{"id":39544,"date":"2019-06-01T06:42:14","date_gmt":"2019-06-01T04:42:14","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=39544"},"modified":"2019-06-01T21:00:02","modified_gmt":"2019-06-01T19:00:02","slug":"rome-isolee-apres-les-elections-europeennes-litalexit-se-rapproche-t-il","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/06\/01\/rome-isolee-apres-les-elections-europeennes-litalexit-se-rapproche-t-il\/","title":{"rendered":"Rome isol\u00e9e apr\u00e8s les \u00e9lections europ\u00e9ennes : l’Italexit se rapproche-t-il ?"},"content":{"rendered":"\n
Rome.<\/em> Apr\u00e8s le triomphe de la Ligue aux \u00e9lections europ\u00e9ennes, qui ont fait du parti de Matteo Salvini le premier parti italien avec 34 % des voix, la r\u00e9alit\u00e9 s’est impos\u00e9e de toutes ses forces : malgr\u00e9 la promesse \u00e9lectorale de Matteo Salvini de \u00ab changer l’Europe \u00bb, l’Italie est de plus en plus isol\u00e9e \u00e0 Bruxelles. Et les derniers jours enflamm\u00e9s ont c\u00e9d\u00e9 la place \u00e0 ce qui promet d’\u00eatre une lutte sans merci entre la Commission et le gouvernement italien.<\/p>\n\n\n\n Le sommet informel du Conseil europ\u00e9en du 28 mai a \u00e9t\u00e9 une manifestation \u00e9clatante de cet isolement : alors que les autres chefs d’\u00c9tat et de gouvernement de l’Union se r\u00e9unissaient pour entamer des n\u00e9gociations complexes sur la nomination des plus hautes fonctions des institutions europ\u00e9ennes, le premier ministre italien, Giuseppe Conte, est arriv\u00e9 en dernier \u00e0 Bruxelles et a \u00e9t\u00e9 le seul dirigeant, avec la d\u00e9missionaire Theresa May, \u00e0 ne pas avoir de rencontre bilat\u00e9rale avec Juncker <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Une marginalisation presque sans pr\u00e9c\u00e9dent \u00e0 Bruxelles et qui risque d\u2019\u00eatre lourde de cons\u00e9quences, laissant l\u2019Italie hors de toutes les tables de n\u00e9gociation qui comptent. \u00c0 tel point que dans les milieux diplomatiques bruxellois, il est d\u00e9j\u00e0 \u00e9vident que l\u2019Italie aura du mal \u00e0 obtenir un commissaire de poids (comme le commerce, poste f\u00e9tiche de Salvini) <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Comme nous l’analysions dans Le Grand Continen<\/em>t \u00e0 la veille du vote, il s’agit d’un isolement qui risque de s’aggraver au Parlement europ\u00e9en, o\u00f9 les deux partis au pouvoir se trouvent tous deux en marge du gouvernement de coalition en formation et ont peu de chance de trouver de nouveaux alli\u00e9s <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Parall\u00e8lement, la crise se concentre aussi sur les controverses \u00e9conomiques. Apr\u00e8s la pause \u00e9lectorale, la Commission europ\u00e9enne a repris l\u2019initiative en envoyant mercredi 29 janvier une lettre au gouvernement italien pour lui demander des \u00e9claircissements sur le manquement \u00e0 la r\u00e9duction de la dette en 2018 et critiquant les pr\u00e9visions \u00e9conomiques contenues dans la loi de budget. La Commission se r\u00e9unira le mercredi 5 juin pour discuter d’une \u00e9ventuelle proc\u00e9dure d’infraction \u00e0 l’encontre de l’Italie <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n La lettre, et surtout le contexte qui l’accompagne, montre que la strat\u00e9gie de la Commission europ\u00e9enne consiste \u00e0 augmenter la pression sur l’\u00e9conomie, en essayant d’amener le gouvernement italien \u00e0 des d\u00e9cisions plus affirm\u00e9es. Le risque, cependant, est que cela ne fasse qu’aggraver la situation, en donnant une excuse \u00e0 Matteo Salvini, qui domine de plus en plus le <\/em>gouvernement, pour renforcer sa politique. C\u2019est ce que d\u00e9montrent ses premi\u00e8res d\u00e9clarations post\u00e9rieures \u00e0 la lettre, dans lesquelles il a soulev\u00e9 les propositions \u00e9lectorales telles que l\u2019imp\u00f4t uniforme, \u00ab m\u00eame en d\u00e9ficit \u00bb. C’est un risque r\u00e9el et per\u00e7u au sein de la Commission m\u00eame, o\u00f9 des sources consult\u00e9es par Le Grand Continent<\/em> signalent que la ligne plus politique et plus agressive a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e par le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, Martin Selmayr, mais qu’elle a \u00e9t\u00e9 mal dig\u00e9r\u00e9e par une partie substantielle de services, qui auraient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 d\u00e9samorcer le conflit.<\/p>\n\n\n\n La plus grande crainte est que Salvini ne soit pas simplement un provocateur, mais qu\u2019il ait en t\u00eate un objectif bien pr\u00e9cis : l\u2019Italexit. C’est-\u00e0-dire amener le d\u00e9saccord avec l’Union europ\u00e9enne et le risque \u00e9conomique \u00e0 un niveau qui ne permette plus un maintien de l\u2019Italie dans l’euro. Apr\u00e8s tout, comme le rappelle l’\u00e9conomiste Riccardo Puglisi <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>, cela a toujours \u00e9t\u00e9 la ligne de conduite de Claudio Borghi et Alberto Bagnai, les deux conseillers \u00e9conomiques de Salvini, d\u00e9sormais d\u00e9put\u00e9s, et du nouveau eurod\u00e9put\u00e9 Antonio Rinaldi. Et bien que les march\u00e9s aient demand\u00e9 des \u00e9claircissements sur la v\u00e9ritable position de la Ligue apr\u00e8s la formation du gouvernement en juin dernier, ces \u00e9claircissements ne sont jamais arriv\u00e9s \u00ab et la Ligue maintient dans son programme le retour au pr\u00e9-Maastricht \u00bb, souligne Riccardo Puglisi.<\/p>\n\n\n\n Un signe inqui\u00e9tant en ce sens a \u00e9t\u00e9 l\u2019approbation, le 28 mai, d\u2019une motion de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s demandant l\u2019introduction des \u00ab miniBOTs \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire des obligations d\u2019\u00c9tat de petite valeur, de 5 \u00e0 100 euros <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Si l\u2019initiative \u00e9tait justifi\u00e9e comme une forme alternative de paiement des dettes de l\u2019administration publique envers des entreprises priv\u00e9es, elle a en r\u00e9alit\u00e9 \u00e9t\u00e9 soutenue depuis longtemps par Borghi et Bagnai eux-m\u00eames en tant que premier pas vers une monnaie alternative qui permettrait une sortie ordonn\u00e9e de l\u2019euro. \u00ab Un mensonge qui ne tient pas compte de la d\u00e9pr\u00e9ciation imm\u00e9diate de l’\u00e9pargne des Italiens en cas de sortie de l’euro \u00bb, affirme Puglisi.<\/p>\n\n\n\n Le minist\u00e8re des Finances a imm\u00e9diatement ni\u00e9 la possibilit\u00e9 d’introduire de tels miniBOTs. Toutefois, le risque demeure que, sans changement de strat\u00e9gie et dans la tourmente politique ouverte par le vote europ\u00e9en, avec le risque d’un vote anticip\u00e9, dans la mont\u00e9e continue du ton, le \u00ab jeu de poule \u00bb entre la Commission et l’Italie am\u00e8nera l’un des deux \u00e0 perdre le contr\u00f4le. Et la marginalisation politique de l’Italie devient finalement une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique. Un nouvel \u00e9t\u00e9 chaud se pr\u00e9pare pour l’Italie.<\/p>\n\n\n\n\n\n Apr\u00e8s les \u00e9lections europ\u00e9ennes, qui ont abouti au triomphe de la Ligue, l’Italie est \u00e0 pr\u00e9sent totalement isol\u00e9e sur le plan politique, comme en t\u00e9moignent les premi\u00e8res mesures de suspension des n\u00e9gociations sur les nominations. Le risque est que la confrontation avec la Commission aboutisse \u00e0 une v\u00e9ritable strat\u00e9gie qui pourrait conduire, bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, \u00e0 la sortie de l’Italie de l’euro.<\/p>\n","protected":false},"author":175,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-briefings.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1731],"tags":[],"geo":[543],"class_list":["post-39544","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique","staff-giovanni-collot","geo-mediterranee"],"acf":[],"yoast_head":"\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n