{"id":349189,"date":"2026-07-31T06:00:00","date_gmt":"2026-07-31T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=349189"},"modified":"2026-07-31T00:15:47","modified_gmt":"2026-07-30T22:15:47","slug":"la-prochaine-crise-pourrait-degenerer-en-une-spirale-de-destruction-mutuelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/07\/31\/la-prochaine-crise-pourrait-degenerer-en-une-spirale-de-destruction-mutuelle\/","title":{"rendered":"La prochaine crise financi\u00e8re pourrait d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en une spirale de destruction mutuelle"},"content":{"rendered":"\n
Tout l\u2019\u00e9t\u00e9, <\/em>le Grand Continent restera en mouvement. Chaque jour, nous vous apporterons o\u00f9 que vous soyez des id\u00e9es que vous ne trouverez nulle part ailleurs (mais qui seront partout \u00e0 la rentr\u00e9e), des textes introuvables ou rafra\u00eechissants avec nos Dimanches<\/a>. Pour les recevoir directement dans votre bo\u00eete mail et soutenir cet \u00e9lan, pensez \u00e0 vous abonner \u00e0 la revue<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n Les crises financi\u00e8res ne peuvent pas toujours \u00eatre \u00e9vit\u00e9es. Si la r\u00e9glementation et la supervision permettent de contenir les risques, les chocs restent in\u00e9vitables. En revanche, il est possible d’influencer la suite. L’impact d’une crise d\u00e9pend moins de la perturbation initiale que de la r\u00e9ponse apport\u00e9e. C’est l\u00e0 la diff\u00e9rence entre robustesse et r\u00e9silience, et dans le cas des crises financi\u00e8res mondiales, la r\u00e9silience requiert une coop\u00e9ration internationale. Elle stabilise le syst\u00e8me et emp\u00eache les r\u00e9ponses politiques nationales de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en spirales mutuellement destructrices.<\/p>\n\n\n\n La crise financi\u00e8re de 2008 en est un exemple. Elle a caus\u00e9 d’importants dommages. Toutefois, contrairement \u00e0 l’entre-deux-guerres, elle n’a pas d\u00e9clench\u00e9 de cycle de repr\u00e9sailles entre les grandes \u00e9conomies. Il n’y a pas eu de basculement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 vers le protectionnisme commercial ni de guerre des monnaies. Les \u00c9tats-Unis et la Chine ont pr\u00e9serv\u00e9 la stabilit\u00e9 de leurs relations commerciales et mon\u00e9taires. Les interventions publiques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9troitement coordonn\u00e9es au sein du G20. Les lignes de swap entre banques centrales, qui permettaient aux autorit\u00e9s mon\u00e9taires de se fournir mutuellement en liquidit\u00e9s, ont jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans la stabilisation des march\u00e9s mondiaux.<\/p>\n\n\n\n Le contexte actuel ne pourrait gu\u00e8re \u00eatre plus diff\u00e9rent. L’inhibition \u00e0 l’\u00e9gard du protectionnisme a largement disparu. Jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent, les flux commerciaux ont fait preuve d’une remarquable r\u00e9silience face \u00e0 la mont\u00e9e des barri\u00e8res douani\u00e8res. Toutefois, l’entre-deux-guerres nous enseigne que, d\u00e8s lors que le protectionnisme est per\u00e7u comme une r\u00e9ponse de politique publique acceptable, un choc financier peut rapidement se traduire par des contractions du commerce, des flux de capitaux et de la confiance qui se renforcent mutuellement. Il reste peu de garde-fous. Un tel choc pourrait d\u00e8s lors devenir bien plus dangereux que la perturbation initiale.<\/p>\n\n\n\n D’autant que l’approche transactionnelle qui pr\u00e9vaut actuellement dans les relations internationales est mal adapt\u00e9e \u00e0 la gestion de crise. La coop\u00e9ration entre les pays repose rarement sur un pur altruisme. Toutefois, comme l’a soutenu Charles Kindleberger, la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me international exige au moins un pays pr\u00eat \u00e0 jouer un r\u00f4le stabilisateur, c’est-\u00e0-dire \u00e0 maintenir les march\u00e9s ouverts et \u00e0 fournir des liquidit\u00e9s lorsque la situation l’exige. Or aucun pays et les \u00c9tats-Unis encore moins que tout autre ne semble aujourd’hui dispos\u00e9 \u00e0 endosser cette responsabilit\u00e9. Au contraire, des instruments essentiels de la coop\u00e9ration, comme les lignes de swap entre banques centrales, risquent d’\u00eatre politis\u00e9s, affaiblissant ainsi l’un des outils les plus efficaces de la gestion de crise.<\/p>\n\n\n\n Dans ce contexte, plusieurs nouvelles sources de vuln\u00e9rabilit\u00e9 sont apparues, qui pourraient servir de d\u00e9clencheurs de crise. Plut\u00f4t que de les classer par ordre d’importance, nous les \u00e9num\u00e9rons dans un ordre logique, car beaucoup d’entre elles sont interd\u00e9pendantes. D\u2019abord, le risque s\u2019est d\u00e9plac\u00e9 plut\u00f4t que r\u00e9sorb\u00e9 : chass\u00e9 du syst\u00e8me bancaire r\u00e9glement\u00e9, il a refait surface dans des recoins moins transparents de la finance. Deuxi\u00e8mement, un ensemble de vuln\u00e9rabilit\u00e9s entoure les finances publiques (viabilit\u00e9 de la dette, fonctionnement des principaux march\u00e9s obligataires et offre d’actifs s\u00fbrs), la dominance budg\u00e9taire et financi\u00e8re mena\u00e7ant la capacit\u00e9 des banques centrales \u00e0 se concentrer sur la stabilit\u00e9 des prix. Troisi\u00e8mement, les avanc\u00e9es technologiques pr\u00e9sentent de nombreux avantages, mais entra\u00eenent \u00e9galement de graves perturbations. Ensemble, ces forces laissent entrevoir un monde dans lequel les chocs pourraient \u00eatre plus fr\u00e9quents et plus difficiles \u00e0 anticiper. Mais le risque majeur reste la d\u00e9t\u00e9rioration de la coop\u00e9ration internationale n\u00e9cessaire pour les contenir.<\/p>\n\n\n\n1 \u2014 La mutation du risque : la finance non bancaires et le cr\u00e9dit priv\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n