{"id":36292,"date":"2019-05-22T09:34:51","date_gmt":"2019-05-22T07:34:51","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=36292"},"modified":"2019-05-22T09:35:44","modified_gmt":"2019-05-22T07:35:44","slug":"menace-sur-le-marche-gazier-europeen-en-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/05\/22\/menace-sur-le-marche-gazier-europeen-en-2020\/","title":{"rendered":"Menace sur le march\u00e9 gazier europ\u00e9en en 2020"},"content":{"rendered":"\n
Bruxelles. <\/em>Alors que les n\u00e9gociations sur le maintien du transit ukrainien apr\u00e8s le 31 d\u00e9cembre 2019 ne semblent pas avancer et que le projet Nord Stream 2 pi\u00e9tine, la question se pose : les prix du gaz sur le march\u00e9 europ\u00e9en exploseront-ils en 2020 en cas de retard de la construction du Nord Stream 2 ? Le gazoduc est pr\u00e9vu par Gazprom pour fin 2019 soit avant l\u2019\u00e9ch\u00e9ance du contrat de transit par l\u2019Ukraine, cependant plusieurs facteurs semblent pouvoir reporter sa mise en service.<\/p>\n\n\n\n Tout d\u2019abord, fin mars, l’agence danoise de l’\u00e9nergie a requis l\u2019\u00e9valuation environnementale d’un nouveau trac\u00e9 alors que Nord Stream 2 AG a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pos\u00e9 des demandes de permis pour deux routes diff\u00e9rentes, en avril 2017 et ao\u00fbt 2018, qui sont toujours en examen. L\u2019exploration de cette nouvelle option, passant dans la zone \u00e9conomique exclusive du Danemark au sud de l\u2019\u00eele de Bornholm, est devenue possible suite au r\u00e8glement d\u2019un diff\u00e9rend territorial avec la Pologne et se justifierait par des consid\u00e9rations environnementales. Par prudence, le 15 avril, Nord Stream 2 AG s\u2019est conform\u00e9e \u00e0 l\u2019exigence de l\u2019agence danoise de l’\u00e9nergie mais a tout de m\u00eame fait appel de cette demande estimant qu\u2019elle n\u2019avait pour unique but que de ralentir le projet <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les inqui\u00e9tudes de l\u2019entreprise s\u2019expliquent par la lenteur des autorit\u00e9s danoises lors des pr\u00e9c\u00e9dentes demandes de permis ainsi que par l\u2019absence de date limite d\u2019une telle proc\u00e9dure qui n\u00e9cessite \u00e9galement la consultation des \u00c9tats voisins dont la Pologne, principal opposant au projet.<\/p>\n\n\n\n Par ailleurs, la nouvelle \u00ab directive gaz \u00bb dont se dote l\u2019Union jette l\u2019incertitude sur le futur r\u00e9gime d\u2019exploitation du Nord Stream 2 et ouvre la voie, avant sa mise en service, \u00e0 une longue bataille juridique opposant la Commission \u00e0 Nord Stream 2 AG <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. \u00c0 cela s\u2019ajoute le retour des menaces de sanctions am\u00e9ricaines. Si les \u00c9tats-Unis ne peuvent, a priori, rien faire l\u00e9galement contre les majors europ\u00e9ennes ayant investi dans le gazoduc, ils pourraient en revanche s\u2019attaquer aux entreprises en charge de sa construction. Le r\u00e9publicain Ted Cruz et la d\u00e9mocrate Jeanne Shaheen, membres du Comit\u00e9 des affaires \u00e9trang\u00e8res du S\u00e9nat, ont r\u00e9dig\u00e9 un projet de loi visant les entit\u00e9s g\u00e9rant les navires posant le tuyau <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les individus y \u00e9tant li\u00e9s seraient interdits de voyager aux \u00c9tats-Unis, et leurs actifs aux \u00c9tats-Unis gel\u00e9s. Le projet de loi pr\u00e9voit \u00e9galement des sanctions pour les entit\u00e9s qui fournissent des services financiers ou techniques ou qui assurent les navires. Parmi les victimes potentielles, on trouve le groupe Allseas, dont le si\u00e8ge est en Suisse et les activit\u00e9s aux Pays-Bas, ainsi que la soci\u00e9t\u00e9 italienne Saipem.<\/p>\n\n\n\n Grace au Nord Stream 2, Gazprom esp\u00e9rait \u00eatre en position de force dans les n\u00e9gociations sur le transit par l\u2019Ukraine puisque l\u2019entreprise n\u2019aurait plus \u00e9t\u00e9 d\u00e9pendante du pays pour acheminer son gaz vers l\u2019Union. Les diverses man\u0153uvres des opposants au projet risquent bien de repousser la construction au-del\u00e0 de la fin du contrat ukrainien et ce retard pourrait forcer Gazprom \u00e0 conclure un accord portant sur de plus gros volumes et une p\u00e9riode plus longue que pr\u00e9vue.<\/p>\n\n\n\n Toutefois, il y a une semaine, le porte-parole de Nord Stream 2 AG affirmait que le chantier finirait \u00e0 temps et balayait toutes les menaces \u00e9voqu\u00e9es ci-dessus dans un entretien avec l\u2019agence de presse turque Anadolu<\/em> <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cette confiance affich\u00e9e appara\u00eet comme une op\u00e9ration de communication visant \u00e0 faire comprendre que l\u2019entreprise est forte et ne pliera pas. Certains indices corroborent effectivement l\u2019id\u00e9e que Gazprom ne compte pas plier et se pr\u00e9parerait m\u00eame \u00e0 la guerre. L\u2019entreprise ukrainienne Naftogaz en est convaincue. D\u2019apr\u00e8s le pr\u00e9sident de son Conseil ex\u00e9cutif, Andriy Kobolev, Gazprom aurait la capacit\u00e9 technique de se passer du transit ukrainien en 2020 m\u00eame sans achever Nord Stream 2 <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Selon les estimations de Naftogaz, Gazprom assurerait alors les volumes minimaux d\u2019approvisionnement en gaz des consommateurs europ\u00e9ens dans le cadre des contrats existants. Dans cette situation, Kobolev pr\u00e9voit un d\u00e9ficit d\u2019approvisionnement d\u2019environ 5 milliards de m\u00e8tres cubes qui peuvent \u00eatre couvert par des r\u00e9serves suppl\u00e9mentaires que Gazprom cr\u00e9e en fournissant actuellement du gaz \u00e0 l\u2019Europe sur une base acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Les inqui\u00e9tudes ukrainiennes sont cependant \u00e0 nuancer. Une strat\u00e9gie agressive pourrait \u00eatre contre-productive pour Gazprom. En effet, le principal argument oppos\u00e9 au Nord Stream 2 est qu\u2019il serait une potentielle arme g\u00e9opolitique. Ainsi se servir d\u2019une coupure d\u2019approvisionnement en Ukraine pour forcer la construction du Nord Stream 2 serait une pression malvenue qui confirmerait l\u2019argumentaire des opposants au projet. De plus une telle strat\u00e9gie conduirait \u00e0 une augmentation des prix du gaz, ce qui donnerait plus de place au GNL sur le march\u00e9 europ\u00e9en. Par cons\u00e9quent, une telle strat\u00e9gie n\u2019aboutirait pas forcement \u00e0 la construction du Nord Stream 2 mais b\u00e9n\u00e9ficierait assur\u00e9ment aux exportateurs de GNL, notamment am\u00e9ricains, d\u2019un point de vue \u00e9conomique et politique.<\/p>\n\n\n\n\n\n Naftogaz pense que Gazprom coupera le transit par l\u2019Ukraine m\u00eame sans achever Nord Stream 2. Toutefois une telle strat\u00e9gie ne servirait pas forc\u00e9ment les int\u00e9r\u00eats de Gazprom puisqu\u2019en faisant exploser les prix du gaz, l\u2019entreprise permettrait au GNL de p\u00e9n\u00e9trer plus massivement sur le march\u00e9 europ\u00e9en.<\/p>\n","protected":false},"author":175,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-briefings.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1730],"tags":[],"geo":[534],"class_list":["post-36292","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-energie-et-environnement","staff-sami-ramdani","geo-bulles"],"acf":[],"yoast_head":"\n\r\n <\/picture>\r\n \n
Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n