{"id":367833,"date":"2026-11-01T06:30:00","date_gmt":"2026-11-01T05:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=367833"},"modified":"2026-10-31T21:31:04","modified_gmt":"2026-10-31T20:31:04","slug":"lhistoire-vertigineuse-des-combattants-ouighours-en-syrie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/11\/01\/lhistoire-vertigineuse-des-combattants-ouighours-en-syrie\/","title":{"rendered":"L\u2019histoire vertigineuse des combattants ou\u00efghours en Syrie"},"content":{"rendered":"\n
Testez\u00a0<\/em>le Grand Continent. Les id\u00e9es et les analyses qu\u2019on ne trouve nulle part. Mais que vous verrez bient\u00f4t partout. Dans votre bo\u00eete mail\u00a0\u00e0 partir de 8 euros par mois<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n On estime \u00e0 environ 12 millions le nombre d\u2019Ou\u00efghours dans le monde aujourd\u2019hui, dont la plupart vivent sur le territoire chinois, essentiellement dans la r\u00e9gion du Xinjiang. C\u2019est au Kazakhstan, en Turquie et aux \u00c9tats-Unis que se concentre l\u2019essentiel de la diaspora. En Turquie, par exemple, on compte environ 40 000 Ou\u00efghours, mais il existe \u00e9galement des communaut\u00e9s en Afghanistan.<\/p>\n\n\n\n En Syrie, la communaut\u00e9 s\u2019est rapidement \u00e9toff\u00e9e : elle compte environ 20 000 personnes, hommes, femmes et enfants, dont beaucoup sont n\u00e9s sur place.\u00a0<\/p>\n\n\n\n La Chine s\u2019est toujours montr\u00e9e tr\u00e8s r\u00e9ticente \u00e0 investir en Syrie, bien avant que la question ou\u00efghoure ne se pose. Elle ne s\u2019y pr\u00e9cipitera pas. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, au-del\u00e0 bien s\u00fbr de la Turquie, les \u00c9tats qui ont r\u00e9ellement joint le geste \u00e0 la parole sont l\u2019Arabie saoudite et, dans une certaine mesure, les \u00c9mirats arabes unis et le Qatar. Certes, la Chine pourrait combler le vide, car les investissements \u00e9trangers dans la reconstruction de la Syrie sont insuffisants. Mais la situation reste trop instable. P\u00e9kin n\u2019a par ailleurs jamais tr\u00e8s bien compris la Syrie et ne lui a jamais v\u00e9ritablement fait confiance, malgr\u00e9 certains rapprochements avec Assad.<\/p>\n\n\n\n La pr\u00e9sence des Ou\u00efghours n\u2019en pr\u00e9occupe pas moins P\u00e9kin. Lors des deux visites de responsables chinois \u00e0 Damas depuis la fin de la guerre civile, les communiqu\u00e9s ont chaque fois insist\u00e9 sur ces \u00ab \u00e9l\u00e9ments terroristes en Syrie \u00bb. P\u00e9kin ne souhaite pas pour autant leur retour, mais une solution qui permettrait aux Ou\u00efghours de rester en Syrie, dans des conditions telles qu’ils ne puissent pas repr\u00e9senter une menace pour la Chine.<\/p>\n\n\n\n Tout se joue dans les d\u00e9tails qui font l\u2019objet de n\u00e9gociations continues. Damas a d\u2019autres priorit\u00e9s pour le moment et n\u2019est donc pas press\u00e9 de conclure ces pourparlers. Les Ou\u00efghours, eux, souhaitent sinc\u00e8rement obtenir la nationalit\u00e9 syrienne. Le nouveau gouvernement est d’ailleurs dispos\u00e9 \u00e0 leur d\u00e9livrer des passeports afin de les r\u00e9compenser pour leur loyaut\u00e9 et leur engagement aux c\u00f4t\u00e9s des groupes associ\u00e9s \u00e0 Ahmed al-Charaa pendant la guerre civile. <\/p>\n\n\n\n P\u00e9kin se demande donc comment emp\u00eacher les Ou\u00efghours d’utiliser ces passeports pour se rendre en Chine ou dans les pays limitrophes et s\u2019il existe un moyen de limiter leurs droits politiques en Syrie. Damas n\u2019a encore rien accept\u00e9 mais P\u00e9kin insistera s\u00fbrement sur ce point afin que les Ou\u00efghours ne puissent pas organiser de manifestations contre la Chine depuis la Syrie, ni mobiliser la diaspora en Europe et dans le reste du Moyen-Orient. <\/p>\n\n\n\n Les Ou\u00efghours forment un groupe h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, en Chine comme en Syrie. Au sein de cette communaut\u00e9 de 20 000 personnes, les points de vue, les croyances religieuses et les valeurs politiques sont divers. Publiquement, certains hauts dirigeants de la communaut\u00e9 affirment : \u00ab Nous continuons de nous pr\u00e9parer pour le jour o\u00f9 l\u2019occasion se pr\u00e9sentera d\u2019attaquer la Chine. Nous devons \u00eatre pr\u00eats et entra\u00een\u00e9s militairement, disposer d’armes, d’un plan et d’une strat\u00e9gie pour attaquer le gouvernement chinois d’une mani\u00e8re ou d’une autre. \u00bb <\/p>\n\n\n\n Surgissent ensuite les questions logistiques. Comment se rendraient-ils en Chine ? Comment affronteraient-ils la deuxi\u00e8me puissance militaire du monde ?<\/p>\n\n\n\n La plupart des Ou\u00efghours, en particulier leurs enfants \u2013 surtout ceux n\u00e9s en Syrie \u2013, ne renonceront pas, sur le plan id\u00e9ologique, \u00e0 l\u2019objectif de fonder un jour un \u00c9tat ou\u00efghour ind\u00e9pendant. C\u2019est l\u00e0 le principe f\u00e9d\u00e9rateur de cette communaut\u00e9, par ailleurs extr\u00eamement diversifi\u00e9e et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. <\/p>\n\n\n\n\n\n Mais au quotidien, tout sugg\u00e8re qu\u2019ils sont en train de devenir Syriens, qu\u2019ils construisent des foyers et se b\u00e2tissent une vie en Syrie. Ils envoient leurs enfants dans des \u00e9coles syriennes.<\/p>\n\n\n\n Effectivement, leur situation en Syrie reste pour l\u2019instant pr\u00e9caire. M\u00eame s\u2019ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme des partisans du nouveau pr\u00e9sident, qui exerce un contr\u00f4le important sur le pays, ils pourraient un jour \u00eatre expuls\u00e9s. Ils ne sont pas tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s des autres Syriens.<\/p>\n\n\n\n Des attaques contre des civils en Chine compromettraient donc leur place en Syrie : Damas ne les tol\u00e9rerait pas. Lorsque j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 des dirigeants ou\u00efghours de haut rang s\u2019ils avaient orchestr\u00e9 des attaques meurtri\u00e8res contre des civils en Chine, ils l\u2019ont ni\u00e9 avec v\u00e9h\u00e9mence. <\/p>\n\n\n\n Ils ont \u00e9t\u00e9 accapar\u00e9s par la guerre civile syrienne et ont dispos\u00e9 d’une connexion Internet tr\u00e8s mauvaise pendant la majeure partie des 14 derni\u00e8res ann\u00e9es. Cette guerre a co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 beaucoup d’entre eux ; ils subissaient une pression \u00e9norme pour survivre et venir en aide aux groupes rebelles. Il est difficile d’imaginer qu’ils aient pu, dans le m\u00eame temps, planifier des attentats terroristes en Chine, un pays si lointain et comptant parmi les plus s\u00e9curis\u00e9s au monde. <\/p>\n\n\n\n D’un point de vue strat\u00e9gique, les Ou\u00efghours se demandent avant tout comment consolider leur position en Syrie. En effet, ce sont d\u00e9sormais 20 000 femmes, hommes et enfants dont il faut prendre soin et dont l\u2019avenir d\u00e9pend des d\u00e9cisions politiques \u00e0 n\u00e9gocier aujourd\u2019hui avec Damas. Or, Damas a promis \u00e0 P\u00e9kin de ne pas laisser les Ou\u00efghours utiliser le territoire syrien pour \u00e9laborer des plans qui porteraient atteinte aux int\u00e9r\u00eats nationaux de la Chine.<\/p>\n\n\n\n Cela d\u00e9pend des Syriens. Si vous vivez dans le gouvernorat d\u2019Idlib, dans le nord de la Syrie, o\u00f9 les Ou\u00efghours se sont d\u2019abord implant\u00e9s et o\u00f9 la plupart d\u2019entre eux vivent encore, et si vous connaissiez bien le pr\u00e9tendu \u00ab gouvernement de salut \u00bb fondamentalement dirig\u00e9 par Ahmed al-Charaa avant qu’il ne soit \u00e0 la t\u00eate du pays, alors vous rencontrez des Ou\u00efghours tout le temps et vous avez peut-\u00eatre m\u00eame une bonne opinion d’eux. Les Ou\u00efghours \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme incorruptibles, tr\u00e8s disciplin\u00e9s, tr\u00e8s respectueux, tr\u00e8s conservateurs et tr\u00e8s religieux. Ils \u00e9taient certes un peu stricts sur le plan social, mais ils faisaient partie du quotidien.<\/p>\n\n\n\n Mais la guerre civile a morcel\u00e9 la Syrie en zones o\u00f9 il \u00e9tait impossible de circuler librement. Si vous vivez \u00e0 Alep, \u00e0 Damas ou plus au sud, il se peut que vous n\u2019ayez jamais rencontr\u00e9 d\u2019Ou\u00efghour et que vous n\u2019ayez entendu que des histoires concernant leur caract\u00e8re effrayant, leur efficacit\u00e9 en tant que combattants \u00e9trangers et leur conservatisme religieux. Il r\u00e8gne donc dans ces villes beaucoup de peur et d\u2019angoisse \u00e0 leur \u00e9gard, ainsi qu’\u00e0 l’\u00e9gard des combattants \u00e9trangers en g\u00e9n\u00e9ral. <\/p>\n\n\n\n Les Alaouites, les Druzes, les chiites et les chr\u00e9tiens sont extr\u00eamement inquiets face aux combattants \u00e9trangers. Ils les per\u00e7oivent comme des musulmans sunnites tr\u00e8s conservateurs qui les consid\u00e8rent comme des infid\u00e8les. Ils sont \u00e9galement tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9s par le nouveau gouvernement qui donne du pouvoir \u00e0 ces combattants, les utilise et partage, d’une certaine mani\u00e8re, une id\u00e9ologie religieuse avec eux. <\/p>\n\n\n\n\n\n Si l\u2019on devait g\u00e9n\u00e9raliser, je dirais que les Ou\u00efghours ne sont pas tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s de ces diff\u00e9rents groupes. Ce sont des \u00e9trangers, ce ne sont pas des Arabes. Ainsi, une perception tr\u00e8s r\u00e9pandue, y compris parmi les Syriens qui ont soutenu la cause rebelle, est celle selon laquelle, malgr\u00e9 leur reconnaissance envers ces combattants \u00e9trangers qui ont particip\u00e9 \u00e0 la chute du r\u00e9gime d’Assad, il est temps que ces derniers s’en aillent.<\/p>\n\n\n\n Le gouvernement a en effet men\u00e9 une enqu\u00eate. Celle-ci n\u2019a toutefois pas suscit\u00e9 une grande confiance. Peu de d\u00e9tails ont \u00e9t\u00e9 rendus publics. La population n\u2019est donc pas v\u00e9ritablement convaincue que tous les responsables aient \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 rendre des comptes. <\/p>\n\n\n\n Reuters<\/em> aussi a men\u00e9 une enqu\u00eate sur les massacres survenus sur la c\u00f4te, qui visaient principalement des civils alaouites, et rapporte que certains t\u00e9moins pensaient que des Ou\u00efghours y avaient particip\u00e9. Pour ma part, je n\u2019ai trouv\u00e9 aucune preuve de cela et les Ou\u00efghours eux-m\u00eames ont d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019ils n\u2019avaient absolument aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 s\u2019impliquer dans les affaires confessionnelles internes, car ils constituent une population vuln\u00e9rable. Ils ne veulent pas s\u2019attirer davantage l\u2019hostilit\u00e9 des Syriens. L\u2019avenir de leur pr\u00e9sence en Syrie d\u00e9pend de la volont\u00e9 des Syriens de les laisser rester ou non. <\/p>\n\n\n\n Une explication possible est que de nombreux Syriens que j\u2019ai rencontr\u00e9s confondaient les Ouzbeks et les Ou\u00efghours. Ils ignoraient que ces deux groupes \u00e9taient diff\u00e9rents, qu\u2019ils venaient d\u2019endroits diff\u00e9rents, parlaient des langues diff\u00e9rentes mais apparent\u00e9es, et qu\u2019ils combattaient au sein de groupes distincts. Il est donc tout \u00e0 fait possible que des Ouzbeks aient \u00e9t\u00e9 pris pour des Ou\u00efghours. <\/p>\n\n\n\n De plus, les rapports, dont celui de Reuters, d\u00e9crivent des combattants ou\u00efghours agissant individuellement et collaborant avec des responsables du r\u00e9gime pour massacrer des civils. Or, les Ou\u00efghours ne combattent pas individuellement. Ils combattent toujours ensemble. Cela m\u2019a donc d\u00e9j\u00e0 sembl\u00e9 un peu suspect. <\/p>\n\n\n\n Il est difficile de savoir exactement ce qui s’y passe, car il y a tr\u00e8s peu de reportages \u00e0 ce sujet. Les journalistes ont du mal \u00e0 se rendre au Xinjiang, alors qu’ils sont en th\u00e9orie libres d\u2019y voyager. Il est presque impossible d’y faire des reportages en toute libert\u00e9 et d’avoir une v\u00e9ritable conversation avec quelqu’un sur place, en particulier s’il s’agit d’un Ou\u00efghour. J\u2019ai moi-m\u00eame quitt\u00e9 la Chine en 2022, je ne suis donc plus sur le terrain, ni en Chine ni au Xinjiang. <\/p>\n\n\n\n\n\n Nous savons n\u00e9anmoins qu\u2019un grand nombre de camps de d\u00e9tention ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s apr\u00e8s que de nombreux Ou\u00efghours ont suivi ce que les autorit\u00e9s chinoises appellent des \u00ab programmes de r\u00e9\u00e9ducation \u00bb. Beaucoup d\u2019entre eux ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s et de nombreux camps temporaires ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n Cependant, de nombreux Ou\u00efghours n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s et ont disparu dans un syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire en pleine expansion. Ils ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 des peines de prison officielles de 15, 20 ou 25 ans. Le syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire local s\u2019est consid\u00e9rablement d\u00e9velopp\u00e9. Quant aux Ou\u00efghours lib\u00e9r\u00e9s, des journalistes qui se sont rendus au Xinjiang au cours des deux ou trois derni\u00e8res ann\u00e9es m\u2019ont confi\u00e9 que l\u2019atmosph\u00e8re y \u00e9tait tr\u00e8s tendue, m\u00eame si, en apparence, la vie semblait revenue \u00e0 la normale. <\/p>\n\n\n\n Il s\u2019agit en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un retour \u00e0 la normale pour les Chinois Han, dans le sens o\u00f9 les gens sont de retour dans les rues. Pendant les campagnes de d\u00e9tention, les rues \u00e9taient nettement plus vides, car de nombreux Ou\u00efghours avaient \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s. Le tourisme int\u00e9rieur a \u00e9galement repris. On observe davantage de d\u00e9placements depuis d\u2019autres provinces et r\u00e9gions vers le Xinjiang depuis la fin de la pand\u00e9mie de Covid-19. Ceux-ci s\u2019\u00e9taient presque compl\u00e8tement arr\u00eat\u00e9s lorsque les d\u00e9tentions ont commenc\u00e9, puis lorsque la pand\u00e9mie a frapp\u00e9. L\u2019apparence d\u2019une vie normale, avec ses march\u00e9s, ses magasins et ses touristes, a d\u00e9sormais repris.<\/p>\n\n\n\n Mais les Ou\u00efghours vivent sous une pression politique et une surveillance consid\u00e9rables. Et apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9s par ces centres de \u00ab r\u00e9\u00e9ducation \u00bb, beaucoup d\u2019entre eux, je pense, ont le moral bris\u00e9. Ils comprennent les risques auxquels ils s\u2019exposeraient s\u2019ils devaient s\u2019exprimer de quelque mani\u00e8re que ce soit. Les formes de contr\u00f4le social exerc\u00e9es sur les Ou\u00efghours par le Parti sont incroyablement intenses et sophistiqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n C\u2019est l\u2019aboutissement d\u2019une longue histoire, qui pr\u00e9cipite avec la cr\u00e9ation de la R\u00e9publique populaire de Chine en 1949. En effet, d\u00e8s la fin de 1949, l\u2019Arm\u00e9e populaire de lib\u00e9ration entre au Xinjiang. Au d\u00e9but, les Ou\u00efghours nourrissaient un certain espoir : comme leur r\u00e9gion devait devenir autonome (elle le sera officiellement en 1955), ils pensaient b\u00e9n\u00e9ficier d’une autonomie culturelle, religieuse et, dans une certaine mesure, \u00e9ducative afin de pr\u00e9server leur identit\u00e9 et leur culture. Mais au fil des d\u00e9cennies, cela ne s’est pas concr\u00e9tis\u00e9. <\/p>\n\n\n\n Presque chaque d\u00e9cennie a connu un mouvement de r\u00e9sistance de masse ou de protestation pacifique contre les autorit\u00e9s chinoises. Parfois, ces manifestations ont d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en violences. Les Ou\u00efghours affirmaient souvent que les autorit\u00e9s chinoises avaient ouvert le feu en premier. Ces affrontements \u00e9taient immanquablement suivis d’une vague d’arrestations, de r\u00e9pression et de la mise en place de mesures de contr\u00f4le encore plus strictes sur la culture et la religion ou\u00efghoures. <\/p>\n\n\n\n Le plus meurtrier de ces affrontements, en juillet 2009. <\/p>\n\n\n\n L\u2019une des grandes questions que je me posais en menant ce reportage, dont je savais qu\u2019il serait sensible et qu\u2019il ne r\u00e9jouirait personne, \u00e9tait la suivante : pourquoi ces Ou\u00efghours ont-ils choisi la violence pour s\u2019opposer au Parti communiste chinois ? Pourquoi ont-ils tout laiss\u00e9 derri\u00e8re eux pour mener, dans un pays \u00e9tranger, une guerre qui n\u2019\u00e9tait pas la leur ? <\/p>\n\n\n\n Presque tous ont r\u00e9pondu que les \u00e9meutes interethniques d’Urumqi en juillet 2009 les avaient convaincus qu\u2019une coexistence pacifique avec les Han \u00e9tait impossible et que le seul langage que le Parti communiste chinois prendrait au s\u00e9rieux \u00e9tait celui de la violence. <\/p>\n\n\n\n Les Ou\u00efghours sont descendus pacifiquement dans la rue pour protester contre le meurtre de deux ouvriers ou\u00efghours dans une usine du Guangdong, en juin 2009. Ils se sont heurt\u00e9s \u00e0 la police et les affrontements ont d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en \u00e9meutes interethniques, qui ont fait pr\u00e8s de 200 morts selon le bilan officiel, en majorit\u00e9 des Han. <\/p>\n\n\n\n Les Ou\u00efghours ont alors estim\u00e9 que les manifestations pacifiques n\u2019avaient jamais fonctionn\u00e9. Chaque d\u00e9cennie, ils organisaient une manifestation pacifique et leur situation politique ne faisait qu\u2019empirer. Ils en ont donc conclu qu’il \u00e9tait temps de prendre les armes, \u00e9tant donn\u00e9 que la R\u00e9publique populaire de Chine avait elle-m\u00eame vu le jour de cette mani\u00e8re : par la guerre, en formant sa propre arm\u00e9e rebelle. La question s\u2019est ensuite pos\u00e9e de savoir o\u00f9 ils pourraient agir : beaucoup ont choisi la Syrie.<\/p>\n\n\n\n\n\n D\u2019autres, d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1990, avaient tent\u00e9 leur chance en Afghanistan et au Pakistan.<\/p>\n\n\n\n Les Ou\u00efghours ont une longue tradition de mobilit\u00e9 : sur les routes de la soie, ils ont longtemps servi de marchands et d\u2019interpr\u00e8tes entre les peuples turcophones d\u2019Asie centrale. Les militants n\u2019ont pas fait exception. \u00c0 partir de la fin des ann\u00e9es 1990, de petits groupes d\u2019Ou\u00efghours se sont rendus \u00e0 la fronti\u00e8re entre l\u2019Afghanistan et le Pakistan dans l\u2019espoir de s\u2019entra\u00eener avec des groupes islamistes pr\u00e9sents sur place, comme Al-Qa\u00efda et les talibans. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019est n\u00e9 le Mouvement islamique du Turkestan oriental (ETIM).<\/p>\n\n\n\n L’exp\u00e9rience a tourn\u00e9 court : tr\u00e8s peu d\u2019entre eux ont surv\u00e9cu. Ils ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s lors d\u2019affrontements entre groupes \u00e0 la fronti\u00e8re afghane, mais aussi lors de bombardements am\u00e9ricains. Les autorit\u00e9s pakistanaises en ont arr\u00eat\u00e9 plus d\u2019une vingtaine et les ont transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 Guantanamo Bay, en collaboration avec Washington. Les \u00c9tats-Unis ont fini par reconna\u00eetre qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas des combattants ennemis et par les lib\u00e9rer, mais cela a pris des ann\u00e9es. Les conditions sur place \u00e9taient si difficiles qu\u2019ils n\u2019ont pas pu suivre de v\u00e9ritable formation militaire. <\/p>\n\n\n\n Quelques dizaines d\u2019Ou\u00efghours ayant surv\u00e9cu ont tr\u00e8s vite compris que ce n\u2019\u00e9tait pas un bon endroit pour s\u2019entra\u00eener. Ils sont partis en Syrie et ont constitu\u00e9, pour autant que je sache, le premier groupe de combattants ou\u00efghours pr\u00e9sent dans ce pays. <\/p>\n\n\n\n La question reste ouverte : l\u2019ETIM est-elle une organisation disposant d’une direction centrale, d’une structure organisationnelle centralis\u00e9e et d’une hi\u00e9rarchie ? Il est ind\u00e9niable qu\u2019a exist\u00e9, au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies, une n\u00e9buleuse de groupes militants ou\u00efghours, vaguement li\u00e9s entre eux et partageant l\u2019objectif de combattre le Parti communiste chinois et d\u2019\u00e9tablir un \u00c9tat ou\u00efghour ind\u00e9pendant. La Chine les qualifie tous de membres de cette organisation, l\u2019ETIM. Mais il serait plus judicieux de la consid\u00e9rer comme un terme g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9signant ce mouvement global de r\u00e9sistance arm\u00e9e, que l\u2019on pourrait qualifier de \u00ab mouvement de lib\u00e9ration nationaliste islamiste \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Certains des Ou\u00efghours qui sont all\u00e9s en Syrie venaient d\u2019Afghanistan ou du Pakistan, mais pour la majorit\u00e9 d\u2019entre eux, ce n\u2019est pas le cas. La plupart sont d\u2019abord all\u00e9s en Turquie, o\u00f9 ils ont travaill\u00e9 et \u00e9tudi\u00e9, avant d\u2019entendre parler d\u2019Ou\u00efghours traversant la fronti\u00e8re terrestre pour entrer en Syrie.<\/p>\n\n\n\n Il y avait des contacts entre les Ou\u00efghours de Syrie et ceux rest\u00e9s en Afghanistan. Ils se connaissaient bien et se tenaient mutuellement inform\u00e9s de leurs activit\u00e9s. Mais les Ou\u00efghours de Syrie, presque d\u00e8s le d\u00e9but, ont largement d\u00e9pass\u00e9 ceux d\u2019Afghanistan en termes d\u2019effectifs, de capacit\u00e9s, d\u2019influence et d\u2019activit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n On ne peut pas faire de g\u00e9n\u00e9ralisation quant aux origines des Ou\u00efghours qui se sont rendus en Syrie, car ils sont v\u00e9ritablement issus de tous les horizons, que ce soit sur le plan socio-\u00e9conomique, \u00e9ducatif ou professionnel. Il y a des gens qui n\u2019ont jamais termin\u00e9 le lyc\u00e9e, des ouvriers du b\u00e2timent, des travailleurs migrants, des agriculteurs, mais aussi des titulaires de doctorats, des multimillionnaires, des promoteurs immobiliers, des chefs d\u2019entreprise et des propri\u00e9taires de soci\u00e9t\u00e9s de logistique. <\/p>\n\n\n\n Certains \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pratiquants. Beaucoup \u00e9taient issus de familles que l\u2019on pourrait qualifier de \u00ab culturellement musulmanes \u00bb, mais qui \u00e9taient en r\u00e9alit\u00e9 presque enti\u00e8rement la\u00efques. Leur point commun \u00e9tait qu\u2019ils cherchaient tous un endroit s\u00fbr o\u00f9 vivre, et qu\u2019ils cherchaient \u00e9galement, dans leur esprit, un moyen constructif de lutter contre le Parti communiste chinois et d\u2019aider les Ou\u00efghours qui vivaient encore en Chine.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Pendant la guerre, presque tous sont devenus extr\u00eamement pratiquants. Cela s\u2019explique en partie par le fait que la r\u00e9gion du nord de la Syrie o\u00f9 ils vivent a toujours \u00e9t\u00e9 plus religieuse, plus conservatrice sur le plan social et plus sunnite que le reste du pays. Cela tient aussi en partie au fait que les Ou\u00efghours se sont vu refuser la possibilit\u00e9 d\u2019explorer la religion, et que les habitants du Xinjiang sont tr\u00e8s curieux de d\u00e9couvrir ce qu\u2019ils consid\u00e8rent comme une forme plus pure et plus authentique de l\u2019islam \u2013 qui est en r\u00e9alit\u00e9 une sorte d\u2019islam fondamentaliste qui s\u2019est diffus\u00e9 au cours dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies \u00e0 travers le Moyen-Orient. <\/p>\n\n\n\n\n\n Ils ont donc adopt\u00e9 cette forme tr\u00e8s fondamentaliste de l\u2019islam. Et politiquement, d\u2019une certaine mani\u00e8re, cela leur a profit\u00e9, car cela a soutenu leur motivation au cours d\u2019une guerre civile extr\u00eamement difficile. Cela les a maintenus unis. <\/p>\n\n\n\n Ce qui m\u2019a paru int\u00e9ressant, c\u2019est qu\u2019avant leur d\u00e9part, bon nombre d\u2019Ou\u00efghours que j\u2019ai rencontr\u00e9s n\u2019\u00e9taient religieux que d\u2019un point de vue culturel. Ils c\u00e9l\u00e9braient les f\u00eates musulmanes, mais ne priaient pas r\u00e9guli\u00e8rement. Beaucoup d\u2019entre eux n\u2019\u00e9taient jamais all\u00e9s dans une \u00e9cole religieuse. Et beaucoup se sont tourn\u00e9s vers la religion parce que c\u2019\u00e9tait pour eux un exutoire lorsqu\u2019ils vivaient au Xinjiang, un exutoire face \u00e0 la discrimination et \u00e0 la r\u00e9pression dont ils \u00e9taient victimes.<\/p>\n\n\n\n Je pense qu\u2019il y a tr\u00e8s peu de points communs entre les Ou\u00efghours de Syrie et les autres communaut\u00e9s de la diaspora. <\/p>\n\n\n\n Il y avait d\u2019abord des barri\u00e8res linguistiques. Les Ou\u00efghours ont d\u00fb apprendre \u00e0 parler l\u2019arabe, et beaucoup d\u2019entre eux le parlent maintenant couramment. Leurs enfants n\u00e9s en Syrie le parlent \u00e9videmment comme leur langue maternelle. <\/p>\n\n\n\n Il y avait certaines barri\u00e8res id\u00e9ologiques dans le sens o\u00f9 les Ou\u00efghours \u00e9taient devenus tr\u00e8s fondamentalistes. Ils ne fumaient pas, n’\u00e9coutaient pas de musique, ne dansaient pas. Leurs femmes \u00e9taient enti\u00e8rement voil\u00e9es. \u00c0 la tomb\u00e9e de la nuit, ils priaient et allaient se coucher. <\/p>\n\n\n\n Ils combattaient aux c\u00f4t\u00e9s de Syriens dont beaucoup \u00e9taient des islamistes sunnites, mais en priv\u00e9, sur les lignes de front, ceux-ci fumaient, buvaient, jouaient aux cartes et \u00e9coutaient de la musique. Au d\u00e9but, cela a choqu\u00e9 de nombreux Ou\u00efghours qui pensaient combattre aux c\u00f4t\u00e9s de fr\u00e8res d\u2019armes, tant sur le plan politique que religieux. \u00ab Comment est-ce possible ? Sont-ils de vrais musulmans ? \u00bb, se demandaient-ils. Ils ont d\u00fb apprendre \u00e0 s\u2019ouvrir aux Syriens et aux personnes de tous horizons.\u00a0<\/p>\n\n\n\n On peut voir \u00e0 quel point la Syrie a transform\u00e9 les Ou\u00efghours. Eux-m\u00eames ont contribu\u00e9 \u00e0 changer la Syrie, \u00e0 changer son gouvernement, mais c\u2019est vraiment la Syrie qui a fa\u00e7onn\u00e9 ce qu\u2019ils sont aujourd\u2019hui. Ils auraient pu se radicaliser davantage. Les Ou\u00efghours d\u2019Afghanistan, eux, sont rest\u00e9s tr\u00e8s fondamentalistes. Mais les Ou\u00efghours de Syrie savaient qu\u2019ils devaient s\u2019ouvrir \u00e0 la collaboration avec les Syriens de toutes les confessions. Et ils savaient \u00e9galement que s\u2019ils devaient un jour fonder leur propre \u00c9tat ou\u00efghour, ils devraient accueillir des Ou\u00efghours de tous horizons. <\/p>\n\n\n\n Ainsi, aujourd\u2019hui, la plupart des Ou\u00efghours de Syrie ne sont pas si religieux que cela, et ne sont pas si conservateurs que cela, d\u2019un point de vue social. La musique, le chant et la po\u00e9sie, notamment, sont au c\u0153ur de leur identit\u00e9 et de leur culture. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e de voir qu\u2019ils avaient renonc\u00e9 \u00e0 tant de r\u00e8gles. <\/p>\n\n\n\n Cela a fini par entra\u00eener une scission. Les Ou\u00efghours de Syrie ont d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Nous sommes avant tout une entit\u00e9 politique. Nous sommes un mouvement nationaliste, et nous devons mettre l\u2019accent sur notre identit\u00e9 nationale commune avant toute identit\u00e9 religieuse. La religion ne peut constituer un \u00e9l\u00e9ment obligatoire dans ce futur \u00c9tat que nous imaginons, et nous devons nous concentrer sur des aspects concrets, comme la cr\u00e9ation d\u2019h\u00f4pitaux et d\u2019\u00e9coles, et la mise \u00e0 disposition de logements pour notre peuple. Nous ne pouvons pas consacrer autant de temps aux affaires religieuses. \u00bb On assiste donc \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de cadres au sein des rangs des Ou\u00efghours de Syrie, ainsi qu\u2019\u00e0 une certaine division entre les groupes syrien et afghan.<\/p>\n\n\n\nOn parle beaucoup des Ou\u00efghours du Xinjiang, beaucoup moins de ceux qui vivent hors de Chine. Combien sont-ils et o\u00f9 ?\u00a0<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Quelle place la Syrie occupe-t-elle dans cette diaspora ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
P\u00e9kin reste tr\u00e8s en retrait de la reconstruction syrienne. Faut-il y voir le poids de la question ou\u00efghoure ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Que n\u00e9gocie concr\u00e8tement P\u00e9kin avec le gouvernement syrien ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Assad tomb\u00e9, la lutte contre P\u00e9kin reste-t-elle leur projet, ou devient-elle un horizon de plus en plus th\u00e9orique ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Entre le r\u00eave d\u2019un \u00c9tat ou\u00efghour et l\u2019installation en Syrie, lequel l\u2019emporte aujourd\u2019hui ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Cette installation encore fragile les oblige-t-elle \u00e0 mettre leurs projets contre la Chine en pause ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Comment sont-ils per\u00e7us en Syrie ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Et pour les minorit\u00e9s religieuses, que repr\u00e9sentent ces combattants \u00e9trangers ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n En mars 2025, des Ou\u00efghours ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s d\u2019avoir particip\u00e9 aux massacres d\u2019Alaouites sur la c\u00f4te. L\u2019enqu\u00eate officielle a-t-elle permis d\u2019y voir plus clair ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
D\u2019o\u00f9 viennent alors ces accusations ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Depuis la vague d\u2019internements de masse de 2017, le Xinjiang est devenu presque opaque. Que peut-on encore savoir de ce qui s\u2019y passe ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Une normalit\u00e9 pour qui ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Cette r\u00e9pression marque-t-elle une rupture, ou l\u2019aboutissement d\u2019une histoire plus longue ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Qu\u2019est-ce qui a fait passer une partie des Ou\u00efghours de la protestation \u00e0 la lutte arm\u00e9e ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Qu\u2019est-ce qui, en 2009, a rendu la voie pacifique impensable \u00e0 leurs yeux ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Pourquoi l\u2019Afghanistan n\u2019est-il pas devenu leur base arri\u00e8re ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
P\u00e9kin range tous ces combattants sous l\u2019\u00e9tiquette de l\u2019ETIM, le Mouvement islamique du Turkestan oriental. Cette organisation existe-t-elle vraiment ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Le front syrien et le front afghan formaient-ils un m\u00eame mouvement ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Qui sont ceux qui ont tout quitt\u00e9 pour la Syrie ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Partaient-ils d\u2019abord par conviction religieuse ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
La guerre les a-t-elle radicalis\u00e9s ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Qu\u2019ont-ils encore en commun avec le reste de la diaspora, dans son immense majorit\u00e9 pacifique ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Et parmi les autres groupes rebelles, souvent islamistes eux aussi, se sentaient-ils parmi les leurs ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Qui a le plus chang\u00e9 l\u2019autre : les Ou\u00efghours la Syrie, ou la Syrie les Ou\u00efghours ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Cette \u00e9volution a-t-elle divis\u00e9 le mouvement ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Ont-ils simplement suivi la trajectoire d\u2019Ahmed al-Charaa, du djihad \u00e0 la gestion d\u2019un territoire ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n