{"id":351339,"date":"2026-08-06T06:00:00","date_gmt":"2026-08-06T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=351339"},"modified":"2026-08-06T23:02:03","modified_gmt":"2026-08-06T21:02:03","slug":"lukraine-peut-elle-gagner-la-guerre-aux-entrepots","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/08\/06\/lukraine-peut-elle-gagner-la-guerre-aux-entrepots\/","title":{"rendered":"L\u2019Ukraine peut-elle gagner la guerre aux entrep\u00f4ts ?"},"content":{"rendered":"\n

Tout l\u2019\u00e9t\u00e9, <\/em>le Grand Continent restera en mouvement. Chaque jour, nous vous apporterons o\u00f9 que vous soyez des id\u00e9es que vous ne trouverez nulle part ailleurs (mais qui seront partout \u00e0 la rentr\u00e9e), des textes introuvables ou rafra\u00eechissants avec nos Dimanches<\/a>. Pour les recevoir directement dans votre bo\u00eete mail et soutenir cet \u00e9lan, pensez \u00e0 vous abonner \u00e0 la revue<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n

Depuis le 18 juillet 2026, l’Ukraine a \u00e9tendu sa campagne de \u00ab sanctions \u00e0 longue port\u00e9e \u00bb et, en plus de frapper des sites de raffineries de p\u00e9trole russes, a vis\u00e9 plus d’une douzaine de sites logistiques appartenant \u00e0 l’entreprise Wildberries. Premier acteur du commerce en ligne russe, Wildberries n’est pas seulement un \u00ab Amazon russe \u00bb, mais remplit le r\u00f4le de plusieurs entreprises de premier plan en m\u00eame temps : il s\u2019agit \u00e0 la fois d’Amazon, du Bon Coin, de FedEx et du Cr\u00e9dit Agricole. Sa chute aurait donc des cons\u00e9quences bien plus importantes qu’une simple perturbation temporaire de la vente de carburant. <\/p>\n\n\n\n

Pour comprendre la man\u0153uvre strat\u00e9gique ukrainienne, il faut analyser cette entreprise tr\u00e8s particuli\u00e8re, con\u00e7ue sur mesure pour r\u00e9pondre aux d\u00e9fis consid\u00e9rables que posent la g\u00e9ographie et l’espace russes. <\/p>\n\n\n\n

Une entreprise unique dans le paysage \u00e9conomique russe<\/h2>\n\n\n\n

Fond\u00e9e en 2004 par Tatiana Kim, n\u00e9e \u00e0 Moscou, issue de la minorit\u00e9 cor\u00e9enne implant\u00e9e dans les provinces russes du Pacifique et l’une des rares personnes \u00e0 avoir fait fortune sans b\u00e9n\u00e9ficier de la privatisation sauvage des grands monopoles d’\u00c9tat sovi\u00e9tiques, Wildberries fait partie des quelques entreprises r\u00e9ellement productives de l’\u00e9conomie russe qui n’ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d’aucune position dominante, d’aucun passe-droit ou de pr\u00e9bendes, et qui ont su r\u00e9pondre de mani\u00e8re inventive aux immenses besoins de la population apr\u00e8s la d\u00e9cennie noire des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n\n\n\n

En effet, Wildberries n’est pas uniquement un d\u00e9taillant assis sur une logistique et un catalogue ultraperformants, \u00e0 l’instar du groupe de Jeff Bezos. C’est une \u00ab place de march\u00e9 \u00bb virtuelle (ou marketplace<\/em>) qui relie plus d’un million de vendeurs d\u00e9posant leurs produits dans les entrep\u00f4ts de l’entreprise \u00e0 des centaines de millions de consommateurs. Capable de mettre en contact vendeurs et acheteurs d’un bout \u00e0 l’autre de cet immense pays de 17 millions de km\u00b2, l’entreprise s’est rapidement rendue indispensable en Russie (mais aussi en Bi\u00e9lorussie, en Arm\u00e9nie, en G\u00e9orgie, au Kazakhstan, au Kirghizistan, au Tadjikistan et en Ouzb\u00e9kistan), gr\u00e2ce \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 pallier les lacunes de la logistique traditionnelle h\u00e9rit\u00e9e de l’Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n\n

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Tatiana Kim fondatrice de Wildberries, au XXVIIe Forum \u00e9conomique international de Saint-P\u00e9tersbourg, le 7 juin 2024. Tout en conservant un profil international, l\u2019entreprise s’inscrit dans le capitalisme politique russe, collaborant \u00e9troitement avec des responsables politiques r\u00e9gionaux et nationaux. Photo : Gleb Schelkunov\/Kommersant\/Sipa USA<\/figcaption> <\/figure>\n <\/a>\n \n <\/div>\n
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\n \n \"Le\n <\/picture>\n
Le CEO de Wildberries, Robert Mirzoyan, au centre, est un des proches du pouvoir autoris\u00e9 \u00e0 assister \u00e0 la rencontre entre Vladimir Poutine et la pr\u00e9sidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan au Kremlin, le 3 juin 2026. Photo:Alexei Nikolsky\/ZUMA\/SIPA<\/figcaption> <\/figure>\n <\/a>\n <\/div>\n <\/div>\n \n
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Tatiana Kim fondatrice de Wildberries, au XXVIIe Forum \u00e9conomique international de Saint-P\u00e9tersbourg, le 7 juin 2024. Tout en conservant un profil international, l\u2019entreprise s’inscrit dans le capitalisme politique russe, collaborant \u00e9troitement avec des responsables politiques r\u00e9gionaux et nationaux. Photo : Gleb Schelkunov\/Kommersant\/Sipa USA<\/figcaption> <\/figure>\n \n <\/div>\n
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Le CEO de Wildberries, Robert Mirzoyan, au centre, est un des proches du pouvoir autoris\u00e9 \u00e0 assister \u00e0 la rencontre entre Vladimir Poutine et la pr\u00e9sidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan au Kremlin, le 3 juin 2026. Photo:Alexei Nikolsky\/ZUMA\/SIPA<\/figcaption> <\/figure>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n\n

Gr\u00e2ce \u00e0 son mod\u00e8le novateur, la Russie est donc pass\u00e9e, en quelques ann\u00e9es, d’un syst\u00e8me centralis\u00e9 inefficace et en ruine \u00e0 des \u00e9changes en ligne g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s. Ceux-ci permettent aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux \u00ab auto-entrepreneurs \u00bb locaux de se connecter \u00e0 l’ensemble du march\u00e9 national, voire \u00e0 une grande partie de l’ancien espace sovi\u00e9tique, et de pratiquer des prix comp\u00e9titifs.<\/p>\n\n\n\n

Avec sept millions de commandes quotidiennes, l’entreprise repr\u00e9sente aujourd’hui pr\u00e8s de la moiti\u00e9 du march\u00e9 national du commerce en ligne. Son enseigne violette est pr\u00e9sente jusque dans les plus petites localit\u00e9s et symbolise la r\u00e9silience de l’\u00e9conomie et sa capacit\u00e9 \u00e0 se r\u00e9inventer sans copier un mod\u00e8le occidental, qui n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 pertinent dans ce contexte.<\/p>\n\n\n\n

Le mod\u00e8le int\u00e9gr\u00e9 d’Alibaba plut\u00f4t que celui d’Amazon<\/h2>\n\n\n\n

Gr\u00e2ce \u00e0 ses succ\u00e8s et \u00e0 sa proximit\u00e9 avec de nombreuses entreprises russes, Wildberries a cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9tendre son activit\u00e9. En f\u00e9vrier 2021, l’entreprise a ainsi acquis la banque Standard-Cr\u00e9dit, un \u00e9tablissement alors modeste, class\u00e9 400e par les actifs, et dot\u00e9 de 302 millions de roubles de fonds propres. Depuis, rebaptis\u00e9e Wildberries Bank, elle a connu une croissance spectaculaire : ses actifs sont pass\u00e9s de 3,1 \u00e0 57,1 milliards de roubles en 2024, et son capital de 483 millions \u00e0 21 milliards. Une part substantielle de son bilan est constitu\u00e9e de cr\u00e9ances sur des entreprises (dont beaucoup vendent leurs produits sur la plateforme en ligne). Contr\u00f4lant \u00e0 la fois la distribution et le cr\u00e9dit, le conglom\u00e9rat se rapproche ainsi davantage du mod\u00e8le d’Alibaba ou de JD.com que de celui d’Amazon.<\/p>\n\n\n\n

Ce syst\u00e8me est simple et repose sur cinq \u00ab mouvements \u00bb. <\/p>\n\n\n\n

Avant toute chose, le groupe vend des produits sur sa plateforme en ligne, qui se distingue dans le paysage russe par sa clart\u00e9 et son efficacit\u00e9 logistique. Il propose ensuite des cr\u00e9dits \u00e0 la consommation, qui encouragent \u00e0 consommer davantage. Gr\u00e2ce \u00e0 sa position d’h\u00e9bergeur privil\u00e9gi\u00e9, l’entreprise offre \u00e9galement des cr\u00e9dits aux vendeurs pour qu’ils produisent plus de marchandises, stock\u00e9es dans les entrep\u00f4ts de la marque. Via sa filiale bancaire, elle collecte des int\u00e9r\u00eats sur ces pr\u00eats, ainsi que des commissions sur les ventes. Elle contr\u00f4le ainsi les paiements et retient les fonds des vendeurs dans son propre syst\u00e8me bancaire, augmentant ainsi sa taille de bilan. Gr\u00e2ce \u00e0 ces \u00ab incitations \u00bb, les vendeurs sont encourag\u00e9s \u00e0 adopter l’ensemble de ces services et deviennent d\u00e9pendants de l’environnement num\u00e9rique, logistique et financier cr\u00e9\u00e9 pour les accompagner.<\/p>\n\n\n\n\n

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\n \n \"Des\n <\/picture>\n
Des camions acheminent des marchandises vers le nouveau centre logistique de Wildberries \u00e0 Iekaterinbourg, le 22 juillet 2025. Photo : Donat Sorokin\/TASS\/Sipa<\/figcaption> <\/figure>\n <\/a>\n \n <\/div>\n
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De nombreuses petites entreprises d\u00e9pendent de ce g\u00e9ant de la distribution pour la vente et le stockage de leurs marchandises, ce qui fait de ses d\u00e9p\u00f4ts des cibles strat\u00e9giques. Photo : Donat Sorokin\/TASS\/Sipa<\/figcaption> <\/figure>\n <\/a>\n <\/div>\n <\/div>\n \n
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Des camions acheminent des marchandises vers le nouveau centre logistique de Wildberries \u00e0 Iekaterinbourg, le 22 juillet 2025. Photo : Donat Sorokin\/TASS\/Sipa<\/figcaption> <\/figure>\n \n <\/div>\n
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De nombreuses petites entreprises d\u00e9pendent de ce g\u00e9ant de la distribution pour la vente et le stockage de leurs marchandises, ce qui fait de ses d\u00e9p\u00f4ts des cibles strat\u00e9giques. Photo : Donat Sorokin\/TASS\/Sipa<\/figcaption> <\/figure>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n\n

Cette int\u00e9gration s’est encore renforc\u00e9e au printemps 2026, lorsque VTB, une banque contr\u00f4l\u00e9e par l’\u00c9tat, a annonc\u00e9 l’acquisition d’une participation minoritaire dans l’ensemble des actifs fintech du groupe, \u00e0 commencer par 5 % de la Wildberries Bank, par le biais d’une \u00e9mission d’actions dont la valeur d\u00e9passe 540 milliards de roubles <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

C’est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui rend la campagne ukrainienne particuli\u00e8rement difficile \u00e0 g\u00e9rer pour les autorit\u00e9s russes : l’efficacit\u00e9 de l’entreprise l’a plac\u00e9e en position de force sur le march\u00e9, en faisant un g\u00e9ant dont les services sont indispensables aux entreprises russes petites et moyennes et qui ne pourraient \u00eatre remplac\u00e9s qu’au prix fort, ce qui entra\u00eenerait la faillite des moins comp\u00e9titifs. Sa chute \u00e9ventuelle provoquerait donc un raz-de-mar\u00e9e dans l’ensemble du pays, touchant tr\u00e8s durement les entrepreneurs dont certains ont d\u00e9j\u00e0 perdu l’ensemble de leur marchandise stock\u00e9e dans les entrep\u00f4ts vis\u00e9s par Kiev. Elle conduirait \u00e9galement m\u00e9caniquement \u00e0 une hausse du co\u00fbt de la vie pour l’ensemble de la population et des producteurs. C’est pr\u00e9cis\u00e9ment la derni\u00e8re chose dont le Kremlin a besoin alors que la campagne en Ukraine patine depuis le d\u00e9but de l’ann\u00e9e 2026.<\/p>\n\n\n\n

Une fusion controvers\u00e9e et in\u00e9gale<\/h2>\n\n\n\n

Une faillite de Wildberries aurait des retomb\u00e9es politiques d’autant plus lourdes que le Kremlin est directement impliqu\u00e9 : en poussant l’entreprise \u00e0 fusionner avec Russ, une firme de publicit\u00e9 num\u00e9rique cibl\u00e9e proche du Kremlin, il en a fait un rouage du syst\u00e8me. Cette op\u00e9ration avait aussit\u00f4t \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e et encourag\u00e9e publiquement par Vladimir Poutine, qui y voit un moyen d’encourager les exportations russes.<\/p>\n\n\n\n

L’entit\u00e9 r\u00e9sultant de cette fusion, \u0420\u0412\u0411 (ou RWB, pour Russ Wildberries), est d\u00e9sormais valoris\u00e9e \u00e0 environ 12,6 milliards de dollars <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cette fusion doit n\u00e9anmoins \u00eatre analys\u00e9e sous l’angle politique autant qu’\u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n

Officiellement, ce rapprochement devait permettre de proposer un \u00e9cosyst\u00e8me r\u00e9unissant une marketplace, de la publicit\u00e9, des paiements, de la logistique et des services num\u00e9riques, mais on peut se demander quelle est la plus-value r\u00e9elle pour une entreprise d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s performante. En 2023, Wildberries a r\u00e9alis\u00e9 un chiffre d’affaires de 538,7 milliards de roubles et un b\u00e9n\u00e9fice net de 18,9 milliards, contre respectivement 27,9 milliards et 4,86 milliards pour le Russ Group. Malgr\u00e9 cette disproportion (19 fois plus de chiffre d’affaires et 4 fois plus de b\u00e9n\u00e9fices nets), la fusion de 2024 a attribu\u00e9 65 % de la nouvelle entit\u00e9 \u00e0 Wildberries et 35 % \u00e0 Russ, ce qui a provoqu\u00e9 des interrogations et des protestations vives.<\/p>\n\n\n\n

Les critiques les plus virulentes sont venues de Vladislav Bakalchuk, alors \u00e9poux de la fondatrice Tatiana Kim et dirigeant de l’entreprise, qui s’est publiquement oppos\u00e9 \u00e0 l’op\u00e9ration. D\u00e9non\u00e7ant ce qu’il a qualifi\u00e9 de \u00ab prise de contr\u00f4le hostile \u00bb de Wildberries par des acteurs ext\u00e9rieurs, Bakalchuk a pr\u00e9sent\u00e9 la fusion comme le r\u00e9sultat de pressions politiques plut\u00f4t que comme une d\u00e9cision dict\u00e9e par des consid\u00e9rations \u00e9conomiques. Le conflit s’est rapidement transform\u00e9 en une affaire \u00e0 la fois familiale, \u00e9conomique et politique. Ces contestations ont culmin\u00e9 en septembre 2024 avec une altercation arm\u00e9e devant les bureaux de Wildberries \u00e0 Moscou, qui a fait plusieurs victimes <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n\n

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\n \n \"Des\n <\/picture>\n
Des agents des forces de l’ordre montent la garde devant le si\u00e8ge de Wildberries, \u00e0 Moscou, en Russie, apr\u00e8s une fusillade qui a fait deux morts et plusieurs bless\u00e9s, le 18 septembre 2024. La violence a \u00e9clat\u00e9 lorsqu’un groupe d’hommes, dont Vladislav Bakalchuk, l’ex-mari de la fondatrice de Wildberries, Tatiana Bakalchuk, a tent\u00e9 de p\u00e9n\u00e9trer dans le b\u00e2timent. Photo :Ramil Sitdikov\/SPUTNIK\/SIPA<\/figcaption> <\/figure>\n <\/a>\n \n <\/div>\n
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\n \n \"Robert\n <\/picture>\n
Robert Mirzoyan, directeur ex\u00e9cutif du groupe Russ et proche du Kremlin, ici en discussion avec le ministre des Transports Andrei Nikitin, \u00e0 droite, prend la fonction de directeur g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019entreprise suite \u00e0 la fusion. Tatiana Kim a gard\u00e9 le poste de PDG. Photo : Donat Sorokin\/TASS<\/figcaption> <\/figure>\n <\/a>\n <\/div>\n <\/div>\n \n
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Des agents des forces de l’ordre montent la garde devant le si\u00e8ge de Wildberries, \u00e0 Moscou, en Russie, apr\u00e8s une fusillade qui a fait deux morts et plusieurs bless\u00e9s, le 18 septembre 2024. La violence a \u00e9clat\u00e9 lorsqu’un groupe d’hommes, dont Vladislav Bakalchuk, l’ex-mari de la fondatrice de Wildberries, Tatiana Bakalchuk, a tent\u00e9 de p\u00e9n\u00e9trer dans le b\u00e2timent. Photo :Ramil Sitdikov\/SPUTNIK\/SIPA<\/figcaption> <\/figure>\n \n <\/div>\n
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Robert Mirzoyan, directeur ex\u00e9cutif du groupe Russ et proche du Kremlin, ici en discussion avec le ministre des Transports Andrei Nikitin, \u00e0 droite, prend la fonction de directeur g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019entreprise suite \u00e0 la fusion. Tatiana Kim a gard\u00e9 le poste de PDG. Photo : Donat Sorokin\/TASS<\/figcaption> <\/figure>\n <\/div>\n <\/div>\n<\/div>\n\n\n\n

Cet \u00e9pisode est plus g\u00e9n\u00e9ralement symptomatique d’une d\u00e9gradation des droits de propri\u00e9t\u00e9, fondamentaux pour tout syst\u00e8me capitaliste r\u00e9gul\u00e9. Dans le pays de Vladimir Poutine, conserver un actif, m\u00eame s’il s’agit de l’un des plus performants de l’apr\u00e8s-URSS, suppose de se placer sous la protection d’un patron proche du pouvoir. Avec cette fusion, Wildberries est devenu un rouage du syst\u00e8me, redevable et d\u00e9pendant de lui. Surtout, cette immixtion du pouvoir politique dans la vie d’une des entreprises majeures de l’\u00e9cosyst\u00e8me russe semble avoir cr\u00e9\u00e9 les faiblesses que les Ukrainiens sont en train d’exploiter.<\/p>\n\n\n\n

Une campagne plus efficace que celle contre l’essence ?<\/h2>\n\n\n\n

L’ampleur des destructions caus\u00e9es par les forces arm\u00e9es ukrainiennes est d\u00e9sormais mesurable. Plus de 800 000 m\u00e8tres carr\u00e9s, soit environ 14 % des capacit\u00e9s logistiques du groupe, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits ou gravement endommag\u00e9s, pour une valeur de marchandises estim\u00e9e \u00e0 environ 250 milliards de roubles <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Tatiana Kim a \u00e9voqu\u00e9 un montant sup\u00e9rieur \u00e0 1,3 milliard de dollars et rappel\u00e9, dans une prise de parole r\u00e9cente, que les assurances ne couvrent pas les frappes de drones <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Les centres d’Elektrostal (360 000 m\u00e8tres carr\u00e9s) et de Kotovsk (ouvert en mai 2025 et contenant pr\u00e8s de 54 millions d’articles) ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 prendre feu, faisant huit morts et pr\u00e8s de quatre-vingt-dix bless\u00e9s. Les entrep\u00f4ts de Krasnodar et de Nevinnomyssk ont \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9s dans la nuit du 21 au 22 juillet, ceux de Chouchary et d’Outkina Zavod, pr\u00e8s de Saint-P\u00e9tersbourg, le 22 juillet, ceux de Simf\u00e9ropol, le 24 juillet, ceux d’Ekaterinbourg, le 25 juillet, ceux de Riazan, le 28 juillet, ceux de Penza et de Sarapoul, dans la nuit du 29 au 30 juillet, ceux de Volgograd et de Zelenodolsk, dans la nuit du 30 au 31 juillet. Le 2 juillet, le hub de Novosseme\u00efkino (178 600 m\u00e8tres carr\u00e9s), qui dessert la Volga et le centre de la Russie europ\u00e9enne, a \u00e9t\u00e9 \u00e0 son tour incendi\u00e9. Une quinzaine de sites ont ainsi \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s en une quinzaine de jours.<\/p>\n\n\n\n

Trois caract\u00e9ristiques distinguent cette s\u00e9quence d’une simple accumulation de frappes.<\/p>\n\n\n\n