{"id":367055,"date":"2026-10-29T06:00:00","date_gmt":"2026-10-29T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=367055"},"modified":"2026-10-29T02:46:38","modified_gmt":"2026-10-29T01:46:38","slug":"faire-de-leuro-une-monnaie-geopolitique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/29\/faire-de-leuro-une-monnaie-geopolitique\/","title":{"rendered":"Faire de l’euro une monnaie g\u00e9opolitique"},"content":{"rendered":"\n
Testez\u00a0<\/em>le Grand Continent. Les id\u00e9es et les analyses qu\u2019on ne trouve nulle part. Mais que vous verrez bient\u00f4t partout. Dans votre bo\u00eete mail\u00a0\u00e0 partir de 8 euros par mois<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n J\u2019ai commenc\u00e9 ma carri\u00e8re en tant que jeune \u00e9conomiste form\u00e9 dans une tradition plut\u00f4t classique. Ma th\u00e8se de doctorat, par exemple, portait sur la politique budg\u00e9taire et les \u00e9carts de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat au sein du m\u00e9canisme de change europ\u00e9en, et je me consacre depuis lors, tant sur le plan intellectuel que professionnel, \u00e0 l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique et mon\u00e9taire de l\u2019Europe <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n En 1995, j\u2019ai rejoint pour la premi\u00e8re fois la Banque centrale n\u00e9erlandaise (DNB) afin de contribuer \u00e0 la pr\u00e9paration de l\u2019adoption prochaine de l\u2019euro. Trois ans plus tard, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 la mise en place du service d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la zone euro au Fonds mon\u00e9taire international. \u00c0 mon retour \u00e0 la DNB fin 1999, j\u2019ai consacr\u00e9 la majeure partie de la d\u00e9cennie suivante \u00e0 la r\u00e9glementation financi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n La crise financi\u00e8re mondiale de 2008-2009 m\u2019a fait passer du statut de r\u00e9gulateur financier consciencieux \u00e0 celui de gestionnaire de crise charg\u00e9 de certaines des op\u00e9rations de sauvetage bancaire les plus complexes de ma carri\u00e8re. J\u2019ai ensuite quitt\u00e9 la DNB pour rejoindre le Tr\u00e9sor n\u00e9erlandais, o\u00f9 l\u2019accent n\u2019\u00e9tait plus mis sur la gestion de la crise elle-m\u00eame \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire le sauvetage des banques, la cession d\u2019actifs, la recapitalisation des banques et autres mesures similaires \u2013, mais sur la reconstruction de l\u2019architecture institutionnelle susceptible de rendre le syst\u00e8me plus r\u00e9silient afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019un tel cataclysme ne se reproduise.<\/p>\n\n\n\n En 2011, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 pr\u00e9sident de la DNB, poste que j\u2019ai eu le privil\u00e8ge d\u2019occuper pendant 14 ans. Au cours de cette p\u00e9riode, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 plus d\u2019une centaine de r\u00e9unions du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) et travaill\u00e9 avec trois pr\u00e9sidents diff\u00e9rents de la BCE. Parall\u00e8lement, de d\u00e9cembre\u00a02021 jusqu\u2019\u00e0 la fin de mon mandat, j\u2019ai pr\u00e9sid\u00e9 le Conseil de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, ce qui m\u2019a offert un point de vue privil\u00e9gi\u00e9 sur les politiques mon\u00e9taires et de stabilit\u00e9 financi\u00e8re mondiales et m\u2019a permis de jouer un r\u00f4le dans la coordination internationale des politiques au-del\u00e0 du cadre europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n Mon d\u00e9part du Conseil des gouverneurs de la BCE, il y a un peu plus d\u2019un an, m\u2019a donn\u00e9 l\u2019occasion de porter un regard r\u00e9trospectif sur cette p\u00e9riode, d\u2019examiner l\u2019\u00e9volution des politiques et de voir comment mes opinions ont \u00e9t\u00e9 mises \u00e0 l\u2019\u00e9preuve et affin\u00e9es par les \u00e9v\u00e9nements. Dans cette note d\u2019orientation, je reviens sur ce parcours intellectuel men\u00e9 au cours de ces 14 ann\u00e9es \u00e0 travers trois th\u00e8mes \u00e9troitement li\u00e9s dans le domaine de la politique mon\u00e9taire : les achats d\u2019actifs et le r\u00f4le de facto de pr\u00eateur en dernier ressort dans une union mon\u00e9taire fragment\u00e9e ; la politique budg\u00e9taire et la question de l\u2019emprunt commun europ\u00e9en ; et le r\u00f4le international de l\u2019euro dans un ordre g\u00e9opolitique en mutation.<\/p>\n\n\n\n Je pense que l\u2019\u00e9volution de ma r\u00e9flexion sur ces questions refl\u00e8te, \u00e0 bien des \u00e9gards, l\u2019\u00e9volution de l\u2019union mon\u00e9taire et de son architecture. Je continue de croire que l\u2019int\u00e9gration sui generis<\/em> de l\u2019Europe pose des d\u00e9fis uniques \u00e0 la politique \u00e9conomique et \u00e0 la politique mon\u00e9taire, conf\u00e8re une responsabilit\u00e9 particuli\u00e8re aux banquiers centraux et exige que la politique de la BCE soit encadr\u00e9e par des lois, soumise \u00e0 des conditions et ancr\u00e9e dans le mandat de stabilit\u00e9 des prix. Mais l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne exige \u00e9galement du pragmatisme pour actualiser ce cadre d\u2019action afin de pr\u00e9server ses principes fondateurs.<\/p>\n\n\n\n Lorsque j\u2019ai pris mes fonctions \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2011, la BCE faisait face aux premi\u00e8res secousses de ce qui allait devenir une v\u00e9ritable crise de la dette souveraine et du secteur bancaire. Le cadre conceptuel que j\u2019ai apport\u00e9 \u00e0 Francfort s\u2019inscrivait dans une conception traditionnelle du r\u00f4le de la banque centrale : la stabilit\u00e9 des prix devait \u00eatre assur\u00e9e par le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, les mesures non conventionnelles \u00e9tant r\u00e9serv\u00e9es aux v\u00e9ritables situations d\u2019urgence, telles que la crise financi\u00e8re mondiale de 2008-2009. Au d\u00e9part, je comptais parmi les voix les plus sceptiques au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE quant \u00e0 l\u2019ampleur de l\u2019assouplissement mon\u00e9taire et des achats d\u2019actifs. <\/p>\n\n\n\n Ce scepticisme refl\u00e9tait ma formation \u00e9conomique, et non une rigidit\u00e9 id\u00e9ologique. Il reposait sur de r\u00e9elles pr\u00e9occupations concernant l\u2019efficacit\u00e9 et les effets secondaires des outils non conventionnels. \u00c0 mesure que de nouvelles donn\u00e9es apparaissaient et que la situation de notre union mon\u00e9taire \u00e9voluait, je n\u2019ai toutefois cess\u00e9 de r\u00e9examiner ces convictions. M\u00eame si j\u2019avais \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t r\u00e9serv\u00e9 quant \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 du programme pour les march\u00e9s de titres (SMP) convenu sous la pr\u00e9sidence de Jean-Claude Trichet, par exemple, j\u2019ai approuv\u00e9 l\u2019annonce des op\u00e9rations mon\u00e9taires sur titres (OMT) faite par Mario Draghi \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2012.<\/p>\n\n\n\n Mais tout en reconnaissant l\u2019efficacit\u00e9 des achats d\u2019actifs pour r\u00e9tablir la transmission de la politique mon\u00e9taire, j\u2019\u00e9tais plus sceptique quant \u00e0 la capacit\u00e9 de notre programme d\u2019assouplissement quantitatif (QE) \u00e0 ramener l\u2019inflation \u00e0 son objectif. L\u00e0 encore, mon point de vue a \u00e9volu\u00e9. Les donn\u00e9es r\u00e9centes sur les effets de l\u2019assouplissement quantitatif ont fourni d\u2019importants enseignements, tant aux partisans qu\u2019aux sceptiques. Les achats d\u2019actifs font partie int\u00e9grante de la panoplie d\u2019outils de politique mon\u00e9taire ; ils contribuent \u00e0 fa\u00e7onner l\u2019ensemble de la structure des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat (dans le temps et entre les classes d\u2019actifs) afin de maximiser l\u2019effet de la politique mon\u00e9taire lorsque le taux directeur \u00e0 court terme atteint sa borne inf\u00e9rieure effective.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Cela dit, je pense que l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019assouplissement quantitatif d\u00e9pend \u00e0 la fois du contexte \u00e9conomique et de l\u2019orientation de la politique budg\u00e9taire. Dans un pi\u00e8ge de liquidit\u00e9 o\u00f9 la politique mon\u00e9taire perd une grande partie de son pouvoir, les multiplicateurs budg\u00e9taires atteignent g\u00e9n\u00e9ralement leur maximum. Si la zone euro venait \u00e0 se retrouver \u00e0 nouveau dans une telle situation, je serais donc un fervent d\u00e9fenseur d\u2019une coordination \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la zone euro visant une orientation budg\u00e9taire agr\u00e9g\u00e9e appropri\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Le tournant d\u00e9cisif dans ma r\u00e9flexion s\u2019est produit en 2012, lorsque la fragmentation des march\u00e9s obligataires souverains a menac\u00e9 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 m\u00eame de l\u2019union mon\u00e9taire. Les \u00e9carts de rendement sur la dette italienne et espagnole ont grimp\u00e9 en fl\u00e8che pour atteindre des niveaux insoutenables, rompant ainsi l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de la transmission mon\u00e9taire qui constitue une condition pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de la politique mon\u00e9taire unique. \u00c0 partir de 2011, la crise de l\u2019euro n\u2019\u00e9tait plus simplement une crise de la dette souveraine ou une crise bancaire comme en Irlande ou en Espagne. \u00c0 mesure que la contagion se propageait, il est devenu \u00e9vident que les march\u00e9s doutaient de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 politique de l\u2019union mon\u00e9taire et du caract\u00e8re irr\u00e9versible de l\u2019euro, et par l\u00e0 m\u00eame de l\u2019unicit\u00e9 de la monnaie dans la zone euro. L\u2019\u00e9mergence du risque de convertibilit\u00e9 et la rupture de la transmission de notre politique mon\u00e9taire qui en a d\u00e9coul\u00e9 ont clairement montr\u00e9 que notre cadre analytique et notre panoplie d\u2019instruments devaient faire un bond en avant. <\/p>\n\n\n\n En tant que banquier central au sein d\u2019une union \u00e9conomique et mon\u00e9taire incompl\u00e8te, j\u2019ai fini par accepter que l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de la transmission mon\u00e9taire ne puisse \u00eatre dissoci\u00e9e d\u2019une forme ou d\u2019une autre de r\u00f4le de pr\u00eateur en dernier ressort. C\u2019est pourquoi j\u2019ai publiquement soutenu le programme OMT en 2012, une position qui n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 comprise dans les milieux d\u2019Europe du Nord. Mon soutien \u00e9tait toutefois conditionnel : les OMT devaient \u00eatre soumises \u00e0 des conditions budg\u00e9taires et structurelles strictes. J\u2019avais rapidement reconnu la port\u00e9e des propos tenus par Mario Draghi \u00e0 Londres en juillet 2012 et, moyennant la mise en place de garde-fous appropri\u00e9s, j\u2019y adh\u00e9rais pleinement. Les OMT n\u2019ont en r\u00e9alit\u00e9 jamais \u00e9t\u00e9 activ\u00e9es, mais elles ont durablement red\u00e9fini la perception qu\u2019avaient les march\u00e9s de la capacit\u00e9 de soutien de la BCE, ce qui offre une illustration exemplaire de la mani\u00e8re dont la cr\u00e9dibilit\u00e9 d\u2019une banque centrale peut op\u00e9rer par la dissuasion plut\u00f4t que par l\u2019intervention.<\/p>\n\n\n\n En janvier\u00a02025 <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>, j\u2019ai qualifi\u00e9 les OMT de \u00ab bond en avant \u00bb car c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que la BCE s\u2019est engag\u00e9e \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 des achats d\u2019actifs potentiellement illimit\u00e9s si n\u00e9cessaire, \u00e9liminant ainsi le risque de red\u00e9nomination et agissant de facto en tant que pr\u00eateur en dernier ressort. Cela a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ce que je consid\u00e8re d\u00e9sormais comme une v\u00e9rit\u00e9 fondamentale concernant l\u2019architecture de la zone euro : une union mon\u00e9taire dont les politiques budg\u00e9taires, les march\u00e9s de la dette et les syst\u00e8mes bancaires sont fragment\u00e9s au niveau national ne peut fonctionner sans une forme de filet de s\u00e9curit\u00e9 fourni par la banque centrale, aussi conditionnelle soit-elle.\u00a0<\/p>\n\n\n\n En 2015, la BCE a lanc\u00e9 son premier programme d\u2019assouplissement quantitatif visant directement \u00e0 rendre la politique mon\u00e9taire plus accommodante et \u00e0 stimuler l\u2019inflation. Le lancement de ce programme d\u2019achat d\u2019actifs (APP) m\u2019a plac\u00e9 dans une situation de tension plus manifeste avec la majorit\u00e9 de mes coll\u00e8gues au sein du Conseil des gouverneurs. Bien que j\u2019aie pleinement admis la n\u00e9cessit\u00e9 de mesures non conventionnelles pour ancrer les anticipations dans le contexte d\u00e9flationniste du milieu des ann\u00e9es 2010, j\u2019ai constamment insist\u00e9 pour que la mise en \u0153uvre du programme soit rigoureuse, notamment en \u00e9tablissant des crit\u00e8res clairs tant pour son extension que pour sa normalisation ult\u00e9rieure, car je continuais \u00e0 \u00e9mettre des r\u00e9serves quant \u00e0 son efficacit\u00e9 ultime pour ramener l\u2019inflation \u00e0 un niveau inf\u00e9rieur \u00e0, mais proche de, 2 %.<\/p>\n\n\n\n Au fil du temps, j\u2019en suis venu \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019assouplissement quantitatif comme un moyen de t\u00e9moigner de notre attachement \u00e0 notre objectif et comme une extension de la politique conventionnelle de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 court terme \u00e0 l\u2019ensemble de la courbe et de la structure des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. En r\u00e9duisant les primes de terme et de risque \u00e0 travers les classes d\u2019actifs et en abaissant les co\u00fbts d\u2019emprunt \u00e0 long terme, les achats d\u2019actifs ont apport\u00e9 un soutien substantiel lorsque la partie courte de la courbe avait atteint sa borne inf\u00e9rieure effective. Ce canal \u00e9tait le plus efficace lorsqu\u2019il existait encore une marge de man\u0153uvre substantielle pour que les taux \u00e0 long terme baissent. \u00c0 mesure que la courbe des taux s\u2019aplatissait progressivement, cependant, l\u2019efficacit\u00e9 marginale des achats suppl\u00e9mentaires a diminu\u00e9, tandis que les effets secondaires et les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 une \u00e9ventuelle sortie s\u2019accumulaient au fil du temps. Dans ce contexte, la politique mon\u00e9taire sans soutien budg\u00e9taire perd une grande partie de son efficacit\u00e9 <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Avec le recul, je pense que la BCE a, dans l\u2019ensemble, \u00e9t\u00e9 trop lente \u00e0 mettre en place l\u2019assouplissement quantitatif en 2014, et j\u2019assume ma part de responsabilit\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard. Mais je pense \u00e9galement qu\u2019elle a probablement poursuivi l\u2019assouplissement quantitatif trop longtemps et d\u2019une mani\u00e8re qui aurait pu \u00eatre plus cibl\u00e9e. La le\u00e7on que je tire de cette exp\u00e9rience est qu\u2019il vaut sans doute mieux lancer l\u2019assouplissement quantitatif plus t\u00f4t et de mani\u00e8re plus vigoureuse que nous ne l\u2019avons fait, mais aussi faire preuve de plus de souplesse et y mettre fin plus t\u00f4t. Apr\u00e8s tout, une approche consistant \u00e0 frapper fort d\u2019embl\u00e9e maximisera probablement l\u2019effet d\u2019annonce sur les anticipations d\u2019inflation, tandis que des achats progressifs auront peu de chances d\u2019entra\u00eener un changement plus structurel du taux d\u2019inflation sous-jacent.<\/p>\n\n\n\n La pand\u00e9mie a permis de mettre cette nouvelle doctrine \u00e0 l\u2019\u00e9preuve. Le programme d\u2019achats d\u2019urgence face \u00e0 la pand\u00e9mie (PEPP), lanc\u00e9 en mars 2020, s\u2019est affranchi de la contrainte li\u00e9e \u00e0 la cl\u00e9 de r\u00e9partition du capital qui r\u00e9gissait les pr\u00e9c\u00e9dents achats d\u2019actifs, en autorisant explicitement une plus grande flexibilit\u00e9 entre les diff\u00e9rentes classes d\u2019actifs et pays afin d\u2019\u00e9viter une fragmentation des conditions financi\u00e8res lors d\u2019un choc sym\u00e9trique. J\u2019ai soutenu le PEPP sans r\u00e9serve, conscient que l\u2019urgence sanitaire avait entra\u00een\u00e9 une destruction de la demande sans pr\u00e9c\u00e9dent qui justifiait une r\u00e9ponse budg\u00e9taire et mon\u00e9taire tout aussi in\u00e9dite. La conception du PEPP (flexible, de grande envergure et clairement temporaire) correspondait \u00e9galement \u00e0 ma pr\u00e9f\u00e9rence pour des instruments dont la port\u00e9e \u00e9tait flexible, mais dont la dur\u00e9e \u00e9tait explicitement limit\u00e9e. Au fil du temps, nous avons pu mener les achats dans le cadre du PEPP de mani\u00e8re plus efficace. Nous nous sommes attach\u00e9s \u00e0 pr\u00e9server des conditions de financement favorables, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 acheter un montant pr\u00e9d\u00e9fini d\u2019obligations. Nous avons ainsi pu acheter moins lorsque les conditions \u00e9taient favorables, et acheter plus lorsque les conditions l\u2019exigeaient. Je pense que c\u2019est l\u2019un des moyens par lesquels nous pouvons garantir la proportionnalit\u00e9 des programmes d\u2019achat.<\/p>\n\n\n\n Lors d\u2019une intervention \u00e0 la London School of Economics<\/em> d\u00e9but 2026, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 mes fonctions <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>, j\u2019ai clairement distingu\u00e9, dans ma r\u00e9trospective sur l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019assouplissement quantitatif les achats d\u2019actifs<\/p>\n\n\n\n Notre exp\u00e9rience en mati\u00e8re d\u2019assouplissement quantitatif m\u2019a \u00e9galement appris que, si l\u2019ind\u00e9pendance de la banque centrale est indispensable, les politiques mon\u00e9taire et budg\u00e9taire ne peuvent pas toujours \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es isol\u00e9ment. C\u2019est une id\u00e9e fausse de croire que la politique mon\u00e9taire peut stabiliser pleinement l\u2019\u00e9conomie en toutes circonstances, ind\u00e9pendamment de l\u2019orientation budg\u00e9taire et du contexte institutionnel plus large. L\u2019assouplissement quantitatif, en particulier, tire profit d\u2019une orientation budg\u00e9taire align\u00e9e. Cela a d\u2019importantes cons\u00e9quences institutionnelles et implique que, si l\u2019ind\u00e9pendance est essentielle, elle ne doit pas pour autant entraver la coordination des politiques.<\/p>\n\n\n\n La cr\u00e9ation de l\u2019instrument de protection de la transmission (TPI) en juillet 2022, alors que la BCE s\u2019orientait vers un resserrement mon\u00e9taire pour la premi\u00e8re fois depuis onze ans, a boucl\u00e9 la boucle. Le TPI a repr\u00e9sent\u00e9 l\u2019institutionnalisation de certains des enseignements tir\u00e9s des achats d\u2019actifs. <\/p>\n\n\n\n Notre Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire (UEM), caract\u00e9ris\u00e9e par des march\u00e9s de la dette souveraine segment\u00e9s au niveau national, avait besoin d\u2019un m\u00e9canisme de soutien pour emp\u00eacher que des crises de fragmentation autor\u00e9alisatrices ne compromettent la transmission de la politique mon\u00e9taire. Le TPI pouvait \u00eatre activ\u00e9 en faveur de tout \u00c9tat membre confront\u00e9 \u00e0 un \u00e9largissement injustifi\u00e9 des \u00e9carts de taux, sous r\u00e9serve du respect du cadre budg\u00e9taire de l\u2019Union europ\u00e9enne \u2014 une architecture qui \u00e9tait coh\u00e9rente avec l\u2019insistance que j\u2019avais pr\u00e9c\u00e9demment mise sur la conditionnalit\u00e9 des interventions de la banque centrale sur les march\u00e9s souverains. Il a permis un resserrement \u00e9nergique des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat pour contrer l\u2019inflation qui s\u2019acc\u00e9l\u00e9rait rapidement, sans craindre de d\u00e9clencher des turbulences sur les march\u00e9s financiers. Il a ainsi renforc\u00e9 davantage la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la BCE en tant qu\u2019actrice de la lutte contre l\u2019inflation, tandis que la conditionnalit\u00e9 int\u00e9gr\u00e9e au TPI a permis de limiter l\u2019al\u00e9a moral. Dans ce contexte, il est important de noter que le TPI n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 les \u00e9carts de rendement souverains dans la zone euro de continuer \u00e0 r\u00e9agir aux \u00e9volutions budg\u00e9taires et structurelles nationales.<\/p>\n\n\n\n Consid\u00e9r\u00e9e dans son ensemble, l\u2019\u00e9volution de ma position vis-\u00e0-vis des achats d\u2019actifs et de la fonction de pr\u00eateur en dernier ressort dessine un parcours coh\u00e9rent :de sceptique \u00e0 pragmatique attach\u00e9 aux principes. J\u2019ai accept\u00e9 chaque nouvel instrument non pas par enthousiasme pour l\u2019activisme mon\u00e9taire, mais parce que je reconnaissais que laisser la fragmentation compromettre la transmission de la politique mon\u00e9taire ou briser l\u2019unicit\u00e9 de la monnaie \u00e9tait incompatible avec le mandat de stabilit\u00e9 des prix de la BCE et avec son r\u00f4le dans la sauvegarde de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de l\u2019union mon\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n Ma position initiale sur l\u2019architecture budg\u00e9taire de l\u2019union mon\u00e9taire s\u2019inscrivait fermement dans la tradition n\u00e9erlandaise de prudence budg\u00e9taire, telle qu\u2019elle se refl\u00e8te \u00e9galement dans le cadre de Maastricht : des politiques budg\u00e9taires nationales ind\u00e9pendantes soumises \u00e0 des r\u00e8gles communes, sans solidarit\u00e9 budg\u00e9taire. Je consid\u00e9rais cette architecture comme \u00e9tant \u00e0 la fois assez solide \u00e9conomiquement pour \u00e9viter la dominance budg\u00e9taire et comme n\u00e9cessaire politiquement pour pr\u00e9server la responsabilit\u00e9 d\u00e9mocratique vis-\u00e0-vis de la monnaie unique. L\u2019emprunt commun, \u00e0 mon sens, risquait d\u2019affaiblir les incitations des \u00c9tats membres \u00e0 maintenir des finances publiques viables et d\u2019introduire un al\u00e9a moral, raison pour laquelle je m\u2019y suis longtemps oppos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Les crises successives, en particulier la crise de l\u2019euro, mais aussi la crise du COVID, m\u2019ont toutefois amen\u00e9 \u00e0 admettre que l\u2019architecture de Maastricht \u00e9tait incompl\u00e8te et devait \u00eatre r\u00e9form\u00e9e. La r\u00e9ponse des pouvoirs publics \u00e0 la crise financi\u00e8re mondiale et \u00e0 la crise de l\u2019euro avait en effet d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fini les contours d\u2019une nouvelle architecture comprenant un certain niveau de partage des risques et d\u2019emprunt commun par le biais de programmes de pr\u00eats conditionnels tels que le Fonds europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FESF), le M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilisation financi\u00e8re (MESF) et le M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES), assortis de garde-fous juridiques et politiques appropri\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Mais cela n\u2019a pas suffi. La combinaison de politiques possibles r\u00e9alisable apr\u00e8s la crise de l\u2019euro \u00e9tait inad\u00e9quate, car l\u2019id\u00e9e commun\u00e9ment admise selon laquelle les politiques budg\u00e9taires nationales devaient se concentrer sur la stabilisation nationale tandis que la politique mon\u00e9taire de la BCE se chargerait de la stabilisation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la zone euro n\u2019avait pas anticip\u00e9 les \u00e9ventuels pi\u00e8ges de liquidit\u00e9, l\u2019existence d\u2019une borne inf\u00e9rieure effective aux taux d\u2019int\u00e9r\u00eat directeurs, les flux de capitaux vers les valeurs refuges ni l’\u00e9troitesse des marges de man\u0153uvre budg\u00e9taires <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019environnement d\u00e9flationniste de l\u2019apr\u00e8s-crise a donc renforc\u00e9 les arguments en faveur \u00e0 la fois d\u2019une coordination budg\u00e9taire au niveau europ\u00e9en et d\u2019un filet de s\u00e9curit\u00e9 mon\u00e9taire, \u00e0 l\u2019image de ce qui a \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre pendant la crise du COVID gr\u00e2ce \u00e0 une combinaison de mesures d\u2019expansion budg\u00e9taire et mon\u00e9taire. Il s\u2019agit ainsi d\u2019un autre cas dans lequel le pragmatisme s\u2019est av\u00e9r\u00e9 n\u00e9cessaire pour prot\u00e9ger les principes fondateurs de l\u2019UEM et pr\u00e9server l\u2019union mon\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n La pand\u00e9mie a constitu\u00e9 un tournant d\u00e9cisif \u00e0 cet \u00e9gard. La combinaison des politiques mon\u00e9taire et budg\u00e9taire a donn\u00e9 de bien meilleurs r\u00e9sultats en 2020 que pendant la crise de la dette souveraine. La diff\u00e9rence cruciale, comme je l\u2019avais fait valoir \u00e0 l\u2019\u00e9poque, r\u00e9sidait dans le fait que la pand\u00e9mie a frapp\u00e9 tous les \u00c9tats membres simultan\u00e9ment, rendant ainsi l\u2019expansion budg\u00e9taire coordonn\u00e9e \u00e0 la fois politiquement faisable et \u00e9conomiquement judicieuse. L\u2019activation de la clause d\u00e9rogatoire g\u00e9n\u00e9rale du Pacte de stabilit\u00e9 et de croissance, combin\u00e9e \u00e0 l\u2019orientation accommodante de la BCE, a permis d\u2019\u00e9viter un effondrement \u00e9conomique. Plus important encore, la mise en place du plan NextGenerationEU (NGEU), financ\u00e9 par l\u2019\u00e9mission d\u2019une dette commune de l\u2019Union europ\u00e9enne, a repr\u00e9sent\u00e9 une innovation structurelle en mati\u00e8re de partage des risques, d\u2019expansion budg\u00e9taire et de coordination des politiques budg\u00e9taires <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Conjointement, le PEPP, l\u2019assouplissement des r\u00e8gles budg\u00e9taires nationales ainsi que le programme NGEU ont stabilis\u00e9 l\u2019\u00e9conomie, ont eu un effet apaisant sur les march\u00e9s financiers et ont emp\u00each\u00e9 l\u2019\u00e9largissement des \u00e9carts de rendement <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La conditionnalit\u00e9, sous la forme d\u2019engagements de r\u00e9forme li\u00e9s aux versements du fond de relance afin de stimuler la croissance de la productivit\u00e9, a rendu cet instrument \u00e0 la fois acceptable politiquement et plus solide \u00e9conomiquement.\u00a0<\/p>\n\n\n\n L\u2019invasion de l\u2019Ukraine par la Russie et la r\u00e9cente r\u00e9orientation de la coop\u00e9ration transatlantique en mati\u00e8re de d\u00e9fense ont rendu n\u00e9cessaire le r\u00e9armement de l\u2019Europe. Ce nouvel imp\u00e9ratif g\u00e9opolitique cr\u00e9e \u00e9galement de nouvelles r\u00e9alit\u00e9s pour les d\u00e9cideurs publics europ\u00e9ens, y compris pour les banquiers centraux. En effet, l\u2019augmentation des besoins en mati\u00e8re de d\u00e9penses de d\u00e9fense va mettre \u00e0 rude \u00e9preuve les budgets nationaux. Une part accrue de d\u00e9penses de d\u00e9fense communes permettrait d\u2019atteindre un triple objectif : envoyer un signal politique en faveur de l\u2019int\u00e9gration et de la r\u00e9silience europ\u00e9ennes, fournir de mani\u00e8re potentiellement plus efficace et efficiente ce bien public essentiel , et, par cons\u00e9quent, renforcer l\u2019attractivit\u00e9 internationale de l\u2019euro.<\/p>\n\n\n\n Je reste cependant attach\u00e9 au principe de conditionnalit\u00e9 et \u00e0 des incitations judicieuses. L\u2019\u00e9mission commune de dette, en tant qu\u2019option de financement parmi d\u2019autres de cet effort de d\u00e9fense accru, ne peut servir de moyen de contourner les r\u00e8gles budg\u00e9taires ni de vecteur pour des d\u00e9penses de d\u00e9fense nationales disparates et inefficaces. \u00c0 moyen terme, toute augmentation de la dette de l\u2019Union europ\u00e9enne devrait aller de pair avec une r\u00e9duction de la dette nationale : la charge du service des obligations de l\u2019Union est en fin de compte support\u00e9e par les m\u00eames contribuables que ceux de la dette nationale. L\u2019\u00e9mission commune peut r\u00e9duire les co\u00fbts de financement, mais elle ne peut faire abstraction des consid\u00e9rations de viabilit\u00e9 budg\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n J\u2019ai toujours \u00e9tabli un lien entre le d\u00e9bat sur les euro-obligations et la question plus large de la compl\u00e9tude institutionnelle de la zone euro. L\u2019absence d\u2019un v\u00e9ritable actif s\u00fbr libell\u00e9 en euros, \u00e0 la fois aussi liquide et aussi solidement ancr\u00e9 dans le syst\u00e8me que les titres du Tr\u00e9sor am\u00e9ricain, \u00e9tait \u00e0 la fois un sympt\u00f4me et une cause de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de la zone euro vis-\u00e0-vis de la fragmentation. Les obligations nationales not\u00e9es triple A ou double A, comme les Bunds allemands, bien que s\u00fbres, n\u2019\u00e9taient pas \u00e9mises en volume suffisant pour ancrer le syst\u00e8me financier de la zone euro. Les obligations supranationales \u00e9mises sous la banni\u00e8re de l\u2019Union telles que celles \u00e9mises par la Banque europ\u00e9enne d\u2019investissement (BEI), le MES ou dans le cadre du NGEU, auraient pu combler partiellement cette lacune, mais seulement si leur \u00e9mission avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re, pr\u00e9visible et d\u2019une ampleur suffisante pour g\u00e9n\u00e9rer les primes de liquidit\u00e9 qui rendent les actifs souverains s\u00fbrs auto-renfor\u00e7ants.<\/p>\n\n\n\n Cette analyse inscrit ma propre r\u00e9flexion dans un dialogue avec une litt\u00e9rature plus large sur les actifs s\u00fbrs et les d\u00e9fauts de conception de la zone euro, litt\u00e9rature \u00e0 laquelle des chercheurs tels que Markus Brunnermeier et Ricardo Caballero ont contribu\u00e9. Bien que je continue de penser que les propositions visant \u00e0 regrouper et, d\u2019une certaine mani\u00e8re, \u00e0 mutualiser les dettes nationales existantes sont politiquement moins r\u00e9alisables car elles dissocient la responsabilit\u00e9 du contr\u00f4le, je reconnais d\u00e9sormais qu\u2019il existe des arguments l\u00e9gitimes en faveur d\u2019un plus grand nombre de biens publics europ\u00e9ens susceptibles de g\u00e9n\u00e9rer une offre progressivement croissante d\u2019actifs s\u00fbrs libell\u00e9s en euros.<\/p>\n\n\n\n Pendant la majeure partie de mon mandat, j\u2019ai partag\u00e9 la position traditionnelle de la BCE concernant le r\u00f4le international de l\u2019euro : un agnosticisme d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. Le mandat de la BCE est la stabilit\u00e9 des prix dans la zone euro. L\u2019attractivit\u00e9 ext\u00e9rieure de l\u2019euro \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une retomb\u00e9e d\u2019une politique mon\u00e9taire saine plut\u00f4t que comme un objectif de politique mon\u00e9taire \u00e0 part enti\u00e8re. Le Conseil des gouverneurs ne cherchait pas \u00e0 promouvoir l\u2019euro en tant que monnaie de r\u00e9serve ou monnaie de facturation pour le commerce international ; son r\u00f4le international devait refl\u00e9ter la Cette position \u00e9tait d\u00e9fendable d\u2019un point de vue analytique. La domination du dollar en tant que monnaie de r\u00e9serve et de facturation mondiale est le reflet de plusieurs d\u00e9cennies de profondeur institutionnelle, de pr\u00e9visibilit\u00e9 juridique et de liquidit\u00e9 des march\u00e9s qui ne se d\u00e9cr\u00e8tent pas. Lors d\u2019une table ronde organis\u00e9e en 2021 sur les r\u00f4les respectifs du dollar, de l\u2019euro et du renminbi, j\u2019ai exprim\u00e9 l\u2019opinion courante selon laquelle la place internationale de l\u2019euro \u00e9voluerait en fonction de la qualit\u00e9 des institutions europ\u00e9ennes plut\u00f4t que par le biais de campagnes de promotion d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n\n\n\nLes achats d’actifs et la fonction de pr\u00eateur en dernier ressort dans une union mon\u00e9taire fragment\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n
Le scepticisme \u00e0 l’\u00e9gard des outils non conventionnels<\/h3>\n\n\n\n
La BCE en tant que pr\u00eateur en dernier ressort<\/h3>\n\n\n\n
De l\u2019APP au PEPP<\/h3>\n\n\n\n
\n
Le TPI et l\u2019institutionnalisation du m\u00e9canisme de soutien<\/h3>\n\n\n\n
L\u2019emprunt commun et les biens publics europ\u00e9ens<\/h2>\n\n\n\n
Le cadre initial : discipline budg\u00e9taire et responsabilit\u00e9 nationale<\/h3>\n\n\n\n
La pand\u00e9mie, un tournant : NextGenerationEU et le nouveau paradigme<\/h3>\n\n\n\n
Les d\u00e9penses communes de d\u00e9fense comme outil d\u2019autonomie strat\u00e9gique<\/h3>\n\n\n\n
Le lien avec les actifs s\u00fbrs : parachever l\u2019architecture de l\u2019euro<\/h3>\n\n\n\n
Une strat\u00e9gie pour un r\u00f4le mondial de l\u2019euro<\/h2>\n\n\n\n
La position agnostique traditionnelle de la BCE<\/h3>\n\n\n\n
force sous-jacente de l\u2019\u00e9conomie et des institutions europ\u00e9ennes <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\nLes arguments en faveur d\u2019un r\u00f4le accru<\/h3>\n\n\n\n