{"id":358124,"date":"2026-09-16T12:06:01","date_gmt":"2026-09-16T10:06:01","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=358124"},"modified":"2026-09-16T12:06:06","modified_gmt":"2026-09-16T10:06:06","slug":"seule-leurope-peut-vraiment-garantir-la-souverainete-des-europeens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/09\/16\/seule-leurope-peut-vraiment-garantir-la-souverainete-des-europeens\/","title":{"rendered":"Seule l\u2019Europe peut vraiment garantir la souverainet\u00e9 des Europ\u00e9ens"},"content":{"rendered":"\n
La pr\u00e9sidente de la Commission europ\u00e9enne Ursula von der Leyen a prononc\u00e9 ce mercredi, 16 septembre \u00e0 Strasbourg, son septi\u00e8me discours sur l’\u00e9tat de l’Union, le deuxi\u00e8me de son second mandat.<\/p>\n\n\n\n
Particuli\u00e8rement ambitieux, il s’ouvre par une citation c\u00e9l\u00e8bre de l’incipit de A Tale of Two Cities<\/em> du romancier anglais Charles Dickens : \u00ab C\u2019\u00e9tait le meilleur des temps, c’\u00e9tait le pire des temps. \u00bb Sa dimension oxymorique fournit le cadre narratif du discours. Selon la pr\u00e9sidente de la Commission, en effet, \u00ab Notre Union n’a jamais \u00e9t\u00e9 aussi forte. Mais notre Union peut aussi sembler plus pr\u00e9caire que jamais. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Von der Leyen a structur\u00e9 son discours autour d\u2019une analyse des principales tensions qui caract\u00e9risent \u00ab notre monde contemporain \u00bb, \u00ab cette \u00e9poque complexe, faite de grandes possibilit\u00e9s et de grands dangers \u00bb.<\/p>\n\n\n\n La premi\u00e8re crise est \u00e9nerg\u00e9tique. En suivant le paradigme de l’\u00e9cologie de guerre<\/a> et de la g\u00e9o\u00e9conomie, elle articule la d\u00e9pendance g\u00e9opolitique aux combustibles fossiles \u00e0 la transition \u00e9cologique : \u00ab Nous avons \u00e0 nouveau cruellement ressenti \u00e0 quel point nous \u00e9tions d\u00e9pendants des importations de combustibles fossiles \u00bb. Sans jamais nommer Donald Trump, sans identifier clairement de responsable, la pr\u00e9sidente en attribue implicitement l’origine aux effets de sa politique \u00e9trang\u00e8re : le d\u00e9troit d’Ormuz reste bloqu\u00e9 depuis les frappes am\u00e9ricano-isra\u00e9liennes du 28 f\u00e9vrier contre l’Iran et les Houthis contr\u00f4lent d\u00e9sormais Bab el-Mandeb depuis le 11 septembre. S’y ajoute la Chine, avec un d\u00e9ficit commercial qui \u00ab s’\u00e9l\u00e8ve aujourd’hui \u00e0 1 milliard d’euros par jour \u00bb. \u00ab Certains disent que le second choc chinois est imminent. Nous le ressentons pourtant d\u00e9j\u00e0. \u00bb<\/p>\n\n\n\n La deuxi\u00e8me est climatique : \u00ab Nous avons connu cet \u00e9t\u00e9 un moment de v\u00e9rit\u00e9 \u00bb. Copernicus a mesur\u00e9 en Europe de l’Ouest un \u00e9t\u00e9 plus chaud que celui de 2003, avec pr\u00e8s de 660 000 hectares br\u00fbl\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l’Union et des dizaines de milliers de d\u00e9c\u00e8s en exc\u00e8s pendant les vagues de canicule, \u00ab des fleuves aussi importants que le Danube, le Rhin ou la Garonne qui disparaissent sous nos yeux \u00bb. La pr\u00e9sidente de la Commission rappelle que \u00ab l’Europe se r\u00e9chauffe deux fois plus vite que le reste du monde \u00bb<\/a>, \u00e0 raison de 0,56 \u00b0C par d\u00e9cennie selon Copernicus et l’OMM, et pr\u00e9vient : \u00ab Nous avons connu l’\u00e9t\u00e9 le plus chaud de tous les temps, mais les prochains le seront sans doute encore plus. \u00bb<\/p>\n\n\n\n La troisi\u00e8me est s\u00e9curitaire. \u00ab Les menaces hybrides auxquelles l’Europe est confront\u00e9e sont de moins en moins hybrides et il s’agit de moins en moins de menaces. \u00bb L’attaque de drone contre l’a\u00e9roport de Leipzig d\u00e9but ao\u00fbt, attribu\u00e9e \u00e0 la Russie par Berlin le 1er septembre, est qualifi\u00e9e par la pr\u00e9sidente de la Commission d’\u00ab attaque men\u00e9e par des agents russes avec du mat\u00e9riel de qualit\u00e9 militaire sur le sol europ\u00e9en \u00bb. \u00c0 noter, des avions de chasse italiens, dans le cadre d\u2019une op\u00e9ration OTAN, ont abattu en Lituanie un premier drone \u00e0 la veille du discours.<\/p>\n\n\n\n La quatri\u00e8me crise est de nature technologique. \u00ab Apr\u00e8s l’incident de HuggingFace, les d\u00e9veloppeurs sonnent l’alarme \u00bb : en juillet, des agents IA d’OpenAI sont sortis de leur environnement d’ex\u00e9cution et ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 l’infrastructure de la plateforme. Quatre jours avant le discours, Dario Amodei a appel\u00e9 \u00e0 \u00ab pace the frontier<\/em> \u00bb, de ralentir la course, un appel que von der Leyen reprend \u00e0 son compte : \u00ab Si les d\u00e9veloppeurs des technologies sont sans ambigu\u00eft\u00e9 \u00e0 ce sujet, alors nous devrions l’\u00eatre aussi. \u00bb<\/p>\n\n\n\n La cinqui\u00e8me est migratoire. \u00ab Cette r\u00e9alit\u00e9 s’est une fois de plus manifest\u00e9e, cet \u00e9t\u00e9, \u00e0 nos fronti\u00e8res \u00bb, avec la crise de Ceuta des 30 et 31 juillet, o\u00f9 des dizaines de milliers de personnes sont entr\u00e9es dans l’enclave en 48 heures et o\u00f9 l’Espagne s’est retrouv\u00e9e accus\u00e9 pour ses politiques migratoire par vingt-deux de ses partenaires europ\u00e9en. D’o\u00f9 l’adresse directe : \u00ab Ceuta, c’est l’Espagne. Ceuta, c’est l’Europe. \u00bb<\/p>\n\n\n\n La sixi\u00e8me est celle de l’ordre international. Le discours constate \u00ab La fracture du syst\u00e8me international fond\u00e9 sur des r\u00e8gles \u00bb et en tire une conclusion : \u00ab Nous devons de toute urgence r\u00e9inventer nos partenariats \u00bb. La pr\u00e9sence de Mark Carney dans l’h\u00e9micycle en est l’illustration. Depuis la rupture des n\u00e9gociations commerciales avec Washington et l’entr\u00e9e en vigueur de droits de douane am\u00e9ricains de 50 % le 19 ao\u00fbt, le Premier ministre canadien a prononc\u00e9, le 22 ao\u00fbt, un discours contre la \u00ab vassalisation du Canada<\/a> ; c’est \u00e0 lui que la pr\u00e9sidente propose d’ouvrir un statut in\u00e9dit, \u00ab devenir le premier membre associ\u00e9 de l’Union europ\u00e9enne \u00bb.<\/p>\n\n\n\n La derni\u00e8re crise d\u00e9mocratique. C\u2019est la seule que la pr\u00e9sidente pr\u00e9sente, du moins en partie, comme une crise r\u00e9solue. \u00ab Nous assistons \u00e0 la mont\u00e9e en puissance des forces antid\u00e9mocratiques et anti-europ\u00e9ennes. (\u2026) Mais rien n\u2019est in\u00e9vitable. Prenez l\u2019exemple de la Hongrie. \u00bb La victoire de P\u00e9ter Magyar le 12 avril contre Viktor Orb\u00e1n a ouvert montre que le peuple hongrois \u00ab a choisi la d\u00e9mocratie. Il a choisi l\u2019Europe. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Ce discours, d’une ambition rare au niveau europ\u00e9en, repose sur un paradoxe. Les crises que la pr\u00e9sidente d\u00e9crit avec le plus de force analytique sont celles sur lesquelles la Commission semble avoir le moins de prise. La fermeture d’Ormuz et la guerre en Iran, rel\u00e8vent d\u00e9sormais presque exclusivement de Washington, de T\u00e9h\u00e9ran et d\u00e9sormais de P\u00e9kin et des BRICS<\/a>.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 Ceuta, comme l\u2019a soulign\u00e9 dans ces pages l\u2019ancien commissaire Thierry Barton<\/a>, la Commission europ\u00e9enne a adopt\u00e9 une attitude r\u00e9serv\u00e9e tout au long de la crise. Le 3 ao\u00fbt, la pr\u00e9sidente a qualifi\u00e9 la situation d\u2019\u00ab inacceptable \u00bb, a propos\u00e9 le d\u00e9ploiement de forces de Frontex et un soutien accru au Maroc en mati\u00e8re d\u2019alerte pr\u00e9coce, puis a annonc\u00e9 un \u00ab processus d\u2019apprentissage par l\u2019exp\u00e9rience \u00bb. La phrase \u00ab Ceuta, c\u2019est l\u2019Europe \u00bb, prononc\u00e9e dans ce discours, intervient donc six semaines apr\u00e8s une crise g\u00e9r\u00e9e sans elle.<\/p>\n\n\n\n La description de la crise climatique, qui avait \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur du projet du premier mandat avec le Pacte vert, contraste avec le sort r\u00e9serv\u00e9 depuis \u00e0 ses instruments. D\u00e9j\u00e0, comme on le notait dans notre analyse du discours de 2025, la d\u00e9fense avait remplac\u00e9 le climat<\/a>. En d\u00e9cembre, l’objectif 2040 avait \u00e9t\u00e9 \u00ab de fait ramen\u00e9 \u00e0 85 % \u00bb<\/a> par le jeu des cr\u00e9dits internationaux. Depuis, la mise en \u0153uvre du nouveau march\u00e9 de carbone europ\u00e9en a \u00e9t\u00e9 report\u00e9e \u00e0 2028, la Commission a propos\u00e9 de ramener l’objectif de r\u00e9duction des \u00e9missions de CO2 pour les voitures neuves de 100 % \u00e0 90 % en 2035. Ainsi, le \u00ab moment de v\u00e9rit\u00e9 \u00bb sert plut\u00f4t d’appui \u00e0 des annonces d’adaptation : un cadre de r\u00e9silience, une \u00ab alliance pour l’assurance des risques climatiques \u00bb, un plan de lutte contre les vagues de chaleur, une initiative pour l’eau et une \u00ab future flotte europ\u00e9enne de lutte contre les incendies \u00bb. <\/p>\n\n\n\n Le passage sur l’intelligence artificielle contient la formule la plus surprenante du discours. Par une analogie avec l’imprimerie, \u00ab c’est un Allemand qui l’a invent\u00e9e, mais c’est toute l’Europe occidentale qui l’a ma\u00eetris\u00e9e, puis appliqu\u00e9e \u00bb, la pr\u00e9sidente affirme que \u00ab nous n’avons pas besoin d’\u00eatre les d\u00e9veloppeurs des technologies d’avant-garde pour en tirer le meilleur parti \u00bb. L’effort europ\u00e9en devrait ainsi se limiter \u00e0 l’application des mod\u00e8les : \u00ab sortir l’IA des \u00e9crans pour la faire entrer dans l’\u00e9conomie r\u00e9elle \u00bb, dans cinq secteurs o\u00f9 l’Europe a un avantage comp\u00e9titif. Mais si les presses appartenaient \u00e0 leurs imprimeurs et \u00e9taient g\u00e9ographiquement situ\u00e9es, les mod\u00e8les de fronti\u00e8re restent la propri\u00e9t\u00e9 de quelques entreprises \u00e9trang\u00e8res. Ainsi cette position contraste avec la rh\u00e9torique de la souverainet\u00e9 mise en avant dans le discours. <\/p>\n\n\n\n Alors que la Maison-Blanche a coup\u00e9 en juin l’acc\u00e8s des utilisateurs \u00e9trangers aux derniers mod\u00e8les d’Anthropic<\/a> par un contr\u00f4le des exportations, et que plusieurs signaux indiquent que l’acc\u00e8s aux mod\u00e8les de fronti\u00e8re pourrait servir de monnaie d’\u00e9change dans les n\u00e9gociations avec Washington, renoncer \u00e0 les d\u00e9velopper revient \u00e0 confier \u00e0 une puissance \u00e9trang\u00e8re la clef d’une technologie que la pr\u00e9sidente d\u00e9crit elle-m\u00eame comme \u00ab un fondement de notre \u00e9conomie et de notre s\u00e9curit\u00e9 \u00bb. Si \u00ab seule l’Europe peut vraiment garantir la souverainet\u00e9 des Europ\u00e9ens \u00bb, c’est sur ce terrain que la formule pourrait \u00eatre le plus brutalement mise \u00e0 l’\u00e9preuve.<\/p>\n\n\n\n Les annonces qui suivent, souvent des instruments nouveaux ou des noms nouveaux pour des instruments existants, ne peuvent que para\u00eetre souvent en d\u00e9calage avec le diagnostic ambitieux qui les pr\u00e9c\u00e8de. Ce contraste peut donner l’impression d’une hyper-impuissance que le discours cherche pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 dissiper. Elles se r\u00e9partissent en quatre cat\u00e9gories.<\/p>\n\n\n\n Dans le domaine \u00e9conomique, la Commission demande aux \u00c9tats membres un \u00ab Pacte contre la surr\u00e9glementation \u00bb, c’est-\u00e0-dire un engagement \u00e0 ne plus alourdir les textes europ\u00e9ens lors de leur transposition, car \u00ab la simplification ne doit pas \u00eatre \u00e0 sens unique \u00bb. Elle annonce \u00e9galement la cr\u00e9ation d’une \u00ab Corporation europ\u00e9enne sur les mati\u00e8res premi\u00e8res critiques \u00bb. Il s’agit de la troisi\u00e8me version en un an d’une id\u00e9e d\u00e9j\u00e0 inscrite dans le plan RESourceEU. Elle promet \u00e9galement un \u00ab paquet bancaire \u00bb contre la fragmentation des march\u00e9s nationaux, pour \u00ab un syst\u00e8me bancaire con\u00e7u pour la croissance, et pas uniquement pour la stabilit\u00e9 \u00bb, dont la Commission avait d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 les grandes lignes en juillet. Enfin, \u00e0 un mois du Conseil europ\u00e9en d’octobre et alors que les n\u00e9gociations sur le prochain Cadre financier pluriannuel (2028-2034) vont s\u2019intensifier dans les prochains mois, elle rappelle que \u00ab tout budget moderne n\u00e9cessite de nouvelles ressources propres \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Dans le domaine de la s\u00e9curit\u00e9, von der Leyen pr\u00e9sente une nouvelle strat\u00e9gie europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9, la premi\u00e8re depuis 2003, estimant que \u00ab nos syst\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us pour un monde diff\u00e9rent \u00bb. Elle propose que l’Europe \u00ab dispose de son propre article 4, ou d’un protocole de s\u00e9curit\u00e9 d’urgence \u00bb, un m\u00e9canisme de consultation similaire \u00e0 celui de l’OTAN qui permettrait \u00e0 un \u00c9tat membre victime d’une attaque hybride de r\u00e9unir les vingt-six autres. Elle sugg\u00e8re \u00e9galement la cr\u00e9ation d’un \u00ab Conseil europ\u00e9en de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb ouvert au Canada, \u00e0 la Norv\u00e8ge, \u00e0 l’Ukraine et au Royaume-Uni, une id\u00e9e initialement propos\u00e9e par le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Emmanuel Macron en 2017, puis par le chancelier Friedrich Merz. Elle annonce \u00e9galement \u00ab un nouvel instrument europ\u00e9en pour les capacit\u00e9s strat\u00e9giques, pleinement align\u00e9 sur l’OTAN \u00bb (d\u00e9fense a\u00e9rienne et antimissile, transport strat\u00e9gique, ravitaillement en vol, espace et cyber). Concernant l’Ukraine, elle assume avoir \u00ab pour la premi\u00e8re fois approuv\u00e9 l’achat de missiles de d\u00e9fense am\u00e9ricains Patriot \u00bb, pr\u00e9sente Freyja comme le \u00ab c\u0153ur \u00bb d’une d\u00e9fense antimissile \u00ab modulaire et d’un co\u00fbt abordable \u00bb et pr\u00e9voit, \u00ab avec les fonds de SAFE qui nous restent \u00bb.<\/p>\n\n\n\n En mati\u00e8re de partenariats, elle propose d’\u0153uvrer \u00ab pour que le Canada devienne le premier membre associ\u00e9 de l’Union europ\u00e9enne \u00bb, un statut qui n’existe pas dans les trait\u00e9s, en passant \u00ab de l’AECG (le trait\u00e9 de libre \u00e9change) \u00e0 une alliance pour l’avenir \u00bb. Elle annonce \u00e9galement \u00ab un sommet r\u00e9gional sur la connectivit\u00e9 avec le Premier ministre bulgare Roumen Radev \u00bb, consacr\u00e9 au \u00ab corridor m\u00e9dian \u00bb vers le Caucase du Sud et l’Asie centrale, et dont l’objectif est de \u00ab tripler les flux commerciaux \u00bb d’ici 2030.<\/p>\n\n\n\n En mati\u00e8re sociale et soci\u00e9tale, la pr\u00e9sidente von der Leyen pr\u00e9sente le Kids Act, qui devrait \u00eatre propos\u00e9 demain, le 17 septembre : \u00ab Pas de r\u00e9seaux sociaux avant l’\u00e2ge de 13 ans. Pas de compte personnel avant l’\u00e2ge de 15 ans \u00bb, et propose de renverser la charge de la preuve : \u00ab Les plateformes devront prouver qu’elles sont s\u00fbres. \u00bb Elle annonce \u00e9galement \u00ab un nouveau cadre europ\u00e9en de r\u00e9action d’urgence \u00bb en mati\u00e8re de migration qui \u00ab ne sera activ\u00e9 que si un ensemble de crit\u00e8res strictement d\u00e9finis sont remplis \u00bb, en r\u00e9ponse \u00e0 l’incident de Ceuta. Elle confirme l’\u00ab Acte l\u00e9gislatif sur des emplois de qualit\u00e9 \u00bb pour \u00ab avant la fin de l’ann\u00e9e \u00bb ainsi qu’un \u00ab Pacte europ\u00e9en en mati\u00e8re de soins \u00bb. Elle conclut en appelant \u00e0 la convocation d’un nouveau Congr\u00e8s de l’Europe l\u2019ann\u00e9e prochaine, pour les 70 ans du trait\u00e9 de Rome, capable de \u00ab reconqu\u00e9rir l’imaginaire europ\u00e9en \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Madame la pr\u00e9sidente Metsola,<\/p>\n\n\n\n Monsieur le premier ministre Carney,<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n \u00ab C’\u00e9tait le meilleur des temps, c’\u00e9tait le pire des temps. \u00bb<\/em> C’est comme cela que Charles Dickens d\u00e9crivait l’Europe au temps de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. Ce portrait pourrait tout aussi bien \u00eatre celui de notre monde contemporain. Les choses \u00e9voluent \u00e0 une vitesse ph\u00e9nom\u00e9nale. Les enjeux sont immenses. Et quand je regarde l’Europe d’aujourd’hui, voici ce que j’en pense : notre Union n’a jamais \u00e9t\u00e9 aussi forte. Mais notre Union peut aussi sembler plus pr\u00e9caire que jamais.<\/p>\n\n\n\n Ces deux affirmations peuvent sembler contradictoires. Mais elles sont toutes les deux vraies. Elles t\u00e9moignent des temps exceptionnels que nous vivons. Cette \u00e9poque complexe, faite de grandes possibilit\u00e9s et de grands dangers, que tous les pays s’efforcent de traverser.<\/p>\n\n\n\n Dans ce monde, l’Europe a choisi de tracer sa propre voie. Une Europe plus forte et plus ind\u00e9pendante est aujourd’hui en train d’\u00e9merger.<\/p>\n\n\n\n C’est une Europe qui assure sa prosp\u00e9rit\u00e9. Une Europe qui se lib\u00e8re de sa d\u00e9pendance toxique aux combustibles fossiles russes. Qui est devenue la premi\u00e8re puissance commerciale de la plan\u00e8te. Qui fait \u00e9voluer sa politique industrielle tout en pr\u00e9servant un mod\u00e8le social unique au monde.<\/p>\n\n\n\n Cette Europe est plus que jamais \u00e0 m\u00eame de se d\u00e9fendre. Car nous avons repens\u00e9 en profondeur la s\u00e9curit\u00e9 de ses \u00c9tats membres. Rien qu’au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, nos d\u00e9penses de d\u00e9fense ont augment\u00e9 de plus de 80 %.<\/p>\n\n\n\n C’est une Europe qui fait front commun. Comme elle le fait en se tenant aux c\u00f4t\u00e9s de l’Ukraine qui lutte pour son avenir et sa libert\u00e9. Comme nous l’avons fait aussi pour le Groenland lorsqu’il \u00e9tait menac\u00e9. Ou lorsque nos d\u00e9mocraties sont la cible de drones, d’attaques hybrides ou de d\u00e9sinformation.<\/p>\n\n\n\n Tout cela d\u00e9montre une chose : l’Europe agit pour les Europ\u00e9ens. Et dans un monde fragile comme du verre, la seule souverainet\u00e9 qui vaille est celle que l’Europe offre aux Europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n Cette Europe, Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s, nous pouvons en \u00eatre fiers.<\/p>\n\n\n\n Mais malgr\u00e9 cela, nous connaissons tous les menaces qui p\u00e8sent sur nous. Les certitudes se sont dissip\u00e9es, les relations ont chang\u00e9, et nous nous retrouvons dans un monde ouvertement hostile. Une guerre d’agression territoriale fait rage sur notre continent ; d’autres ont \u00e9clat\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9. La lutte pour les capacit\u00e9s de production red\u00e9finit la concurrence mondiale. Et la bataille des visions tente d’affaiblir la confiance en l’Europe en paralysant nos d\u00e9mocraties.<\/p>\n\n\n\n Mais les inqui\u00e9tudes des citoyens ne sont pas seulement li\u00e9es \u00e0 ces menaces mondiales. De nombreuses familles europ\u00e9ennes ressentent les effets de la crise, notamment en ce qui concerne le co\u00fbt de la vie ou le logement. Le rythme vertigineux des \u00e9volutions, notamment technologiques, p\u00e8se sur nos emplois, nos moyens de subsistance et nos soci\u00e9t\u00e9s. Il affecte aussi profond\u00e9ment notre d\u00e9mocratie et notre discours.<\/p>\n\n\n\n En t\u00e9moignent la mont\u00e9e des extr\u00eames, la polarisation des propos, et m\u00eame la mani\u00e8re dont nous interagissons les uns avec les autres.<\/p>\n\n\n\n Ces pr\u00e9occupations sont r\u00e9elles mais sont instrumentalis\u00e9es pour creuser un foss\u00e9 entre nous. Ces attaques proviennent parfois de l’ext\u00e9rieur, et trop souvent de l’int\u00e9rieur. Mais notre projet est clair. Il est de construire une Europe ind\u00e9pendante qui a le pouvoir d’agir. Rien ne pourra nous en d\u00e9tourner. Car, dans ce monde, le sort de l’Europe doit rester aux mains des Europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n Il nous faut donc choisir. Voulons-nous une Europe forte et ind\u00e9pendante qui d\u00e9fende ses valeurs dans ce monde ? Ou laisserons-nous les divisions et les d\u00e9pendances nous emp\u00eacher d’avancer ? Voulons-nous nous mobiliser autour du projet europ\u00e9en, qui est de d\u00e9cider ensemble de notre destin ? Ou laisserons-nous nos d\u00e9mocraties \u00eatre sap\u00e9es par les relais et les marionnettes des r\u00e9gimes autoritaires ?<\/p>\n\n\n\n Qu’il s’agisse d’ultranationalistes ou d’anti-europ\u00e9ens, d’ing\u00e9rences russes ou de d\u00e9sinformation, les noms changent, mais l’objectif est le m\u00eame. Ils m\u00e9prisent nos valeurs et veulent briser l’unit\u00e9 europ\u00e9enne. Alors luttons contre cela, mais luttons aussi ensemble pour notre id\u00e9e de l’Europe.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Notre \u00e9conomie a r\u00e9sist\u00e9 mieux que pr\u00e9vu aux guerres qui se d\u00e9roulent au Moyen-Orient. Le ch\u00f4mage est proche de son plus bas niveau historique. Mais la hausse des prix de l’\u00e9nergie et du cr\u00e9dit met les citoyens et les entreprises sous pression.<\/p>\n\n\n\n Des choix budg\u00e9taires clairs devront \u00eatre faits pour garantir la viabilit\u00e9 budg\u00e9taire, tout en prot\u00e9geant les investissements. Notre priorit\u00e9 num\u00e9ro un est de donner un nouvel \u00e9lan \u00e0 l’\u00e9conomie europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n Nous disposons d’un immense march\u00e9, d’une industrie et de services d’exception, d’un riche r\u00e9servoir d’\u00e9pargne et de l’une des principales monnaies du monde. Et pourtant, nous continuons \u00e0 fragmenter notre capital, nos r\u00e9seaux et notre pouvoir d’achat.<\/p>\n\n\n\n C’est pourquoi, lorsque nos \u00e9quipes ont pris leurs fonctions, nous avons mis en place un plan audacieux. Construire une \u00e9conomie o\u00f9 l’innovation et l’\u00e9nergie traversent les fronti\u00e8res. O\u00f9 les entreprises sont comp\u00e9titives et se d\u00e9veloppent \u00e0 travers l’Europe, et o\u00f9 l’\u00e9pargne finance notre avenir. C’est la logique des rapports Draghi et Letta. Et ensemble, nous tenons nos engagements. Mais nous devons \u00eatre plus rapides, et cela concerne toutes les institutions.<\/p>\n\n\n\n Nous avons obtenu l’accord politique sur la feuille de route \u00ab Une Europe, un march\u00e9 \u00bb. Et d’ici la fin de l’ann\u00e9e prochaine, nous pourrons et devrons achever ensemble cette refonte historique du march\u00e9 unique.<\/p>\n\n\n\n Dans le climat \u00e9conomique actuel, la rapidit\u00e9 est essentielle. Un permis, un formulaire, un raccordement \u00e0 un r\u00e9seau ou une d\u00e9cision de financement. Tous ces \u00e9l\u00e9ments peuvent d\u00e9terminer le choix du lieu d’investissement. O\u00f9 des emplois seront cr\u00e9\u00e9s. Nous devons agir beaucoup plus vite. C’est pourquoi nous pr\u00e9senterons des propositions pour acc\u00e9l\u00e9rer encore l’octroi de permis.<\/p>\n\n\n\n Nous devons donner un coup d’acc\u00e9l\u00e9rateur massif aux projets qui servent les int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques de l’Europe Et quand les tracas administratifs freinent les entreprises et les PME, ils doivent \u00eatre supprim\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Comme vous le savez, nos 12 propositions omnibus r\u00e9duisent les charges administratives de pr\u00e8s de 17 milliards d’euros par an. Mais la simplification ne doit pas \u00eatre \u00e0 sens unique. Il faut consentir des efforts \u00e0 tous les \u00e9chelons. Nous avons beaucoup parl\u00e9 de l’impact n\u00e9gatif de la surr\u00e9glementation.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Certes, nous faisons de notre mieux au niveau europ\u00e9en pour r\u00e9duire les formalit\u00e9s administratives. Mais je pense qu’il est \u00e0 pr\u00e9sent grand temps pour les \u00c9tats membres de passer \u00e0 la vitesse sup\u00e9rieure. Si nous souhaitons vraiment simplifier, nous avons aussi besoin d’un pacte contre la surr\u00e9glementation.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n L’Europe ne pourra pas rester une puissance industrielle si les prix de l’\u00e9nergie y sont structurellement trop \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Quand la Russie a interrompu les fournitures de gaz, nous nous sommes battus. Notre approvisionnement s’est d\u00e9sormais diversifi\u00e9. Et nous avons investi dans nos \u00e9nergies propres locales : les \u00e9nergies renouvelables et le nucl\u00e9aire.<\/p>\n\n\n\n Puis le d\u00e9troit d’Ormuz a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9. Et nous avons \u00e0 nouveau cruellement ressenti \u00e0 quel point nous \u00e9tions d\u00e9pendants des importations de combustibles fossiles. Depuis le d\u00e9but du conflit, ces importations nous ont co\u00fbt\u00e9 quelque 90 milliards d’euros suppl\u00e9mentaires, et ce, sans que le moindre quantum d’\u00e9nergie ait \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Nous devons donc redoubler d’efforts pour produire notre \u00e9nergie propre, locale et abordable. Qu’elle soit renouvelable ou nucl\u00e9aire, qu’elle provienne du biom\u00e9thane ou d’autres sources. Peu importe la technologie. Du moment qu’elle serve notre ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n Pour obtenir cette ind\u00e9pendance, il faut \u00e9lectrifier l’Europe. Notre objectif est de doubler la part de l’\u00e9lectricit\u00e9 d’ici 2040. L’Europe pourrait ainsi faire diminuer sa facture de 260 milliards d’euros par an sur les importations de combustibles fossiles. Nous devons toutefois aussi veiller \u00e0 ce que l’\u00e9lectricit\u00e9 que nous produisons soit disponible.<\/p>\n\n\n\n L’ann\u00e9e derni\u00e8re, nous avons install\u00e9 plus de 80 gigawatts de capacit\u00e9s renouvelables. Mais une capacit\u00e9 six fois sup\u00e9rieure est encore en attente de raccordement. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de toute urgence du train de mesures sur les r\u00e9seaux.<\/p>\n\n\n\n Nous devons investir plus rapidement. Acc\u00e9l\u00e9rer les raccordements au r\u00e9seau. Accro\u00eetre le stockage. En bref, faisons de l’\u00e9lectrique l’avenir de l’Europe.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Nous pouvons r\u00e9duire les prix de l’\u00e9nergie, investir et innover davantage, r\u00e9former nos \u00e9conomies. Mais nos efforts sont mis \u00e0 mal si nos entreprises ne peuvent pas affronter la concurrence dans des conditions \u00e9quitables.<\/p>\n\n\n\n Notre d\u00e9ficit commercial avec la Chine s’\u00e9l\u00e8ve aujourd’hui \u00e0 1 milliard d’euros par jour. Il a atteint un point de bascule. Certains disent que le second choc chinois est imminent. Nous le ressentons pourtant d\u00e9j\u00e0. Il est perceptible dans nos communaut\u00e9s et dans les usines aux quatre coins de l’Union. Il entra\u00eene la d\u00e9sindustrialisation dans les bassins industriels de l’Europe. Cela n’est pas durable.<\/p>\n\n\n\n Et c’est pourquoi nous dialoguons avec la Chine pour r\u00e9\u00e9quilibrer nos \u00e9changes commerciaux. Mais il faut \u00e0 pr\u00e9sent que ce dialogue produise des r\u00e9sultats. La demande int\u00e9rieure plus faible de la Chine signifie qu’elle a \u00e9galement besoin du march\u00e9 europ\u00e9en. Nous avons donc tout int\u00e9r\u00eat, l’une comme l’autre, \u00e0 \u0153uvrer ensemble \u00e0 des solutions.<\/p>\n\n\n\n Permettez-moi d’\u00eatre claire \u00e0 ce sujet : nous utiliserons tous les outils dont nous disposons pour r\u00e9\u00e9quilibrer notre relation. Parler, c’est bien. Agir, c’est mieux.<\/p>\n\n\n\n Et un autre aspect est important. Nous demeurons excessivement d\u00e9pendants dans des domaines \u00e0 risque. Nous d\u00e9pendons \u00e0 plus de 80 % de la Chine pour bon nombre de mati\u00e8res premi\u00e8res critiques. \u00c0 90 % pour certaines terres rares. Nous avons beaucoup avanc\u00e9. Mais nous ne sommes pas les seuls qui essayons de nous diversifier. Nous devons trouver des approvisionnements de toute urgence et renforcer nos r\u00e9serves.<\/p>\n\n\n\n Aucun pays ne peut r\u00e9aliser cela seul. Nous devons donc penser diff\u00e9remment. Voil\u00e0 pourquoi nous \u00e9tablirons une nouvelle Corporation europ\u00e9enne sur les mati\u00e8res premi\u00e8res critiques. Elle nous aidera \u00e0 obtenir ce dont nous avons besoin et constituer les r\u00e9serves n\u00e9cessaires. Pour les voitures \u00e9lectriques, les semi-conducteurs et les batteries, les technologies propres et la d\u00e9fense. Et bien plus encore.<\/p>\n\n\n\n Il s’agit de la troisi\u00e8me version de cette m\u00eame id\u00e9e en l’espace d’un an. Un \u00ab Centre europ\u00e9en pour les mati\u00e8res premi\u00e8res critiques \u00bb a d’abord \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 en octobre 2025 \u00e0 la suite des restrictions chinoises sur les terres rares, puis int\u00e9gr\u00e9 au plan RESourceEU de d\u00e9cembre avec un projet pilote de stockage et une enveloppe de 3 milliards d’euros. Le passage du terme \u00ab centre \u00bb \u00e0 celui de \u00ab soci\u00e9t\u00e9 \u00bb laisse entrevoir une structure dot\u00e9e de fonds propres, mais le statut reste toujours \u00e0 pr\u00e9ciser.<\/p>\n\n\n\n Nos industries en d\u00e9pendent, mais notre ind\u00e9pendance et notre s\u00e9curit\u00e9 aussi.<\/p>\n\n\n\n Ce qui m’am\u00e8ne \u00e0 mon prochain point, le financement. Que les choses soient claires : notre budget d\u00e9termine notre avenir. Et tout budget moderne n\u00e9cessite de nouvelles ressources propres.<\/p>\n\n\n\n Nous devons cr\u00e9er les conditions propices pour que nos entreprises attirent les investissements et la croissance. C’est pourquoi notre travail sur l’union de l’\u00e9pargne et des investissements est tellement crucial. Mais d\u00e9velopper les march\u00e9s des capitaux prend du temps. Et les besoins de nos entreprises ne peuvent pas attendre. Nous avons besoin d’un syst\u00e8me bancaire con\u00e7u pour la croissance, et pas uniquement pour la stabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Nous proposerons par cons\u00e9quent un nouveau paquet bancaire centr\u00e9 sur la simplification et la lutte contre la fragmentation. Nous savons que la demande en capitaux existe. Mais nous avons besoin d’une plus grande capacit\u00e9 et d’un app\u00e9tit accru pour le risque.<\/p>\n\n\n\n Nos start-up dans le domaine des \u00ab deep tech \u00bb sont en passe d’attirer des investissements de capital-risque records en 2026. C’est la raison pour laquelle j’ai annonc\u00e9 l’ann\u00e9e derni\u00e8re un nouveau fonds \u00ab Scale-up Europe \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Et un an plus tard, les premiers investissements ont vu le jour, dans des entreprises comme ICEYE. ICEYE a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e par deux jeunes Europ\u00e9ens : Rafa\u0142, originaire de Pologne, et Pekka, originaire de Finlande. Ils se sont rencontr\u00e9s gr\u00e2ce au programme Erasmus, il y a maintenant 15 ans. Ensemble, ils ont cr\u00e9\u00e9 une start-up technologique. Ils ont d\u00e9velopp\u00e9 leur projet autour de l’imagerie satellitaire. Ils ont obtenu un financement au titre du programme Horizon Europe. Ils ont prouv\u00e9 l’efficacit\u00e9 de leur technologie. Ils se sont d\u00e9velopp\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 l’investissement priv\u00e9. Et aujourd’hui, ils sont \u00e0 la t\u00eate de l’une des plus grandes entreprises de technologie spatiale au monde. Une entreprise qui poss\u00e8de des bureaux en Finlande, en Pologne, en Espagne et en Gr\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n L’histoire de l’ICEYE montre que l’Europe est le berceau de l’innovation. Et que nous pouvons raviver l’esprit entrepreneurial de l’Europe.<\/p>\n\n\n\n Je suis ravie que les fondateurs soient parmi nous aujourd’hui. Veuillez vous joindre \u00e0 moi pour souhaiter la bienvenue \u00e0 Rafa\u0142 et Pekka. Votre histoire est celle d’une v\u00e9ritable r\u00e9ussite europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Ce sont l\u00e0 les fondamentaux \u00e9conomiques de l’Europe. Mais notre prosp\u00e9rit\u00e9 et notre s\u00e9curit\u00e9 futures d\u00e9pendront en grande partie de notre gestion des points de bascule de notre \u00e9poque : le changement climatique et l’IA.<\/p>\n\n\n\n En ce qui concerne le changement climatique, nous avons connu cet \u00e9t\u00e9 un moment de v\u00e9rit\u00e9. Presque aucune partie de notre continent n’a \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e. En Belgique, dans les Hautes Fagnes, une tourbi\u00e8re form\u00e9e au fil des si\u00e8cles a br\u00fbl\u00e9, se transformant en d\u00e9sert de cendres.<\/p>\n\n\n\n Les flammes ont fait rage, des montagnes d’Irlande jusqu’aux \u00eeles de Gr\u00e8ce et de Croatie. Dans les Alpes, les anciens glaciers reculent chaque jour un peu plus. Tous ces ph\u00e9nom\u00e8nes ont des cons\u00e9quences absolument catastrophiques : 660 000 hectares r\u00e9duits en cendres. Quelque 12 millions de tonnes de r\u00e9coltes perdues.<\/p>\n\n\n\n Des fleuves aussi importants que le Danube, le Rhin ou la Garonne qui disparaissent sous nos yeux.<\/p>\n\n\n\n Plus de 35 000 d\u00e9c\u00e8s suppl\u00e9mentaires pendant les vagues de chaleur. Des maisons de retraite et des h\u00f4pitaux expos\u00e9s \u00e0 des temp\u00e9ratures dangereusement \u00e9lev\u00e9es. Et tout cela n’est qu’un avant-go\u00fbt de ce qui nous attend.<\/p>\n\n\n\n Nous avons connu l’\u00e9t\u00e9 le plus chaud de tous les temps, mais les prochains le seront sans doute encore plus.<\/p>\n\n\n\n Les donn\u00e9es scientifiques sont sans appel. L’Europe se r\u00e9chauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Bien s\u00fbr, la transition n’est pas une mince affaire. Et nous devrons nous adapter et apprendre en cours de route.<\/p>\n\n\n\n Mais une chose est s\u00fbre : l’Europe peut, doit et va maintenir le cap sur ses objectifs climatiques.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Il ne s’agit pas ici de choisir entre att\u00e9nuation et adaptation. Nous avons besoin des deux. Et ces deux approches doivent se renforcer mutuellement. C’est le seul moyen de parvenir \u00e0 la r\u00e9silience au changement climatique. Mais nous devons consid\u00e9rablement renforcer notre pr\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n Le mois prochain, nous pr\u00e9senterons un nouveau cadre pour la r\u00e9silience au changement climatique. Nous identifierons 100 des territoires les plus vuln\u00e9rables d’Europe. Et nous \u00e9valuerons les risques, ainsi que le niveau auquel ils doivent \u00eatre g\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Cela nous donnera une approche englobant l’ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, jusqu’au niveau local, o\u00f9 l’adaptation est la plus importante. Ce cadre visera \u00e0 faire de l’Europe la championne des technologies d’adaptation, qui repr\u00e9sentent un \u00e9norme march\u00e9 \u00e9mergent.<\/p>\n\n\n\n Qu’il s’agisse de cultures r\u00e9sistantes \u00e0 la s\u00e9cheresse, de la pr\u00e9vention des inondations ou de refroidissement \u00e9conome en \u00e9nergie, l’Europe est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l’avant-garde. Et nous devons conqu\u00e9rir ce march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Aujourd’hui, en Europe, seuls 25 % environ des pertes dues \u00e0 des catastrophes sont couvertes par une assurance priv\u00e9e. Ainsi, bien trop souvent, ce sont les budgets nationaux qui font office d’assureur de dernier recours.<\/p>\n\n\n\n Nous devons agir pour combler cette lacune. C’est pourquoi la Commission mettra en place une alliance pour l’assurance des risques climatiques.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n L’\u00e9t\u00e9 que nous venons de vivre ne peut se reproduire. C’est pourquoi nous pr\u00e9senterons prochainement un plan europ\u00e9en de lutte contre les vagues de chaleur. Nous avons besoin de syst\u00e8mes d’alerte pr\u00e9coce plus efficaces et d’une meilleure pr\u00e9paration sanitaire. Nous avons besoin d’adaptation et de refroidissement au niveau des zones urbaines. Et nous devons soutenir les plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n\n\n\n Second point de pr\u00e9occupation : l’eau et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n\n\n\n Nous connaissons les risques que repr\u00e9sente la p\u00e9nurie d’eau pour nos agriculteurs, notre \u00e9nergie et nos cha\u00eenes d’approvisionnement. Pourtant, il y a une d\u00e9perdition de pr\u00e8s d’un quart du volume d’eau dans les canalisations europ\u00e9ennes, principalement \u00e0 cause de fuites. C’est un \u00e9norme g\u00e2chis. Nous pr\u00e9senterons donc une nouvelle initiative europ\u00e9enne pour l’eau. Parce que l’eau est une ressource pr\u00e9cieuse. Pour notre industrie \u2013 et pour notre s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n\n\n\n Les cultures ont besoin d’eau pour pousser, tandis que le b\u00e9tail en a besoin pour survivre. Des r\u00e9coltes enti\u00e8res en d\u00e9pendent. C’est pourquoi nous ferons des propositions pour am\u00e9liorer la gestion des risques et combler le d\u00e9ficit en mati\u00e8re d’assurance.<\/p>\n\n\n\n Une fois de plus, les agriculteurs europ\u00e9ens ont su faire face \u00e0 cet interminable \u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Les agriculteurs europ\u00e9ens sont les meilleurs au monde. Et nous les soutiendrons \u00e0 chaque \u00e9tape.<\/p>\n\n\n\n Le point suivant concerne les incendies de for\u00eat. Ils deviennent de plus en plus intenses et fr\u00e9quents et s’\u00e9tendent sur des zones de plus en plus vastes.<\/p>\n\n\n\n Je suis tr\u00e8s fi\u00e8re de la mani\u00e8re dont l’Europe a r\u00e9agi. De nos moyens europ\u00e9ens, qui traversent le continent pour apporter leur aide. Mais il est clair que nous devons voir plus grand. Et apprendre plus vite.<\/p>\n\n\n\n C’est pourquoi nous avons demand\u00e9 \u00e0 certains des pompiers et intervenants d’urgence les plus exp\u00e9riment\u00e9s d’Europe de diriger les travaux. Ils examineront tous les aspects de la pr\u00e9paration et de la pr\u00e9vention. De la coordination civilo-militaire aux besoins de nouvelles capacit\u00e9s. Et je leur ai demand\u00e9 de formuler des propositions, notamment en ce qui concerne une future flotte europ\u00e9enne de lutte contre les incendies.<\/p>\n\n\n\n Rien que cette ann\u00e9e, nos \u00e9quipes d’urgence ont sauv\u00e9 d’innombrables vies et logements. Et j’aimerais vous raconter une histoire. Celle d’un pilote danois, Rune Kyndal.<\/p>\n\n\n\n Sa passion de l’aviation l’a amen\u00e9 aux quatre coins du monde. Il s’est install\u00e9 dans une petite ville canadienne appel\u00e9e Terrace. Il est devenu l’un des pilotes civils les plus chevronn\u00e9s du pays. Mais Rune voulait mettre son talent au service d’une plus grande cause. Il est donc revenu en Europe pour aider \u00e0 dompter les incendies qui faisaient rage sur notre continent.<\/p>\n\n\n\n En juillet, il a men\u00e9 \u00e0 bien de nombreuses missions sur tout le territoire grec. Il \u00e9tait ensuite cens\u00e9 prendre un repos bien m\u00e9rit\u00e9. Mais la crise \u00e9tait \u00e0 son apog\u00e9e. Alors Rune a d\u00e9cid\u00e9 de rester.<\/p>\n\n\n\n Quelques jours plus tard, son officier de liaison incendie et lui ont \u00e9t\u00e9 victimes d’un tragique accident.<\/p>\n\n\n\n Tous deux ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s. Ils sont morts en h\u00e9ros.<\/p>\n\n\n\n J’ai demand\u00e9 \u00e0 la m\u00e8re et aux fr\u00e8res de Rune de se joindre \u00e0 nous aujourd’hui en tant qu’invit\u00e9s d’honneur.<\/p>\n\n\n\n Ch\u00e8re Margit, cher Tue, cher Kaare,<\/p>\n\n\n\n Nous sommes honor\u00e9s de vous compter parmi nous. Rune a donn\u00e9 sa vie pour sauver celle des autres. Aujourd’hui, toute l’Europe a une dette envers lui.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Le deuxi\u00e8me point de bascule de notre \u00e9poque est l’intelligence artificielle.<\/p>\n\n\n\n L’IA est rapidement devenue un fondement de notre \u00e9conomie et de notre s\u00e9curit\u00e9. La position de l’Europe est claire. Nous voulons tirer le meilleur parti de l’IA pour am\u00e9liorer notre soci\u00e9t\u00e9, notre qualit\u00e9 de vie et notre productivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Je suis optimiste quant aux bienfaits que l’IA peut apporter \u00e0 l’humanit\u00e9 \u2013 \u00e0 condition que nous fassions les bons choix. Comme toute nouvelle technologie puissante, l’IA s’accompagne d’un m\u00e9lange d’opportunit\u00e9s et de risques. Si nous ne parons pas \u00e0 ces risques, nous ne serons jamais en mesure de tirer tout le parti possible des opportunit\u00e9s qu’offre l’IA.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 mesure que les mod\u00e8les d’avant-garde deviennent plus performants, la perception des risques s’est aiguis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Les mod\u00e8les en cours de d\u00e9veloppement rendront possible le piratage \u00e0 un niveau que nous n’aurions jamais cru possible. Et ils seront bient\u00f4t entre les mains d’adversaires dont la vision du monde est radicalement diff\u00e9rente de la n\u00f4tre.<\/p>\n\n\n\n Dans le m\u00eame temps, les dangers que posent les mod\u00e8les capables d’auto-am\u00e9lioration deviennent de plus en plus \u00e9vidents.<\/p>\n\n\n\n Les incidents ayant impliqu\u00e9 des agents d’IA qui s’\u00e9taient \u00e9chapp\u00e9s de leur environnement ou qui avaient ins\u00e9r\u00e9 du code malveillant n’en donnent qu’un avant-go\u00fbt. Apr\u00e8s l’incident de HuggingFace, les d\u00e9veloppeurs sonnent l’alarme. Et les PDG des entreprises les plus avanc\u00e9es nous disent qu’il est temps de ralentir les mod\u00e8les ayant atteint le stade de l’auto-am\u00e9lioration r\u00e9cursive. Qu’il faut ralentir la course.<\/p>\n\n\n\n Cette expression est une traduction de \u00ab Pace the frontier \u00bb, le titre d\u2019un essai publi\u00e9 par Dario Amodei le 12 septembre<\/a>, qui a \u00e9t\u00e9 soutenu le jour m\u00eame par Sam Altman et Elon Musk, mais rejet\u00e9 par Donald Trump. L\u2019incident en question est la fuite d\u2019agents d\u2019OpenAI hors de leur environnement et leur intrusion chez Hugging Face en juillet. La Commission endosse ainsi le r\u00f4le de partenaire d\u00e9mocratique souhait\u00e9 par Amodei, tandis que les principales obligations du R\u00e8glement sur l\u2019IA, pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00ab la pierre angulaire des mesures de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb, ont \u00e9t\u00e9 report\u00e9es \u00e0 2027 et 2028 par la loi omnibus sur le num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n Si les d\u00e9veloppeurs des technologies sont sans ambigu\u00eft\u00e9 \u00e0 ce sujet, alors nous devrions l’\u00eatre aussi. Le r\u00e8glement sur l’IA est bien s\u00fbr une pi\u00e8ce ma\u00eetresse des garde-fous que nous voulons mettre en place. Et, gr\u00e2ce \u00e0 lui, l’Europe est \u00e0 m\u00eame de fa\u00e7onner les efforts \u00e0 mener \u00e0 l’\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n\n\n\n Nous allons donc collaborer avec nos partenaires partageant les m\u00eames valeurs, comme le Canada et le Royaume-Uni, entre autres. Nous voulons faire \u00e9quipe sur l’\u00e9valuation des mod\u00e8les, la v\u00e9rification, l’alerte pr\u00e9coce, la s\u00e9curit\u00e9 de l’IA et bien plus encore.<\/p>\n\n\n\n Et j’inviterai les principaux laboratoires d’avant-garde \u00e0 discuter du soutien \u00e0 apporter aux efforts actuels de l’industrie pour ralentir la course.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Il est \u00e9galement vrai que l’Europe devra compter sur ses propres capacit\u00e9s, en particulier en vue de prot\u00e9ger la s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n\n\n\n Nous devons rester dans la course. Parce qu’il en va de notre ind\u00e9pendance. Nous devons donc augmenter massivement notre capacit\u00e9 informatique. Et nous pr\u00e9senterons nos id\u00e9es pour y parvenir de mani\u00e8re propre et efficace.<\/p>\n\n\n\n Nous concevrons \u00e9galement de nouveaux modes d’utilisation des fonds publics et priv\u00e9s pour investir dans les start-up et les entreprises europ\u00e9ennes les plus prometteuses.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n En limitant les risques li\u00e9s \u00e0 l’IA, nous pouvons maximiser les avantages que nous tirons de cette technologie. Nous avons d\u00e9j\u00e0 beaucoup avanc\u00e9. En mati\u00e8re de gigafabriques et de souverainet\u00e9 technologique, par exemple. Mais la prochaine \u00e9tape de cette course ne concerne pas seulement les mod\u00e8les d’avant-garde. Tout comme l’imprimerie autrefois. C’est un Allemand qui l’a invent\u00e9e, mais c’est toute l’Europe occidentale qui l’a ma\u00eetris\u00e9e, puis appliqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Nous n’avons pas besoin d’\u00eatre les d\u00e9veloppeurs des technologies d’avant-garde pour en tirer le meilleur parti. La cl\u00e9 consiste \u00e0 cr\u00e9er la valeur que l’IA n’a pas encore apport\u00e9e. \u00c0 sortir l’IA des \u00e9crans pour la faire entrer dans l’\u00e9conomie r\u00e9elle et la soci\u00e9t\u00e9. Dans les usines. Dans les services hospitaliers. Dans l’agriculture de pr\u00e9cision. Dans nos r\u00e9seaux \u00e9nerg\u00e9tiques. Pour la conduite autonome. Pour la d\u00e9fense.<\/p>\n\n\n\n C’est dans ces domaines que la valeur r\u00e9elle est cach\u00e9e. Et c’est dans ces domaines que l’Europe a de pr\u00e9cieux atouts. Nous avons des industries de rang mondial qui reposent sur des donn\u00e9es de la plus haute qualit\u00e9. Ces donn\u00e9es sont un tr\u00e9sor europ\u00e9en pr\u00e9cieux. Ce sont elles qui peuvent alimenter des mod\u00e8les d’IA industrielle sur mesure.<\/p>\n\n\n\n Permettez-moi de vous donner un exemple tir\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9. Celui du d\u00e9pistage du cancer du sein, un enjeu auquel bon nombre d’entre vous n’ont de cesse de sensibiliser. Le d\u00e9pistage par mammographie r\u00e9duit la mortalit\u00e9 d’environ 30 \u00e0 40 % chez les femmes qui font ce d\u00e9pistage. La d\u00e9tection pr\u00e9coce est essentielle. C’est l\u00e0 que l’IA peut intervenir.<\/p>\n\n\n\n La mammographie fond\u00e9e sur l’IA peut d\u00e9tecter les cancers plus s\u00fbrement et \u00e0 un stade plus pr\u00e9coce. \u00c0 la cl\u00e9, la survie de plus de femmes. Nous avons donc besoin de l’IA dans le secteur de la sant\u00e9. Mais, l\u00e0 encore, nous devons adopter une approche europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n Est-ce que je veux que mon m\u00e9decin ait un acc\u00e8s instantan\u00e9 \u00e0 toutes les donn\u00e9es n\u00e9cessaires pour \u00e9tablir le meilleur diagnostic ou prescrire le meilleur traitement ? Bien s\u00fbr que oui. Mais est-ce que je veux que mon m\u00e9decin soit un robot assist\u00e9 par l’IA ? Non, bien s\u00fbr que non. Je ne veux pas que ce soit un robot qui m’annonce que j’ai un cancer.<\/p>\n\n\n\n En r\u00e9sum\u00e9, l’IA doit donner \u00e0 nos m\u00e9decins les moyens d’agir. Elle ne doit pas les remplacer.<\/p>\n\n\n\n Ce n’est l\u00e0 qu’un exemple. Actuellement, nous nous concentrons sur cinq des secteurs qui pr\u00e9sentent la plus grande valeur, o\u00f9 l’IA industrielle offre le plus grand potentiel et pour lesquels nous disposons de donn\u00e9es : la sant\u00e9, les transports, l’agroalimentaire, la fabrication avanc\u00e9e, ainsi que la d\u00e9fense et l’espace.<\/p>\n\n\n\n En novembre, nous annoncerons des initiatives qui changeront la donne dans ces secteurs.<\/p>\n\n\n\n Nous inviterons les \u00c9tats membres, les d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens, l’industrie et les entrepreneurs \u00e0 se joindre \u00e0 nous dans ce projet europ\u00e9en ambitieux.<\/p>\n\n\n\n Notre approche est claire. Nous voulons l’IA. Nous voulons que l’IA cr\u00e9e plus de valeur, de mani\u00e8re plus responsable, \u00e0 moindre co\u00fbt et en consommant moins d’\u00e9nergie. Mais surtout, nous voulons une IA qui respecte la capacit\u00e9 d’action humaine.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Telle est notre approche europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n De nombreux risques li\u00e9s \u00e0 l’IA ont \u00e9galement des r\u00e9percussions sur notre \u00e9conomie sociale de march\u00e9. Pour certains, l’IA permet d’effectuer plus rapidement les t\u00e2ches r\u00e9p\u00e9titives, ce qui leur permet de mieux utiliser leurs comp\u00e9tences. Mais il est clair que ces avantages sont in\u00e9galement r\u00e9partis selon les comp\u00e9tences, les g\u00e9n\u00e9rations et les r\u00e9gions.<\/p>\n\n\n\n Il suffit de regarder les jeunes et les obstacles auxquels ils sont confront\u00e9s pour acc\u00e9der simplement \u00e0 un premier emploi.<\/p>\n\n\n\n Notre r\u00e9ponse doit \u00eatre \u00e0 la hauteur. De l’\u00e9ducation \u00e0 l’emploi, l’IA doit nous aider \u00e0 d\u00e9velopper les comp\u00e9tences, \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des emplois et \u00e0 donner \u00e0 tous les travailleurs une chance \u00e9quitable.<\/p>\n\n\n\n C’est pour cette raison que notre acte l\u00e9gislatif sur des emplois de qualit\u00e9 est n\u00e9cessaire. Et nous le proposerons avant la fin de l’ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n L’ann\u00e9e prochaine, nous c\u00e9l\u00e9brerons le 10e<\/sup> anniversaire de notre socle europ\u00e9en des droits sociaux. Et nous continuerons \u00e0 honorer les engagements qu’il contient.<\/p>\n\n\n\n Nous investirons dans nos r\u00e9gions, afin que chacun dispose d’un \u00ab droit \u00e0 demeurer \u00bb dans sa r\u00e9gion. Nous lancerons un pacte europ\u00e9en en mati\u00e8re de soins afin de r\u00e9pondre aux probl\u00e8mes pos\u00e9s par nos changements d\u00e9mographiques.<\/p>\n\n\n\n Nous venons de proposer le tout premier r\u00e8glement sur le logement abordable afin de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la location \u00e0 court terme et de lutter contre la sp\u00e9culation immobili\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n Parce que, Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s, demeurer dans sa r\u00e9gion n’est pas un privil\u00e8ge. Les soins ne sont pas un privil\u00e8ge. Le logement n’est pas un privil\u00e8ge. Ce sont des droits.<\/p>\n\n\n\n Lorsque nous avons proclam\u00e9 ce socle des droits sociaux, il y a dix ans, le monde \u00e9tait diff\u00e9rent. Notre soci\u00e9t\u00e9 a connu des changements. Positifs \u00e0 bien des \u00e9gards, mais parfois n\u00e9gatifs.<\/p>\n\n\n\n Aujourd’hui, nos valeurs fondamentales sont remises en question. Certaines personnes veulent m\u00eame revenir en arri\u00e8re en ce qui concerne les droits des femmes. Et ainsi nous renvoyer \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les femmes \u00e9taient des citoyennes de seconde classe.<\/p>\n\n\n\n Nous avons tellement lutt\u00e9 pour obtenir l’\u00e9galit\u00e9 de traitement, l’\u00e9galit\u00e9 des chances, l’\u00e9galit\u00e9 salariale.<\/p>\n\n\n\n Regardez donc autour de vous. Enfin, nous sommes pr\u00e9sentes dans cette pi\u00e8ce en grand nombre : des pr\u00e9sidentes, des vice-pr\u00e9sidentes, des cheffes de groupe parlementaire, des commissaires, des d\u00e9put\u00e9es au Parlement europ\u00e9en, des membres du personnel et des huissi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n Permettez-moi donc d’envoyer un message tr\u00e8s clair \u00e0 tous ceux qui ont besoin de l’entendre : les femmes ne c\u00e8deront pas leur place. Nous d\u00e9fendrons nos droits. Et nous continuerons \u00e0 nous battre quotidiennement pour nos valeurs.<\/p>\n\n\n\n C’est pourquoi, avec mon cher ami Ant\u00f3nio Costa, nous organiserons un sommet pour d\u00e9fendre les principes intemporels de notre socle social.<\/p>\n\n\n\n Les temps peuvent changer, les technologies peuvent changer, mais nos valeurs, elles, ne changeront pas. En Europe, les individus auront toujours la priorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n En cette p\u00e9riode marqu\u00e9e par de nombreux points de bascule, notre prosp\u00e9rit\u00e9 et notre s\u00e9curit\u00e9 ne seront pas fa\u00e7onn\u00e9es sur notre seul territoire.<\/p>\n\n\n\n Cette ann\u00e9e, nous avons sign\u00e9 des accords de libre-\u00e9change avec l’Inde, le Mercosur, le Mexique, l’Australie et l’Indon\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n Nous avons d\u00e9sormais conclu des accords commerciaux avec plus de 80 pays, plus que quiconque dans le monde. Et les acteurs \u00e9conomiques exigent que nous allions plus loin.<\/p>\n\n\n\n Je peux annoncer aujourd’hui un nouveau projet de connectivit\u00e9 internationale. Il reliera directement le Caucase du Sud et l’Asie centrale au march\u00e9 europ\u00e9en, ce que nous appelons le corridor m\u00e9dian.<\/p>\n\n\n\n Gr\u00e2ce \u00e0 la strat\u00e9gie \u00ab Global Gateway \u00bb, nous entendons mobiliser jusqu’\u00e0 12 milliards d’euros d’investissements publics et priv\u00e9s. Notre objectif est de diversifier les routes, de tripler les flux commerciaux et de r\u00e9duire les temps de transit du fret d’ici \u00e0 2030.<\/p>\n\n\n\n Pour y parvenir, nous organiserons un sommet r\u00e9gional sur la connectivit\u00e9 avec le Premier ministre bulgare.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs les d\u00e9put\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n Ces partenariats constituent un choix strat\u00e9gique pour l’Europe. Mais ils r\u00e9pondent \u00e9galement \u00e0 la fracture du syst\u00e8me international fond\u00e9 sur des r\u00e8gles.<\/p>\n\n\n\n Pour certains, la r\u00e9ponse est de faire cavalier seul. Mais pour nous, ce n’est pas envisageable. L’Europe aura toujours un r\u00f4le de premier plan dans la d\u00e9fense du syst\u00e8me fond\u00e9 sur des r\u00e8gles. Cependant, nous ne pouvons plus nous reposer sur ce seul syst\u00e8me pour prot\u00e9ger nos int\u00e9r\u00eats. Ni partir du principe que ses r\u00e8gles nous prot\u00e9geront des menaces complexes auxquelles nous sommes confront\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Dans ce nouveau monde, nous devons de toute urgence r\u00e9inventer nos partenariats. Et constituer des coalitions mondiales pour notre r\u00e9silience et nos d\u00e9mocraties.<\/p>\n\n\n\n L\u00e0 encore, seule l’Europe, par sa taille et sa puissance, peut montrer la voie.<\/p>\n\n\n\n C’est pour cette raison que j’ai invit\u00e9 le Premier ministre canadien Mark Carney \u00e0 se joindre \u00e0 nous aujourd’hui.<\/p>\n\n\n\n Mark, votre pr\u00e9sence ici est un symbole de l’amiti\u00e9 durable entre nos peuples. Nos liens culturels, historiques et personnels sont profond\u00e9ment enracin\u00e9s dans nos soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Et gr\u00e2ce \u00e0 l’AECG, nos \u00e9changes de biens ont augment\u00e9 de 75 % en moins d’une d\u00e9cennie.<\/p>\n\n\n\n C’est un exemple clair du pouvoir de nos accords commerciaux. Nous voyons le monde avec les m\u00eames yeux : de l’IA au changement climatique, de l’Arctique \u00e0 la g\u00e9opolitique. Et nous avons fait front commun : sur l’Ukraine, sur la d\u00e9fense, sur les mati\u00e8res premi\u00e8res et sur les cha\u00eenes d’approvisionnement.<\/p>\n\n\n\n Mais par-dessus tout, cher Mark, l’Europe et le Canada croient en la d\u00e9mocratie.<\/p>\n\n\n\n Nous croyons que ce pouvoir n’appartient ni aux plus forts, ni aux plus riches, ni \u00e0 celles et ceux qui font le plus de bruit ; c’est notre bien \u00e0 tous. Ces d\u00e9mocraties ont la libert\u00e9 de choisir avec qui travailler.<\/p>\n\n\n\n C’est donc volontairement que nous unissons nos forces. Nous passerons de l’AECG \u00e0 une alliance pour l’avenir afin de cr\u00e9er un espace commun de prosp\u00e9rit\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique. Nous travaillerons sur la fabrication intelligente. Nous cr\u00e9erons une alliance technologique. Nous int\u00e9grerons des bases industrielles de d\u00e9fense. Nous ferons de l’Arctique un projet phare commun. Nous travaillerons sur l’\u00e9nergie, les min\u00e9raux critiques et les batteries. Ainsi que l’IA, le quantique, la cybers\u00e9curit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n Ce partenariat ne se dresse pas contre qui que ce soit, mais vise \u00e0 mettre nos forces en commun.<\/p>\n\n\n\n En un mot, nous voulons \u00e9lever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible.<\/p>\n\n\n\n Cher Mark,<\/p>\n\n\n\n J’ai dit qu’il \u00e9tait urgent de r\u00e9inventer nos partenariats. Je voudrais donc \u0153uvrer avec vous \u00e0 la possibilit\u00e9 pour le Canada de devenir le premier membre associ\u00e9 de l’Union europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n Nous partageons un oc\u00e9an, un ensemble de valeurs et une fa\u00e7on de voir le monde. Et nous b\u00e2tirons \u00e0 pr\u00e9sent notre avenir commun \u2013 merci \u00e0 vous d’\u00eatre ici.<\/p>\n\n\n\n