{"id":366873,"date":"2026-10-28T06:00:00","date_gmt":"2026-10-28T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=366873"},"modified":"2026-10-28T02:03:20","modified_gmt":"2026-10-28T01:03:20","slug":"la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/","title":{"rendered":"Pour sauver la biodiversit\u00e9, il faut repenser la libert\u00e9"},"content":{"rendered":"\n

Testez <\/em>le Grand Continent. Les id\u00e9es et les analyses qu\u2019on ne trouve nulle part. Mais que vous verrez bient\u00f4t partout. Dans votre bo\u00eete mail \u00e0 partir de 8 euros par mois<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n

\u00ab  Il ne peut y avoir aucun abaissement de l\u2019ambition convenue.  \u00bb C\u2019est l\u2019annonce qu\u2019a faite le ministre d\u2019\u00c9tat irlandais Christopher O\u2019Sullivan au nom de la pr\u00e9sidence du Conseil lorsqu\u2019il a pr\u00e9sent\u00e9 le 12 octobre la position que l\u2019Union europ\u00e9enne d\u00e9fendra \u00e0 Erevan, o\u00f9 se tient depuis le 19 octobre la dix-septi\u00e8me conf\u00e9rence des parties \u00e0 la Convention sur la diversit\u00e9 biologique <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Si l\u2019Union peut se permettre ce ton, c\u2019est parce qu\u2019elle fait figure de bonne \u00e9l\u00e8ve. Le cadre mondial adopt\u00e9 \u00e0 la COP15 en 2022 fixe l\u2019objectif de prot\u00e9ger 30  % des terres et des mers d\u2019ici 2030 et l\u2019Union avait atteint, fin 2022, 26,1  % de ses terres et 12,3  % de ses mers, quand la moyenne mondiale plafonne respectivement \u00e0 18,4 et 10  % <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Cette posture de leader contraste toutefois avec certaines d\u00e9cisions europ\u00e9ennes prises au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es. Par exemple, elle a doubl\u00e9, passant de 5 \u00e0 10  %, le recul des prairies permanentes que la politique agricole commune tol\u00e8re avant d\u2019obliger les \u00c9tats \u00e0 agir. Le loup, lui, a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9 de la liste des esp\u00e8ces strictement prot\u00e9g\u00e9es, une premi\u00e8re pour une esp\u00e8ce b\u00e9n\u00e9ficiant de ce statut en droit europ\u00e9en. Les directives Habitats et Oiseaux, qui fondent depuis plus de trente ans la politique europ\u00e9enne de la nature, sont soumises d\u00e9sormais \u00e0 un \u00ab  test de r\u00e9sistance  \u00bb, par lequel la Commission veut v\u00e9rifier qu\u2019elles atteignent leurs objectifs \u00e0 moindre co\u00fbt et r\u00e9duire la \u00ab  charge administrative inutile  \u00bb qu\u2019elles imposeraient. Enfin, l\u2019application du r\u00e8glement contre la d\u00e9forestation import\u00e9e a \u00e9t\u00e9 report\u00e9e pour la deuxi\u00e8me fois, et le devoir de vigilance comme les obligations de reporting de durabilit\u00e9 des entreprises ont \u00e9t\u00e9 all\u00e9g\u00e9s <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Le meilleur \u00e9l\u00e8ve de la COP biodiversit\u00e9 desserre visiblement ses propres l\u00e9gislations. Mais ce paradoxe en dit moins sur l\u2019Europe que sur la COP elle-m\u00eame. Pour le comprendre, regardons de plus pr\u00e8s ce qu\u2019est une COP biodiversit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Une architecture emprunt\u00e9e au climat<\/h2>\n\n\n\n

Dans l\u2019ar\u00e8ne publique, le terme de COP est avant tout associ\u00e9 aux questions climatiques. On parle tr\u00e8s peu de la COP biodiversit\u00e9, et le cas \u00e9ch\u00e9ant, elle reste cantonn\u00e9e au statut de petite s\u0153ur de la COP climat. Car bien que les deux conventions aient vu le jour ensemble au sommet de la Terre de Rio en juin 1992, le climat a construit ses institutions le premier, et la biodiversit\u00e9 a emprunt\u00e9 le chemin qu\u2019il avait trac\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Ce mim\u00e9tisme se retrouve dans la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversit\u00e9 et les services \u00e9cosyst\u00e9miques (IPBES) qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 2012 sur le mod\u00e8le du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC). De m\u00eame, le cadre mondial adopt\u00e9 \u00e0 Kunming-Montr\u00e9al en d\u00e9cembre 2022, qui fixe vingt-trois cibles pour 2030, a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 comme le \u00ab  moment Paris  \u00bb de la biodiversit\u00e9, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019accord de Paris de 2015 car chaque COP s\u2019est dot\u00e9e de son chiffre-\u00e9talon, 1,5 \u00b0C pour le climat, 30  % des terres et des mers prot\u00e9g\u00e9es en 2030 pour la biodiversit\u00e9, objectif aussit\u00f4t baptis\u00e9 \u00ab  30×30  \u00bb. Depuis juillet 2025, la Commission europ\u00e9enne propose \u00e9galement des \u00ab  cr\u00e9dits nature  \u00bb con\u00e7us sur le mod\u00e8le des cr\u00e9dits carbone <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Et aujourd\u2019hui, la COP d\u2019Erevan doit produire la revue mondiale du cadre de Kunming-Montr\u00e9al qui n\u2019est rien d\u2019autre que le pendant du premier bilan mondial du climat dress\u00e9 \u00e0 Duba\u00ef en 2023.<\/p>\n\n\n\n

La libert\u00e9 est au c\u0153ur du d\u00e9bat \u00e9cologique, et \u00e9tonnamment les doctrines contemporaines qui y contribuent l\u2019ont contourn\u00e9e plut\u00f4t qu\u2019affront\u00e9e.<\/p>Lauriane Mouysset<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Toutefois, les r\u00e9unions pr\u00e9paratoires \u00e0 cette revue mondiale, qui se sont tenues cet \u00e9t\u00e9 \u00e0 Nairobi, ont conclu que, sans acc\u00e9l\u00e9ration rapide, aucune des vingt-trois cibles du cadre ne sera atteinte en 2030 <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Mais ce constat d\u2019\u00e9chec n\u2019est pas in\u00e9dit car le cadre pr\u00e9c\u00e9dent avait connu le m\u00eame sort  : en 2020, aucune des vingt cibles d\u2019Aichi, fix\u00e9es en 2010 pour la d\u00e9cennie, n\u2019avait \u00e9t\u00e9 pleinement atteinte <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Deux cadres successifs, port\u00e9s par des gouvernements diff\u00e9rents et adoss\u00e9s \u00e0 des cibles diff\u00e9rentes, aboutissant au m\u00eame r\u00e9sultat, invitent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qu\u2019ils ont en commun et \u00e0 ce qui pourrait \u00eatre responsable de ces \u00e9checs, au-del\u00e0 des probl\u00e8mes classiques de budget ou de lobbies.<\/p>\n\n\n\n

Leur d\u00e9nominateur commun, c\u2019est cet h\u00e9ritage, tir\u00e9 des institutions climatiques et de leur logique bien particuli\u00e8re, celle de l\u2019agr\u00e9gation : un objet unique, mesur\u00e9 partout dans la m\u00eame unit\u00e9, qui permet d\u2019\u00e9tablir des comptes nationaux chiffr\u00e9s, de comparer les trajectoires des pays, puis de mesurer leur \u00e9cart \u00e0 des cibles fix\u00e9es d\u2019avance. Rien ne garantit qu\u2019un tel syst\u00e8me fonctionne pour la biodiversit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Une convention lucide sur la biodiversit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n

Si le climat n\u2019a pas livr\u00e9 tous ses secrets, sa science est aujourd\u2019hui assez \u00e9tablie pour raisonner en probabilit\u00e9s  : le GIEC juge \u00ab  sans \u00e9quivoque  \u00bb l\u2019influence humaine sur le r\u00e9chauffement, et estime qu\u2019un doublement de la concentration de dioxyde de carbone r\u00e9chaufferait probablement la plan\u00e8te de 2,5 \u00e0 4 \u00b0C <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Pour la biodiversit\u00e9, la connaissance est plus parcellaire. Environ 2 millions d\u2019esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>, sur un total estim\u00e9 \u00e0 quelque 8,7 millions <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ce savoir est de surcro\u00eet in\u00e9gal  : les mammif\u00e8res sont bien inventori\u00e9s, les micro-organismes beaucoup moins. De m\u00eame, les milieux terrestres sont mieux \u00e9tudi\u00e9s que les abysses oc\u00e9aniques. La Convention sur la diversit\u00e9 biologique a reconnu cette sp\u00e9cificit\u00e9 d\u00e8s son pr\u00e9ambule, en 1992, en posant que, face \u00e0 une menace sensible, l\u2019absence de certitude scientifique totale ne doit pas servir de pr\u00e9texte pour diff\u00e9rer les mesures <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Mais loin de n\u2019\u00eatre qu\u2019une question pour les scientifiques, les deux faces de la crise \u00e9cologique diff\u00e8rent aussi par la place qu\u2019y occupe la soci\u00e9t\u00e9. La crise climatique est avant tout plan\u00e9taire  : une tonne de carbone \u00e9mise \u00e0 Lyon p\u00e8se sur le climat autant qu\u2019une tonne \u00e9mise \u00e0 Shanghai. Ce qui compte pour le climat, c\u2019est la quantit\u00e9 de tonnes \u00e9mises au total et ce qui compte dans les n\u00e9gociations, c\u2019est la coordination de la r\u00e9duction des \u00e9missions puis, depuis la COP de Charm el-Cheikh en 2022, la cr\u00e9ation d\u2019un fonds pour les pertes et pr\u00e9judices subis par des pays peu responsables du r\u00e9chauffement <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Rien d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 ce que la question climatique soit longtemps rest\u00e9e confin\u00e9e \u00e0 des sph\u00e8res expertes et diplomatiques, les entreprises et les m\u00e9nages n\u2019\u00e9tant convoqu\u00e9s que de mani\u00e8re descendante pour orienter leur comportement gr\u00e2ce \u00e0 des instruments \u00e9conomiques ou l\u00e9gislatifs.<\/p>\n\n\n\n

Le meilleur \u00e9l\u00e8ve de la COP biodiversit\u00e9 desserre visiblement ses propres l\u00e9gislations. Mais ce paradoxe en dit moins sur l\u2019Europe que sur la COP elle-m\u00eame.<\/p>Lauriane Mouysset<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Mais cette \u00e9quivalence des tonnes de carbone ne fonctionne pas pour la biodiversit\u00e9. Une prairie retourn\u00e9e dans le Cantal ne se compense pas par une for\u00eat prot\u00e9g\u00e9e en Laponie, parce que les esp\u00e8ces et les relations qui disparaissent avec elle ne se trouvent pas l\u00e0-bas. La crise de la biodiversit\u00e9 est une question locale avant d\u2019\u00eatre internationale. Et depuis 2000, les textes de la Convention ont bien pris acte de cette inversion d\u2019\u00e9chelle gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019approche \u00e9cosyst\u00e9mique. Son premier principe affirme que les objectifs de gestion des terres, des eaux et des ressources biologiques rel\u00e8vent d\u2019un choix de soci\u00e9t\u00e9 quand le deuxi\u00e8me pr\u00e9cise qu\u2019il faut d\u00e9centraliser la gestion au niveau appropri\u00e9 le plus bas et le douzi\u00e8me qu\u2019il faut associer tous les secteurs concern\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>. En 2024, \u00e0 Cali, la Convention a poursuivi dans cette voie en cr\u00e9ant un organe subsidiaire permanent consacr\u00e9 aux peuples autochtones et aux communaut\u00e9s locales <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Enfin, se pose la question de la valeur. La mol\u00e9cule de dioxyde de carbone p\u00e8se lourdement sur les soci\u00e9t\u00e9s humaines et leurs \u00e9conomies, mais presque personne ne lui accorde de consid\u00e9ration morale  : limiter le r\u00e9chauffement reste d\u2019abord une n\u00e9cessit\u00e9 mat\u00e9rielle. Il en va autrement de la biodiversit\u00e9, et l\u00e0 encore la Convention l\u2019a \u00e9crit d\u00e8s 1992, dans la toute premi\u00e8re phrase de son pr\u00e9ambule, qui s\u2019ouvre sur la \u00ab  valeur intrins\u00e8que  \u00bb de la diversit\u00e9 biologique avant d\u2019\u00e9num\u00e9rer notamment ses valeurs \u00e9cologiques, \u00e9conomiques, sociales, culturelles et esth\u00e9tiques <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les trente ann\u00e9es suivantes ont \u00e9largi les raisons pour lesquelles il faudrait prot\u00e9ger la biodiversit\u00e9  : en 2005 avec les services que les \u00e9cosyst\u00e8mes rendent aux soci\u00e9t\u00e9s, avec l\u2019\u00c9valuation des \u00e9cosyst\u00e8mes pour le mill\u00e9naire ; en 2010 avec leur poids \u00e9conomique et l\u2019\u00e9tude internationale The Economics of Ecosystems and Biodiversity<\/em> (TEEB) ; en 2019 avec l\u2019urgence scientifique, avec l\u2019\u00e9valuation mondiale de l\u2019IPBES qui estimait qu\u2019un million d\u2019esp\u00e8ces \u00e9taient menac\u00e9es d\u2019extinction ; jusqu\u2019\u00e0 assumer en 2022 un pluralisme des valeurs et des visions du monde, consacr\u00e9 par l\u2019IPBES et repris dans le cadre de Kunming-Montr\u00e9al <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Mais si l\u2019institution conna\u00eet et reconna\u00eet ces sp\u00e9cificit\u00e9s, pourquoi le cadre qu\u2019elle a b\u00e2ti continue-t-il de traiter la biodiversit\u00e9 comme du carbone ?<\/p>\n\n\n\n

Le tabou du renoncement<\/h2>\n\n\n\n

La r\u00e9ponse se trouve dans le r\u00f4le que la COP s\u2019assigne. Elle veut f\u00e9d\u00e9rer des \u00c9tats souverains autour d\u2019un cadre commun en \u00e9non\u00e7ant des ambitions sans coercition, c\u2019est-\u00e0-dire sans contraindre bien s\u00fbr, mais sans \u00e9voquer non plus ce \u00e0 quoi il faudra renoncer pour les atteindre. Parce que nommer les renoncements reviendrait \u00e0 prendre le risque de braquer ceux qui devraient les consentir.<\/p>\n\n\n\n

Les COP climat ont suivi cette ligne pendant pr\u00e8s de trente ans. Il a fallu attendre la vingt-huiti\u00e8me, \u00e0 Duba\u00ef en 2023, pour qu\u2019une d\u00e9cision appelle \u00e0 \u00ab  s\u2019\u00e9loigner des combustibles fossiles  \u00bb dans les syst\u00e8mes \u00e9nerg\u00e9tiques : enfin a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 ce \u00e0 quoi il faudrait renoncer pour faire avancer la transition \u00e9nerg\u00e9tique et climatique <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Toutefois, cette ligne n\u2019a jamais emp\u00each\u00e9 de fixer une cible climatique mondiale parce que l\u2019\u00e9quation du climat est simple  : une tonne \u00e9vit\u00e9e ici vaut une tonne \u00e9vit\u00e9e ailleurs, une \u00e9nergie peut en remplacer une autre, si bien que l\u2019objectif pouvait \u00eatre arr\u00eat\u00e9 sans expliciter le renoncement lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n

La valeur la plus structurante de nos soci\u00e9t\u00e9s se trouve ainsi aujourd\u2019hui abandonn\u00e9e toute enti\u00e8re \u00e0 ceux qui ne travaillent que contre la transition \u00e9cologique. <\/p>Lauriane Mouysset<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

La biodiversit\u00e9 n\u2019a pas ce luxe. Le cadre mondial de la biodiversit\u00e9 n\u2019existe qu\u2019\u00e0 travers des milliers de cibles locales : il ne peut donc faire l\u2019impasse ni sur la connaissance partielle des \u00e9cosyst\u00e8mes sur chacun des territoires ni sur les visions du monde des parties prenantes qui y sont mises en jeu. Pour les \u00e9noncer, il faut faire des choix sur nos incertitudes et arbitrer au sein de nos syst\u00e8mes de valeurs. L\u2019\u00e9quation est complexe et la r\u00e9soudre requiert d\u2019expliciter les renoncements en jeu, leur p\u00e9rim\u00e8tre et ce qu\u2019ils engagent. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment sur ce point que se verrouille la COP biodiversit\u00e9 : elle voudrait accomplir le premier geste, \u00e9noncer le cadre mondial, sans passer par le second, expliciter les renoncements, qui en est pourtant la condition.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019identification de ce verrou \u00e9claire le paradoxe europ\u00e9en \u00e9voqu\u00e9 en introduction. L\u2019Europe est bonne \u00e9l\u00e8ve pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y a plus rien \u00e0 arbitrer : dans une aire prot\u00e9g\u00e9e, le renoncement est consenti au moment du classement et n\u2019a plus \u00e0 \u00eatre rejou\u00e9. Dans le m\u00eame temps, l\u2019Europe desserre ses exigences d\u00e8s que les renoncements sont n\u00e9gociables : la prairie, la for\u00eat ou la cha\u00eene d\u2019approvisionnement d\u2019une entreprise impliquent une biodiversit\u00e9 ordinaire dans laquelle la question de ce qu\u2019on laisse s\u2019\u00e9teindre au profit de ce qui sera pr\u00e9serv\u00e9, en fonction de ce que l\u2019on sait et de ce que l\u2019on valorise, n\u2019est jamais vraiment close.<\/p>\n\n\n\n

La COP biodiversit\u00e9 est ainsi prisonni\u00e8re d\u2019un tabou, celui du renoncement et de ce qui le justifie. Et ce tabou est d\u2019autant plus pernicieux que la Convention mentionne explicitement la question des valeurs, donnant ainsi le sentiment qu\u2019elles sont consid\u00e9r\u00e9es. Mais reconna\u00eetre la pluralit\u00e9 des valeurs n\u2019est pas suffisant pour organiser leur arbitrage. L\u2019\u00e9valuation de l\u2019IPBES place les valeurs c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te et demande qu\u2019aucune ne soit ignor\u00e9e, sans jamais dire laquelle doit c\u00e9der quand elles se heurtent. Un cadre qui reconna\u00eet le pluralisme sans organiser l\u2019arbitrage laisse le renoncement se d\u00e9cider ailleurs, dans les rapports de force, au gr\u00e9 des calendriers \u00e9lectoraux et des paquets de simplification. Pour lever ce tabou, il faut identifier, lorsque le renoncement se d\u00e9cide ailleurs, au nom de quoi il est refus\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

La libert\u00e9 dont personne ne parle<\/h2>\n\n\n\n

Les textes europ\u00e9ens parlent de \u00ab simplification \u00bb ou de \u00ab comp\u00e9titivit\u00e9 \u00bb, mais ces mots ne d\u00e9fendent rien de moins qu\u2019une libert\u00e9. Car dans les d\u00e9mocraties lib\u00e9rales, tout renoncement est ultimement per\u00e7u comme une perte de libert\u00e9. Limiter le retournement des prairies touche \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019exploiter sa terre comme on l\u2019entend. Maintenir la protection stricte du loup, \u00e0 celle d\u2019exercer un m\u00e9tier, celui d\u2019\u00e9leveur en montagne, sans en supporter seul le co\u00fbt. Exclure du march\u00e9 les produits issus de la d\u00e9forestation, c\u2019est toucher \u00e0 la libert\u00e9 de commercer. Exiger des entreprises qu\u2019elles rendent compte de leurs atteintes \u00e0 l\u2019environnement le long de leurs cha\u00eenes d\u2019approvisionnement, c\u2019est toucher \u00e0 celle d\u2019entreprendre. Pr\u00e9server les habitats et les oiseaux, c\u2019est toucher \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019am\u00e9nager.<\/p>\n\n\n\n

La libert\u00e9 est la valeur qui rassemble le plus en France. Le Barom\u00e8tre de la R\u00e9publique r\u00e9alis\u00e9 par Ipsos en juillet 2026 la place en t\u00eate des trois termes de la devise  : 96  % des personnes interrog\u00e9es la jugent importante, dont 74  % tr\u00e8s importante, devant la fraternit\u00e9 (91  %) et l\u2019\u00e9galit\u00e9 (90  %). Elle est surtout la seule des trois dont l\u2019importance ne varie pas avec la proximit\u00e9 politique <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>. C\u2019est donc sans surprise que les exigences sur la biodiversit\u00e9 sont lues comme des contraintes, comme des restrictions de libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Mais puisqu\u2019avancer face \u00e0 la crise de la biodiversit\u00e9 ne peut s\u2019imposer par le haut et puisque nous avons besoin d\u2019embarquer la soci\u00e9t\u00e9 pour qu\u2019une meilleure r\u00e9alit\u00e9 \u00e9cologique advienne, cette position h\u00e9g\u00e9monique de la libert\u00e9 ne gagnerait-elle pas \u00e0 \u00eatre vue comme une opportunit\u00e9 ? Si la Convention a raison d\u2019expliciter le pluralisme de valeurs pour f\u00e9d\u00e9rer les visions du monde, pourquoi ne commencerait-elle pas sa r\u00e9flexion sur l\u2019arbitrage des valeurs par celle qui est \u00e0 la fois la plus f\u00e9d\u00e9ratrice et la raison du recul des l\u00e9gislations ?<\/p>\n\n\n\n

La libert\u00e9 est au c\u0153ur du d\u00e9bat \u00e9cologique, et \u00e9tonnamment les doctrines contemporaines qui y contribuent l\u2019ont contourn\u00e9e plut\u00f4t qu\u2019affront\u00e9e  : chacune a plac\u00e9 une valeur \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle sans jamais la red\u00e9finir. Citons en guise d\u2019exemple l\u2019\u00e9cologie de guerre<\/a> qui adosse la transition \u00e9nerg\u00e9tique \u00e0 la puissance, la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9cologique<\/a> \u00e0 une \u00ab  abondance nouvelle  \u00bb ou encore l\u2019internationalisme \u00e9cosocialiste<\/a> aux besoins. La valeur la plus structurante de nos soci\u00e9t\u00e9s se trouve ainsi aujourd\u2019hui abandonn\u00e9e toute enti\u00e8re \u00e0 ceux qui ne travaillent que contre la transition \u00e9cologique. Washington le dit d\u00e9sormais sans d\u00e9tour, comme dans le d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel du 20 janvier 2025 o\u00f9 la lev\u00e9e des contraintes environnementales est pr\u00e9sent\u00e9e comme une \u00ab  lib\u00e9ration  \u00bb de l\u2019\u00e9nergie am\u00e9ricaine <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Plus que jamais, la COP biodiversit\u00e9, et plus largement les intellectuels de la transition \u00e9cologique, doivent formuler les arbitrages dans la langue de la libert\u00e9, sans quoi les ambitions c\u00e9deront d\u00e8s qu\u2019on les attaquera dans cette langue.<\/p>\n\n\n\n

Un cadre qui reconna\u00eet le pluralisme sans organiser l\u2019arbitrage laisse le renoncement se d\u00e9cider ailleurs, dans les rapports de force, au gr\u00e9 des calendriers \u00e9lectoraux et des paquets de simplification.<\/p>Lauriane Mouysset<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

La difficult\u00e9 vient de la mani\u00e8re dont nous pensons inconsciemment le renoncement. Influenc\u00e9s par une certaine lecture des Lumi\u00e8res, nous le pensons comme une amputation de la libert\u00e9, comme l\u2019absence d\u2019entraves. Or nos libert\u00e9s de produire, de commercer ou d\u2019am\u00e9nager reposent sur des \u00e9quilibres \u00e9cologiques que nous connaissons mal et que nous ne contr\u00f4lons pas. Chacune de nos d\u00e9cisions sollicite certains de ces \u00e9quilibres et en \u00e9pargne d\u2019autres : qu\u2019on le veuille ou non, nous choisissons d\u00e9j\u00e0, mais sans le savoir et sans l\u2019avoir d\u00e9cid\u00e9 ensemble.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019\u00e9thique de la viabilit\u00e9 \u00e9tay\u00e9e de la th\u00e9orie math\u00e9matique du m\u00eame nom permet de rendre ce choix explicite. Plut\u00f4t que de chercher la meilleure trajectoire, elle d\u00e9limite l\u2019ensemble des d\u00e9cisions qui maintiennent dans la dur\u00e9e les conditions \u00e9cologiques, \u00e9conomiques et sociales d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Mais d\u00e9terminer ces conditions ne rel\u00e8ve pas de l\u2019expertise scientifique, puisqu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9cider ce que l\u2019on refuse de perdre  : ce trac\u00e9 revient aux citoyens, \u00e9clair\u00e9s par la science. L\u2019espace viable y gagne alors \u00e0 la fois en lucidit\u00e9, parce qu\u2019il s\u2019appuie sur ce que l\u2019on sait des \u00e9cosyst\u00e8mes et de leurs dynamiques, et en l\u00e9gitimit\u00e9, parce qu\u2019il proc\u00e8de d\u2019une d\u00e9cision collective. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette double exigence qui fait de la limite une libert\u00e9  : \u00eatre libre, ce n\u2019est pas ignorer les limites, c\u2019est d\u00e9finir ensemble, en connaissance de cause, l\u2019espace viable dans lequel on \u00e9volue et les limites qui le constituent. Dans cette perspective, le renoncement cesse d\u2019\u00eatre une contrainte impos\u00e9e de l\u2019ext\u00e9rieur, il devient constitutif de la libert\u00e9, et l\u2019ambition \u00e9cologique avec lui. C\u2019est au fond le choix de soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019appelait d\u00e9j\u00e0 le premier principe de l\u2019approche \u00e9cosyst\u00e9mique, dot\u00e9 enfin d\u2019un cadre \u00e9thique.<\/p>\n\n\n\n

Ce chantier pourrait revenir \u00e0 l\u2019Europe, h\u00e9riti\u00e8re de la tradition lib\u00e9rale, au moment o\u00f9 les \u00c9tats-Unis, qui n\u2019ont jamais ratifi\u00e9 la Convention et ont quitt\u00e9 l\u2019IPBES en janvier, brandissent la libert\u00e9 contre l\u2019\u00e9cologie <\/span>20<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Si elle s\u2019en saisit, la libert\u00e9 pourrait enfin cesser d\u2019\u00eatre l\u2019autel sur lequel la COP biodiversit\u00e9 sacrifie ses ambitions, pour en devenir plut\u00f4t le fondement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Comprendre l\u2019impasse structurelle de la COP17<\/p>\n","protected":false},"author":61106,"featured_media":366893,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-angles.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"_yoast_wpseo_estimated-reading-time-minutes":17,"_lgc_tts_voice":"","_lgc_tts_publish":false,"_lgc_tts_history_item_id":"","_lgc_tts_generated_at":"","_lgc_tts_status":"","_lgc_tts_error":"","footnotes":""},"categories":[1730],"tags":[],"staff":[5233],"editorial_format":[4944],"serie":[],"audience":[],"geo":[2163],"class_list":["post-366873","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-energie-et-environnement","staff-lauriane-mouysset","editorial_format-actu-longues","geo-monde"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":"default","_thumbnail_id":366893,"excerpt":"Comprendre l\u2019impasse structurelle de la COP17\r\n","display_date":"","new_abstract":true},"yoast_head":"\nPour sauver la biodiversit\u00e9, il faut repenser la libert\u00e9<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Pour sauver la biodiversit\u00e9, il faut repenser la libert\u00e9\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Comprendre l\u2019impasse structurelle de la COP17\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Le Grand Continent\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2026-10-28T05:00:00+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/gc-share-COP17.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1802\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1038\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Louis Puel\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:image\" content=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/gc-share-COP17.jpg\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Louis Puel\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"17 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/\",\"url\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/\",\"name\":\"Pour sauver la biodiversit\u00e9, il faut repenser la libert\u00e9\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/161219_r29186_inline-version.jpg\",\"datePublished\":\"2026-10-28T05:00:00+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/a4ebf3b2e7f30c2cc54edf2358969d9c\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/161219_r29186_inline-version.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/161219_r29186_inline-version.jpg\",\"width\":1600,\"height\":1038,\"caption\":\"\u00a9 Edward Burtynsky, Scieries no 1, Lagos, Nigeria, 2016\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Pour sauver la biodiversit\u00e9, il faut repenser la libert\u00e9\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/\",\"name\":\"Le Grand Continent\",\"description\":\"L'\u00e9chelle pertinente\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/a4ebf3b2e7f30c2cc54edf2358969d9c\",\"name\":\"Louis Puel\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/1b9215c18c8161a2ba390b1370cfb053?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/1b9215c18c8161a2ba390b1370cfb053?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Louis Puel\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Pour sauver la biodiversit\u00e9, il faut repenser la libert\u00e9","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Pour sauver la biodiversit\u00e9, il faut repenser la libert\u00e9","og_description":"Comprendre l\u2019impasse structurelle de la COP17","og_url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/","og_site_name":"Le Grand Continent","article_published_time":"2026-10-28T05:00:00+00:00","og_image":[{"width":1802,"height":1038,"url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/gc-share-COP17.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Louis Puel","twitter_card":"summary_large_image","twitter_image":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/gc-share-COP17.jpg","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Louis Puel","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"17 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/","url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/","name":"Pour sauver la biodiversit\u00e9, il faut repenser la libert\u00e9","isPartOf":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/161219_r29186_inline-version.jpg","datePublished":"2026-10-28T05:00:00+00:00","author":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/a4ebf3b2e7f30c2cc54edf2358969d9c"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#primaryimage","url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/161219_r29186_inline-version.jpg","contentUrl":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/161219_r29186_inline-version.jpg","width":1600,"height":1038,"caption":"\u00a9 Edward Burtynsky, Scieries no 1, Lagos, Nigeria, 2016"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/10\/28\/la-cop-biodiversite-sur-lautel-de-la-liberte\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Pour sauver la biodiversit\u00e9, il faut repenser la libert\u00e9"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website","url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/","name":"Le Grand Continent","description":"L'\u00e9chelle pertinente","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/a4ebf3b2e7f30c2cc54edf2358969d9c","name":"Louis Puel","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/1b9215c18c8161a2ba390b1370cfb053?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/1b9215c18c8161a2ba390b1370cfb053?s=96&d=mm&r=g","caption":"Louis Puel"}}]}},"lgc_categories":[{"id":1730,"name":"\u00c9nergie et environnement","slug":"energie-et-environnement"}],"lgc_author":{"id":5233,"name":"Lauriane Mouysset","slug":"lauriane-mouysset","description":"Lauriane Mouysset est une chercheuse fran\u00e7aise \u00e9tudiant la crise de la biodiversit\u00e9 \u00e0 l'interface de l'\u00e9cologie, de l'\u00e9conomie et de la philosophie. Elle a r\u00e9cemment publi\u00e9 le livre <em>La libert\u00e9 des limites<\/em> (\u00c9ditions de l\u2019Observatoire, 2026).","first_name":"Lauriane","last_name":"Mouysset","picture":{"url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/Lauriane-Mouysset.png","width":295,"height":295,"alt":""}},"feature_image_summary":{"url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/161219_r29186_inline-version.jpg","width":1600,"height":1038,"alt":""},"feature_image_cover":{"url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/161219_r29186_inline-version.jpg","width":1600,"height":1038,"alt":""},"lgc_related_posts":[365319,343591,366537],"term_position_data":null,"lgc_audio":{"available":false,"generated_at":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/366873","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/61106"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=366873"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/366873\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":366975,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/366873\/revisions\/366975"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/366893"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=366873"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=366873"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=366873"},{"taxonomy":"staff","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/staff?post=366873"},{"taxonomy":"editorial_format","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/editorial_format?post=366873"},{"taxonomy":"serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/serie?post=366873"},{"taxonomy":"audience","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/audience?post=366873"},{"taxonomy":"geo","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/geo?post=366873"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}