{"id":347287,"date":"2026-07-20T05:30:00","date_gmt":"2026-07-20T03:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=347287"},"modified":"2026-07-20T16:21:08","modified_gmt":"2026-07-20T14:21:08","slug":"la-chine-a-sauve-la-junte-birmane-et-apres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/07\/20\/la-chine-a-sauve-la-junte-birmane-et-apres\/","title":{"rendered":"La Chine a sauv\u00e9 la junte birmane, et apr\u00e8s ?"},"content":{"rendered":"\n
Tout l\u2019\u00e9t\u00e9, <\/em>le Grand Continent restera en mouvement. Chaque jour, nous vous apporterons o\u00f9 que vous soyez des id\u00e9es que vous ne trouverez nulle part ailleurs (mais qui seront partout \u00e0 la rentr\u00e9e), des textes introuvables ou rafra\u00eechissants avec nos Dimanches<\/a>. Pour les recevoir directement dans votre bo\u00eete mail et soutenir cet \u00e9lan, pensez \u00e0 vous abonner \u00e0 la revue<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n La porte de l\u2019avion s\u2019ouvre sur un couloir en moquette \u00e0 la forte odeur de moisissure. La climatisation install\u00e9e n\u2019est plus aliment\u00e9e en \u00e9lectricit\u00e9, l\u2019humidit\u00e9 s\u2019attaque aux halls vides de l\u2019a\u00e9roport international de Rangoun. Les passagers en provenance de Bangkok sortent difficilement leurs lourds bagages, la toile et les fermetures \u00e9clair pr\u00eates \u00e0 craquer sous le volume de tout ce qui est d\u00e9sormais en p\u00e9nurie en Birmanie : dentifrice, tampons, mousse \u00e0 raser, chocolat, m\u00e9dicaments, pilules contraceptives. <\/p>\n\n\n\n \u00c0 l\u2019immigration, les guichets pour les \u00e9trangers et les Birmans sont s\u00e9par\u00e9s. Dans la file des \u00e9trangers, il y a principalement des Chinois en provenance des provinces du sud-ouest, des entrepreneurs dans l\u2019import-export ou le textile ; on trouve quelques Indiens aussi. Les rares Occidentaux sont diplomates ou employ\u00e9s humanitaires. Les huit files d\u2019attente pour les \u00ab nationaux \u00bb sont celles qui avancent le plus lentement. S\u2019installe un silence de peur, la nervosit\u00e9 est palpable. Les citoyens birmans craignent que l\u2019ordinateur des officiers de l\u2019immigration affiche ne r\u00e9v\u00e8le qu\u2019ils sont inscrits sur les \u00ab listes noires \u00bb de l\u2019administration militaire, qui vise \u00e0 r\u00e9primer les dissidents. Sur ces listes peuvent se trouver : les militants pour la d\u00e9mocratie, les membres des familles des r\u00e9sistants, les employ\u00e9s d\u00e9missionnaires du service public, toute personne ayant publiquement critiqu\u00e9 la junte, et les jeunes hommes appel\u00e9s pour la conscription militaire. <\/p>\n\n\n\n En avril 2024, la junte au pouvoir a r\u00e9activ\u00e9 une loi dormante qui imposait la conscription obligatoire pour les jeunes hommes de 18 \u00e0 35 ans et les jeunes femmes de 18 \u00e0 27 ans, mais la mesure n\u2019est pour l\u2019instant pas appliqu\u00e9e pour ces derni\u00e8res. La perspective d\u2019\u00eatre utilis\u00e9e comme chair \u00e0 canon par les g\u00e9n\u00e9raux qui bombardent les villages, cliniques et \u00e9coles, est la seule qui s\u2019offre \u00e0 la jeunesse birmane dans leur pays. Pour r\u00e9pondre aux quotas de conscrits, les officiers n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 se saisir manu militari<\/em> des jeunes qu\u2019ils arr\u00eatent aux checkpoints, sur les routes ou dans les a\u00e9roports, via les services de l\u2019immigration. <\/p>\n\n\n\n Il n\u2019est pas rare que les passagers, en remettant leur passeport aux agents de l\u2019immigration, y glissent \u00e0 l\u2019occasion plusieurs billets bleus de 10 000 kyats <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, pour acheter leur passage. Ceux qui en sortent s\u2019estiment heureux. La ville de Rangoun souffre de la pollution et affiche 35 degr\u00e9s au thermom\u00e8tre en avril. Des taxis jaunes, sortis d\u2019usines japonaises il y a plus de vingt ans, accueillent les arrivants. \u00c9nerv\u00e9s, les conducteurs ont d\u00fb faire la queue plusieurs heures avant de pouvoir acheter l\u2019essence rationn\u00e9e qui ram\u00e8nera les voyageurs chez eux, dans le Rangoun occup\u00e9 par la junte birmane. <\/p>\n\n\n\n Cinq ans apr\u00e8s le coup d\u2019\u00c9tat du 1er f\u00e9vrier 2021, le g\u00e9n\u00e9ral Min Aung Hlaing a r\u00e9ussi \u00e0 organiser des \u00e9lections entre d\u00e9cembre 2025 et janvier 2026, et \u00e0 se faire \u00e9lire pr\u00e9sident. Le scrutin s’est d\u00e9roul\u00e9 alors que la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi \u00e9tait toujours en d\u00e9tention, et que son parti politique, la Ligue Nationale pour la D\u00e9mocratie, reste interdit. La population a rechign\u00e9 \u00e0 se rendre aux urnes et c\u2019est seulement la menace de la r\u00e9pression en cas d\u2019abstention qui a permis \u00e0 la propagande <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> du r\u00e9gime d\u2019afficher un taux de participation de 54 %.<\/p>\n\n\n\n Ces \u00e9lections marquent une victoire pour l\u2019arm\u00e9e birmane, bien au-del\u00e0 du scrutin. Alors qu\u2019en 2024, la junte semblait sur le point de perdre la guerre civile en cours, le r\u00e9gime a pu organiser le scrutin sans souffrir d\u2019attaques d\u2019envergure de la part des forces r\u00e9volutionnaires. Ces derni\u00e8res \u2014 divis\u00e9es en une centaine de groupes, plus ou moins sous l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un gouvernement d\u2019unit\u00e9 nationale en exil \u2014 sont depuis mi-2025 retranch\u00e9es dans une position d\u00e9fensive, \u00e0 court de munitions et d\u00e9pass\u00e9es par la puissance de feu des g\u00e9n\u00e9raux. Un responsable du groupe r\u00e9volutionnaire des Forces de D\u00e9fense du Peuple de Mandalay, Ko Phyo d\u00e9clarait d\u00e9but 2026 que les r\u00e9sistants sont d\u00e9sormais \u00ab dans l\u2019impossibilit\u00e9 de rivaliser \u00bb avec l\u2019armement et le nombre de combattants d\u00e9ploy\u00e9s par la junte <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Ce retournement de situation est d\u00fb \u00e0 l\u2019implication directe de la Chine dans la r\u00e9volution birmane, depuis 2024. Les \u00e9lections elles-m\u00eames ont \u00e9t\u00e9 soutenues, voire sollicit\u00e9es par P\u00e9kin. L\u2019envoy\u00e9 sp\u00e9cial chinois pour les affaires asiatiques, Deng Xijun \u9093\u9521\u519b, se f\u00e9licitait ainsi de la tenue de ce scrutin en d\u00e9cembre 2025 : \u00ab La conduite r\u00e9ussie de ces \u00e9lections refl\u00e8te les accords et efforts de coop\u00e9ration entre le g\u00e9n\u00e9ral Min Aung Hlaing, et le pr\u00e9sident Xi Jinping \u00bb <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. P\u00e9kin avait d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 convi\u00e9 plusieurs partis politiques birmans en Chine, \u00e0 la faveur de voyages d\u2019\u00e9tude <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n La Chine est initialement rest\u00e9e ind\u00e9cise face au coup d\u2019\u00c9tat de f\u00e9vrier 2021. Quelques jours apr\u00e8s la prise de pouvoir militaire, et alors que les manifestants d\u00e9filaient devant l\u2019ambassade \u00e0 Rangoun avec des pancartes accusant P\u00e9kin d\u2019avoir directement soutenu le coup d\u2019\u00c9tat, l\u2019ambassadeur Chen Hai \u9648\u6d77 d\u00e9clarait dans la presse birmane qu\u2019une telle prise de pouvoir par la force \u00ab n\u2019est absolument pas ce que la Chine souhaite voir \u00bb <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. En effet, la Chine entretenait des liens \u00e9troits de coop\u00e9ration avec le gouvernement d\u2019Aung San Suu Kyi, entre 2016 et 2020. <\/p>\n\n\n\n La prix Nobel de la Paix s\u2019\u00e9tait rendue plusieurs fois en Chine, comme apr\u00e8s son \u00e9lection en 2016, o\u00f9 elle avait rencontr\u00e9 Xi Jinping <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le pr\u00e9sident chinois lui a retourn\u00e9 la visite en janvier 2020, la premi\u00e8re effectu\u00e9e par un pr\u00e9sident chinois depuis dix-neuf ans <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n\n Le gouvernement de la Ligue Nationale pour la D\u00e9mocratie tranchait surtout avec le pr\u00e9c\u00e9dent gouvernement constitu\u00e9 d\u2019anciens officiers et men\u00e9 par le pr\u00e9sident Thein Sein, ancien g\u00e9n\u00e9ral qui avait suspendu le m\u00e9gaprojet de barrage hydro\u00e9lectrique Myitsone sur le fleuve Irrawaddy en 2011. Ce projet gigantesque, sign\u00e9 en 2009 sous les yeux m\u00eame de Xi Jinping (alors vice-pr\u00e9sident) devait fournir de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 la Chine, moins de 10 % de la production \u00e9tant laiss\u00e9e \u00e0 la Birmanie. Les populations locales Kachin se sont oppos\u00e9es, craignant les perturbations li\u00e9es au barrage, et exigeant la protection des rivi\u00e8res \u00e0 la source du fleuve Irrawaddy, v\u00e9ritable ligne de vie du pays qui le traverse du Nord au Sud et qui contribue \u00e0 fertiliser les plaines centrales rizicoles. Fait rare, les anciens g\u00e9n\u00e9raux ont \u00e9cout\u00e9 les populations locales et ont pris la d\u00e9cision de suspendre ce projet. Cette suspension a \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue comme un affront par P\u00e9kin. A contrario, Aung San Suu Kyi, une fois au gouvernement, a exprim\u00e9 sa volont\u00e9 de relancer la coop\u00e9ration sino-birmane. La conseill\u00e8re pour l\u2019\u00c9tat avait cr\u00e9\u00e9 une commission sp\u00e9ciale pour les projets Chine-Birmanie qu\u2019elle pr\u00e9sidait personnellement <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Aung San Suu Kyi est m\u00eame all\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 sugg\u00e9rer la possibilit\u00e9 de relancer le projet de barrage de Myitsone <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019ouverture \u00e9conomique de la Birmanie profitait largement \u00e0 la Chine et \u00e0 ses entreprises capables de produire \u00e0 bas co\u00fbts les infrastructures et biens de consommation n\u00e9cessaires \u00e0 une \u00e9conomie de pays en d\u00e9veloppement. Entre 2010 et 2020, le commerce bilat\u00e9ral est pass\u00e9 de 4 \u00e0 19 milliards de dollars. La Chine n\u2019avait effectivement pas int\u00e9r\u00eat \u00e0 voir le gouvernement d\u2019Aung San Suu Kyi se faire renverser.<\/p>\n\n\n\n\n\n \u00c0 la suite du coup d\u2019\u00c9tat, la Chine a adopt\u00e9 une posture attentiste et n\u2019a pas reconnu formellement le r\u00e9gime militaire du g\u00e9n\u00e9ral Min Aung Hlaing, tout en refusant syst\u00e9matiquement tout contact officiel avec le gouvernement r\u00e9volutionnaire en exil. Ces atermoiements ont dur\u00e9 jusqu\u2019en 2023, lorsque P\u00e9kin s\u2019est directement impliqu\u00e9 dans le conflit birman \u00e0 deux reprises et dans des orientations radicalement diff\u00e9rentes. <\/p>\n\n\n\n Le 27 octobre 2023, une coalition de groupes ethniques arm\u00e9s men\u00e9e par l\u2019Arm\u00e9e de lib\u00e9ration nationale Ta’ang, l\u2019Arm\u00e9e d\u2019Arakan et l\u2019Arm\u00e9e de l’Alliance nationale d\u00e9mocratique de Birmanie a lanc\u00e9 une offensive d\u2019ampleur contre la fronti\u00e8re sino-birmane, en prenant pour cible des positions tenues par l\u2019arm\u00e9e et des milices affili\u00e9es. L\u2019op\u00e9ration dite \u00ab 10\/27 \u00bb visait officiellement \u00e0 d\u00e9loger et arr\u00eater les responsables des centres d\u2019arnaques en ligne install\u00e9s sur la fronti\u00e8re. Les combats ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par un important usage de drones par les insurg\u00e9s, et un haut degr\u00e9 de coop\u00e9ration entre ces groupes dont l\u2019\u00e9quipement \u00e9tait chinois et des jeunes combattants r\u00e9volutionnaires en qu\u00eate d\u2019exp\u00e9rience militaire. L\u2019op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s retentissant : des dizaines de centres d\u2019arnaques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9s et les employ\u00e9s chinois impliqu\u00e9s remis \u00e0 leurs autorit\u00e9s nationales. L\u2019arm\u00e9e birmane qui avait r\u00e9ussi de justesse \u00e0 exfiltrer les responsables des milices en charge de la zone, les a finalement extrad\u00e9s vers la Chine, qui les a condamn\u00e9s \u00e0 mort en 2025. Ainsi, frustr\u00e9 par l\u2019inaction de la junte birmane face aux centres d\u2019arnaque, P\u00e9kin a montr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 user de son influence sur les groupes ethniques arm\u00e9s, pour intervenir directement dans une op\u00e9ration de police \u00e0 grande \u00e9chelle en Birmanie.<\/p>\n\n\n\n L\u2019op\u00e9ration \u00ab 10\/27 \u00bb a permis une prise de territoire importante au b\u00e9n\u00e9fice des insurg\u00e9s, et illustr\u00e9 la faiblesse de l\u2019arm\u00e9e birmane, d\u00e9clenchant une s\u00e9rie d\u2019offensives partout dans le pays : des groupes ethniques et r\u00e9volutionnaires sont parvenus \u00e0 se saisir de plusieurs villes. Une seconde op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2024 par les m\u00eames acteurs, avec un succ\u00e8s retentissant, les insurg\u00e9s ayant pris le pouvoir dans six villes et le contr\u00f4le d\u2019un des 14 centres de commandement r\u00e9gional birman, une premi\u00e8re depuis le coup d\u2019\u00c9tat de 1962. Toutefois, cette seconde op\u00e9ration, men\u00e9e sans son accord, a effray\u00e9 la Chine : la junte a menac\u00e9 de s\u2019effondrer. Anxieuse quant \u00e0 la stabilit\u00e9 du pays et la s\u00e9curit\u00e9 de ses investissements, P\u00e9kin est intervenu en faisant pression sur les insurg\u00e9s pour qu\u2019ils acceptent un cessez-le-feu et a contribu\u00e9 \u00e0 un blocus de la fronti\u00e8re terrestre, en suspendant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la nourriture et aux \u00e9quipements. Le r\u00e9gime chinois a \u00e9galement us\u00e9 de son influence sur la puissante arm\u00e9e des Was, un groupe ethnique autonome, forc\u00e9e d\u2019arr\u00eater de vendre des munitions et de renoncer \u00e0 leur passage sur son territoire. Sous pression, les groupes rebelles ont d\u00fb accepter le cessez-le-feu et renoncer symboliquement au contr\u00f4le de la ville carrefour de Lashio, rendue \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, alors m\u00eame qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9e au prix de nombreuses pertes dans les deux camps. Le cessez-le-feu sous supervision chinoise, effectif depuis janvier 2025, a \u00e9t\u00e9 suivi de visites du ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res Wang Yi \u738b\u6bc5 et d\u2019invitations du g\u00e9n\u00e9ral Min Aung Hlaing en Chine, notamment pour visiter des usines d\u2019armement et de fabrication de drones <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cette intervention chinoise et l\u2019instauration d\u2019une politique de conscription expliquent aujourd\u2019hui l\u2019inversion de la dynamique militaire. Les \u00e9lections de 2025\/2026 marquent la conclusion de ce cycle de sauvetage de la junte birmane par P\u00e9kin.<\/p>\n\n\n\nAu pays o\u00f9 la Chine soutient des \u00e9lections<\/h2>\n\n\n\n
Historique des relations Chine-Birmanie<\/h3>\n\n\n\n
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\r\n <\/picture>\r\n \n De l\u2019attentisme \u00e0 l\u2019interventionnisme<\/h3>\n\n\n\n