nouveau Parlement europ\u00e9en <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Aux yeux du pouvoir russe, cette situation confirme la vision d\u2019une Europe en d\u00e9clin et sur le point de s\u2019effondrer, d\u2019ailleurs absolument sym\u00e9trique au regard que l\u2019Europe porte sur la Russie. Des deux c\u00f4t\u00e9s, on constate une tentative de renforcer sa coh\u00e9sion en amplifiant les probl\u00e8mes des voisins.<\/p>\n\n\n\n Pour en savoir plus sur le sujet, nous vous recommandons de lire (en italien) l’ebook <\/strong>L\u2019influenza russa in Europa, tra realt\u00e0 e percezione<\/strong><\/a>, publi\u00e9 il y a un mois \u00e0 peine par l’auteur avec le collectif <\/strong>Osservatorio Russia<\/strong><\/a>. <\/strong><\/p>\n\n\n\n La Russie concentre actuellement l\u2019attention des services de renseignement des pays occidentaux, en particulier dans les moments \u00e9lectoraux que Moscou pourrait chercher \u00e0 influencer. La Russie s\u2019est-elle int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 ces \u00e9lections europ\u00e9ennes ? Pas beaucoup. Bien qu\u2019elles aient \u00e9t\u00e9 une vitrine pour les partis souverainistes, leur impact concret ne modifiera pas les relations entre l\u2019Europe et la Russie. Moscou se contente d\u2019assister au d\u00e9clin relatif du continent. Un d\u00e9clin que ces derni\u00e8res \u00e9lections semblent remettre en cause.<\/p>\n","protected":false},"author":175,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-briefings.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1989],"tags":[],"staff":[1694],"editorial_format":[],"serie":[],"audience":[],"geo":[550],"class_list":["post-39649","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-acces-libre","staff-pietro-figuera","geo-russie"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false},"yoast_head":"\nPerspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n