{"id":345537,"date":"2026-07-09T06:30:00","date_gmt":"2026-07-09T04:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=345537"},"modified":"2026-07-08T17:51:54","modified_gmt":"2026-07-08T15:51:54","slug":"le-nouveau-choc-chinois-oblige-leurope-a-se-reinventer-plus-qua-se-proteger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/07\/09\/le-nouveau-choc-chinois-oblige-leurope-a-se-reinventer-plus-qua-se-proteger\/","title":{"rendered":"Le nouveau choc chinois oblige l’Europe \u00e0 se r\u00e9inventer plus qu’\u00e0 se prot\u00e9ger"},"content":{"rendered":"\n
L\u2019ennemi qui nous d\u00e9signe, nouveau volume papier du Grand Continent, est d\u00e9sormais disponible chez Gallimard et dans toutes les bonnes librairies. Cliquez <\/em>ici<\/em><\/a> pour le d\u00e9couvrir \u2014 recevez-le directement et soutenez une r\u00e9daction ind\u00e9pendante<\/em> en vous abonnant \u00e0 la revue<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n Le printemps 2026 restera comme un tournant dans les relations entre l\u2019Union europ\u00e9enne et la Chine. Le 19 juin, sous la pression d’\u00c9tats membres tels que la France, l’Italie, les Pays-Bas et m\u00eame l’Allemagne, le Conseil a appel\u00e9 la Commission \u00e0 s’attaquer aux \u00ab d\u00e9s\u00e9quilibres macro\u00e9conomiques mondiaux \u00bb. Concr\u00e8tement, cela revient \u00e0 approuver une politique commerciale plus stricte \u00e0 l’\u00e9gard de la Chine. <\/p>\n\n\n\n Bien que la position de l\u2019Europe se soit progressivement durcie depuis la fin de la pand\u00e9mie, elle semble d\u00e9sormais adopter une approche \u00e9conomique plus d\u00e9fensive.<\/p>\n\n\n\n Si l’Union ne cherche pas \u00e0 se dissocier de la Chine, elle privil\u00e9gie de plus en plus la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique \u00e0 un acc\u00e8s sans restriction au march\u00e9. Ce changement s’explique principalement par des pr\u00e9occupations d’ordre industriel. <\/p>\n\n\n\n Les exportations chinoises ont en effet connu une expansion rapide, tandis que le secteur manufacturier europ\u00e9en est confront\u00e9 \u00e0 des vuln\u00e9rabilit\u00e9s structurelles croissantes. Parall\u00e8lement, apr\u00e8s avoir accueilli pendant des ann\u00e9es des investissements directs \u00e9trangers chinois avec des r\u00e9sultats mitig\u00e9s, les dirigeants europ\u00e9ens se montrent de plus en plus sceptiques quant \u00e0 leurs avantages \u00e9conomiques r\u00e9els, s’interrogeant sur leur capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer suffisamment de valeur ajout\u00e9e locale, de transferts de technologie ou d’emplois.<\/p>\n\n\n\n Si l’on \u00e9vite encore d’\u00e9voquer explicitement la Chine dans les d\u00e9clarations publiques, il ne fait plus aucun doute que l’exc\u00e9dent commercial croissant avec ce pays est au c\u0153ur des pr\u00e9occupations. Les discussions informelles sur la restriction de l’acc\u00e8s de la Chine au march\u00e9 europ\u00e9en se sont intensifi\u00e9es, et d\u00e8s mars 2023, la pr\u00e9sidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a introduit le concept de \u00ab de-risking \u00bb, marquant ainsi un changement strat\u00e9gique. <\/p>\n\n\n\n Depuis, cette d\u00e9fiance est devenue une caract\u00e9ristique d\u00e9terminante de la politique \u00e9conomique europ\u00e9enne \u00e0 l’\u00e9gard de la Chine.<\/p>\n\n\n\n Il ne fait plus aucun doute que le sentiment d’urgence est bien pr\u00e9sent en Europe. <\/p>\n\n\n\n Face aux menaces de la Chine de restreindre les exportations de minerais critiques, \u00e0 la guerre que la Russie m\u00e8ne actuellement en Ukraine, et aux soup\u00e7ons persistants de l’Europe quant au soutien de P\u00e9kin \u00e0 Moscou, les relations entre l’Europe et la Chine sont tendues. Depuis le d\u00e9but de la guerre commerciale lanc\u00e9e par Donald Trump en 2018, les exportations chinoises \u00e0 destination des \u00c9tats-Unis se sont en partie r\u00e9orient\u00e9es vers le march\u00e9 europ\u00e9en, qui compte 450 millions de consommateurs. Dans l’ensemble, les exportations chinoises ont augment\u00e9 de plus de 50 % depuis 2019, tandis que le d\u00e9ficit commercial de l’Union avec la Chine a consid\u00e9rablement augment\u00e9, passant de 180 milliards d’euros en 2015 \u00e0 360 milliards d’euros en 2025. En moyenne, 15 % des exportations chinoises sont d\u00e9sormais destin\u00e9es aux march\u00e9s europ\u00e9ens. \u00ab Un d\u00e9ficit commercial d\u2019un milliard d\u2019euros par jour n\u2019est pas tenable \u00bb, d\u00e9clare Maro\u0161 \u0160ef\u010dovi\u010d, commissaire europ\u00e9en au Commerce.<\/p>\n\n\n\n Le mod\u00e8le \u00e9conomique chinois est devenu une source de pr\u00e9occupation croissante alors que la cr\u00e9ation de valeur risquerait de se concentrer en Chine<\/a>, tandis que l’Europe pourrait se voir rel\u00e9gu\u00e9e au r\u00f4le d’op\u00e9rateur d’assemblage. La double strat\u00e9gie de P\u00e9kin, qui allie des exportations industrielles massives \u00e0 d’\u00e9ventuelles restrictions sur les mati\u00e8res premi\u00e8res strat\u00e9giques, est per\u00e7ue comme une menace directe pour le tissu industriel europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n L’Union est en effet confront\u00e9e \u00e0 une vague de fermetures d\u2019usines. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne touche aussi bien les usines implant\u00e9es en Chine que l\u2019Europe elle-m\u00eame, avec des cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses. Au premier trimestre 2026, Volkswagen, l\u2019un des trois principaux constructeurs automobiles allemands, a enregistr\u00e9 une baisse de 20 % de ses ventes en Chine, son march\u00e9 unique le plus important, o\u00f9 des constructeurs nationaux comme BYD intensifient la concurrence. L’entreprise a annonc\u00e9 en cons\u00e9quence qu’elle supprimerait 100 000 emplois, soit 15 % de ses effectifs, et qu’elle fermerait quatre usines dans un avenir proche. \u00c0 l\u2019instar d\u2019autres constructeurs automobiles europ\u00e9ens, Volkswagen cherche \u00e0 contrer la concurrence croissante des marques chinoises, en particulier dans le domaine des v\u00e9hicules \u00e9lectriques. Selon J\u00fcrgen Matthes, de l\u2019Institut allemand d\u2019\u00e9conomie, le d\u00e9s\u00e9quilibre commercial croissant \u00ab \u00e9rode le c\u0153ur de l\u2019industrie allemande, notamment dans les secteurs de l\u2019automobile, des machines et de la chimie \u00bb.<\/p>\n\n\n\n\n\n Dans le m\u00eame temps, les exportations europ\u00e9ennes vers la Chine sont en baisse. Au premier trimestre 2026, le d\u00e9ficit commercial en mati\u00e8re de biens a ainsi atteint 98 milliards d\u2019euros, soit son niveau le plus \u00e9lev\u00e9 depuis le troisi\u00e8me trimestre 2022. Par rapport au quatri\u00e8me trimestre 2025, les importations de l’Union en provenance de Chine ont augment\u00e9 de 3,4 %, tandis que les exportations europ\u00e9ennes vers la Chine ont recul\u00e9 de 4,8 %. Toutefois, ce chiffre varie relativement peu, car la balance commerciale globale est largement d\u00e9termin\u00e9e par les importations en provenance de Chine. Sur le march\u00e9 chinois lui-m\u00eame, les opportunit\u00e9s pour les entreprises \u00e9trang\u00e8res se sont r\u00e9duites, m\u00eame dans des secteurs traditionnellement favorables, comme les produits de luxe, l’automobile et les machines-outils. Selon la derni\u00e8re enqu\u00eate publi\u00e9e par la Chambre de commerce de l\u2019Union europ\u00e9enne en Chine, 68 % des personnes interrog\u00e9es ont d\u00e9clar\u00e9 que faire des affaires en Chine \u00e9tait devenu \u00ab plus difficile \u00bb \u2014 un chiffre \u00e9lev\u00e9, mais qui marque n\u00e9anmoins une baisse de 5 points de pourcentage par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n Ce d\u00e9s\u00e9quilibre touche des cat\u00e9gories de produits telles que les machines, les v\u00e9hicules, les produits chimiques, les mati\u00e8res premi\u00e8res et l\u2019\u00e9nergie. L\u2019Allemagne, premi\u00e8re \u00e9conomie europ\u00e9enne et moteur industriel, subit des pressions consid\u00e9rables en raison de la combinaison, en Chine, d’une production \u00e0 grande \u00e9chelle et d’une politique de substitution des importations.<\/p>\n\n\n\n L’ann\u00e9e derni\u00e8re, l’Allemagne a perdu 130 000 emplois dans le secteur industriel, notamment dans de grandes entreprises comme Bosch, BASF, Varta et Volkswagen. Ce rythme s’est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 depuis janvier 2026.<\/p>\n\n\n\n La situation est similaire en mati\u00e8re d’investissements : les flux des d\u2019investissements directs \u00e9trangers (IDE) vers la Chine ont \u00e9galement diminu\u00e9, reculant de 9,5 % pour s’\u00e9tablir \u00e0 747,77 milliards de yuans en 2025, apr\u00e8s une baisse de 24,7 % en 2024. Il s’agit de la troisi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive de contraction. Si certaines entreprises europ\u00e9ennes, notamment dans les secteurs de la chimie et de l\u2019\u00e9nergie, restent dispos\u00e9es \u00e0 investir en Chine, la plupart continuent de r\u00e9clamer davantage de r\u00e9ciprocit\u00e9 et des r\u00e9formes significatives du march\u00e9. <\/p>\n\n\n\n De plus, les m\u00e9canismes de concertation transatlantique sur la question chinoise sont, pour l\u2019essentiel, \u00e0 l\u2019arr\u00eat depuis 2020. Malgr\u00e9 quelques progr\u00e8s lors du G7 \u00e0 \u00c9vian, Washington semble se diriger vers un commerce de plus en plus administr\u00e9 avec P\u00e9kin. L\u2019Europe ne peut compter que sur elle-m\u00eame. <\/p>\n\n\n\n Pour comprendre le changement d\u2019approche europ\u00e9enne, il faut remonter au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010, soit un an apr\u00e8s la crise financi\u00e8re de 2008, lorsqu\u2019une premi\u00e8re vague d’investissements chinois a d\u00e9ferl\u00e9 dans les infrastructures, les technologies et l’industrie. En r\u00e9ponse, l\u2019Union \u00e0 mis en place un nouveau m\u00e9canisme de contr\u00f4le des IDE non contraignant, pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9 ou de souverainet\u00e9, d\u00e9finitivement instaur\u00e9 en 2019 et r\u00e9cemment mis \u00e0 jour <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Invoquant un affaiblissement de la r\u00e9ciprocit\u00e9 dans ses relations \u00e9conomiques avec la Chine, l’Union a ensuite accumul\u00e9 les instruments de d\u00e9fense commerciale. Le Livre blanc de juillet 2020 vise les subventions \u00e9trang\u00e8res \u00ab g\u00e9n\u00e9ratrices de distorsions \u00bb au sein du march\u00e9 unique ; les mesures d’att\u00e9nuation de janvier 2021 encadrent la 5G. En mars 2023, une \u00e9tape est franchie : le Conseil europ\u00e9en et la Commission s’accordent politiquement sur un instrument anti-coercition destin\u00e9 \u00e0 contrer les sanctions \u00e9conomiques visant les \u00c9tats membres. Plus r\u00e9cemment, Bruxelles a suspendu le financement des onduleurs fabriqu\u00e9s en Chine, dans le cadre d’un effort plus large de r\u00e9duction de la d\u00e9pendance aux technologies vertes chinoises et annonc\u00e9 son intention de doubler les droits de douane sur les importations d’acier, de 25 % \u00e0 50 %, tout en r\u00e9duisant fortement les contingents en franchise de droits afin de prot\u00e9ger ses sid\u00e9rurgistes. <\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s les t\u00e9l\u00e9communications et les panneaux solaires dans les ann\u00e9es 2010, c’est aujourd’hui l’automobile qui cristallise les tensions entre les deux parties, alors que le march\u00e9 europ\u00e9en est consid\u00e9r\u00e9 comme essentiel pour les batteries et les v\u00e9hicules \u00e9lectriques chinois. Depuis 2024, la Commission applique des droits de douane compris entre 7,5 % et 35,5 % sur les v\u00e9hicules \u00e9lectriques \u2013 ceux de BYD, Chery et Geely, mais aussi les mod\u00e8les \u00e9trangers produits en Chine, comme les Tesla \u2013 et renforce le contr\u00f4le des investissements dans les batteries, impliquant des entreprises comme CATL. L’enqu\u00eate n’a pourtant pas dissuad\u00e9 nombre de ces marques de cibler le march\u00e9 automobile europ\u00e9en, o\u00f9 elles s’imposent d\u00e9sormais comme des acteurs tr\u00e8s pr\u00e9sents. <\/p>\n\n\n\n Au cours de l’ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, les responsables de la Commission ont averti \u00e0 plusieurs reprises, lors de r\u00e9unions priv\u00e9es, que \u00ab \u00e0 moins que la Chine n’ouvre davantage son march\u00e9 int\u00e9rieur, Bruxelles pourrait imposer des droits de douane suppl\u00e9mentaires pour prot\u00e9ger les industries europ\u00e9ennes \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Au Parlement, des voix r\u00e9clament l’utilisation \u00ab d\u00e9cisive et sans h\u00e9sitation \u00bb des instruments commerciaux. Un consensus se d\u00e9gage : l’Union devrait mobiliser ses outils de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique pour encourager les investissements r\u00e9els, prot\u00e9ger la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et pr\u00e9server les emplois et les valeurs europ\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n P\u00e9kin a ripost\u00e9 par des contre-sanctions visant les produits europ\u00e9ens tels que les spiritueux et les cosm\u00e9tiques, et pourrait aller plus loin en fonction des prochaines mesures europ\u00e9ennes de frein aux importations chinoises. <\/p>\n\n\n\n L’Union devrait poursuivre sa double approche \u2013 \u00ab r\u00e9duire les risques \u00bb tout en traitant la Chine comme un partenaire commercial indispensable \u2013, a laiss\u00e9 entendre Feng Zhongping, \u00e9minent sp\u00e9cialiste de l’Union \u00e0 l’Acad\u00e9mie chinoise des sciences sociales. Malgr\u00e9 les incertitudes pesant sur les n\u00e9gociations, notamment quant \u00e0 la tenue d’un sommet Union-Chine cet \u00e9t\u00e9, P\u00e9kin semble adoucir son discours. De nouvelles mesures de d\u00e9fense commerciale sont attendues, sans que l’une ou l’autre partie ne ferme la porte au dialogue.<\/p>\n\n\n\n\n \u00c0 Bruxelles comme \u00e0 Berlin, Paris et Rome, les appels \u00e0 renforcer la capacit\u00e9 industrielle de l’Union se multiplient. En d\u00e9but d’ann\u00e9e, la Commission europ\u00e9enne a d\u00e9voil\u00e9 l’\u00ab Industrial Accelerator Act \u00bb (IAA), inspir\u00e9 des recommandations du rapport Draghi<\/a>. L’initiative vise \u00e0 simplifier les proc\u00e9dures d’autorisation, \u00e0 stimuler la demande en technologies bas carbone \u00ab Made in Europe \u00bb et \u00e0 consolider les cha\u00eenes d’approvisionnement dans les secteurs strat\u00e9giques : v\u00e9hicules \u00e9lectriques, batteries, solaire, mati\u00e8res premi\u00e8res critiques. Elle sert plus largement un objectif clef : porter la part de l’industrie manufacturi\u00e8re \u00e0 20 % du PIB d’ici 2035.<\/p>\n\n\n\n L’IAA durcit aussi les conditions applicables aux investissements \u00e9trangers dans ces secteurs. Les investissements sup\u00e9rieurs \u00e0 100 millions d’euros r\u00e9alis\u00e9s par des entreprises contr\u00f4lant plus de 40 % de la cha\u00eene de valeur mondiale seraient soumis \u00e0 des exigences strictes : transferts de technologie, obligations de contenu local, seuils minimaux d’emploi pour les travailleurs europ\u00e9ens. La proposition introduit par ailleurs un m\u00e9canisme de contr\u00f4le de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique coordonn\u00e9 au niveau de l’Union pour certains investisseurs de pays tiers, d\u00e9clench\u00e9 d\u00e8s qu’un investisseur acquiert plus de 30 % du contr\u00f4le d’une entreprise cible ou qu’un investissement d\u00e9passe 100 millions d’euros. Les entreprises devraient en outre satisfaire \u00e0 au moins quatre des six crit\u00e8res d’\u00e9ligibilit\u00e9, dont un plafond potentiel de 49 % pour la participation \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n Vu de Chine, le point le plus controvers\u00e9 tient aux exigences de contenu local et d’origine. Selon le projet actuel, les entreprises issues de pays sans accord r\u00e9ciproque en mati\u00e8re de march\u00e9s publics seraient exclues de certains appels d’offres, une disposition largement per\u00e7ue comme visant d’abord les entreprises chinoises.<\/p>\n\n\n\n L’Association chinoise des constructeurs automobiles a ainsi averti que l’IAA risquait de nuire \u00e0 la coop\u00e9ration industrielle entre l’Union et la Chine, en particulier dans les v\u00e9hicules \u00e9lectriques et les batteries, appelant la partie europ\u00e9enne \u00e0 \u00ab \u00e9valuer avec soin l’impact des dispositions concern\u00e9es sur la coop\u00e9ration industrielle entre la Chine et l’Union europ\u00e9enne \u00bb.<\/p>\n\n\n\n P\u00e9kin a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9ployer ses propres outils r\u00e9glementaires. <\/p>\n\n\n\n En avril, la Chine a adopt\u00e9 un r\u00e8glement de 20 articles habilitant le gouvernement \u00e0 prendre des contre-mesures face \u00e0 ce qu’il qualifie de \u00ab juridiction extraterritoriale ill\u00e9gale \u00bb \u2014 un texte qui, selon des experts juridiques, devrait renforcer les ripostes du pays \u00e0 la \u00ab juridiction \u00e0 longue port\u00e9e \u00bb \u00e9trang\u00e8re. La premi\u00e8re application n’a pas tard\u00e9 : en mai, des entit\u00e9s chinoises ont re\u00e7u pour instruction de ne pas coop\u00e9rer \u00e0 une enqu\u00eate antisubventions de l’Union visant la soci\u00e9t\u00e9 chinoise de technologies de s\u00e9curit\u00e9 Nuctech.<\/p>\n\n\n\n Les tensions devraient continuer \u00e0 s’intensifier, d’autant que la Commission a propos\u00e9 des dispositions \u2013 dont la loi r\u00e9vis\u00e9e sur la cybers\u00e9curit\u00e9 (CSA2) \u2013 susceptibles de soumettre les fournisseurs de technologies non europ\u00e9ens \u00e0 haut risque, entreprises chinoises comprises, \u00e0 une surveillance accrue.<\/p>\n\n\n\n Les dirigeants europ\u00e9ens, dont beaucoup affrontent des \u00e9lections majeures l’ann\u00e9e prochaine, s’inqui\u00e8tent du rythme de l’expansion industrielle chinoise et de ses implications pour la comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e0 long terme. Cette pr\u00e9occupation nourrit l’appel d’Emmanuel Macron en faveur d’un instrument commercial europ\u00e9en analogue \u00e0 la section 301 de la l\u00e9gislation am\u00e9ricaine. Un tel m\u00e9canisme permettrait \u00e0 l’Union de r\u00e9agir plus vite aux pratiques qu’elle juge d\u00e9loyales et de traiter la surcapacit\u00e9 per\u00e7ue par des mesures sectorielles larges, plut\u00f4t que par les seules enqu\u00eates de d\u00e9fense commerciale produit par produit.<\/p>\n\n\n\n L’id\u00e9e d’un arsenal \u00e9largi fait son chemin. Fin mai, un d\u00e9bat s’est ouvert \u00e0 la Commission comme dans les capitales, autour d’un document qui aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 sous l’impulsion de la France \u2014 avec le soutien de l’Italie, de la Lituanie et des Pays-Bas \u2014 appelant \u00e0 un instrument de d\u00e9fense commerciale plus complet. Le projet, encore vague dans ses d\u00e9tails, cible ce que certains dirigeants consid\u00e8rent comme une surcapacit\u00e9 chinoise et une d\u00e9pendance ext\u00e9rieure de l’Union dans des secteurs strat\u00e9giques. Plusieurs r\u00e9unions importantes ont d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 ces tensions cette ann\u00e9e, dont le sommet du G7 \u00ab Convergence mondiale pour la croissance \u00bb suivi d’un Conseil europ\u00e9en. Lors d’une rencontre avec le vice-Premier ministre chinois Zhang Guoqing, Emmanuel Macron a insist\u00e9 : seule une action coordonn\u00e9e des grandes \u00e9conomies peut rem\u00e9dier aux d\u00e9s\u00e9quilibres mondiaux. La Chine a rejet\u00e9 les accusations d’aides d’\u00c9tat indues \u00e0 ses exportateurs, arguant au contraire que les droits de douane unilat\u00e9raux menacent les r\u00e8gles du commerce mondial.<\/p>\n\n\n\n Plusieurs dirigeants europ\u00e9ens se sont rendus \u00e0 P\u00e9kin au premier semestre 2026. <\/p>\n\n\n\n Ces visites traduisaient d’abord une volont\u00e9 de renouer le dialogue apr\u00e8s des ann\u00e9es de rupture li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie de Covid-19, p\u00e9riode durant laquelle nombre de pays europ\u00e9ens n’avaient entretenu que des \u00e9changes limit\u00e9s avec les dirigeants chinois. Les chanceliers allemands, par exemple, se rendaient \u00e0 P\u00e9kin chaque ann\u00e9e, reflet des liens industriels profonds, nou\u00e9s au milieu des ann\u00e9es 1980. En plusieurs d\u00e9cennies, les industriels allemands sont devenus les \u00e9quipementiers des industries chinoises, tout en ciblant, avec un certain succ\u00e8s, le march\u00e9 de consommation du pays. Lorsque le chancelier Friedrich Merz a effectu\u00e9 sa premi\u00e8re visite officielle \u00e0 P\u00e9kin en f\u00e9vrier, il \u00e9tait accompagn\u00e9 d’une importante d\u00e9l\u00e9gation d’affaires aux int\u00e9r\u00eats contrast\u00e9s : certains secteurs (chimie, pharmacie) restent dispos\u00e9s \u00e0 investir en Chine ; d’autres (informatique, machines-outils) consid\u00e8rent d\u00e9sormais les entreprises chinoises comme des concurrents \u00e0 part enti\u00e8re, en Chine comme ailleurs.<\/p>\n\n\n\n Durant sa visite Merz a mis aussi l’accent sur la strat\u00e9gie allemande de \u00ab r\u00e9duction des risques \u00bb : r\u00e9duire la d\u00e9pendance excessive vis-\u00e0-vis de la Chine tout en maintenant les liens commerciaux. Il a depuis durci le ton, accusant la Chine d’\u00ab inonder les march\u00e9s \u00bb gr\u00e2ce \u00e0 des \u00ab subventions \u00e9lev\u00e9es \u00bb et jugeant que \u00ab le subventionnement des surcapacit\u00e9s \u00bb, associ\u00e9 \u00e0 une \u00ab monnaie qui n’est pas librement convertible est inacceptable \u00bb.<\/p>\n\n\n\n\n\n Merz avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par le Premier ministre britannique Keir Starmer, venu en janvier red\u00e9finir la relation et renforcer les liens \u00e9conomiques bilat\u00e9raux, la premi\u00e8re visite d’un chef de gouvernement britannique depuis 2018. Sous ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, Londres avait promu une \u00ab \u00e8re dor\u00e9e \u00bb \u00e9conomique sino-britannique, cens\u00e9e s’accompagner d’importants investissements chinois dont la plupart ne se sont jamais concr\u00e9tis\u00e9s. Apr\u00e8s des ann\u00e9es de contacts minimes, une visite s’imposait, f\u00fbt-elle discr\u00e8te. D’autres visiteurs europ\u00e9ens, comme le Premier ministre finlandais Petteri Orpo et le Taoiseach irlandais Miche\u00e1l Martin, n’ont rencontr\u00e9 qu’un succ\u00e8s limit\u00e9. Aucun de ces dirigeants ne parlait au nom de l’ensemble de l’Union : leurs d\u00e9placements t\u00e9moignaient surtout du degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 d’inqui\u00e9tude dans les cercles gouvernementaux europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n S’il est un pays qui joue le r\u00f4le de l’exception, c’est l’Espagne, venue pourtant tardivement aux relations \u00e9troites avec les dirigeants chinois. Le Premier ministre Pedro S\u00e1nchez s’est impos\u00e9 comme l’un des interlocuteurs les plus r\u00e9ceptifs de P\u00e9kin en Europe. En avril, il s’est rendu en Chine pour la quatri\u00e8me fois en quatre ans, fait inhabituel qu’aucun de ses homologues chinois n’a r\u00e9ciproqu\u00e9. S\u00e1nchez a qualifi\u00e9 l’Europe et la Chine de \u00ab partenaires en mati\u00e8re d’investissement et de coop\u00e9ration \u00bb, appelant P\u00e9kin \u00e0 s’impliquer davantage dans la gouvernance mondiale et la r\u00e9solution des conflits. L’Espagne courtise activement les investissements chinois dans les batteries : en Navarre, le gouvernement r\u00e9gional pousse le fabricant Hithium \u00e0 investir dans une usine de cellules qui, si le projet aboutit, pourrait cr\u00e9er jusqu’\u00e0 700 emplois selon les autorit\u00e9s locales. Le scepticisme persiste toutefois \u00e0 Bruxelles : le bilan chinois en mati\u00e8re de cr\u00e9ation d’emplois industriels en Europe reste modeste, les investissements s’\u00e9tant souvent concentr\u00e9s sur l’acquisition d’entreprises existantes plut\u00f4t que sur des projets enti\u00e8rement nouveaux.<\/p>\n\n\n\n Le fabricant chinois de batteries CATL construit actuellement une usine en Espagne en partenariat avec le constructeur europ\u00e9en Stellantis, m\u00eame si les syndicats doutent que le projet s’accompagne de transferts de technologie significatifs. Jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent, la position espagnole n’a pas nui \u00e0 l’image du pays au sein de l’Union ; des signes de compr\u00e9hension et de soutien mutuels ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s entre S\u00e1nchez et von der Leyen.<\/p>\n\n\n\n Malgr\u00e9 toutes ses offensives de charme, Madrid insiste : l’Espagne n’a pas l’intention de devenir \u00ab la nouvelle Hongrie \u00bb. Le r\u00e9gime de Viktor Orb\u00e1n passait pour l’alli\u00e9 le plus proche de la Chine au sein de l’Union, compliquant souvent les efforts d’unit\u00e9 europ\u00e9enne. Entre 2013 et 2023, P\u00e9kin a tiss\u00e9 des liens avec la Hongrie et plusieurs \u00c9tats d’Europe centrale et orientale \u00e0 coups de projets d’infrastructure, de promesses d’investissement et du cadre \u00ab 16+1 \u00bb. Dans la pratique, seule la Hongrie en a tir\u00e9 un avantage substantiel : les investissements directs chinois y ont atteint 5,28 milliards d’euros en 2024, soit 51 % du total des investissements \u00e9trangers du pays.<\/p>\n\n\n\n La politique chinoise d’Orb\u00e1n s’est heurt\u00e9e \u00e0 la volont\u00e9 de l’Union de renforcer le contr\u00f4le des investissements, sur fond de craintes croissantes, partout en Europe, que les investissements industriels chinois n’alimentent suppressions d’emplois et fermetures d’entreprises. Depuis la victoire du chef de l’opposition P\u00e9ter Magyar, Budapest pourrait progressivement aligner sa politique chinoise sur celle de l’Union, m\u00eame si les projets d’investissement existants devraient se maintenir, la Hongrie offrant un acc\u00e8s au vaste march\u00e9 europ\u00e9en. Le nouveau gouvernement a d\u00e9j\u00e0 ouvert des enqu\u00eates, aux niveaux local et national, sur deux usines de v\u00e9hicules \u00e9lectriques et de batteries d\u00e9tenues par des entreprises chinoises : BYD \u00e0 Szeged et CATL \u00e0 Debrecen. Mais les alternatives aux IDE chinois restent rares en Hongrie et le gouvernement Magyar continuerait donc probablement de consid\u00e9rer ces investissements comme un pilier de la strat\u00e9gie de croissance et de d\u00e9veloppement du pays. Dans le m\u00eame temps, la sortie du pouvoir d’Orb\u00e1n en Hongrie, une approche paneurop\u00e9enne devrait \u00eatre plus facile \u00e0 mettre en \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n La politique de l\u2019Union \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Chine est entr\u00e9e dans une phase d\u00e9cisive alors que l\u2019hypoth\u00e8se de longue date selon laquelle le march\u00e9 de consommation europ\u00e9en garantirait automatiquement un levier de pression sur P\u00e9kin est remise en question.<\/p>\n\n\n\n Alors que la Chine adopte une posture plus transactionnelle et comp\u00e9titive, l\u2019Union semble d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 renforcer sa r\u00e9silience industrielle, sa souverainet\u00e9 technologique et sa s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique. Si les investissements chinois continuent de susciter de l\u2019int\u00e9r\u00eat, l\u2019opinion publique \u00e0 travers l\u2019Europe est divis\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n Un r\u00e9cent \u00ab audit de r\u00e9silience Europe-Chine \u00bb a mis en \u00e9vidence la complexit\u00e9 des perceptions europ\u00e9ennes de la Chine sur les plans \u00e9conomique, politique, s\u00e9curitaire et soci\u00e9tal <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Un autre sondage a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que deux tiers des Allemands interrog\u00e9s ont une opinion d\u00e9favorable de la Chine <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Les prochaines n\u00e9gociations commerciales entre l\u2019Union et la Chine s\u2019annoncent sans aucun doute difficiles.<\/p>\n\n\n\n Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, la Chine a privil\u00e9gi\u00e9 les relations bilat\u00e9rales avec les diff\u00e9rents \u00c9tats membres plut\u00f4t que l\u2019engagement institutionnel avec Bruxelles, manifestant ainsi sa frustration face aux politiques commerciales de plus en plus d\u00e9fensives. Il semble que l\u2019Allemagne, la France, l\u2019Italie et la Pologne s\u2019orientent vers une approche plus \u00e9quilibr\u00e9e et unifi\u00e9e, tandis que des pays comme les Pays-Bas et la Su\u00e8de continuent de s\u2019aligner \u00e9troitement sur les objectifs g\u00e9n\u00e9raux europ\u00e9ens. Mais en mati\u00e8re de commerce, il n\u2019y a pas d\u2019autre acteur que la Commission, dont le mandat consiste clairement \u00e0 g\u00e9rer ces questions. <\/p>\n\n\n\n Le v\u00e9ritable d\u00e9fi pour l\u2019Europe est de savoir si elle peut concilier s\u00e9curit\u00e9 \u00e9conomique et regain de comp\u00e9titivit\u00e9, prot\u00e9ger les secteurs strat\u00e9giques lorsque cela s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire (infrastructures, technologie), tout en attirant des investissements sur la base de la r\u00e9ciprocit\u00e9 et en reconstruisant les capacit\u00e9s d\u2019innovation et les capacit\u00e9s industrielles n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 la Chine en position de force.<\/p>\n\n\n\n Peut-\u00eatre la v\u00e9ritable question concerne-t-elle l\u2019Union elle-m\u00eame : plut\u00f4t que de r\u00e9agir aux offensives commerciales de la Chine \u2013 ou des \u00c9tats-Unis \u2013, est-elle capable de rem\u00e9dier \u00e0 ses propres insuffisances industrielles ? L\u2019Union ne se contente plus de s\u2019appuyer sur la taille de son march\u00e9 de consommation comme moyen de pression, et elle n\u2019est pas non plus dispos\u00e9e \u00e0 accepter une relation dans laquelle les exportations chinoises progressent tandis que la capacit\u00e9 industrielle europ\u00e9enne s\u2019\u00e9rode. <\/p>\n\n\n\n Les mesures d\u00e9fensives peuvent permettre de gagner du temps, mais elles ne suffiront pas si l’Europe ne s’attaque pas \u00e9galement aux questions de productivit\u00e9, de co\u00fbts \u00e9nerg\u00e9tiques, de financement de l’innovation, des march\u00e9s des capitaux et de la coordination industrielle. <\/p>\n\n\n\n Un changement fondamental de la comp\u00e9titivit\u00e9 europ\u00e9enne est indispensable. <\/p>\n\n\n\n Cela n\u00e9cessitera d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer les proc\u00e9dures d\u2019autorisation, de mieux aligner les investissements publics et priv\u00e9s dans les technologies strat\u00e9giques, d\u2019\u00e9tendre les initiatives de reconversion professionnelle pour pallier les p\u00e9nuries de main-d\u2019\u0153uvre dans les secteurs de la fabrication de pointe et de l\u2019ing\u00e9nierie, et, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, d\u2019adopter une position pragmatique. <\/p>\n\n\n\n De telles mesures n\u2019emp\u00eacheront pas la Chine de continuer \u00e0 gagner des parts de march\u00e9 dans les exportations mondiales. Elles permettront plut\u00f4t de renforcer la base industrielle de l\u2019Europe, d\u2019am\u00e9liorer ses capacit\u00e9s technologiques et de renforcer sa capacit\u00e9 \u00e0 rivaliser \u00e0 armes plus \u00e9gales. <\/p>\n\n\n\n Le d\u00e9fi auquel l\u2019Union est confront\u00e9e ne consiste donc pas simplement \u00e0 se d\u00e9fendre contre les pressions \u00e9conomiques ext\u00e9rieures, mais \u00e0 entreprendre les r\u00e9formes structurelles n\u00e9cessaires pour r\u00e9tablir sa comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e0 long terme.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Le maximalisme industriel de P\u00e9kin est en train de faire changer le mod\u00e8le europ\u00e9en.<\/p>\n","protected":false},"author":61106,"featured_media":345530,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-studies.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"_yoast_wpseo_estimated-reading-time-minutes":20,"footnotes":""},"categories":[3331],"tags":[],"staff":[3155],"editorial_format":[4849],"serie":[],"audience":[],"geo":[531],"class_list":["post-345537","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-capitalismes-politiques-en-guerre","staff-philippe-le-corre","editorial_format-etudes","geo-chine"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":"default","_thumbnail_id":345530,"excerpt":"Le maximalisme industriel de P\u00e9kin est en train de faire changer le mod\u00e8le europ\u00e9en.","display_date":"","new_abstract":true},"yoast_head":"\nPourquoi ce sentiment d\u2019urgence en Europe face au <\/strong>nouveau \u00ab choc chinois \u00bb<\/strong><\/a> ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n L\u2019Union et la Chine utilisent-elles le commerce comme une arme ? <\/strong><\/h2>\n\n\n\n
\n <\/picture>\n
\n <\/picture>\n La politique commerciale devient politique industrielle<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Vers un \u00e9largissement des instruments de d\u00e9fense commerciale <\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Un front uni face \u00e0 la Chine ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n De Budapest \u00e0 Madrid, des approches divergentes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Le vrai d\u00e9fi est int\u00e9rieur<\/strong><\/h2>\n\n\n\n