{"id":354620,"date":"2026-08-26T13:00:00","date_gmt":"2026-08-26T11:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=354620"},"modified":"2026-08-26T02:14:42","modified_gmt":"2026-08-26T00:14:42","slug":"le-nouveau-projet-de-trump-des-corsaires-dans-le-cyberespace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/08\/26\/le-nouveau-projet-de-trump-des-corsaires-dans-le-cyberespace\/","title":{"rendered":"Le nouveau projet de Trump ? Des corsaires dans le cyberespace"},"content":{"rendered":"\n
Apr\u00e8s la d\u00e9cision d’interdire l’acc\u00e8s aux derniers mod\u00e8les IA d\u2019Anthropic aux \u00e9trangers<\/a> en juin dernier, l’administration am\u00e9ricaine vient de franchir un nouveau seuil dans l’unilat\u00e9ralisme technologique. <\/p>\n\n\n\n Le 12 ao\u00fbt 2026, Donald Trump a rendu public un m\u00e9morandum intitul\u00e9 \u00ab Expanding Capabilities to Combat Transnational Cyber-Enabled Crime<\/em> \u00bb. Ce document renverse la doctrine appliqu\u00e9e jusque-l\u00e0 aux \u00c9tats-Unis, et dans les autres pays occidentaux, qui refusait l’implication des firmes priv\u00e9es dans des cyberattaques. <\/p>\n\n\n\n En autorisant formellement des entreprises \u00e0 mener des op\u00e9rations offensives de surveillance et de neutralisation contre les organisations criminelles transnationales, Washington op\u00e8re, en effet, un d\u00e9placement doctrinal majeur : apr\u00e8s les mercenaires du condottiere<\/em> Erik Prince<\/a>, l\u2019heure est venue pour les corsaires du r\u00e9seau.<\/p>\n\n\n\n Du point de vue des Europ\u00e9ens, ce texte d\u00e9passe largement le cadre des affaires int\u00e9rieures des \u00c9tats-Unis. Il remet en cause le droit international, menace la stabilit\u00e9 dans le cyberespace et prive les pays tiers de toute influence sur ce qui se passe sur leurs r\u00e9seaux. Face \u00e0 ce changement de paradigme, l\u2019Union ne peut plus se contenter d\u2019une position purement normative. <\/p>\n\n\n\n Si elle souhaite \u00e9viter de devenir un terrain d\u2019action pour des op\u00e9rations de piraterie digitale men\u00e9es par des acteurs priv\u00e9s agissant pour le compte d\u2019entit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res, elle doit acc\u00e9l\u00e9rer de toute urgence la mise en place d\u2019infrastructures cloud et cyber sous son contr\u00f4le total, se doter de capacit\u00e9s autonomes pour d\u00e9tecter et identifier l\u2019origine des cyberattaques, et renforcer le cadre r\u00e9glementaire interdisant toute intrusion non autoris\u00e9e sur son r\u00e9seau. Ce memorandum doit \u00eatre lu comme un avertissement. Sans autonomie technologique r\u00e9elle, l\u2019Union perdra irr\u00e9m\u00e9diablement sa souverainet\u00e9 num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n Renforcer les capacit\u00e9s de lutte contre la cybercriminalit\u00e9 transnationale<\/p>\n\n\n\n M\u00e9morandum pr\u00e9sidentiel, en date du 12 ao\u00fbt 2026<\/p>\n\n\n\n \u00c0 l\u2019adresse de : <\/p>\n\n\n\n M. Le Vice-pr\u00e9sident,<\/p>\n\n\n\n M. le Ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res<\/p>\n\n\n\n M. le Ministre des Finances<\/p>\n\n\n\n M. le Ministre de la Guerre<\/p>\n\n\n\n M. le Ministre de la Justice<\/p>\n\n\n\n M. le Ministre du Commerce<\/p>\n\n\n\n M. le Ministre de l\u2019\u00c9nergie<\/p>\n\n\n\n M. le Ministre de la S\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure<\/p>\n\n\n\n Mme la cheffe de cabinet du pr\u00e9sident<\/p>\n\n\n\n M. le directeur du Renseignement national<\/p>\n\n\n\n M. le conseiller du pr\u00e9sident pour la Science et la Technologie<\/p>\n\n\n\n M. le directeur de la CIA<\/p>\n\n\n\n M. le directeur du Bureau de la gestion et du budget <\/p>\n\n\n\n M. le conseiller pour la S\u00e9curit\u00e9 nationale<\/p>\n\n\n\n M. le conseiller adjoint du pr\u00e9sident, le chef de cabinet adjoint charg\u00e9 des politiques, et le conseiller \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure<\/p>\n\n\n\n M. le directeur national de la Cybers\u00e9curit\u00e9<\/p>\n\n\n\n M. le chef d’\u00e9tat-major interarm\u00e9es<\/p>\n\n\n\n M. le directeur de la NSA<\/p>\n\n\n\n En vertu des pouvoirs qui me sont conf\u00e9r\u00e9s en tant que pr\u00e9sident, par la Constitution et les lois des \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, j\u2019ordonne ce qui suit :<\/p>\n\n\n\n Les organisations criminelles transnationales (OCT) constituent une menace croissante pour les citoyens am\u00e9ricains, les entreprises et la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Ces organisations m\u00e8nent des campagnes cybercriminelles soutenues afin de commettre des fraudes qui portent atteinte \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 la libert\u00e9 des \u00c9tats-Unis. Par le d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel n\u00b0 14390 en date du 6 mars 2026 (Lutte contre la cybercriminalit\u00e9, la fraude et les pratiques abusives \u00e0 l\u2019encontre des citoyens am\u00e9ricains), j\u2019ai ordonn\u00e9 au gouvernement f\u00e9d\u00e9ral de prendre diverses mesures pour lutter contre la cybercriminalit\u00e9 portant pr\u00e9judice aux citoyens am\u00e9ricains. Le pr\u00e9sent m\u00e9morandum \u00e9largit la lutte contre la cybercriminalit\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9e par les OCT en s\u2019appuyant sur les ressources du secteur priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Le secteur priv\u00e9 am\u00e9ricain est le plus innovant et le plus avanc\u00e9 technologiquement au monde, et son ampleur, sa rapidit\u00e9 et ses capacit\u00e9s assurent aux \u00c9tats-Unis un avantage cyberoffensif d\u00e9cisif. Pourtant, les capacit\u00e9s d\u2019innovation des entreprises am\u00e9ricaines ont historiquement \u00e9t\u00e9 sous-exploit\u00e9es dans les efforts visant \u00e0 identifier et \u00e0 d\u00e9manteler les r\u00e9seaux criminels op\u00e9rant dans le cyberespace. C\u2019est donc la politique des \u00c9tats-Unis d\u2019utiliser tous les instruments du pouvoir national, y compris les capacit\u00e9s d\u2019innovation du secteur priv\u00e9, pour lutter contre la cybercriminalit\u00e9. En nouant des partenariats avec des entreprises am\u00e9ricaines d\u00fbment s\u00e9lectionn\u00e9es, soumises aux directives et \u00e0 la supervision du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, nous renforcerons notre capacit\u00e9 \u00e0 contrer les menaces li\u00e9es aux organisations criminelles transnationales (OCT) et \u00e0 lutter contre la cybercriminalit\u00e9 transnationale, la fraude et autres pratiques pr\u00e9datrices visant les citoyens am\u00e9ricains.<\/p>\n\n\n\n Pendant des d\u00e9cennies, la politique de s\u00e9curit\u00e9 informatique des \u00c9tats-Unis et de leurs alli\u00e9s reposait sur un principe clair : seuls les \u00c9tats ont le droit de recourir \u00e0 la violence l\u00e9gitime dans le cyberespace. Tout en encourageant les partenariats public-priv\u00e9 pour le partage de renseignements, la l\u00e9gislation am\u00e9ricaine, notamment le Computer Fraud and Abuse Act (CFAA) <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> de 1986, interdisait strictement aux acteurs priv\u00e9s de se livrer \u00e0 des contre-attaques ou de franchir les fronti\u00e8res num\u00e9riques de r\u00e9seaux tiers. Le \u00ab Hack Back \u00bb \u00e9tait fermement condamn\u00e9 en raison des risques d’escalade g\u00e9opolitique, d’erreurs d’attribution et de dommages collat\u00e9raux. Lors de son premier mandat, Donald Trump avait d\u00e9j\u00e0 voulu bousculer ce consensus, mais la loi que les r\u00e9publicains avaient pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 cet effet n’avait pas \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e. \u00c0 noter : la Constitution des \u00c9tats-Unis (article I, section 8) conf\u00e8re express\u00e9ment au Congr\u00e8s le pouvoir de d\u00e9livrer des lettres de marque et de repr\u00e9sailles, et les \u00c9tats-Unis n’ont jamais adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 la D\u00e9claration de Paris de 1856, qui abolissait la guerre de course men\u00e9e par les corsaires pour le compte des nations. En agissant par le biais d\u2019un m\u00e9morandum pr\u00e9sidentiel, sans mentionner ce terme et sans proc\u00e9der \u00e0 un vote, Trump s\u2019arroge une pr\u00e9rogative du Congr\u00e8s. Or, le Congr\u00e8s a refus\u00e9 de l\u00e9galiser le \u00ab Hack Back \u00bb priv\u00e9 en rejetant le projet de loi \u00ab Active Cyber Defense Certainty Act \u00bb, qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 en vain en 2017, puis en 2019. D\u00e9sormais, le pouvoir ex\u00e9cutif met cette mesure en \u0153uvre de son propre chef.<\/p>\n\n\n\n ( a ) Le Centre national de coordination (NCC), cr\u00e9\u00e9 en vertu de l\u2019article 6(d) du d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel n\u00b0 14159 du 20 janvier 2025 (Protection du peuple am\u00e9ricain contre l\u2019invasion), cr\u00e9era, g\u00e9rera et assurera le fonctionnement d\u2019un programme visant \u00e0 autoriser les entreprises participantes, telles que d\u00e9finies \u00e0 l\u2019article 4(f) du pr\u00e9sent m\u00e9morandum, \u00e0 mener des op\u00e9rations de cyber-surveillance et des op\u00e9rations de cyber-effets contre des organisations criminelles transnationales \u00e9trang\u00e8res recourant aux technologies cyber (CE-OCT), sous le contr\u00f4le et la supervision du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral.\u00a0<\/p>\n\n\n\nArticle 1. Objet. <\/h2>\n\n\n\n
Art. 2. Mise en place du programme. <\/h2>\n\n\n\n