{"id":34619,"date":"2019-05-13T10:12:12","date_gmt":"2019-05-13T08:12:12","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=34619"},"modified":"2019-05-16T20:37:50","modified_gmt":"2019-05-16T18:37:50","slug":"une-nouvelle-politique-a-lechelle-continentale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/05\/13\/une-nouvelle-politique-a-lechelle-continentale\/","title":{"rendered":"Une nouvelle politique \u00e0 l’\u00e9chelle continentale"},"content":{"rendered":"\n

Ce texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 originellement dans l\u2019\u00e9dition 56 de La Lettre du Lundi d\u2019aujourd\u2019hui, 13 mai. La Lettre du Lundi est la newsletter operationnelle hebdomadaire du Grand Continent. Vous pouvez retrouver l\u2019\u00e9dition compl\u00e8te \u2013 d\u00e9di\u00e9e, entre autres choses, aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles en Lituanie, \u00e0 la doctrine de Trump dans l’Arctique et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique en Europe \u2013 ici.<\/a> Abonnez-vous ici.<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n

Bruxelles<\/em>. Aujourd\u2019hui commence officiellement la campagne europ\u00e9enne. Rien ou presque ne bouge \u00e0 la surface mais un changement important est en train de se produire : une profonde recomposition politique est en cours. <\/p>\n\n\n\n

Deux des principaux groupes du Parlement : le Parti populaire europ\u00e9en (PPE) et le parti d\u00e9mocrate lib\u00e9ral (ALDE) ne seront plus les m\u00eames \u00e0 partir du 26 mai.<\/p>\n\n\n\n

On vous en parlait d\u00e9j\u00e0 <\/a>il y a quelques semaines <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, maintenant c\u2019est officiel : ALDE changera de nom. Pour son leader Verhofstadt, il s’agit de marquer la transformation en \u00ab un groupe centriste pro-europ\u00e9en avec Emmanuel Macron \u00bb (ces deux derniers mots sont \u00e9videmment essentiels). L\u2019objectif : chercher \u00e0 attirer des forces h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et disparates pour peser plus nettement sur la prochaine Commission, dans le prochain Parlement et indirectement sur la nomination du prochain banquier central. <\/strong>Un probl\u00e8me pour la strat\u00e9gie du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais : l\u2019intensit\u00e9 des n\u00e9gociations \u00e0 Bruxelles du lendemain des \u00e9lections pourrait contraster avec l\u2019exigence du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais de tout suivre depuis l\u2019Elys\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n

Un concept utile pour d\u00e9crire cette dynamique de recomposition politique fra\u00eechement sorti de l\u2019atelier du Grand Continent<\/em> : la tr\u00e8s grande coalition.<\/em> <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n\n\n

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GEG – Cartographie pour Le Grand Continent<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

Manfred Weber, le leader du PPE dans la campagne \u00e9lectorale, a de son c\u00f4t\u00e9 rompu d\u00e9finitivement avec Orban, en d\u00e9clarant ne pas souhaiter devenir Pr\u00e9sident de la commission avec les votes du Fidesz. Cette prise de position cr\u00e9e un contexte politique en partie nouveau et ouvre \u00e0 une transformation de taille apr\u00e8s le vote. Toutes nos sources convergent : Weber est un candidat faible \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la Commission.<\/p>\n\n\n\n

Pourquoi ? Le PPE s\u2019affaiblit \u00e9lectoralement (il devrait perdre environ 60 si\u00e8ges, y compris sans Orban). Il s’agit d’une contradiction politique insoluble entre ses deux composantes (centre-droit lib\u00e9ral et droite extr\u00eame illib\u00e9rale) qui le d\u00e9chire. <\/p>\n\n\n\n

Par ailleurs le syst\u00e8me du Spitzenkandidat<\/em> (ie<\/em> le leader du groupe qui gagne les \u00e9lections devient pr\u00e9sident de la Commission) est clairement contest\u00e9 par Macron qui souhaite jouer un r\u00f4le dans le processus de d\u00e9signation et qui semblerait miser sur Barnier, le n\u00e9gociateur du Brexit. Si Weber veut augmenter ses chances de porter sa candidature au lendemain de l\u2019\u00e9lection, il doit donc trouver le soutien de Macron. Comment ? En prenant des positions proches : il marque ainsi son opposition aux \u201cnationalistes sans projets\u201d comme Orban, en pr\u00e9tendant m\u00eame parfois s\u2019opposer \u00e0 des positions allemandes comme Nord Stream II. <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n\n\n

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GEG – Cartographie pour Le Grand Continent<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

Une alliance souverainiste construite autour d\u2019Orban et Salvini deviendrait la premi\u00e8re grande force d\u2019opposition structur\u00e9e d\u2019extr\u00eame droite dans l\u2019histoire du Parlement europ\u00e9en. Selon les projections, les eurod\u00e9put\u00e9s des droites radicales et extr\u00eames (divis\u00e9s maintenant en trois groupes ECR, ELDD et ENL) pourraient \u00eatre plus ou moins 170, repr\u00e9sentant entre 20 et 25 % des si\u00e8ges. <\/p>\n\n\n\n

Orban perdrait pourtant sur le court terme son avantage comp\u00e9titif avec Salvini qui pourrait relancer son projet de ligue de ligues en contrevenant aux principes \u00e9nonc\u00e9s par sa doctrine. Elle \u00e9non\u00e7ait un principe clair : plut\u00f4t que de quitter le PPE pour \u00ab fonder un parti europ\u00e9en anti-immigration <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u00bb, Orban souhaitait le \u00ab renouveler \u00bb, en infl\u00e9chissant sa politique et le sens du projet europ\u00e9en. <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n