{"id":36354,"date":"2019-05-22T23:08:39","date_gmt":"2019-05-22T21:08:39","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=36354"},"modified":"2019-05-24T00:40:27","modified_gmt":"2019-05-23T22:40:27","slug":"les-71-questions-de-la-semaine-electorale-europeenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/05\/22\/les-71-questions-de-la-semaine-electorale-europeenne\/","title":{"rendered":"Les 7+1 questions de la semaine \u00e9lectorale europ\u00e9enne"},"content":{"rendered":"\n
Tout au long de cette semaine \u00e9lectorale, Le Grand Continent vous propose une couverture in\u00e9dite des r\u00e9sultats du seul scrutin continental au monde.<\/em><\/p>\n\n\n\n Les citoyens des 28 \u00c9tats-membres de l\u2019Union europ\u00e9enne voteront, pays par pays, du jeudi 23 au dimanche 26 mai :<\/em><\/p>\n\n\n\n \u00c0 partir de jeudi soir<\/em><\/strong>, vous pourrez consulter sur notre plateforme exclusive <\/em>les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux en direct<\/strong> dans les diff\u00e9rents \u00c9tats-membres, et d\u00e9couvrir les projections du Grand Continent concernant la composition du futur Parlement.<\/em><\/p>\n\n\n\n Chaque jour<\/em><\/strong>, les correspondants du Grand Continent vous proposeront des <\/em>analyses <\/strong>des r\u00e9sultats pass\u00e9s et un aper\u00e7u des enjeux \u00e0 venir.<\/em><\/p>\n\n\n\n Lundi prochain<\/em><\/strong>, la <\/em>Lettre du Lundi<\/strong>, nourrie d\u2019une semaine de couverture attentive des \u00e9v\u00e9nements, vous offrira un bilan complet des enseignements du scrutin.<\/em><\/p>\n\n\n\n\n\n Elle pourrait bien \u00eatre la nouvelle force continentale de la prochaine l\u00e9gislature. L\u2019Alliance europ\u00e9enne des peuples et des nations (AEPN) au sein de laquelle Matteo Salvini entend f\u00e9d\u00e9rer une douzaine de formations n\u00e9o-nationalistes pourrait doubler sa pr\u00e9sence au Parlement. En recueillant pr\u00e8s de 75 d\u00e9put\u00e9s, elle d\u00e9passerait assez largement les contingents du groupe conservateur et du groupe \u00e9cologiste. R\u00e9unie en grande pompe samedi 18 mai \u00e0 Milan <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, la Lega delle Leghe<\/em> salvinienne entend r\u00e9ussir un coup de force sur le fondement d\u2019un programme populiste, identitaire et anti-immigration, d\u00e9clin\u00e9 de mani\u00e8re construite \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale. <\/p>\n\n\n\n Toutefois, l\u2019ampleur du mouvement et l\u2019influence du groupe qui en ressortira sont encore assez floues. Si, comme il y a lieu de le penser, elle demeure marginalis\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame-droite de l\u2019h\u00e9micycle, l\u2019AEPN, quoique disposant d\u2019une visibilit\u00e9 plus large que les groupes nationalistes pass\u00e9s, aura une capacit\u00e9 d\u2019action l\u00e9gislative tr\u00e8s faible. Du reste, l\u2019Alliance est loin de r\u00e9unir l\u2019ensemble des familles de la droite populiste et nationaliste europ\u00e9enne, dont certains membres si\u00e8gent aujourd\u2019hui comme non-inscrits (certains partis d\u2019ultradroite), chez les conservateurs (le PiS polonais), ou bien dans le groupe Europe de la Libert\u00e9 et de la D\u00e9mocratie Directe form\u00e9 autour des Cinq-\u00c9toiles italiennes et des hard-brexiters<\/em> de Nigel Farage.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 cela s\u2019ajoutent enfin les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es r\u00e9cemment par certains des membres de l\u2019alliance, au premier rang desquels le Parti de la libert\u00e9 d\u2019Autriche (FP\u00d6), chass\u00e9 du gouvernement ces derniers jours par suite du scandale qui touche notamment l\u2019ex-vice-chancelier et chef du parti, Hans-Christian Strache.<\/p>\n\n\n\n Le premier ministre hongrois Viktor Orb\u00e1n a articul\u00e9 les principes de sa doctrine en 2018 lors de deux discours inspir\u00e9s, selon nos sources, par Zoltan Kovacs. Vous pouvez retrouver dans nos colonnes des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9cieux sur la doctrine <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> et la vision g\u00e9opolitique <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span> de Viktor Orb\u00e1n.<\/p>\n\n\n\n \u00ab Pour nous, l\u2019int\u00e9r\u00eat national est la priorit\u00e9 \u00bb. Orb\u00e1n n\u2019a jamais h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 tirer profit de son acc\u00e8s au march\u00e9 unique, sans tenir compte des probl\u00e8mes que cela pouvait poser aux autres membres de l’Union \u2013 comme le montrent son rapport \u00e0 la Chine et plus r\u00e9cemment \u00e0 la Russie, avec la relocalisation du si\u00e8ge social de la banque russe International Investment Bank (IIB) depuis Moscou vers Budapest <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n La Hongrie de Orban esp\u00e9rait infl\u00e9chir l\u2019orientation g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Union \u00e0 condition de demeurer dans le plus grand parti europ\u00e9en, le Parti populaire europ\u00e9en (PPE) : \u00ab Nous nous attellerons \u00e0 la t\u00e2che, plus difficile, de renouveler le Parti populaire europ\u00e9en et de l\u2019aider \u00e0 retrouver ses racines d\u00e9mocrates-chr\u00e9tiennes. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Le probl\u00e8me, c\u2019est que la ligne Orban n\u2019a pas eu beaucoup de succ\u00e8s dans le PPE : Fidesz, le parti du premier ministre hongrois, a \u00e9t\u00e9 suspendu du groupe <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span> ; le chancelier autrichien Kurz, avec qui il \u00e9tait en bon termes, fait face \u00e0 des difficult\u00e9s nationales majeures dans son alliance avec les nationalistes du FP\u00d6 <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span> ; Manfred Weber, qui avait longtemps refus\u00e9 de l\u2019exclure, pourrait bien ne m\u00eame pas \u00eatre pr\u00e9sident de la prochaine Commission.<\/p>\n\n\n\n Restent deux autres options : rejoindre l\u2019Alliance salvinienne, au risque de voir son influence s\u2019affaiblir au profit du chef de la Ligue, dans un groupe qui semble s\u2019\u00eatre fait jusque-l\u00e0 sans lui (le Fidesz n\u2019\u00e9tait pas repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Milan samedi) ; ou devenir membre du groupe conservateur, souvent jug\u00e9 plus fr\u00e9quentable, et dont le t\u00eate de liste Jan Zahrad\u00edl semblait ouvert \u00e0 l\u2019accueillir.<\/p>\n\n\n\n Le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais aura tent\u00e9, \u00e0 de multiples reprises, de polariser le d\u00e9bat europ\u00e9en autour d\u2019une opposition entre pro- et anti-europ\u00e9ens, entre lib\u00e9raux progressistes tenants d\u2019un approfondissement de la construction europ\u00e9enne et nationalistes r\u00e9actionnaires \u00ab sans projets \u00bb pr\u00f4nant le retour \u00e0 une souverainet\u00e9 nationale \u00e9troite. Cette opposition, qui se refl\u00e8te dans les projections \u00e9lectorales des pays de l\u2019Ouest du bloc (France, Belgique, Pays-Bas notamment), n\u2019est cependant pas n\u00e9cessairement g\u00e9n\u00e9ralisable \u00e0 plus grande \u00e9chelle. La campagne fran\u00e7aise elle-m\u00eame, d\u00e9form\u00e9e par le prisme de l\u2019actualit\u00e9 nationale et marqu\u00e9e par la crise sans pr\u00e9c\u00e9dent des Gilets Jaunes, s\u2019est rarement articul\u00e9e pleinement autour de ce clivage. <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Dans le m\u00eame temps, les \u00e9quilibres europ\u00e9ens semblent se d\u00e9placer vers l\u2019Est, o\u00f9 d\u2019autres personnalit\u00e9s fortes (Salvini, Kurz, Orb\u00e1n, sans oublier l\u2019influence certaine de la chanceli\u00e8re allemande) disposent de grilles de lecture bien diff\u00e9rentes. Dans nombre d\u2019\u00c9tats-membres, les deux grands groupes traditionnels, sociaux-d\u00e9mocrates et chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates, conservent encore au moins en partie les faveurs de l\u2019\u00e9lectorat ; ailleurs, les conservateurs et les populistes sont d\u00e9j\u00e0 parvenus eux-m\u00eames au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n Une chose est certaine : l\u2019Alliance des d\u00e9mocrates et des lib\u00e9raux pour l\u2019Europe (ADLE), le groupe lib\u00e9ral au Parlement europ\u00e9en, changera de nom. Pour son leader Guy Verhofstadt, il s\u2019agit de marquer la transformation en \u00ab un groupe centriste pro-europ\u00e9en avec Emmanuel Macron \u00bb. Ces deux derniers mots sont \u00e9videmment essentiels. L\u2019objectif : f\u00e9d\u00e9rer une famille lib\u00e9rale tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne allant des f\u00e9d\u00e9ralistes su\u00e9dois des Liberalerna aux populistes tch\u00e8ques d\u2019ANO 2011, pour peser plus nettement au sein du Parlement, s\u2019affirmer dans le processus de constitution de la future Commission, mais aussi, indirectement, influencer la nomination du prochain banquier central. Le premier objectif est certainement le moins difficile \u00e0 remplir : par le seul ralliement du parti d\u2019Emmanuel Macron, donn\u00e9 au coude \u00e0 coude avec l\u2019extr\u00eame-droite en t\u00eate du scrutin fran\u00e7ais, le groupe peut esp\u00e9rer d\u00e9passer la centaine de si\u00e8ges dans la nouvelle assembl\u00e9e, contre 68 actuellement, et d\u00e9crocher ainsi ais\u00e9ment la troisi\u00e8me place.<\/p>\n\n\n\n Les deux autres objectifs sont nettement plus ambitieux. Un probl\u00e8me pour la strat\u00e9gie du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais : l\u2019intensit\u00e9 des n\u00e9gociations \u00e0 Bruxelles du lendemain des \u00e9lections pourrait contraster avec l\u2019exigence du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais de tout suivre depuis l\u2019\u00c9lys\u00e9e, alors que la logique des coalitions est \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la pratique parlementaire fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n Le succ\u00e8s des lib\u00e9raux d\u2019une part, et de l\u2019Alliance salvinienne de l\u2019autre, s\u2019ils se confirment, devraient majoritairement desservir les deux groupes historiques de centre-droit et de centre-gauche, celui du Parti populaire europ\u00e9en (PPE) et celui des socialistes et d\u00e9mocrates europ\u00e9ens (S&D). Engag\u00e9s depuis toujours dans une \u00ab Grande coalition \u00bb informelle, ils devraient pour la premi\u00e8re fois perdre leur majorit\u00e9. Le groupe lib\u00e9ral, et dans une moindre mesure celui des Verts, semblent des partenaires naturels, en l\u2019absence d\u2019autre combinaison majoritaire au centre-gauche ou \u00e0 droite.<\/p>\n\n\n\n Affaiblie par la d\u00e9faveur croissante des anciens \u00ab partis de masse \u00bb et l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9isation des champs politiques nationaux, la \u00ab Grande coalition \u00bb europ\u00e9enne deviendrait ainsi une \u00ab Tr\u00e8s grande coalition \u00bb, suivant un ph\u00e9nom\u00e8ne observ\u00e9 dans plusieurs pays pratiquant la d\u00e9mocratie parlementaire, notamment l\u2019Allemagne <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Mais si la \u00ab coalition \u00bb dans la forme actuelle est belle et bien destin\u00e9e \u00e0 dispara\u00eetre, la situation est plus floue quant aux formes de coop\u00e9ration qui devront la remplacer.<\/p>\n\n\n\n Les d\u00e9b\u00e2cles \u00e9lectoraux successifs des partis de la famille sociale-d\u00e9mocrate dans plusieurs pays de l\u2019Ouest de l\u2019Union, notamment la France et l\u2019Italie, ont pu donner l\u2019impression d\u2019un effondrement continental en puissance. La r\u00e9alit\u00e9 est plus nuanc\u00e9e. Le groupe devrait perdre de l\u2019ordre de 40 si\u00e8ges, soit environ autant, en proportion, que celui du Parti populaire europ\u00e9en. Les partis sociaux-d\u00e9mocrates restent en position de force dans plusieurs \u00c9tats (Espagne, Portugal, Su\u00e8de, Roumanie), et Frans Timmermans <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>, vice-pr\u00e9sident de la Commission en exercice, a su s\u2019imposer aux yeux de nombre de commentateurs comme le Spitzenkandidat <\/em>le plus convaincant de cette campagne chaotique.<\/p>\n\n\n\n En interne, les \u00e9quilibres seront cependant profond\u00e9ment boulevers\u00e9s : le Partido Socialista Obrero Espa\u00f1ol (PSOE) devrait \u00eatre la premi\u00e8re force sociale-d\u00e9mocrate continentale. Un Parti socialiste europ\u00e9en \u00e0 traction m\u00e9diterran\u00e9enne ? <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n 1. Quel succ\u00e8s pour l\u2019Alliance nationaliste de Matteo Salvini ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
2. Que fera Viktor Orb\u00e1n ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
3. Le clivage dessin\u00e9 par Emmanuel Macron s\u2019incarnera-t-il dans une r\u00e9alit\u00e9 continentale ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
4. Les lib\u00e9raux s\u2019imposeront-ils comme les arbitres de la prochaine l\u00e9gislature ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
5. Quel avenir pour la Grande coalition europ\u00e9enne ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
6. Les sociaux-d\u00e9mocrates sauront-ils \u00e9viter la chute ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
7. Les Verts r\u00e9ussiront-ils une perc\u00e9e \u00e0 la hauteur du succ\u00e8s de leurs th\u00e9matiques ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n