\u00e0 partir de 8 euros par mois<\/a><\/em> <\/p>\n\n\n\nLes grands desseins puisent leur force dans la clart\u00e9 de leur \u00e9nonc\u00e9. Disons les choses simplement : nous devons b\u00e2tir les \u00c9tats-Unis d’Europe.<\/p>\n\n\n\n
Depuis trop longtemps, nous refusons de nous lancer collectivement dans des projets qui nous d\u00e9passent, et nous laissons la poussi\u00e8re gestionnaire et normative se d\u00e9poser sur nos ambitions.<\/p>\n\n\n\n
Dans un monde r\u00e9gul\u00e9, apais\u00e9, \u00e9quilibr\u00e9, on pourrait croire \u00e0 la \u00ab fin de l’histoire \u00bb et se contenter de cueillir, presque nonchalamment, les fruits du progr\u00e8s. Nous ne vivons pas dans ce monde-l\u00e0. Nous n’y vivons plus.<\/p>\n\n\n\n
De l’\u00e2ge des \u00c9tats-nations \u00e0 l’\u00e2ge des continents-puissances<\/h2>\n\n\n\n Le monde a chang\u00e9 de grammaire. L’ordre international b\u00e2ti autour des \u00c9tats-nations c\u00e8de la place \u00e0 un monde de continents-puissances, seuls capables de peser \u00e0 l’\u00e9chelle o\u00f9 se d\u00e9cident aujourd’hui les rapports de force technologiques, industriels et militaires. C’est le bouleversement le plus profond des derni\u00e8res d\u00e9cennies, et l’Europe s’y trouve attaqu\u00e9e sur trois fronts. Nos adversaires ont une volont\u00e9, une strat\u00e9gie, des moyens ; ils comptent sur nos divisions, et plus encore sur notre lassitude \u00e0 mettre au d\u00e9fi le cours de l’histoire.<\/p>\n\n\n\n
La Russie attaque notre s\u00e9curit\u00e9. Dirig\u00e9e d’une main de fer par un pouvoir qui ex\u00e8cre notre mod\u00e8le d\u00e9mocratique, elle poursuit sa guerre contre l’Ukraine, bombarde ses villes et ses infrastructures civiles, avec pour objectif de menacer le continent tout entier. Ses drones survolent d\u00e9sormais l’Union, ses ing\u00e9rences et ses cyberattaques cherchent \u00e0 d\u00e9sorganiser nos soci\u00e9t\u00e9s et nos \u00e9lections. \u00c0 Leipzig, elle a m\u00eame frapp\u00e9 un a\u00e9roport.<\/p>\n\n\n\n
La Chine m\u00e8ne une attaque en r\u00e8gle contre notre \u00e9conomie et notre industrie. Elle nous fait payer notre arrogance pass\u00e9e : pendant des d\u00e9cennies, nous avons transf\u00e9r\u00e9 nos technologies et d\u00e9localis\u00e9 nos productions, convaincus d’en garder toujours l’invention. Cette condescendance nous a co\u00fbt\u00e9 cher \u2014 les Chinois ont form\u00e9, investi, appris, et nous ont d\u00e9pass\u00e9s dans les secteurs d\u00e9cisifs. Ils passent d\u00e9sormais \u00e0 l’attaque : par la surproduction industrielle d’abord \u2014 une entreprise chinoise sur quatre exporte \u00e0 perte, strat\u00e9gie d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e pour mettre nos industries en faillite ; par la captation de l’attention de nos enfants ensuite, \u00e0 travers des algorithmes que nous ne contr\u00f4lons pas, au prix de leurs addictions et de leurs troubles mentaux. S’attaquer \u00e0 l’intelligence de notre jeunesse, c’est s’attaquer \u00e0 l’avenir de l’Europe.<\/p>\n\n\n\n
Les \u00c9tats-Unis, enfin, nous attaquent eux aussi : guerre commerciale, chantage permanent sur la d\u00e9fense, extraterritorialit\u00e9 de leur droit sous la menace de nous couper l’acc\u00e8s au dollar, une intelligence artificielle qui fa\u00e7onne notre \u00e9conomie sans que nous ayons voix au chapitre sur ses r\u00e8gles. Ces leviers ne sont que les instruments d’une guerre plus profonde, contre nos valeurs. Je reste marqu\u00e9 par le discours du vice-pr\u00e9sident am\u00e9ricain \u00e0 Munich, en f\u00e9vrier 2025 : un r\u00e9quisitoire contre les d\u00e9mocraties europ\u00e9ennes, une remise en cause de notre capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9cider librement. Et qu’avons-nous fait ? Rien, ou presque : cinq mois plus tard, nous acceptions sans rechigner, \u00e0 Turnberry, un accord commercial qui sacrifiait nos int\u00e9r\u00eats pour ne pas froisser Washington. Il faut regarder la r\u00e9alit\u00e9 en face : avec Trump, et sans doute avec ses successeurs, la servilit\u00e9 ne paie jamais. Quel contraste, au moment o\u00f9 l’Europe re\u00e7oit le Premier ministre canadien, entre son obstination \u00e0 d\u00e9fendre son peuple face aux \u00c9tats-Unis et ce que nous avons d\u00fb accepter en juillet 2025.<\/p>\n\n\n\n
Tous ces continents-puissances ont compris que notre division \u00e9tait leur assurance-vie ; \u00ab diviser pour mieux r\u00e9gner \u00bb est devenu la maxime de leur politique \u00e0 l’\u00e9gard de l’Union. C’est pourquoi ils exaltent \u00e0 coups de tweet le nationalisme europ\u00e9en et le fantasme d’une disparition de notre civilisation sous le flot migratoire : tant que nous pointerons du doigt un ennemi int\u00e9rieur, ils pourront tranquillement inonder nos routes de leurs voitures, nos ordinateurs de leurs mod\u00e8les d’intelligence artificielle et notre ciel de leurs satellites.<\/p>\n\n\n\n
\u00c0 ces ennemis qui n’avancent m\u00eame plus masqu\u00e9s s’ajoute une menace sans capitale et sans drapeau : le d\u00e9r\u00e8glement climatique, qui br\u00fble nos for\u00eats, ass\u00e8che nos terres et fissure les murs de nos maisons \u2014 le quotidien d’agriculteurs qui perdent leurs r\u00e9coltes, de villages priv\u00e9s d’eau, de personnes \u00e2g\u00e9es qui \u00e9touffent dans leur appartement. Ce n’est plus une perspective lointaine, c’est une \u00e9preuve qui exige de nous des d\u00e9cisions \u00e0 la hauteur.<\/p>\n\n\n\n
L’actualit\u00e9 montre que l’Europe n’a pas d’autre choix que la force et l’unit\u00e9. Depuis le 28 f\u00e9vrier, les \u00c9tats-Unis m\u00e8nent seuls, sans nous consulter, une guerre contre l’Iran. En repr\u00e9sailles, T\u00e9h\u00e9ran a ferm\u00e9 le d\u00e9troit d’Ormuz, par o\u00f9 transite un cinqui\u00e8me du p\u00e9trole et du gaz de la plan\u00e8te \u2014 et il est toujours ferm\u00e9 six mois plus tard. L’INSEE vient d’abaisser sa pr\u00e9vision de croissance pour la France de 0,7 % \u00e0 0,4 %, en citant explicitement cette fermeture ; le prix du gaz augmente pour la deuxi\u00e8me fois en deux mois, et l’on parle d\u00e9sormais d’un gazole \u00e0 trois euros. Washington n’a pas pes\u00e9 le prix de l’essence \u00e0 nos pompes avant de frapper \u2014 pourquoi l’aurait-il fait ? Un continent-puissance agit selon ses int\u00e9r\u00eats, c’est m\u00eame \u00e0 cela qu’on le reconna\u00eet. Les \u00c9tats-Unis sont exportateurs nets d’\u00e9nergie ; nous importons 97 % de notre p\u00e9trole. Nos int\u00e9r\u00eats ont diverg\u00e9, et nous sommes \u00e0 peu pr\u00e8s les seuls \u00e0 ne pas en avoir tir\u00e9 les cons\u00e9quences. Quelle voix portons-nous dans cette affaire ? Aucune, ou presque : aucun dirigeant europ\u00e9en ne p\u00e8se assez, seul, pour obtenir la fin de cette guerre. Pendant ce temps, la facture arrive chez nous, avec la col\u00e8re qui monte quand il faut choisir entre remplir son r\u00e9servoir et remplir son caddie. Je sais ce qu’on va nous proposer, \u00e0 l’extr\u00eame droite comme \u00e0 l’extr\u00eame gauche : un ch\u00e8que financ\u00e9 par la dette. C’est soigner une d\u00e9pendance en aggravant une autre \u2014 un sursis pay\u00e9 par nos enfants, pas une solution. Il faut des r\u00e9ponses de court terme pour g\u00e9rer l’urgence, mais une campagne pr\u00e9sidentielle doit aussi regarder plus haut : c’est une r\u00e9ponse structurelle de puissance qu’il nous faut, et c’est ce que je propose avec les \u00c9tats-Unis d’Europe \u2014 permettre \u00e0 notre continent d’\u00eatre plus qu’un espace, une v\u00e9ritable puissance.<\/p>\n\n\n\n
Car la puissance n’est pas un mot abstrait : la puissance, c’est la libert\u00e9. C’est au sein d’une Europe unie que nous b\u00e2tirons notre ind\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique et l’\u00e9lectrification de nos modes de vie ; c’est \u00e0 cette \u00e9chelle, et \u00e0 cette \u00e9chelle seulement, que nous serons assez innovants et productifs pour permettre une hausse massive de nos salaires. Regardons les \u00c9tats-Unis : un m\u00e9nage sur deux y touche plus de 7 290 dollars par mois, et le taux de pauvret\u00e9 y est au plus bas historique \u2014 ce sont d’abord les m\u00e9nages qui b\u00e9n\u00e9ficient de la rente de la puissance am\u00e9ricaine. Nous pouvons, nous devons, suivre le m\u00eame chemin. Mais aujourd’hui, face \u00e0 la force, nous montrons le visage de la dispersion.<\/p>\n\n\n\n
Une Europe qui s’entrave elle-m\u00eame<\/h2>\n\n\n\n L’Europe est fragment\u00e9e, divis\u00e9e \u2014 elle avance avec des boulets qu’elle s’est elle-m\u00eame attach\u00e9s aux pieds. Un march\u00e9 commun, mais des entreprises qui doivent franchir un parcours d’obstacles pour passer d’un pays \u00e0 l’autre. Une monnaie commune, mais des circuits de financement qui restent fragment\u00e9s. Des int\u00e9r\u00eats industriels communs, mais des \u00c9tats qui continuent de se faire concurrence. Sur bien des sujets, les autres puissances n’ont m\u00eame pas besoin de nous diviser : nous faisons le travail \u00e0 leur place. La fragmentation \u00e9conomique de l’Europe \u00e9quivaut, en droits de douane internes, \u00e0 environ 45 % sur nos biens et 110 % sur nos services : nous nous taxons nous-m\u00eames bien davantage que ce que les \u00c9tats-Unis menacent de nous taxer. Nous nous handicapons nous-m\u00eames \u2014 c’est le c\u0153ur du probl\u00e8me, la principale entrave \u00e0 notre prosp\u00e9rit\u00e9 et \u00e0 notre puissance.<\/p>\n\n\n\n
Je veux \u00eatre honn\u00eate : l’Union europ\u00e9enne \u00e0 vingt-sept a accompli des succ\u00e8s consid\u00e9rables, et je ne laisserai personne les effacer. La PAC, le march\u00e9 unique, l’Euro sont des r\u00e9ussites historiques. \u00c0 chaque crise, l’Europe a su trouver en elle les ressources de son sursaut : autonomie mon\u00e9taire et bancaire retrouv\u00e9e apr\u00e8s 2008, strat\u00e9gie vaccinale commune pendant le Covid, premi\u00e8re dette commune pour financer la relance, soutien ind\u00e9fectible \u00e0 l’Ukraine, refus unanime oppos\u00e9 \u00e0 Donald Trump lorsqu’il a menac\u00e9 d’envahir le Groenland, lors du Forum de Davos. Ce \u00ab non \u00bb, l’Europe le doit beaucoup \u00e0 l’action du pr\u00e9sident Emmanuel Macron, qui a su faire sortir du tabou des mots comme souverainet\u00e9 europ\u00e9enne, int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques communs, commande publique europ\u00e9enne, d\u00e9fense europ\u00e9enne ou taxe carbone aux fronti\u00e8res \u2014 et qui s’est impos\u00e9 comme le principal leader europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n
Mais reconna\u00eetre ces r\u00e9ussites n’interdit pas d’en voir les limites, et je le dis avec force : l’Europe \u00e0 vingt-sept a atteint les siennes. Elle ne peut plus suivre la cadence de l’histoire. Nous ne pourrons pas aller plus loin avec le syst\u00e8me actuel, ni peser si nous voulons tout conserver tel quel. Sur les d\u00e9cisions essentielles, la r\u00e8gle de l’unanimit\u00e9 permet \u00e0 un seul gouvernement de retenir tous les autres ; l’\u00e9quilibre des pouvoirs \u2014 et donc des responsabilit\u00e9s \u2014 est \u00e9clat\u00e9 entre une Commission peu l\u00e9gitime, un Parlement peu puissant et un Conseil pris au pi\u00e8ge de l’unanimit\u00e9. L’Union dispose depuis deux ans, avec le rapport Draghi, de la feuille de route de son propre sursaut. Certains chantiers ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s \u2014 Boussole pour la comp\u00e9titivit\u00e9, Pacte pour une industrie propre, Union de l’\u00e9pargne et de l’investissement, proposition d’un Fonds europ\u00e9en de comp\u00e9titivit\u00e9 \u2014 et vont dans le bon sens. Mais ils avancent trop lentement : seulement 30 % des recommandations du rapport ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre, et le c\u0153ur de ce qu’il faut b\u00e2tir \u2014 la puissance financi\u00e8re, le march\u00e9 unique du capital et de l’\u00e9nergie \u2014 reste largement inabouti.<\/p>\n\n\n\n
\u00c0 force, ce syst\u00e8me ne produit plus que frustration et col\u00e8re : celle de savoir ce qu’il faudrait faire, sans jamais \u00eatre en capacit\u00e9 de le faire. Je crois qu’il n’y a que deux choix politiques possibles : le vieux cauchemar du Frexit, ou un r\u00eave nouveau \u2014 celui des \u00c9tats-Unis d’Europe.<\/p>\n\n\n\n
Un vieux r\u00eave, qui n’a jamais eu besoin de patrie<\/h2>\n\n\n\n L’id\u00e9e que je porte n’est pas nouvelle : c’est le vieux r\u00eave europ\u00e9en, et je suis venu le r\u00e9veiller.<\/p>\n\n\n\n
Notre r\u00eave europ\u00e9en puise \u00e0 deux sources : l’h\u00e9ritage gr\u00e9co-romain, qui nous a donn\u00e9 la d\u00e9mocratie et le droit, et la tradition jud\u00e9o-chr\u00e9tienne, qui nous a enseign\u00e9 l’\u00e9gale dignit\u00e9 de tout \u00eatre humain. Ces deux sources se sont rejointes dans les Lumi\u00e8res, qui ont \u00e9clair\u00e9 l’Europe enti\u00e8re \u2014 un r\u00eave sans patrie unique, parce qu’il les avait toutes.<\/p>\n\n\n\n
On le voit d\u00e8s la Renaissance, quand les id\u00e9es circulent librement d’un bout \u00e0 l’autre du continent, jusqu\u2019\u00e0 Voltaire, qui s’est form\u00e9 partout en Europe sans jamais s’y sentir \u00e9tranger. C’est Victor Hugo qui, en 1849, lui donne un nom : les \u00ab \u00c9tats-Unis d’Europe \u00bb, une union o\u00f9 chaque nation garderait son identit\u00e9 propre tout en se fondant dans une fraternit\u00e9 sup\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n
Nos grands-parents ont fait rena\u00eetre ce r\u00eave sur les ruines de la guerre : Schuman et Monnet, en 1950, ont mis en commun le charbon et l’acier, transformant nos anciennes rivalit\u00e9s en chemin de paix. Nos parents ont poursuivi cette \u0153uvre avec le march\u00e9 commun et la monnaie unique de Maastricht.<\/p>\n\n\n\n
\u00c0 notre g\u00e9n\u00e9ration d’accomplir la troisi\u00e8me \u00e9tape de cette histoire : mettre en commun l’\u00e9conomie elle-m\u00eame, arracher l’Europe aux nationalismes qui pr\u00e9parent son d\u00e9clin, et reprendre le r\u00eave l\u00e0 o\u00f9 nos p\u00e8res l’ont laiss\u00e9. Ne craignons plus de b\u00e2tir les \u00c9tats-Unis d’Europe.<\/p>\n\n\n\n
Ce que sont les \u00c9tats-Unis d’Europe : de nouvelles fronti\u00e8res et un f\u00e9d\u00e9ralisme \u00e9conomique et \u00e9cologique<\/h2>\n\n\n\n Soyons pr\u00e9cis. Les \u00c9tats-Unis d’Europe ne sont pas la cr\u00e9ation d’un pays unique qui effacerait les nations existantes : c’est une fusion \u00e9conomique et \u00e9cologique entre un noyau dur de pays europ\u00e9ens. L\u00e0 o\u00f9 l’Europe a construit la paix, l\u00e0 o\u00f9 l’Union a produit des normes, les \u00c9tats-Unis d’Europe doivent b\u00e2tir notre puissance. Leur objectif : partir \u00e0 la conqu\u00eate d\u2019une dizaine de fronti\u00e8res qui feront notre prosp\u00e9rit\u00e9 dans les domaines de la sant\u00e9, de l\u2019IA et du quantique, de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019espace, de l\u2019\u00e9nergie et du transport d\u00e9carbon\u00e9s, de l\u2019armement, souverainet\u00e9 de nos syst\u00e8mes de paiement, protection de notre ind\u00e9pendance cognitive et excellence universitaire.<\/p>\n\n\n\n
Si nous r\u00e9ussissons, les \u00c9tats-Unis d’Europe deviendront la premi\u00e8re puissance au monde. Je ne propose pas une institution lointaine de plus, d\u00e9connect\u00e9e de la vie des gens : je crois que seuls les \u00c9tats-Unis d’Europe nous permettront d’apporter des r\u00e9ponses concr\u00e8tes aux probl\u00e8mes fondamentaux des Fran\u00e7ais et des Europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n
Pour y parvenir, il faut un v\u00e9ritable f\u00e9d\u00e9ralisme \u00e9conomique, technologique et \u00e9cologique, qui l\u00e8ve les barri\u00e8res emp\u00eachant nos \u00e9conomies de fusionner vraiment. Nous croyons souvent nos \u00e9conomies d\u00e9j\u00e0 int\u00e9gr\u00e9es : il n’en est rien. Nous sommes au milieu du gu\u00e9 \u2014 trop connect\u00e9s pour \u00eatre pleinement autonomes, pas assez pour \u00eatre pleinement puissants. Je propose donc la disparition totale des fronti\u00e8res \u00e9conomiques au sein des \u00c9tats-Unis d’Europe, et une politique in\u00e9dite d’urgence \u00e9cologique. J’ai recens\u00e9 vingt-et-une barri\u00e8res \u00e0 abattre : convergence de nos imp\u00f4ts et de nos taxes, droit du travail commun, fusion de nos banques et de nos op\u00e9rateurs t\u00e9l\u00e9coms, \u00e9mission de dette commune, budget commun, unification totale de nos normes agricoles et \u00e9conomiques, droit des affaires unique \u2014 soci\u00e9t\u00e9s, contrats, faillites, propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n\n\n\n
Concr\u00e8tement, une entreprise doit pouvoir se d\u00e9velopper dans cet espace aussi naturellement qu’elle grandit aujourd’hui d’une r\u00e9gion fran\u00e7aise \u00e0 une autre. Aujourd’hui, quand elle s’installe en Europe, elle doit conna\u00eetre vingt-sept droits du travail, vingt-sept droits des affaires, vingt-sept syst\u00e8mes fiscaux ; ouvrir vingt-sept comptes bancaires, prendre vingt-sept abonnements t\u00e9l\u00e9phoniques.<\/p>\n\n\n\n
Le c\u0153ur de ce projet, c’est la simplification \u2014 ce sera la boussole des \u00c9tats-Unis d’Europe. L\u00e0 o\u00f9 l’Union a donn\u00e9 le sentiment de produire trop de normes, les \u00c9tats-Unis d’Europe apporteront la preuve que simplicit\u00e9 et prosp\u00e9rit\u00e9 vont de pair.<\/p>\n\n\n\n
Nous ach\u00e8verons l’union bancaire et celle de nos march\u00e9s de capitaux. On nous dit que l’Europe manque de g\u00e9ants faute d’argent : c’est faux. Les Europ\u00e9ens comptent parmi les peuples qui \u00e9pargnent le plus au monde ; l’argent est l\u00e0. Ce qui manque, c’est le chemin entre cette \u00e9pargne et nos entreprises, parce qu’elle reste enferm\u00e9e dans vingt-sept compartiments \u00e9tanches, vingt-sept fiscalit\u00e9s, vingt-sept r\u00e9gulateurs \u2014 quand les Am\u00e9ricains n’en ont qu’un seul. R\u00e9sultat : l’assureur allemand qui pourrait financer l’entreprise espagnole pr\u00e9f\u00e8re acheter des bons du Tr\u00e9sor am\u00e9ricain, plus simple. Nous exportons notre argent pour financer l’\u00e9conomie am\u00e9ricaine. En septembre, Mistral a lev\u00e9 trois milliards d’euros, la plus grosse op\u00e9ration de l’histoire de la tech europ\u00e9enne ; six mois plus t\u00f4t, OpenAI levait cent vingt-deux milliards de dollars en une seule fois \u2014 trente-cinq fois plus. Amazon, seule, a sign\u00e9 un ch\u00e8que quatorze fois sup\u00e9rieur \u00e0 tout ce que Mistral a r\u00e9uni. Nos chercheurs et nos ing\u00e9nieurs sont aussi bons : ils manquent de financement. C’est pourquoi je propose l’union des march\u00e9s de capitaux \u2014 un r\u00e9gulateur, un d\u00e9positaire, un produit d’\u00e9pargne europ\u00e9en, le m\u00eame partout. Le jour o\u00f9 lever trois milliards ne sera plus un record mais une op\u00e9ration ordinaire, nous aurons nos g\u00e9ants, financ\u00e9s par l’\u00e9pargne des Europ\u00e9ens, pour l’emploi de leurs enfants et pour notre souverainet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n
Nous conduirons aussi une politique industrielle unique \u2014 planification par fili\u00e8res, investissements coordonn\u00e9s, commandes publiques capables de faire grandir nos entreprises, pr\u00e9f\u00e9rence europ\u00e9enne assum\u00e9e \u2014 appliqu\u00e9e en priorit\u00e9 \u00e0 l’industrie de d\u00e9fense. Les \u00c9tats-Unis d’Europe se lib\u00e9reront de l’obsession de la libre concurrence pour faire ce que les \u00c9tats-Unis et la Chine ont fait avant nous : planifier, investir massivement dans la recherche et dans nos entreprises les plus prometteuses, puis leur donner acc\u00e8s au plus grand march\u00e9 du monde et \u00e0 des commandes publiques massives. La politique commerciale devra elle aussi \u00e9voluer : l’Union garderait la main pour n\u00e9gocier de nouveaux accords avec nos alli\u00e9s \u2014 comme le CETA avec le Canada \u2014 et deviendrait l’interlocuteur de tous nos partenaires pour organiser la paix commerciale, du Japon \u00e0 l’Inde, de la Cor\u00e9e \u00e0 la Nouvelle-Z\u00e9lande et \u00e0 l’Australie. Mais face \u00e0 une attaque av\u00e9r\u00e9e de la Chine ou des \u00c9tats-Unis, les \u00c9tats-Unis d’Europe disposeraient d’une arme de dissuasion commerciale, capable de r\u00e9agir plus vite et plus fort qu’\u00e0 vingt-sept, et d’imposer notre propre vision du commerce international. Nous d\u00e9fendre, et enfin imposer notre puissance.<\/p>\n\n\n\n
Pour porter ces politiques, nous donnerons aux \u00c9tats-Unis d’Europe les moyens de leurs d\u00e9cisions : un budget commun, des ressources communes, un Tr\u00e9sor capable d’\u00e9mettre une dette commune pour financer nos investissements d’avenir. Avec l’Union, nous avons fait le march\u00e9 unique. Avec l’euro, la monnaie unique. Je propose de faire, avec les \u00c9tats-Unis d’Europe, une \u00e9conomie unique.<\/p>\n\n\n\n
Mais les \u00c9tats-Unis d’Europe seront une puissance \u00e9cologique autant qu’\u00e9conomique, et j’y tiens profond\u00e9ment. L’\u00e9co-continent est la seule \u00e9chelle possible pour relever ce d\u00e9fi. Les \u00c9tats-Unis d’Europe d\u00e9cideront donc de leur trajectoire climatique et des moyens de la tenir : planification \u00e9cologique europ\u00e9enne, r\u00e9seaux d’\u00e9nergie organis\u00e9s en commun, nucl\u00e9aire et renouvelables unis dans un m\u00eame effort, financement des interconnexions, du stockage et de la d\u00e9carbonation de nos industries. Sur un continent pauvre en ressources naturelles, la s\u00e9curit\u00e9 de nos approvisionnements sera une priorit\u00e9, pour que les mati\u00e8res premi\u00e8res chinoises ne deviennent pas le gaz russe de demain ; nous diversifierons nos fournisseurs et deviendrons la plus grande \u00e9conomie circulaire du monde \u2014 nos d\u00e9chets deviendront notre principale mati\u00e8re premi\u00e8re. Notre dette commune financera aussi notre adaptation au d\u00e9r\u00e8glement d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9 : agriculture r\u00e9siliente, logements et services publics isol\u00e9s, protection de nos ressources en eau, de nos littoraux, de nos for\u00eats. Il faut sortir de cette logique o\u00f9 l’on fixe un objectif europ\u00e9en avant de renvoyer chaque pays, chaque entreprise, chaque m\u00e9nage \u00e0 ses propres moyens pour l’atteindre : une ambition commune exige des moyens communs, et l’\u00e9cologie doit devenir un levier de notre puissance plut\u00f4t qu’une addition de contraintes nationales.<\/p>\n\n\n\n
La m\u00e9thode : un noyau dur, un trait\u00e9, un r\u00e9f\u00e9rendum<\/h2>\n\n\n\n Ce projet, je le m\u00e8nerai d\u00e8s le premier jour de mon mandat. Ma premi\u00e8re mission sera de constituer un noyau dur de pays europ\u00e9ens et de les convaincre que les \u00c9tats-Unis d’Europe sont le seul chemin possible. Nous tendrons la main aux pays fondateurs \u2014 l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg \u2014 puis \u00e0 l’Espagne, au Portugal, aux pays nordiques, \u00e0 la Pologne, tous essentiels \u00e0 l’avenir europ\u00e9en. Je souhaite qu’un jour le Royaume-Uni retrouve sa place dans cette aventure, s’il fait librement le choix de la rejoindre. Je ne pr\u00e9tends pas que tous ces pays sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00eats : je propose de leur ouvrir ce chemin. Peu importe le nombre des premiers signataires \u2014 huit, dix \u2014 pourvu que ce noyau dur soit uni, solidaire et puissant. Il sera l’avant-garde des \u00c9tats-Unis d’Europe.<\/p>\n\n\n\n
J’irai voir ces dirigeants en personne, et je leur dirai : posons la premi\u00e8re pierre. \u00c9crivons ensemble ce trait\u00e9 qui fusionnera nos \u00e9conomies et nous unira dans notre combat contre le d\u00e9r\u00e8glement climatique \u2014 le Trait\u00e9 de prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique et d’urgence \u00e9cologique \u2014 qui organisera cette premi\u00e8re \u00e9tape des \u00c9tats-Unis d’Europe. Car c’est ce f\u00e9d\u00e9ralisme \u00e9conomique qui en sera la premi\u00e8re pierre, comme nagu\u00e8re la mise en commun du charbon et de l’acier fut la premi\u00e8re pierre de l’union politique, autrement plus ambitieuse, que nous connaissons aujourd’hui.<\/p>\n\n\n\n
On m’objectera que c’est le projet d’un si\u00e8cle. C’est faux : les \u00c9tats-Unis d’Europe peuvent voir le jour en moins de dix ans. Le trait\u00e9 de Paris instituant la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne du charbon et de l’acier est entr\u00e9 en vigueur sept ans seulement apr\u00e8s la fin de la Seconde Guerre mondiale ; la n\u00e9gociation du trait\u00e9 de Maastricht a pris \u00e0 peine quatorze mois ; l’accord de Schengen a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 douze mois apr\u00e8s le Conseil europ\u00e9en de Fontainebleau. Une fois les dirigeants europ\u00e9ens d’accord sur ce qu’ils veulent mettre en commun, le processus peut aller vite \u2014 et je crois que la crise existentielle que traverse l’Europe y conduira ses dirigeants : le mod\u00e8le allemand, fond\u00e9 sur une triple d\u00e9pendance aux hydrocarbures russes, aux exportations vers la Chine et au parapluie militaire am\u00e9ricain, est \u00e9branl\u00e9 structurellement par l’inondation de son march\u00e9 par les voitures chinoises ; le mod\u00e8le fran\u00e7ais est \u00e0 bout de souffle, et il n’est pas le seul. J’ai consult\u00e9 mes voisins europ\u00e9ens : dans le secret de nos discussions, ils font le m\u00eame constat que moi, et j’ai b\u00e2ti, dans presque tous les pays europ\u00e9ens, un r\u00e9seau d’alli\u00e9s qui pensent, comme moi, que sans union nous sommes condamn\u00e9s \u00e0 la disparition.<\/p>\n\n\n\n
D\u00e8s le premier jour de mon mandat, j’ouvrirai les n\u00e9gociations avec tous les partenaires qui ont vocation \u00e0 rejoindre les \u00c9tats-Unis d’Europe. Mais aucune journ\u00e9e de n\u00e9gociation ne doit \u00eatre perdue : nous utiliserons d\u00e8s maintenant tout ce que les trait\u00e9s actuels permettent, dans le cadre des coop\u00e9rations renforc\u00e9es, qui autorisent un groupe restreint de pays \u00e0 avancer plus vite quand l’Union patine \u00e0 vingt-sept.<\/p>\n\n\n\n
Et si, malgr\u00e9 tout, les gouvernements tergiversent, remettent \u00e0 demain, se laissent gagner par la peur des grands projets, alors il faudra passer directement par les peuples. Je propose de cr\u00e9er les \u00c9tats-Unis d’Europe par un r\u00e9f\u00e9rendum europ\u00e9en : un vote simultan\u00e9, dans tous les pays appel\u00e9s \u00e0 les rejoindre. Les gouvernements passent, les peuples restent. Si les peuples choisissent les \u00c9tats-Unis d’Europe, ce choix sera ind\u00e9fectible.<\/p>\n\n\n\n
Une gouvernance d\u00e9mocratique, pour en finir avec l’Europe des sommets<\/h2>\n\n\n\n La gouvernance des \u00c9tats-Unis d’Europe devra \u00eatre d\u00e9mocratique : il faut en finir avec l’Europe des sommets. \u00c0 terme, un parlement compos\u00e9 des \u00e9lus europ\u00e9ens de chaque nation, et un responsable \u2014 un pr\u00e9sident, un pr\u00e9sident de Commission, peu importe le nom \u2014 \u00e9lu au suffrage universel, lors du premier scrutin r\u00e9ellement pan-europ\u00e9en de notre histoire. Mais l’urgence n’est pas de recr\u00e9er des instances : c’est d’avancer, d’\u00eatre efficace, et de poser les pierres du projet dont notre Europe et notre pays ont besoin.<\/p>\n\n\n\n
R\u00e9pondre \u00e0 ceux qui n’y croient plus<\/h2>\n\n\n\n Certains diront que les \u00c9tats-Unis d’Europe sont un horizon souhaitable mais sans r\u00e9ponse aux angoisses du quotidien. J’ai montr\u00e9 pourquoi je pense le contraire : les pr\u00e9c\u00e9dents historiques disent que ce projet peut aboutir en moins de dix ans, d\u00e8s lors que la volont\u00e9 politique existe \u2014 et la crise que traversent, en m\u00eame temps, presque tous les mod\u00e8les nationaux europ\u00e9ens, rend cette volont\u00e9 plus probable, non moins. Les moments de crise structurelle am\u00e8nent historiquement les peuples au meilleur d’eux-m\u00eames, comme au pire ; je fais le pari du meilleur.<\/p>\n\n\n\n
D’autres diront que ce projet menace notre identit\u00e9, qu’une int\u00e9gration plus pouss\u00e9e effacerait notre pays. Je trouve cette crainte compr\u00e9hensible et infond\u00e9e : il faudrait vraiment nous croire bien faibles pour qu’une union \u00e9conomique et \u00e9cologique puisse d\u00e9truire des si\u00e8cles d’histoire. Je crois en la France, je l’aime, je refuse son d\u00e9clin \u2014 et c’est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cela que je la veux plus forte, plus prosp\u00e8re, au sein des \u00c9tats-Unis d’Europe. Les comp\u00e9tences r\u00e9galiennes resteront \u00e0 la main des \u00c9tats : commandement de nos arm\u00e9es, d\u00e9cision d’engager nos forces, diplomatie, s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, justice \u2014 chaque \u00c9tat les conservera. La dissuasion fran\u00e7aise restera fran\u00e7aise, et nous renforcerons m\u00eame notre r\u00f4le en devenant le nouveau parapluie nucl\u00e9aire europ\u00e9en : le parapluie am\u00e9ricain s’est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 peu fiable, place au parapluie fran\u00e7ais. Nos nations garderont leur langue, leur culture, leurs institutions ; la France continuera d’\u00eatre la France, avec sa voix, son histoire et sa libert\u00e9 \u2014 mais elle disposera d’une force \u00e9conomique nouvelle pour les faire vivre. Une puissance commune ne sera l\u00e9gitime que si les citoyens en gardent la ma\u00eetrise : c’est pour cela que je propose de la fonder par un r\u00e9f\u00e9rendum, et non par un accord entre chancelleries.<\/p>\n\n\n\n
Ce que nous avons \u00e0 d\u00e9cider<\/h2>\n\n\n\n Je sais ce qu’une telle proposition repr\u00e9sente dans une campagne pr\u00e9sidentielle. Il serait plus facile de parler de quelques ajustements, de promettre un meilleur rapport de force sans jamais pr\u00e9ciser ce que l’on est pr\u00eat \u00e0 mettre en commun. Je fais un autre choix : je veux que cette campagne serve \u00e0 d\u00e9cider de notre avenir, et je suis candidat pour proposer le projet d’une g\u00e9n\u00e9ration \u2014 les \u00c9tats-Unis d’Europe.<\/p>\n\n\n\n
Ce n’est pas une id\u00e9e improvis\u00e9e. Elle vient d’\u00e9changes men\u00e9s avec des dirigeants europ\u00e9ens, des experts, des philosophes, des juristes, des \u00e9conomistes, des chefs d’entreprise, et tous m’ont dit la m\u00eame chose : c’est ce dont la France a besoin.<\/p>\n\n\n\n
Je mesure le risque que repr\u00e9sente ce choix : il faudra convaincre, n\u00e9gocier, surmonter des int\u00e9r\u00eats install\u00e9s et de vieilles habitudes. Je l’assume, parce que je crois que c’est le chemin de notre prosp\u00e9rit\u00e9 et de notre libert\u00e9 dans le monde qui vient. Mais je mesure tout autant le risque que l’on ne nomme jamais : celui de continuer comme avant, de voir partir nos investissements, de perdre la ma\u00eetrise de nos technologies, de d\u00e9couvrir trop tard que nos choix sont devenus les d\u00e9cisions des autres. Face aux puissances am\u00e9ricaine, chinoise et russe, je crois que les \u00c9tats-Unis d’Europe sont notre meilleure chance.<\/p>\n\n\n\n
Nous avons, \u00e0 notre tour, une d\u00e9cision \u00e0 prendre : transmettre \u00e0 notre jeunesse une Europe qui aura perdu la ma\u00eetrise de son avenir, ou une Europe qui aura su retrouver, dans la gravit\u00e9 de l’\u00e9preuve, la force de commencer quelque chose de grand.<\/p>\n\n\n\n
La libert\u00e9 est l\u2019enjeu. <\/p>\n\n\n\n
La puissance le moyen. <\/p>\n\n\n\n
Les \u00c9tats-Unis d\u2019Europe, le chemin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"
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