{"id":358306,"date":"2026-09-18T06:30:00","date_gmt":"2026-09-18T04:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=358306"},"modified":"2026-09-17T22:31:26","modified_gmt":"2026-09-17T20:31:26","slug":"le-test-des-trois-chinois-fois-treize","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/09\/18\/le-test-des-trois-chinois-fois-treize\/","title":{"rendered":"Le test des trois Chinois (fois treize)\u00a0"},"content":{"rendered":"\n
Testez <\/em>le Grand Continent. Les id\u00e9es et les analyses qu\u2019on ne trouve nulle part. Mais que vous verrez bient\u00f4t partout. Dans votre bo\u00eete mail \u00e0 partir de 8 euros par mois<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n Quand on me demande les trois Chinois les plus int\u00e9ressants aujourd’hui, je commence par lui. N\u00e9 en 1989 \u00e0 Kaili, dans le Guizhou, province pauvre et montagneuse du sud-ouest chinois, r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par Kaili Blues<\/em> (2015), prim\u00e9 \u00e0 Locarno, puis Un grand voyage vers la nuit<\/em> (2018). En mai 2025, Resurrection<\/em> re\u00e7oit le Prix sp\u00e9cial du jury \u00e0 Cannes. Les films de Bi Gan sont tr\u00e8s beaux. Resurrection<\/em> m’a influenc\u00e9, j\u2019aimerais \u00e9crire l\u00e0-dessus un jour. Bi Gan est un cin\u00e9aste tr\u00e8s Guizhou \u2014 et le Guizhou est la province voisine du Yunnan, d’o\u00f9 je viens : nous avons beaucoup en commun avec ces gens-l\u00e0. Il parle toujours le dialecte du Guizhou, que je comprends tr\u00e8s bien, et que je trouve tr\u00e8s amusant. Ma m\u00e9thode pour comprendre la Chine et le monde, c’est de tout lire puis de voyager, voyager, voyager, d’aller dans la Chine rurale, pauvre, montagneuse, plut\u00f4t que de la regarder depuis les capitales. Bi Gan filme cette Chine-l\u00e0 de l’int\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n Si vous ne connaissez pas Eileen Gu, \u00e9galement c\u00e9l\u00e8bre en Chine sous le nom de Gu Ailing, c\u2019est peut-\u00eatre que vous \u00e9tiez absent ces derniers mois. Cette skieuse de freestyle, multiple championne olympique \u00e0 P\u00e9kin et \u00e0 Milan-Cortina (o\u00f9 de nombreuses banderoles affichaient la phrase \u00ab Eileen, \u00e9pouse-moi \u00bb), mannequin et \u00e9tudiante \u00e0 Stanford, est n\u00e9e \u00e0 San Francisco en 2003. \u00c9lev\u00e9e par sa m\u00e8re et sa grand-m\u00e8re d’origine chinoise entre la Californie et des s\u00e9jours r\u00e9guliers en Chine, elle appartient \u00e0 ces deux mondes. Cependant, c’est lorsque les relations entre P\u00e9kin et Washington sont entr\u00e9es dans une phase de rivalit\u00e9 plus marqu\u00e9e qu’elle est devenue une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 mondiale. En 2019, apr\u00e8s avoir concouru sous le drapeau am\u00e9ricain, elle a annonc\u00e9 qu\u2019elle repr\u00e9senterait la Chine aux Jeux olympiques de P\u00e9kin en 2022, afin d’inspirer des millions de jeunes Chinoises \u00e0 s’int\u00e9resser au sport et \u00e0 la culture sportive. Tout en jonglant entre les questions de politique internationale et le soutien que le gouvernement chinois apporte \u00e0 celle qui est d\u00e9sormais sa sportive la plus c\u00e9l\u00e8bre, elle continue \u00e0 remporter des victoires, \u00e0 \u00e9tudier et \u00e0 parcourir le monde en tant qu\u2019ambassadrice de marques occidentales et chinoises, telles que Red Bull, Louis Vuitton et Anta.<\/p>\n\n\n\n Wang Laichun, \u00e9galement connue sous le nom de Grace Wang, est n\u00e9e en 1967. Elle a d\u00e9but\u00e9 sa carri\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt ans en tant qu\u2019ouvri\u00e8re chez le g\u00e9ant ta\u00efwanais Foxconn, \u00e0 Shenzhen. En l\u2019espace d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es, elle a acquis des comp\u00e9tences en gestion de la production et en organisation de l\u2019approvisionnement. Avec son fr\u00e8re, elle s\u2019est alors lanc\u00e9e dans l\u2019entrepreneuriat jusqu\u2019\u00e0 fonder Luxshare \u00e0 Dongguan en 2004. Luxshare est l\u2019un des fleurons d\u2019\u00ab Apple in China \u00bb, ce processus historique d\u00e9crit dans le best-seller de Patrick McGee. L\u2019entreprise est devenue l\u2019un des principaux fournisseurs d\u2019Apple. Elle s\u2019est impliqu\u00e9e dans l\u2019assemblage des principaux produits du g\u00e9ant de Cupertino et est m\u00eame devenue un concurrent de Foxconn. Fr\u00f4lant les 50 milliards de chiffre d\u2019affaires en 2025, Luxshare incarne l\u2019ambition sectorielle et g\u00e9ographique de l\u2019industrie \u00e9lectronique chinoise. L\u2019entreprise s\u2019est diversifi\u00e9e dans l\u2019\u00e9lectronique automobile, les communications et les centres de donn\u00e9es, et a implant\u00e9 des sites de production ou des centres de recherche au Vietnam, en Malaisie et au Mexique.<\/p>\n\n\n\n Frank Wang est n\u00e9 \u00e0 Hangzhou en 1980. Apr\u00e8s avoir suivi des \u00e9tudes d’ing\u00e9nieur en \u00e9lectronique \u00e0 Hong Kong, il a fond\u00e9 DJI \u00e0 Shenzhen en 2006. En int\u00e9grant le pilotage, les capteurs, les cam\u00e9ras, les logiciels et la transmission d\u2019images, DJI est devenu, au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, le leader mondial du secteur des drones civils et a contribu\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9cisive \u00e0 faire entrer les drones dans le domaine des produits de grande consommation. Les estimations concernant sa part du march\u00e9 civil mondial varient entre 70 et 80 %, gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9cosyst\u00e8me, \u00e0 sa capacit\u00e9 de production et \u00e0 la formation continue de ses talents : une position concurrentielle que nul ne parvient \u00e0 \u00e9galer. Depuis au moins 2020, DJI est au c\u0153ur de controverses aux \u00c9tats-Unis, ayant \u00e9t\u00e9 inscrit sur de nombreuses listes noires des d\u00e9partements du Commerce, de la D\u00e9fense et du Tr\u00e9sor. Dans certains cas, le gouvernement am\u00e9ricain a d\u00fb revenir sur ses propres mesures, car il n\u2019existait aucune alternative r\u00e9elle aux drones de Shenzhen. Pour les start-ups am\u00e9ricaines sp\u00e9cialis\u00e9es, DJI est \u00e0 la fois la raison pour laquelle elles sollicitent le soutien du gouvernement et le mod\u00e8le \u00e0 atteindre et \u00e0 imiter.<\/p>\n\n\n\n La personnalit\u00e9 la plus influente de la sc\u00e8ne musicale ind\u00e9pendante chinoise est sans conteste Yang Haisong. Po\u00e8te, romancier et traducteur accompli, il s’est fait conna\u00eetre lorsque PK14, le groupe qu’il avait fond\u00e9 \u00e0 Nankin en 1997, s’est install\u00e9 \u00e0 P\u00e9kin en 2001. Son utilisation de la langue et des traditions th\u00e9\u00e2trales chinoises a ouvert la voie \u00e0 presque tous les groupes importants qui ont vu le jour par la suite en Chine. <\/p>\n\n\n\n Mais son influence ne s’arr\u00eate pas l\u00e0. En 2007, un groupe \u00e9mergent de P\u00e9kin, Carsick Cars, lui a demand\u00e9 de produire son premier album, ce qu’il a accept\u00e9 de faire. Ce dernier est devenu le plus important de la sc\u00e8ne ind\u00e9pendante chinoise et a marqu\u00e9 le d\u00e9but d’une longue carri\u00e8re pour Yang en tant que producteur de certains des albums les plus marquants de Chine.<\/p>\n\n\n\n Toujours en 2007, il a cofond\u00e9 le label Maybe Mars\/Bing Masi, qui est devenu en l\u2019espace de cinq \u00e0 six ans le premier label musical ind\u00e9pendant du pays. Celui-ci a \u00e9t\u00e9 vendu \u00e0 un grand groupe m\u00e9diatique chinois en 2020, mais Yang continue de le diriger <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Si Yang Haisong est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme le doyen, le producteur et l\u2019artisan de la sc\u00e8ne rock ind\u00e9pendante chinoise, Zhang Shouwang est quant \u00e0 lui largement per\u00e7u comme l\u2019enfant prodige, ainsi que le guitariste et compositeur embl\u00e9matique de la g\u00e9n\u00e9ration suivante. Son groupe, Carsick Cars, cr\u00e9\u00e9 en 2005, a connu un succ\u00e8s fulgurant dans toute la Chine en l’espace de deux ans, gr\u00e2ce \u00e0 sa ma\u00eetrise m\u00e9lodique alli\u00e9e \u00e0 un son de guitare anarchique.<\/p>\n\n\n\n Le groupe est rapidement devenu le porte-drapeau de la musique indie chinoise et une source d\u2019inspiration pour des centaines de formations plus jeunes qui, \u00e0 leur tour, ont d\u00e9clench\u00e9 l\u2019explosion musicale chinoise entre 2005 et 2015. C’\u00e9tait \u00e9galement le groupe chinois le plus connu hors de Chine : il a tourn\u00e9 en Europe avec Sonic Youth et s’est produit dans de grands festivals aux \u00c9tats-Unis, en Europe, en Australie et au Japon.<\/p>\n\n\n\n Mais le r\u00f4le de Zhang en tant que leader de Carsick Cars ne repr\u00e9sente qu\u2019une partie de ses activit\u00e9s. Son groupe de musique dance exp\u00e9rimentale, White, est presque aussi connu en Chine que Carsick Cars. Ses compositions ont \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9es par des orchestres de chambre \u00e0 P\u00e9kin, Shanghai, Londres et New York, et il est sans doute la figure de proue de la communaut\u00e9 dynamique des compositeurs exp\u00e9rimentaux et improvisateurs de P\u00e9kin <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Yan Yulong, de cinq ans le cadet de Zhang, est issu de la m\u00eame sc\u00e8ne musicale exp\u00e9rimentale avant de fonder son groupe phare, Chui Wan. Influenc\u00e9 \u00e0 parts \u00e9gales par le psych\u00e9d\u00e9lisme, le minimalisme californien et balinais, ainsi que par les traditions musicales de l\u2019ouest de la Chine, le groupe a d\u00e9velopp\u00e9 un style musical \u00e0 part qui a orient\u00e9 les jeunes musiciens chinois vers une voie diff\u00e9rente, plus complexe. Yan Yulong est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des artistes ayant fait \u00e9voluer le rock underground p\u00e9kinois au-del\u00e0 du post-punk, vers un style de plus en plus ambiant, teint\u00e9 de folk et exp\u00e9rimental.<\/p>\n\n\n\n Violoniste accompli et concepteur sonore, il s\u2019est produit \u00e0 l\u2019international, notamment en Europe, en Am\u00e9rique du Nord et en Asie. Il est \u00e9galement, aux c\u00f4t\u00e9s de Kan Ziyi, le programmateur de la s\u00e9rie hebdomadaire p\u00e9kinoise Sally Can\u2019t Dance, devenue ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es le principal lieu de rencontre pour la musique exp\u00e9rimentale et improvis\u00e9e \u00e0 P\u00e9kin <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Liu Xiaodong est l’un des artistes contemporains les plus c\u00e9l\u00e8bres de Chine. Il peint \u00e0 l’huile, principalement des portraits, mais pas exclusivement. Son th\u00e8me de pr\u00e9dilection est \u00ab comment voir les gens \u00bb et, bien que son travail ne soit pas explicitement politique, il se rend dans les zones de conflit \u00e0 travers le monde pour y peindre, par exemple, des Isra\u00e9liens, des Palestiniens, des Mexicains, des Texans ainsi que des travailleuses du sexe. Le film Hometown Boy retrace son retour dans sa ville natale pour peindre ses amis et ses proches.<\/p>\n\n\n\n Xiang Biao est l\u2019un des intellectuels les plus connus de Chine et le favori incontest\u00e9 de la jeunesse chinoise. Anthropologue travaillant en Allemagne, il \u00e9crit des livres sur la capacit\u00e9 d\u2019agir et la solitude, qui connaissent un grand succ\u00e8s en Chine. Il effectue \u00e9galement fr\u00e9quemment des tourn\u00e9es \u00e0 travers le pays pour promouvoir ses id\u00e9es, rencontrer des jeunes et approfondir ses recherches. Il a popularis\u00e9 le terme \u00ab involution \u00bb (neijuan<\/em>) pour d\u00e9crire le \u00ab surmenage \u00bb improductif auquel de nombreux jeunes Chinois se sentent contraints de se livrer. Son livre, Self as Method<\/em>, est disponible en traduction anglaise.<\/p>\n\n\n\n Tang Wei est l\u2019une des actrices les plus c\u00e9l\u00e8bres de Chine, surtout connue pour son r\u00f4le dans Lust<\/em>, Caution <\/em>d\u2019Ang Lee (pour lequel elle a eu des ennuis en Chine en raison de sc\u00e8nes sexuellement explicites). C\u2019est toutefois dans Decision to Leave<\/em> de Park Chan-Wook, un thriller n\u00e9o-noir sud-cor\u00e9en dans lequel elle incarne une immigr\u00e9e chinoise en Cor\u00e9e du Sud entretenant des liens douteux avec la crime organis\u00e9e, qu\u2019elle est au sommet de sa carri\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n Jia Zhangke, est un r\u00e9alisateur de cin\u00e9ma internationalement reconnu (Lion d\u2019Or de la Mostra de Venise en 2006 pour Still Life<\/em>, prix du sc\u00e9nario \u00e0 Cannes en 2013 pour A Touch of Sin<\/em>). Ses films mettent en lumi\u00e8re les contradictions et les probl\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9 chinoise, ce qui lui vaut parfois des ennuis avec la censure. Dans le m\u00eame temps, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9put\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale populaire (2018-2023). Il est pr\u00e9sident de l\u2019Association nationale des r\u00e9alisateurs de cin\u00e9ma (depuis 2024), une organisation officielle repr\u00e9sentant la profession. Il incarne ainsi la position de nombreux artistes chinois dans le contexte politique particulier de la Chine, contraints d’occuper des fonctions officielles. Leur objectif : cr\u00e9er des \u0153uvres critiques de la r\u00e9alit\u00e9 sociale. En parall\u00e8le, l\u2019\u00c9tat chinois a besoin d\u2019artistes reconnus pour la qualit\u00e9 de leur travail afin d\u2019acqu\u00e9rir une position \u00e9minente dans ce domaine aussi. Dans ce cadre, un modus vivendi s\u2019\u00e9tablit. <\/p>\n\n\n\n Sociologue de formation, ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019universit\u00e9 Lyon 2 et docteur de l\u2019universit\u00e9 Paris 1, Li Peilin b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une reconnaissance scientifique internationale. Ses travaux portent sur la nouvelle soci\u00e9t\u00e9 chinoise et les diff\u00e9rents ph\u00e9nom\u00e8nes qui la caract\u00e9risent (stratification sociale, in\u00e9galit\u00e9s, classe moyenne, fertilit\u00e9, vieillissement de la population, urbanisation et renouveau des campagnes), ainsi que sur les probl\u00e8mes qu\u2019ils engendrent. Dans ses travaux, il dresse des diagnostics tr\u00e8s lucides de la situation sociale. Parall\u00e8lement, il a occup\u00e9 des fonctions publiques : il a notamment \u00e9t\u00e9 vice-pr\u00e9sident de l\u2019Acad\u00e9mie des sciences sociales de Chine et d\u00e9put\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale populaire de 2018 \u00e0 2023. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 membre suppl\u00e9ant du Comit\u00e9 central du Parti communiste.<\/p>\n\n\n\n Wang Huning est membre du Comit\u00e9 permanent du Bureau politique du Parti (le c\u0153ur du pouvoir central), pr\u00e9sident de la Conf\u00e9rence consultative politique du peuple chinois (sorte de deuxi\u00e8me chambre du Parlement chinois) et num\u00e9ro quatre du r\u00e9gime. Consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab l\u2019id\u00e9ologue \u00bb du Parti, il a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 dipl\u00f4m\u00e9 en fran\u00e7ais, puis a \u00e9tudi\u00e9 la politique internationale \u00e0 Fudan et a occup\u00e9 diff\u00e9rentes fonctions acad\u00e9miques. <\/p>\n\n\n\n Il s’est lanc\u00e9 en politique \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, notamment en participant \u00e0 de nombreuses commissions sous trois dirigeants successifs (Jiang Zemin, Hu Jintao et Xi Jinping), destin\u00e9es \u00e0 donner un cadre th\u00e9orique aux orientations parfois \u00e9clectiques du Parti. Il a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration du concept des \u00ab trois repr\u00e9sentativit\u00e9s \u00bb, inscrit dans les statuts du parti et la Constitution de l\u2019\u00c9tat, qui officialise l\u2019entr\u00e9e d\u2019\u00ab entrepreneurs \u00bb \u00e0 succ\u00e8s (lire \u00ab capitalistes \u00bb) dans le Parti et les institutions. Il est \u00e9galement un tenant du n\u00e9o-autoritarisme, affirmant la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un pouvoir fort, seul capable de d\u00e9velopper le pays. Pour lui, le marxisme-l\u00e9ninisme doit rester au c\u0153ur du syst\u00e8me politique, mais il milite aussi pour que la Chine cr\u00e9e ses propres valeurs, qui doivent puiser dans le pass\u00e9, mais aussi affirmer des valeurs telles que la d\u00e9mocratie, l\u2019\u00e9galit\u00e9 ou encore l\u2019\u00e9tat de droit.<\/p>\n\n\n\n Wang Yi participe \u00e0 toutes les r\u00e9unions internationales. Inoxydable, il a successivement remplac\u00e9 Yang Jiechi, puis Qin Gang, limog\u00e9 en 2023, au poste de ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res. De par son style, son affabilit\u00e9 et la fermet\u00e9 qui le caract\u00e9risent, Wang Yi semble m\u00eame avoir d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 Zhou Enlai comme le meilleur diplomate chinois dans l\u2019imaginaire collectif. N\u00e9 \u00e0 P\u00e9kin en 1953, il appartient \u00e0 la derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de dirigeants ayant connu la R\u00e9volution culturelle. Travailleur acharn\u00e9, il entreprend, \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante-dix, des \u00e9tudes d\u2019anglais et de japonais, langues qu\u2019il ma\u00eetrise parfaitement. Sous la pr\u00e9sidence de Hu Jintao, il est nomm\u00e9 ambassadeur \u00e0 Tokyo. Il y sert trois ann\u00e9es durant, \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 les relations sino-japonaises commencent \u00e0 se tendre dangereusement. Depuis 2023, il dirige le Bureau central des affaires \u00e9trang\u00e8res du Parti, renfor\u00e7ant ainsi son r\u00f4le central dans la diplomatie chinoise. Pour lui, celle-ci se r\u00e9sume \u00e0 deux mots : puissance et souverainet\u00e9. Attach\u00e9 aux symboles, il r\u00e9affirme en 2026 la tradition chinoise selon laquelle le premier d\u00e9placement annuel d\u2019un ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res se fait en Afrique, soulignant ainsi l’importance de ce continent pour la Chine. Chantre du multilat\u00e9ralisme, il multiplie les rencontres avec le Japon, les Philippines, et participe \u00e0 des conf\u00e9rences internationales rassemblant les pays de l\u2019ASEAN pour trouver des solutions aux contentieux insulaires et aux enjeux politiques, notamment li\u00e9s \u00e0 la question de Ta\u00efwan.<\/p>\n\n\n\n Avec les \u00c9tats-Unis, Wang Yi cherche \u00e0 \u00e9viter une confrontation directe et \u00e0 privil\u00e9gier une coexistence pacifique malgr\u00e9 les tensions persistantes, tout en multipliant les entretiens avec son homologue russe Sergue\u00ef Lavrov et en renfor\u00e7ant la coordination entre Moscou et P\u00e9kin au sein des Nations unies et de l’Organisation de coop\u00e9ration de Shanghai. Dans le m\u00eame temps, Wang Yi affirme que la Chine et l\u2019Union europ\u00e9enne sont des partenaires plut\u00f4t que des rivaux, et d\u00e9fend une coexistence harmonieuse malgr\u00e9 leurs diff\u00e9rences. Au-del\u00e0 des propos parfois l\u00e9nifiants du chef de la diplomatie chinoise, l\u2019histoire retiendra de lui la stature d’un n\u00e9gociateur de tout premier plan.<\/p>\n\n\n\n Il y a deux cat\u00e9gories d’hommes : ceux qui voyagent et les autres, ceux qui partent et ne reviennent jamais. Ulysse et Abraham, en somme. Gao Xingjian a, lui, tout d\u2019abord voyag\u00e9 dans les langues. \u00c0 P\u00e9kin, il \u00e9tudie le fran\u00e7ais avant d\u2019\u00eatre d\u00e9port\u00e9 \u00e0 la campagne, comme seize millions d\u2019autres jeunes instruits pendant la R\u00e9volution culturelle. Gao Xingjian ma\u00eetrise avant tout la langue \u00e9crite, celle des caract\u00e8res, et cet art du pinceau qui le rattache \u00e0 la longue tradition des lettr\u00e9s. Peintre et amoureux des mots, habitu\u00e9 aux difficult\u00e9s de l\u2019existence comme aux humiliations inflig\u00e9es par le pouvoir, il n\u2019a plus revu la Chine depuis 1988. Subversif, il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t confront\u00e9 \u00e0 la censure et \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de l\u2019id\u00e9ologie totalitaire, laquelle pervertit la langue, comme l\u2019observait avec sagacit\u00e9 Viktor Klemperer pour l\u2019Allemagne nazie, lorsqu\u2019elle n\u2019est plus que juxtaposition de slogans. Malgr\u00e9 l\u2019extraordinaire maelstr\u00f6m que conna\u00eet la Chine des r\u00e9formes, ces auteurs \u00e9trangers ne sont pas moins suspects aux yeux du r\u00e9gime. La \u00ab pollution spirituelle \u00bb venue de l\u2019Occident est l\u2019un des poisons mortels contre lesquels le r\u00e9gime doit \u00e0 tout prix se pr\u00e9munir. Les r\u00e9pressions de Tiananmen en 1989 le confortent d\u00e9finitivement dans son choix de rester dans son pays d\u2019adoption, la France.<\/p>\n\n\n\n Avec le prix Nobel de litt\u00e9rature d\u00e9cern\u00e9 en 2000 pour l\u2019ensemble de son \u0153uvre litt\u00e9raire, et plus particuli\u00e8rement pour son roman La Montagne de l\u2019\u00e2me, Gao Xingjian est consacr\u00e9. Mais \u00e0 P\u00e9kin, il est loin de faire l\u2019unanimit\u00e9. Les responsables du Parti la vivent comme une cuisante d\u00e9faite et une critique \u00e0 leur encontre. La presse chinoise et de nombreux d\u00e9tracteurs de l\u2019\u00e9crivain all\u00e8guent que Ba Jin (1904-2005), pr\u00e9sent\u00e9 comme le digne h\u00e9ritier de Lu Xun (1891-1936), le m\u00e9ritait bien davantage. Ce qui est en jeu ici, c’est en r\u00e9alit\u00e9 la liquidation en bonne et due forme de l\u2019esprit d\u2019une modernit\u00e9 issue du Mouvement du 4 Mai 1919 et de son ouverture sur l\u2019Occident. Le r\u00e9gime de Xi Jinping en est aujourd\u2019hui le principal fossoyeur.<\/p>\n\n\n\n N\u00e9 en 1957 \u00e0 P\u00e9kin, Ai Weiwei est l\u2019un des artistes contemporains les plus influents et engag\u00e9s au monde. Fils du c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8te francophone Ai Qing, il est \u00e0 la fois artiste pluridisciplinaire, architecte, photographe, designer, critique et activiste. Fusionnant les figures de l\u2019entrepreneur et du h\u00e9ros contre-culturel, Ai Weiwei incarne ce paradoxe de notre temps. Autodidacte, il a \u00e9t\u00e9 exil\u00e9 pendant plus de dix ans \u00e0 New York apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9 avec son p\u00e8re par le r\u00e9gime communiste dans la province du Xinjiang. Ai Weiwei laisse \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 au moins trois \u0153uvres majeures. \u00ab Nid d\u2019Oiseau \u00bb (Bird\u2019s Nest), tout d\u2019abord, est le stade olympique de P\u00e9kin con\u00e7u en collaboration avec les architectes Herzog & de Meuron. Il est le symbole de la modernit\u00e9 et des contradictions face au r\u00e9gime chinois qui en a fait l\u2019un des principaux \u00e9crins pour les Jeux olympiques de 2008. \u00ab Remembering \u00bb (2009) est une \u0153uvre en hommage aux victimes du s\u00e9isme survenu un an plus t\u00f4t au Sichuan. Compos\u00e9e de milliers de sacs \u00e0 dos d\u2019\u00e9coliers, elle est expos\u00e9e au Haus der Kunst de Munich et met le gouvernement chinois face \u00e0 ses responsabilit\u00e9s dans la crise issue de ce drame. \u00ab Graines de tournesol \u00bb (Sunflower Seeds, 2010) est enfin une installation monumentale. Avec ses millions de graines en porcelaine, elle est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Tate Modern de Londres et interroge la production de masse et l\u2019individualit\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 chinoise. Cette \u0153uvre critique tout un pan de la propagande mao\u00efste qui comparait le peuple chinois \u00e0 des tournesols uniment tourn\u00e9s vers l\u2019astre incarn\u00e9 par Mao Zedong lui-m\u00eame. Jug\u00e9 ind\u00e9sirable et molest\u00e9 par la police de son propre pays, Ai Weiwei se r\u00e9fugie d\u2019abord en Allemagne, puis au Portugal.<\/p>\n\n\n\n Son engagement en faveur des migrants fait l\u2019objet du documentaire \u00ab Human Flow \u00bb (2017). Suscitant une forte pol\u00e9mique en Europe m\u00eame, ce n\u2019est pas seulement son militantisme qui irrite, mais aussi la rencontre de l\u2019art conceptuel et de l\u2019ironie duchampienne et warholienne qu\u2019Ai Weiwei semble incarner avec exc\u00e8s. Ses outrances s\u2019adressent d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019Occident. En janvier 2026, il d\u00e9clare que l\u2019Occident n\u2019a plus l\u2019autorit\u00e9 morale pour critiquer la Chine en mati\u00e8re de droits de l\u2019homme. Il cite notamment la censure de ses propres \u0153uvres en raison de son soutien \u00e0 la cause palestinienne, ainsi que le traitement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 Julian Assange, comme des exemples de la d\u00e9t\u00e9rioration des standards de libert\u00e9 d\u2019expression et de droits humains. Il estime que l\u2019Occident a profit\u00e9 \u00e9conomiquement du r\u00e9gime chinois (droit du travail sommaire, absence de protection environnementale), et qu\u2019il est complice de la cr\u00e9ation d\u2019un \u00ab r\u00e9gime monstrueux \u00bb en Chine tout en fermant les yeux sur ses propres ambivalences. En somme, Ai Weiwei ne se contente plus de critiquer la Chine : il d\u00e9nonce aussi l\u2019hypocrisie et les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de l\u2019Occident qui, selon lui, ne d\u00e9fend plus les valeurs fondamentales telles que la libert\u00e9 d’expression ou les droits humains. \u00ab C’est un dur m\u00e9tier que l’exil \u00bb, \u00e9crivait dans une profession de foi le grand po\u00e8te Nazim Hikmet (1902-1963), dont Ai Weiwei reste l\u2019un des grands admirateurs. Ses exp\u00e9riences douloureuses en Chine, puis son exil successif aux \u00c9tats-Unis et en Europe, lui auront permis de cultiver une aversion totale pour l\u2019esprit de syst\u00e8me et les cadres id\u00e9ologiques. Non sans contradictions.<\/p>\n\n\n\n N\u00e9 en 1956, Huang Nubo est milliardaire, po\u00e8te et alpiniste. Garde rouge pendant la R\u00e9volution culturelle, il est ensuite envoy\u00e9 \u00e0 la campagne comme 17 millions de jeunes urbains. En 1976, il entreprend des \u00e9tudes de litt\u00e9rature \u00e0 l’universit\u00e9 de P\u00e9kin. \u00c0 sa sortie, membre du Parti communiste, il travaille pr\u00e8s de dix ans au sein du d\u00e9partement de la Propagande du Comit\u00e9 central. Les relations qu’il y a construites serviront ses int\u00e9r\u00eats \u00e0 la t\u00eate du groupe Zhongkun Investment Corporation, un empire de l’immobilier et du tourisme qui fait de lui l’une des premi\u00e8res fortunes du pays. <\/p>\n\n\n\n Huang Nubo commence \u00e0 \u00e9crire des po\u00e8mes \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 14 ans. Sous le pseudonyme de Luo Ying, il publie son premier ouvrage en 1978. Dans Le G\u00e8ne du garde rouge. Souvenirs de la R\u00e9volution culturelle<\/em> (Gallimard, 2015), un ouvrage non publi\u00e9 dans son pays, il \u00e9voque son embrigadement progressif, le cadavre de son p\u00e8re abandonn\u00e9 sur un tas d’ordures et sa m\u00e8re r\u00e9duite \u00e0 la mendicit\u00e9 pour survivre. Au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, il est devenu un alpiniste chevronn\u00e9, gravissant les plus hauts sommets du monde, dont l’Everest trois fois. Son dernier roman, \u00c0 la vie, \u00e0 la mort \u2013 De P\u00e9kin \u00e0 l’Everest<\/em>, paru en France en 2024 aux \u00e9ditions du Mont-Blanc, explore les coulisses de l\u2019ascension d’un homme d’affaires dans un pays aux mutations rapides o\u00f9 l\u2019ambition, l\u2019argent et le pouvoir fa\u00e7onnent les destin\u00e9es. La trajectoire de Huang Nubo, qui m\u00eale plusieurs mondes, r\u00e9sume bien la complexit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 chinoise, y compris \u00e0 son sommet. <\/p>\n\n\n\n N\u00e9 en 1967, il est cin\u00e9aste et documentariste. Apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 la photographie \u00e0 l’Acad\u00e9mie des beaux-arts de Shenyang (province du Liaoning), il poursuit sa formation au d\u00e9partement de photographie de l’universit\u00e9 de cin\u00e9ma de P\u00e9kin. De 1999 \u00e0 2003, il m\u00e8ne un projet particuli\u00e8rement ambitieux et original : enregistrer frontalement, \u00e0 l’aide d’une seule cam\u00e9ra vid\u00e9o, la disparition du monde des ouvriers de l’industrie d’\u00c9tat, anciens h\u00e9ros de la Chine socialiste sacrifi\u00e9s sur l’autel des r\u00e9formes. Il filme aussi bien l’int\u00e9rieur de l’aci\u00e9rie qui cesse peu \u00e0 peu de fonctionner que la vie quotidienne des ouvriers chez eux ou dans les espaces publics en d\u00e9su\u00e9tude. Ainsi na\u00eet un documentaire unique de plus de 9 heures, \u00c0 l’ouest des rails (\u94c1\u897f\u533a). <\/p>\n\n\n\n Depuis cette \u0153uvre magistrale, Wang Bing a multipli\u00e9 les projets qui portent tous t\u00e9moignage de la vie des laiss\u00e9s-pour-compte et des sans-voix de la prosp\u00e9rit\u00e9 chinoise : les victimes du syst\u00e8me d’enfermement (Le Foss\u00e9<\/em>), les enfants qui doivent survivre seuls, leurs parents \u00e9tant partis travailler au loin (Les Trois S\u0153urs du Yunnan<\/em>), les intern\u00e9s psychiatriques (\u00c0 la folie<\/em>) ou les jeunes travailleurs migrants de l’industrie de la confection (Argent amer et la trilogie Jeunesse<\/em>). Son travail a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par de nombreux prix internationaux.<\/p>\n\n\n\n N\u00e9 en 1963 dans la province du Shanxi, Liu Cixin est un \u00e9crivain de science-fiction principalement connu pour sa trilogie Le Probl\u00e8me \u00e0 trois corps. Dipl\u00f4m\u00e9 en conservation de l’eau et de l’\u00e9nergie \u00e9lectrique de l’universit\u00e9 du Nord de la Chine \u00e0 Taiyuan, il a travaill\u00e9 plusieurs ann\u00e9es comme ing\u00e9nieur dans une centrale \u00e9lectrique.<\/p>\n\n\n\n Le Probl\u00e8me \u00e0 trois corps<\/em> (\u4e09\u4f53) est le premier tome d’une trilogie qui se poursuit avec La For\u00eat sombre<\/em> et La Mort immortelle<\/em>. Le titre fait r\u00e9f\u00e9rence au probl\u00e8me \u00e0 N corps en m\u00e9canique c\u00e9leste. Paru en \u00e9pisodes dans la presse magazine en 2006, le roman est publi\u00e9 int\u00e9gralement en 2008. Il a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 en s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e pour le public chinois par Tencent Video, puis pour le public international par Netflix en 2024. \u00c9voquant tout \u00e0 la fois l’histoire chinoise contemporaine, les civilisations extraterrestres et la recherche scientifique, ce roman de science-fiction est l’un des plus ambitieux du si\u00e8cle et t\u00e9moigne de la capacit\u00e9 des \u00e9crivains chinois contemporains \u00e0 s’adresser \u00e0 un lectorat mondial.<\/p>\n\n\n\n Zhilin est le fondateur du groupe de rock Splay, mais il est surtout connu pour avoir cr\u00e9\u00e9 Moonshot AI, l\u2019entreprise \u00e0 l’origine du mod\u00e8le d\u2019IA Kimi, dont les capacit\u00e9s s\u2019approchent de celles de Claude Fable 5, ont pris de court l’Europe et les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n Si l\u2019on me demandait de donner une d\u00e9finition du succ\u00e8s en Chine, Yang en serait l\u2019incarnation m\u00eame : n\u00e9 en 1992, il est dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019universit\u00e9 Tsinghua et titulaire d\u2019un doctorat de l\u2019universit\u00e9 Carnegie Mellon. Il a travaill\u00e9 chez Google Brain et Meta avant de revenir \u00e0 P\u00e9kin pour cr\u00e9er une entreprise sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019IA. Le nom chinois de l\u2019entreprise, \u6708\u4e4b\u6697\u9762 (\u00ab la face cach\u00e9e de la Lune \u00bb), est une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Pink Floyd. Moonshot AI figure parmi les entreprises les plus jeunes, les plus innovantes et les plus tourn\u00e9es vers l\u2019Occident au sein de la meute des acteurs chinois de l\u2019IA. Zhilin incarne ce que j\u2019appelle la \u00ab quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration \u00bb de fondateurs technologiques chinois : la cohorte la plus r\u00e9cente, forg\u00e9e dans le creuset de la rivalit\u00e9 technologique entre les \u00c9tats-Unis et la Chine dans les ann\u00e9es 2020.<\/p>\n\n\n\n Wang a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait l\u2019outsider : un mauvais \u00e9l\u00e8ve, un fondateur qui ne parle pas anglais et qui a fr\u00e9quent\u00e9 une universit\u00e9 de second rang. Au cours de sa premi\u00e8re ann\u00e9e d’universit\u00e9, il n’a d\u00e9pens\u00e9 que 200 RMB environ pour acheter quelques microcontr\u00f4leurs bon march\u00e9 et plus d’une douzaine de servomoteurs. Il a fabriqu\u00e9 et perfectionn\u00e9 les pi\u00e8ces \u00e0 la main, puis a construit un robot humano\u00efde bip\u00e8de dot\u00e9 de 14 degr\u00e9s de rotation. Ses mains portaient encore des traces de couteau et des callosit\u00e9s dues \u00e0 tous ces bricolages et montages.<\/p>\n\n\n\n Pourtant, en 2026, l\u2019entreprise de Wang, Unitree Robotics, domine le march\u00e9 mondial des robots quadrup\u00e8des et humano\u00efdes. Au fond, Wang est un entrepreneur du Zhejiang qui s\u2019efforce sans rel\u00e2che de r\u00e9duire le co\u00fbt de chaque composant gr\u00e2ce \u00e0 une connaissance approfondie des processus de fabrication et de la cha\u00eene d\u2019approvisionnement. Les robots d\u2019Unitree dansent d\u00e9sormais lors du Gala de la F\u00eate du Printemps en Chine et se produisent devant Friedrich Merz. Unitree incarne le pari de la Chine selon lequel la prochaine fronti\u00e8re est physique : des robots capables de marcher, de tomber et de se relever dans le monde r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n Zhou \u00e9tait la femme assise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019Elon Musk et de Tim Cook lors du banquet d\u2019\u00c9tat de haut niveau organis\u00e9 \u00e0 P\u00e9kin en mai dernier, \u00e0 l\u2019occasion de la visite de Donald Trump en Chine.<\/p>\n\n\n\n Avant d’abandonner l’\u00e9cole \u00e0 l’\u00e2ge de 15 ans, Zhou \u00e9levait des cochons et des poulets dans la campagne du Hunan. \u00c0 17 ans, elle a quitt\u00e9 le foyer familial pour travailler dans une usine du Guangdong, o\u00f9 elle polissait des verres de montre pour 1 dollar par jour.<\/p>\n\n\n\n Aujourd\u2019hui, elle est parmi les femmes les plus riche au monde. Le verre qu\u2019elle fabrique se trouve sous les doigts de presque tous les \u00e9crans tactiles, d\u2019Apple \u00e0 Tesla. <\/p>\n\n\n\n Elle \u00e9tait, \u00e0 juste titre, frustr\u00e9e par son parcours scolaire. Au fil des ans, elle a obtenu des certificats en comptabilit\u00e9, en informatique, en d\u00e9clarations douani\u00e8res et en conduite automobile, mais elle n\u2019arrivait tout simplement pas \u00e0 bien apprendre l\u2019anglais, ce qui \u00e9tait devenu une source constante de souffrance, m\u00eame apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 sa propre entreprise \u00e0 Shenzhen \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 23 ans. Sa vie est le parcours de l\u2019histoire moderne de la Chine condens\u00e9 en une seule biographie, un rappel du v\u00e9ritable miracle de l\u2019essor de la Chine et une v\u00e9ritable incarnation de Shenzhen.<\/p>\n\n\n\n Pendant cinq ans, j\u2019ai \u00e9cout\u00e9 Cui Jian par plaisir, mais aussi par obligation : la cassette du rocker chinois \u00e9tait rest\u00e9e coinc\u00e9e dans le lecteur de ma voiture et, plut\u00f4t que de le faire r\u00e9parer, je l\u2019ai \u00e9cout\u00e9e en boucle. Je suis \u00e9galement all\u00e9 le voir dans des concerts qu\u2019il donnait dans de petites salles de P\u00e9kin, face \u00e0 un public qui connaissait ses chansons par c\u0153ur et exigeait qu\u2019il joue ses morceaux des ann\u00e9es 1980, en particulier le plus connu, \u00ab Nothing to my name \u00bb. Tout un symbole : il l\u2019avait chant\u00e9e sur la place Tiananmen \u00e0 P\u00e9kin, face \u00e0 la foule des \u00e9tudiants qui r\u00e9clamaient la d\u00e9mocratie. Pour ce geste, Cui Jian, l\u2019ancien trompettiste devenu rocker apr\u00e8s qu\u2019un touriste lui avait offert une cassette de Simon and Garfunkel, a \u00e9t\u00e9 puni pendant deux d\u00e9cennies. Limites sur la taille du public, pas de passages t\u00e9l\u00e9, aucune visibilit\u00e9. Mais tel un \u00ab Johnny \u00bb chinois, il a surv\u00e9cu aux modes et \u00e0 la transformation de la Chine pour devenir un rocker vieillissant, d\u00e9sormais jur\u00e9 d’\u00e9missions musicales \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, rebelle assagi, mais \u00e0 qui l’on n’enl\u00e8vera jamais le fait d’avoir chant\u00e9 \u00ab Nothing to my name \u00bb devant une jeunesse enflamm\u00e9e qui subira par la suite les assauts de l’arm\u00e9e et de la \u00ab normalisation \u00bb.<\/p>\n\n\n\n D\u00e9but 2020, alors qu’un myst\u00e9rieux virus paralyse la ville de Wuhan, puis le monde entier, Zhang Zhan, une jeune femme shanghaienne intr\u00e9pide, d\u00e9cide d’enqu\u00eater. Elle publie 122 vid\u00e9os sur ses r\u00e9seaux sociaux montrant ce que les m\u00e9dias officiels ne disaient pas : les couloirs des h\u00f4pitaux encombr\u00e9s de patients, le cr\u00e9matorium de la ville fonctionnant 24 heures sur 24, etc. Le 15 mai 2020, la jeune femme \u00ab dispara\u00eet \u00bb, comme on dit pudiquement en Chine pour les personnes arr\u00eat\u00e9es pour des raisons \u00ab sensibles \u00bb. Elle est condamn\u00e9e \u00e0 quatre ans de prison pour \u00ab provocation \u00e0 l’ordre public \u00bb, dont elle sort en 2024, affaiblie et diminu\u00e9e. Mais elle refuse de se taire. Elle reprend son r\u00f4le de lanceuse d\u2019alerte sur YouTube, le r\u00e9seau am\u00e9ricain qui n\u2019est accessible en Chine qu\u2019\u00e0 l\u2019aide d\u2019un VPN. Elle \u00ab dispara\u00eet \u00bb de nouveau, ayant \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 quatre ans de prison suppl\u00e9mentaires pour \u00ab r\u00e9cidive \u00bb. \u00ab Un monde sans v\u00e9rit\u00e9 n\u2019a pas de sens \u00bb, a-t-elle \u00e9crit dans l\u2019un de ses messages, cette ancienne avocate radi\u00e9e du barreau pour des raisons politiques. La Chine ambitionne de devenir la premi\u00e8re puissance mondiale, mais craint cette \u00ab v\u00e9rit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Lei Jun a souvent \u00e9t\u00e9 compar\u00e9 \u00e0 Steve Jobs. L\u2019entrepreneur chinois du secteur de la technologie reconna\u00eet avoir \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par la lecture, alors qu\u2019il \u00e9tait encore \u00e9tudiant dans une \u00e9cole d’ing\u00e9nieurs, de l\u2019autobiographie du fondateur d\u2019Apple. Lorsqu\u2019il fonde Xiaomi, en 2010, il a tout fait comme son mod\u00e8le, en particulier pour le lancement des nouveaux smartphones lors de \u00ab keynotes \u00bb directement inspir\u00e9es de la marque \u00e0 la pomme. M\u00eame ses tenues faisaient d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment penser \u00e0 Steve Jobs. Comme Jobs, il est consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab gourou \u00bb par une partie de la jeunesse chinoise et ses smartphones ont suscit\u00e9 une adh\u00e9sion qui d\u00e9passe la simple popularit\u00e9 d’une marque. Il vient de franchir un cap suppl\u00e9mentaire avec le lancement de sa premi\u00e8re voiture \u00e9lectrique, alors qu\u2019Apple a abandonn\u00e9 ses projets automobiles. Dans le secteur de la t\u00e9l\u00e9phonie, Xiaomi s\u2019est hiss\u00e9 \u00e0 la troisi\u00e8me place mondiale et esp\u00e8re vendre ses SUV dans le monde entier. Lei Jun a \u00e9galement su \u00e9viter les pi\u00e8ges politiques qui ont frapp\u00e9 son concurrent Huawei, ce qui constitue l’un de ses plus grands succ\u00e8s dans un monde divis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Li Ziqi est l\u2019une des cr\u00e9atrices de contenu chinoises les plus connues \u00e0 l\u2019international. \u00c0 travers des vid\u00e9os consacr\u00e9es \u00e0 la vie rurale, \u00e0 la gastronomie traditionnelle, \u00e0 l\u2019agriculture et \u00e0 l\u2019artisanat, elle offre une vision de la Chine empreinte d’esth\u00e9tique, de nature et de savoir-faire ancestraux.<\/p>\n\n\n\n Ses vid\u00e9os comportent tr\u00e8s peu de dialogues. Elles reposent essentiellement sur la puissance des images, de la musique et du rythme narratif, ce qui leur permet de toucher un public bien au-del\u00e0 du monde sinophone. Plus que des recettes de cuisine, elles racontent un mode de vie et une vision du rapport entre l\u2019homme et la nature.<\/p>\n\n\n\n Son succ\u00e8s tient \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 transformer une cr\u00e9ation personnelle en v\u00e9ritable projet culturel. Sans discours politique ni volont\u00e9 explicite de promouvoir son pays, elle a profond\u00e9ment renouvel\u00e9 l\u2019image de la Chine aupr\u00e8s d\u2019un public international. <\/p>\n\n\n\n Ba Ling Biaozi (\u516b\u96f6\u5f6a\u5b50), le gardien de la m\u00e9moire rurale chinoise<\/p>\n\n\n\n\n\n Ba Ling Biaozi est un cr\u00e9ateur de contenu qui se sp\u00e9cialise dans la reconstitution de la vie quotidienne des campagnes chinoises des ann\u00e9es 1970 et 1980. \u00c0 travers la fabrication d’aliments traditionnels, la restauration d’objets anciens et la pr\u00e9sentation de techniques artisanales il fait revivre une m\u00e9moire collective qui traverse plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de Chinois.<\/p>\n\n\n\n Ses vid\u00e9os privil\u00e9gient un rythme lent, une esth\u00e9tique sobre et une atmosph\u00e8re empreinte de nostalgie. Elles invitent moins \u00e0 apprendre un savoir-faire qu\u2019\u00e0 retrouver un univers familier, fait de souvenirs d\u2019enfance et de traditions rurales.<\/p>\n\n\n\n Les critiques portent principalement sur le caract\u00e8re parfois id\u00e9alis\u00e9 de cette repr\u00e9sentation du monde rural. Certains estiment que ses vid\u00e9os embellissent une \u00e9poque marqu\u00e9e par des conditions de vie difficiles, tandis que d’autres y voient avant tout une d\u00e9marche culturelle visant \u00e0 pr\u00e9server un patrimoine immat\u00e9riel et des savoir-faire traditionnels. Son succ\u00e8s t\u00e9moigne toutefois d’une tendance plus profonde de la jeunesse chinoise, comme en t\u00e9moigne un autre format viral<\/a> diffus\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux chinois, nomm\u00e9 \u00ab le c\u0153ur du r\u00eave chinois \u00bb (\u4e2d\u5f0f\u68a6\u6838), dans lequel on peut voir des images granuleuses de la Chine des ann\u00e9es 2000. <\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, Alex raconte son parcours de vie \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, ses exp\u00e9riences professionnelles dans des emplois peu qualifi\u00e9s, ainsi que ses observations sur les diff\u00e9rences culturelles entre la Chine et les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n Son principal atout est son talent de narrateur. En m\u00ealant exp\u00e9riences personnelles, analyses sociales et mise en sc\u00e8ne narrative, il captive un public jeune avide de r\u00e9cits authentiques et d’exp\u00e9riences internationales. Il est \u00e9galement \u00e0 l’origine de l’expression \u00ab American Kill Line \u00bb (\u7f8e\u56fd\u65a9\u6740\u7ebf), inspir\u00e9e du vocabulaire des jeux vid\u00e9o, qui d\u00e9signe le seuil critique \u00e0 partir duquel une maladie, un licenciement ou un accident peut faire basculer un m\u00e9nage am\u00e9ricain dans une situation \u00e9conomique irr\u00e9versible. Cette formule est rapidement devenue l\u2019un des concepts les plus largement repris sur internet en Chine.<\/p>\n\n\n\n Son succ\u00e8s s\u2019accompagne n\u00e9anmoins de controverses. Si beaucoup saluent son regard sur la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine, d’autres soulignent que certains r\u00e9cits ou d\u00e9tails qu’il relate ne peuvent \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9s de mani\u00e8re ind\u00e9pendante et rel\u00e8vent davantage du t\u00e9moignage personnel que de l’enqu\u00eate journalistique. Quoi qu\u2019il en soit, Alex incarne une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de cr\u00e9ateurs chinois qui construisent leur influence \u00e0 travers le r\u00e9cit, l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue et une perspective r\u00e9solument internationale.<\/p>\n\n\n\n Maggie Cheung est une actrice de cin\u00e9ma n\u00e9e \u00e0 Hong Kong en 1964. Elle y grandit, fait ses \u00e9tudes au Royaume-Uni, puis y revient pour participer au concours de beaut\u00e9 \u00ab Miss Hong Kong \u00bb, avant de rejoindre la cha\u00eene TVB. <\/p>\n\n\n\n Au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, elle joue dans des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, dont la plus c\u00e9l\u00e8bre est Police Cadet \u201984<\/em> (1984), dans laquelle elle partage l’affiche avec Tony Leung. Par la suite, elle se tourne vers le cin\u00e9ma ind\u00e9pendant, notamment sous la direction de Wong Kar-Wai (As Tears Go By<\/em>, 1988 ; Nos ann\u00e9es sauvages<\/em>, 1990 ; Les cendres du temps<\/em>, 1994 ; In the Mood for Love<\/em>, 2000), tout en acceptant occasionnellement des r\u00f4les dans des films grand public \u00e0 succ\u00e8s (dont Police Story<\/em> de Jackie Chan, 1985, ou Hero<\/em> de Zhang Yimou, 2002). Maggie Cheung a remport\u00e9 \u00e0 quatre reprises le prix du Cheval d\u2019Or de Ta\u00efwan de la meilleure actrice et \u00e0 cinq reprises le prix du cin\u00e9ma de Hong Kong de la meilleure actrice. Elle s’est fait conna\u00eetre internationalement en remportant le prix d’interpr\u00e9tation f\u00e9minine au festival de Cannes en 2004 pour Clean<\/em> d’Olivier Assayas, apr\u00e8s avoir obtenu l’Ours d’argent de la meilleure actrice \u00e0 la Berlinale en 1992 pour Center Stage<\/em> de Stanley Kwan.<\/p>\n\n\n\n N\u00e9e en 1967 \u00e0 P\u00e9kin, Guo Pei est une styliste de haute couture qui pr\u00e9sente ses collections depuis une trentaine d\u2019ann\u00e9es. Apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 dans l’un des rares ateliers de cr\u00e9ation priv\u00e9s de P\u00e9kin de 1986 \u00e0 1997, elle fonde son propre atelier dans la capitale chinoise en 1997. Elle forme elle-m\u00eame ses assistantes et se fait rapidement reconna\u00eetre dans le monde de la haute couture pour ses broderies somptueuses et son savoir-faire exceptionnel en mati\u00e8re de confection. Elle marie avec bonheur les codes vestimentaires de la cour imp\u00e9riale chinoise \u00e0 des th\u00e8mes tels que la mode des cours europ\u00e9ennes, l\u2019esth\u00e9tique architecturale et le monde v\u00e9g\u00e9tal. Elle est la premi\u00e8re et unique cr\u00e9atrice de mode n\u00e9e et form\u00e9e en Asie \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e par la F\u00e9d\u00e9ration de la Haute Couture et de la Mode (FHCM) \u00e0 pr\u00e9senter dix collections de haute couture d\u2019affil\u00e9e \u00e0 Paris, de 2015 \u00e0 2020. Elle a \u00e9galement re\u00e7u le titre de \u00ab Couturi\u00e8re extraordinaire d\u2019Asie \u00bb de l\u2019Asian Couture Federation (ACF). En 2016, elle a figur\u00e9 dans la liste des 100 personnalit\u00e9s les plus influentes au monde \u00e9tablie par le magazine Time<\/em>. <\/p>\n\n\n\n N\u00e9 en 1964 \u00e0 Hangzhou, Jack Ma est le cofondateur du groupe Alibaba en 1999, \u00e0 l\u2019origine une entreprise de commerce en ligne qui s\u2019est ensuite d\u00e9velopp\u00e9e pour devenir un conglom\u00e9rat multinational. Apr\u00e8s des \u00e9tudes d\u2019anglais mouvement\u00e9es \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Hangzhou, il commence par enseigner la langue \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019\u00e9lectronique de Hangzhou. Un s\u00e9jour aux \u00c9tats-Unis en 1995 lui fait prendre conscience de l\u2019importance d\u2019Internet et de l\u2019absence de sites Internet sur les produits chinois aux \u00c9tats-Unis. Il cr\u00e9e alors le site chinapages.com, l\u2019une des toutes premi\u00e8res start-ups Internet chinoises, qui r\u00e9alise des profits exceptionnels en trois ans. De 1999 \u00e0 2019, Jack Ma occupe le poste de pr\u00e9sident ex\u00e9cutif du groupe Alibaba, rest\u00e9 l\u2019une des holdings de haute technologie les plus importantes de Chine au cours des deux d\u00e9cennies qui ont suivi sa cr\u00e9ation. Ce puissant dirigeant a pourtant \u00ab disparu \u00bb pendant plusieurs mois en 2020, apr\u00e8s avoir tenu des propos critiques envers le gouvernement chinois. Il est depuis rentr\u00e9 dans le rang et soutient sans r\u00e9serve la politique du PCC.<\/p>\n\n\n\n C’est probablement aujourd’hui l’homme politique le plus puissant apr\u00e8s Xi Jinping. C’est l’un de ses proches collaborateurs de longue date, issu de ce que l’on appelle d\u00e9sormais la faction du Fujian, qui constitue aujourd’hui une grande partie du Parti communiste. Lorsque Xi Jinping est arriv\u00e9 au pouvoir, il a \u00e9cart\u00e9 tous les membres de la Ligue de la jeunesse communiste appartenant \u00e0 l\u2019ancienne direction, celle de Hu Jintao et Wen Jiabao, justement issus de cette faction. Cai Qi occupe deux fonctions particuli\u00e8rement importantes : il est secr\u00e9taire du Comit\u00e9 central et membre de la Commission permanente du Politburo, c\u2019est-\u00e0-dire l’un des sept hommes les plus puissants de Chine. Mais ce n\u2019est pas tout : il est \u00e9galement le secr\u00e9taire personnel de Xi Jinping. Cela ne signifie pas qu\u2019il g\u00e8re son agenda, mais qu\u2019il exerce un contr\u00f4le rigoureux sur l\u2019id\u00e9ologie d\u00e9fendue par Xi. C\u2019est lui qui organise de fait le travail id\u00e9ologique de toutes les sessions les plus importantes du Politburo, de la session pl\u00e9ni\u00e8re aux r\u00e9unions, y compris celle de Beidaihe, en quelque sorte la r\u00e9union estivale du Parti communiste. Il a presque le m\u00eame \u00e2ge que Xi Jinping, n\u00e9 en 1953, et lui en 1955. <\/p>\n\n\n\n Yin Li, n\u00e9 en 1962 ; il occupe actuellement le poste de secr\u00e9taire du Parti \u00e0 P\u00e9kin, ce qui constitue g\u00e9n\u00e9ralement un tremplin pour int\u00e9grer le groupe des sept. En 2027 aura lieu le congr\u00e8s du Parti communiste, qui se tient tous les cinq ans, et c’est g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 l’issue de ce congr\u00e8s que se dessine la nouvelle classe dirigeante \u2013 m\u00eame si, avec Xi Jinping, elle est un peu moins \u00ab nouvelle \u00bb \u2013, mais il est n\u00e9 en 1962 ; il a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en 2003 pour g\u00e9rer l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de SRAS de l\u2019\u00e9poque, puis, pendant la pand\u00e9mie de Covid, il a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 dans le Sichuan, une province de 82 millions d\u2019habitants, o\u00f9 il a prouv\u00e9 qu\u2019il savait bien faire son travail, m\u00eame face \u00e0 une \u00e9lite politique plus technocratique que celle que Xi Jinping semble privil\u00e9gier. Il est m\u00e9decin et secr\u00e9taire du Parti, et pourrait figurer parmi les 7 ou 9 hommes les plus puissants de Chine.<\/p>\n\n\n\n Puisque j\u2019en ai cit\u00e9 un en pleine ascension, j\u2019en cite un autre en perte de vitesse : Wang Qishan, qui a dirig\u00e9 toute la campagne anti-corruption avec laquelle Xi Jinping a entam\u00e9 son mandat. En mars 2013, Xi Jinping devient pr\u00e9sident de la R\u00e9publique populaire et lance une campagne anti-corruption d\u2019une violence extr\u00eame, au cours de laquelle des centaines de milliers de cadres et de fonctionnaires ont fini en prison. Wang Qishan semble ne pas dormir sur ses deux oreilles ces derniers temps car, outre la purge au sein de l’arm\u00e9e, la purge visant ses secr\u00e9taires et les technocrates de l’\u00e9poque de Zhu Rongji \u2013 d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l’\u00e2ge de 98 ans il y a quelques semaines \u2013 se poursuit depuis un certain temps d\u00e9j\u00e0. Zhu Rongji est consid\u00e9r\u00e9 comme le Premier ministre de Jiang Zemin et, dans les ann\u00e9es 1990, comme l\u2019architecte de l\u2019adh\u00e9sion de la Chine \u00e0 l\u2019OMC. Wang Qishan, quant \u00e0 lui, est un \u00ab tsar \u00bb de l’anti-corruption chinoise qui semble \u00eatre quelque peu en danger. Il a 78 ans, mais nous avons vu que Xi Jinping n\u2019a aucune piti\u00e9, ni pour les personnes \u00e2g\u00e9es, ni pour ceux qui ont parcouru avec lui un parcours politique tr\u00e8s important.<\/p>\n\n\n\n Wan Gang a boulevers\u00e9 l\u2019histoire de l\u2019\u00e9conomie mondiale. Ce qui importe moins, cependant, ce n\u2019est pas ce fait en soi, mais la mani\u00e8re dont il y est parvenu. Appartenant \u00e0 une certaine g\u00e9n\u00e9ration, il a \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment marqu\u00e9 par la R\u00e9volution culturelle. Enfant, il a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 dans une province recul\u00e9e du nord-est de la Chine, o\u00f9 il a \u00e9tudi\u00e9 tout en travaillant comme \u00ab soldat-ouvrier \u00bb. Il a obtenu une licence en sciences foresti\u00e8res, puis a r\u00e9ussi \u00e0 suivre une sp\u00e9cialisation en g\u00e9nie m\u00e9canique \u00e0 Shanghai. Il a ensuite choisi de partir \u00e0 l’\u00e9tranger. Il a pr\u00e9par\u00e9 un doctorat en g\u00e9nie m\u00e9canique en Allemagne. Il s’y installe, obtient son doctorat, puis est embauch\u00e9 par Audi, o\u00f9 il travaille de 1991 \u00e0 2000. En 2000, c\u2019est un homme d\u2019\u00e2ge m\u00fbr et bien \u00e9tabli qui a quitt\u00e9 son pays d\u2019origine, mais il \u00e9crit une lettre au Conseil d\u2019\u00c9tat. Il se pr\u00e9sente et dit : \u00ab Je suis cet ing\u00e9nieur, je travaille en Allemagne, j\u2019ai beaucoup d\u2019exp\u00e9rience dans l\u2019industrie automobile, et je vous dis que nous n\u2019avons aucun espoir. Nous ne parviendrons jamais \u00e0 rattraper les Occidentaux, les Europ\u00e9ens, dans le domaine de l\u2019automobile \u00e0 moteur thermique, car ils ont trop d\u2019avance. Nous n\u2019y arriverons jamais. La seule fa\u00e7on d’y parvenir est de sauter une \u00e9tape technologique et de se lancer dans la voiture \u00e9lectrique. \u00bb Contre toute attente, la lettre est ouverte et lue ; Wan Gang est convoqu\u00e9 \u00e0 P\u00e9kin, puis, quelque temps plus tard, le Conseil d’\u00c9tat lui confie la mission d’\u00eatre la figure de proue de cette transformation. Nous sommes alors au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. Il deviendra ministre du Conseil d\u2019\u00c9tat charg\u00e9 de la Science et de la Technologie sans \u00eatre membre du Parti communiste. C\u2019est lui qui est \u00e0 l\u2019origine de la r\u00e9volution de la voiture \u00e9lectrique. <\/p>\n\n\n\n Guan Zhi’ou est le secr\u00e9taire du Parti communiste dans le Hubei, r\u00e9gion productrice de semi-conducteurs. Nomm\u00e9 en mai, il a accompagn\u00e9 l’apparition d’une nouvelle rubrique intitul\u00e9e \u00ab L’hebdomadaire de la th\u00e9orie \u00bb dans le quotidien officiel du Parti communiste du Hubei. Cette rubrique contient une critique de la gestion \u00e9conomique de Xi Jinping, dont l’ampleur fait d\u00e9bat. La Chine pr\u00e9sente en effet certaines particularit\u00e9s \u00e9conomiques. L’une d’entre elles, qui int\u00e9resse particuli\u00e8rement l’Europe, est que la part de la consommation des m\u00e9nages dans le produit int\u00e9rieur brut est tr\u00e8s faible, s’\u00e9levant \u00e0 environ 39 %. M\u00eame en Italie, pays connu pour son faible niveau de consommation int\u00e9rieure, ce chiffre se situe autour de 55 %.<\/p>\n\n\n\n Tencent est aujourd’hui un g\u00e9ant des services Internet qui compte 1,4 milliard de clients. J’ai r\u00e9cemment pu consulter l’une de leurs applications qui regroupe 24 fonctionnalit\u00e9s, allant des paiements et de la gestion de l\u2019\u00e9pargne aux voyages et aux assurances, en passant par les questions m\u00e9dicales.<\/p>\n\n\n\n N\u00e9 en 1944 dans le Guizhou, Ren Zhengfei est le fils d’instituteurs. Dipl\u00f4m\u00e9 en g\u00e9nie civil, il est affect\u00e9 au G\u00e9nie de l’Arm\u00e9e populaire pendant pr\u00e8s de dix ans. C’est l\u00e0 qu’il lit Clausewitz, auteur qu’il ne quittera plus. En 1987, avec l’\u00e9quivalent de 3 000 euros en poche, il fonde Huawei \u00e0 Shenzhen. Aujourd’hui, l’entreprise compte 200 000 salari\u00e9s dans le monde et est devenue un rival direct des g\u00e9ants am\u00e9ricains de la tech.<\/p>\n\n\n\n Notre histoire s’est crois\u00e9e sans que nous le sachions. En 1998, je dirigeais Thomson Multim\u00e9dia en France et RCA aux \u00c9tats-Unis. Nous installions l’une des toutes premi\u00e8res usines occidentales de cette vague d’industrialisation qui allait tout changer \u00e0 Dongguan, dans le delta de la rivi\u00e8re des Perles. Vingt ans plus tard, en tant que commissaire europ\u00e9en, je discute en visio avec le PDG de Huawei et lui demande d’o\u00f9 il m’appelle. \u00ab D’une ville que vous ne connaissez sans doute pas, dans le Guangdong. \u00bb Je hasarde : \u00ab Dongguan ? \u00bb Silence, puis : \u00ab Mais comment le savez-vous ? \u00bb C’est l\u00e0, sur les terres o\u00f9 Thomson s’\u00e9tait implant\u00e9 au milieu de nulle part vingt ans plus t\u00f4t, que Huawei a b\u00e2ti son immense centre de recherche : vingt-cinq mille chercheurs et douze villages imitant les grandes cit\u00e9s europ\u00e9ennes. La revanche de la nouvelle Chine, en somme.<\/p>\n\n\n\n N\u00e9e \u00e0 P\u00e9kin en 1987, elle est la fille d’une danseuse et d’un percussionniste. Elle entre au Conservatoire central d\u00e8s l’enfance, puis part pour Philadelphie et le Curtis Institute, comme son a\u00een\u00e9 Lang Lang, autre pianiste chinois de renom mondial, o\u00f9 elle est sous la tutelle de Gary Graffman.En 2007, elle remplace Martha Argerich au pied lev\u00e9 \u00e0 Boston.Elle a alors vingt ans.Deutsche Grammophon la signe dans la foul\u00e9e et elle gagne un Grammy en 2024. Il est difficile de d\u00e9crire ce qu’elle fait sur sc\u00e8ne : une virtuosit\u00e9 sans limite, des tempos qui coupent le souffle, un corps qui vit la musique sans retenue. Rachmaninov, Prokofiev, John Adams : elle joue tout avec la m\u00eame autorit\u00e9, sans chercher \u00e0 imiter l’Occident : elle a pris ce qu’il avait \u00e0 offrir, l’a fait sien, et le lui rend transfigur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n N\u00e9 en 1970, il est form\u00e9 \u00e0 l’Universit\u00e9 des sciences et technologies de Chine \u2014 le Caltech chinois \u2014 puis \u00e0 Vienne, o\u00f9 il effectue sa th\u00e8se sous la direction d’Anton Zeilinger, l’un des grands noms de la physique quantique contemporaine (il obtiendra le prix Nobel de physique avec Alain Aspect en 2022). De retour dans son pays, il a une id\u00e9e fixe : en faire la premi\u00e8re puissance quantique du monde. En 2016, il lance Micius, le premier satellite de communication quantique jamais mis en orbite. L’ann\u00e9e suivante, il organise une visioconf\u00e9rence chiffr\u00e9e quantiquement entre P\u00e9kin et Vienne, sur pr\u00e8s de huit mille kilom\u00e8tres. En juillet dernier, l’UNESCO lui a remis le prix Mendele\u00efev \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\nDan Wang<\/h2>\n\n\n\n
Bi Gan (\u6bd5\u8d63), r\u00e9alisateur<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nAlessandro Aresu <\/h2>\n\n\n\n
Gu Ailing (\u8c37\u7231\u51cc), skieuse freestyle <\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nWang Laichun (\u738b\u6765\u6625), cofondatrice du fabricant de composants \u00e9lectroniques Luxshare<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nWang Tao (\u6c6a\u6ed4), ing\u00e9nieur a\u00e9rospatial et homme d’affaires<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nMichael Pettis<\/h2>\n\n\n\n
Yang Haisong (\u6768\u6d77\u5d27), romancier, traducteur, producteur<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nZhang Shouwang (\u5f20\u5b88\u671b) guitariste et compositeur<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nYan Yulong (\u95eb\u7389\u9f99), chanteur et multi-instrumentiste<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nDavid Ownby<\/h3>\n\n\n\n
Liu Xiaodong (\u5218\u5c0f\u4e1c), peintre <\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nXiang Biao (\u9879\u98d9), anthropologue<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nTang Wei (\u6e6f\u552f), actrice<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nJean-Louis Rocca<\/h2>\n\n\n\n
Jia Zhangke (\u8d3e\u6a1f\u67ef), cin\u00e9aste et producteur<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nLi Peilin (\u674e\u57f9\u6797), universitaire, sociologue<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nWang Huning (\u738b\u6caa\u5b81), th\u00e9oricien et homme politique<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nEmmanuel Lincot<\/h2>\n\n\n\n
Wang Yi (\u738b\u6bc5 ), Ministre chinois des Affaires \u00e9trang\u00e8res<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nGao Xingjian (\u9ad8\u884c\u5065), \u00e9crivain, dramaturge, metteur en sc\u00e8ne et peintre<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nAi Weiwei (\u827e\u672a\u672a), artiste et militant <\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nGilles Guiheux<\/h2>\n\n\n\n
Huang Nubo (\u9ec4\u6012\u6ce2), homme d’affaires, fondateur de P\u00e9kin Zhongkun Investment Group<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nWang Bing (\u738b\u5175), cin\u00e9aste et documentariste<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nLiu Cixin (\u5218\u6148\u6b23), \u00e9crivain de science-fiction<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nAfra Wang<\/h2>\n\n\n\n
Yang Zhilin (\u6768\u690d\u9e9f), fondateur de Moonshot AI<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nWang Xingxing (\u738b\u5174\u5174), fondateur d\u2019Unitree Robotics<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nZhou Qunfei (\u5468\u7fa4\u98de), fondatrice de Lens Technology<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nPierre Haski <\/h2>\n\n\n\n
Cui Jian (\u5d14\u5065) musicien<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nZhang Zhan (\u5f20\u5c55), avocate et lanceuse d’alerte<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nLei Jun (\u96f7\u519b), fondateur de Xiaomi<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nJiaJia Wang<\/h2>\n\n\n\n
Li Ziqi (\u674e\u5b50\u67d2), ambassadrice mondiale de la culture traditionnelle chinoise<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nAlex (\u00ab Lao A \u00bb \/ \u7262A, Squeaky King), une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de conteurs chinois nourrie par l\u2019exp\u00e9rience internationale<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nYolaine Escande <\/h2>\n\n\n\n
Maggie Cheung (\u5f35\u66fc\u7389) , actrice<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nGuo Pei (\u90ed\u57f9), styliste de haute couture<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nJack Ma (Ma Yun\u9a6c\u4e91), co-fondateur du groupe Alibaba<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nSimone Pieranni<\/h2>\n\n\n\n
Cai Qi (\u8521\u5947), Premier secr\u00e9taire du Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral du Parti communiste chinois<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nYin Li (\u5c39\u529b), Secr\u00e9taire du Parti communiste de P\u00e9kin<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nWang Qishan (\u738b\u5c90\u5c71), homme politique<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nFederico Fubini<\/h2>\n\n\n\n
Wan Gang (\u4e07\u94a2), p\u00e8re de la strat\u00e9gie chinoise en mati\u00e8re d’automobile \u00e9lectrique<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nGuan Zhi’ou (\u5173\u5fd7\u9e25), Secr\u00e9taire du Comit\u00e9 provincial du Hubei<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nMa Huateng (\u9a6c\u5316\u817e), fondateur de l’entreprise Tencent<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nThierry Breton <\/h2>\n\n\n\n
Ren Zhengfei (\u4efb\u6b63\u975e), Directeur g\u00e9n\u00e9ral, Huawei<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nYuja Wang (\u738b\u7fbd\u4f73), pianiste<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nPan Jianwei (\u6f58\u5efa\u4f1f), vice-pr\u00e9sident ex\u00e9cutif de l’universit\u00e9 de sciences et technologie de Chine<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n