{"id":344795,"date":"2026-07-05T17:00:09","date_gmt":"2026-07-05T15:00:09","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=344795"},"modified":"2026-07-05T17:00:19","modified_gmt":"2026-07-05T15:00:19","slug":"donald-trump-a-transforme-la-liberte-dexpression-en-arme-de-vassalisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/07\/05\/donald-trump-a-transforme-la-liberte-dexpression-en-arme-de-vassalisation\/","title":{"rendered":"Donald Trump a transform\u00e9 la libert\u00e9 d\u2019expression en arme de vassalisation"},"content":{"rendered":"\n
D\u00e8s le d\u00e9but de sa troisi\u00e8me campagne pr\u00e9sidentielle en d\u00e9cembre 2022, juste apr\u00e8s avoir annonc\u00e9 sa candidature, Donald Trump a fait de la libert\u00e9 d’expression un combat existentiel pour le pays <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Dans une vid\u00e9o publi\u00e9e sur YouTube et reprise sur son site de campagne, il a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab If we don\u2019t have free speech, then we just don\u2019t have a free country<\/em> \u00bb. Il ajoute dans la foul\u00e9e son intention de \u00ab d\u00e9truire l\u2019appareil de censure de la gauche \u00bb. En 2023 et 2024, cet accent sur la libert\u00e9 d’expression s’est poursuivi, se renfor\u00e7ant\u00a0\u00e0 chaque nouvelle annonce de proc\u00e8s le visant, et a \u00e9t\u00e9 repris par l’ensemble de la sph\u00e8re m\u00e9diatique MAGA et en particulier par ses plus \u00e9minents influenceurs, dont plusieurs sont aujourd’hui membres de l’administration ou accr\u00e9dit\u00e9s aupr\u00e8s des services de presse couvrant les diff\u00e9rentes agences.<\/p>\n\n\n\n D\u00e8s son retour \u00e0 la Maison-Blanche, la volont\u00e9 de \u00ab restaurer la libert\u00e9 d’expression \u00bb en \u00ab prot\u00e9geant le Premier amendement \u00bb a fait l’objet d’un d\u00e9cret dont les pr\u00e9mices \u00e9taient fausses puisqu’il accusait l’administration Biden d’avoir pratiqu\u00e9 la censure \u00e0 grande \u00e9chelle <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Depuis, la notion de \u00ab libert\u00e9 d\u2019expression \u00bb a \u00e9t\u00e9 instrumentalis\u00e9e par l’administration Trump II pour poursuivre les \u00ab ennemis \u00bb politiques du pr\u00e9sident, en particulier les responsables de l’administration pr\u00e9c\u00e9dente qui avaient travaill\u00e9 sur la lutte contre la d\u00e9sinformation d’origine \u00e9trang\u00e8re, ainsi que plusieurs responsables de ses inculpations judiciaires. <\/p>\n\n\n\n \u00c0 l\u2019\u00e9chelle internationale, cette notion a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme pr\u00e9texte pour attaquer les r\u00e9glementations europ\u00e9ennes visant les entreprises de la tech, ainsi que plusieurs pays et leur l\u00e9gislation, notamment en ce qui concerne les discours de haine. Elle a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 brandie comme un outil de chantage vis-\u00e0-vis de l’Europe, en particulier lors des n\u00e9gociations commerciales. <\/p>\n\n\n\n La publication le 5 d\u00e9cembre 2025 de la strat\u00e9gie de s\u00e9curit\u00e9 nationale de l’administration Trump a rendu l\u2019instrumentalisation de la libert\u00e9 d’expression contre l’Europe encore plus explicite : la protection de la \u00ab libert\u00e9 d’expression \u00bb des citoyens am\u00e9ricains est d\u00e9finie comme \u00ab principe fondamental \u00bb devant guider la politique \u00e9trang\u00e8re des \u00c9tats-Unis, et le texte attribue \u00e0 l’Union la pratique de cette soi-disant censure <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L’inscription de ces notions et leur r\u00e9p\u00e9tition dans le principal document de strat\u00e9gie am\u00e9ricaine repr\u00e9sente une rupture profonde qui donne une dimension strat\u00e9gique \u00e0 la bataille culturelle et confirme la centralit\u00e9 de la notion de libert\u00e9 d’expression dans la relation transatlantique <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Or, le sens et la port\u00e9e de la \u00ab libert\u00e9 d’expression \u00bb et du Premier amendement ont connu d’importantes \u00e9volutions au cours de l’histoire am\u00e9ricaine. La d\u00e9finition de l’\u00e9tendue et des limites de cette libert\u00e9, de m\u00eame que la libert\u00e9 de la presse, ont vari\u00e9 au gr\u00e9 des majorit\u00e9s et des d\u00e9cisions de la Cour supr\u00eame. Surtout, le camp conservateur en a r\u00e9cemment fait un terrain de lutte politique en lien avec le retour au pouvoir de Trump en janvier 2025. Au cours de sa premi\u00e8re ann\u00e9e de mandat, la notion a sembl\u00e9 faire l’objet de nouvelles red\u00e9finitions sous l’effet de l’assassinat de l’influenceur Charlie Kirk.<\/p>\n\n\n\n La libert\u00e9 d’expression est ainsi doublement remise en question : red\u00e9finie \u00e0 l’int\u00e9rieur des \u00c9tats-Unis, elle devient \u00e9galement un outil de projection du mod\u00e8le am\u00e9ricain \u00e0 l’international, dirig\u00e9 en premier lieu contre l’Europe. Ce double mouvement rend indispensable un retour sur les jalons historiques de cette notion aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n La notion de libert\u00e9 d\u2019expression inscrite dans la Constitution am\u00e9ricaine puise ses racines dans la tradition juridique anglaise, les fondements du lib\u00e9ralisme politique selon John Locke (Second Trait\u00e9 du gouvernement<\/em>), et la philosophie des Lumi\u00e8res <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les pamphlets de John Milton, notamment Areopagitica<\/em> (1644), d\u00e9fendent la libert\u00e9 de la presse contre la censure, arguant que le libre-\u00e9change des id\u00e9es \u00e9tait le fondement de la v\u00e9rit\u00e9 et de la connaissance <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cette philosophie nourrit les d\u00e9bats des P\u00e8res fondateurs am\u00e9ricains \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n La libert\u00e9 d’expression est ainsi doublement remise en question : red\u00e9finie \u00e0 l’int\u00e9rieur des \u00c9tats-Unis, elle devient \u00e9galement un outil de projection du mod\u00e8le am\u00e9ricain \u00e0 l’international, dirig\u00e9 en premier lieu contre l’Europe.<\/p>Maya Kandel<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Ainsi, lors des d\u00e9bats sur la Constitution (1787\u20131789), les repr\u00e9sentants de plusieurs \u00c9tats manifestent des r\u00e9ticences face \u00e0 l\u2019absence de garanties explicites pour les droits individuels. L\u2019objet des amendements \u00e0 la Constitution (Bill of Rights<\/em>) est de garantir les droits individuels face aux pouvoirs des trois branches d\u00e9finis par la Constitution. La ratification du Bill of Rights<\/em> en 1791, et en particulier du Premier amendement, constitue une r\u00e9ponse \u00e0 ces pr\u00e9occupations : \u00ab Congress shall make no law\u2026 abridging the freedom of speech, or of the press\u2026<\/em> \u00bb <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cette formulation ne pr\u00e9cise pas les contours de la libert\u00e9 d\u2019expression, laissant au pouvoir judiciaire la t\u00e2che de l\u2019interpr\u00e9ter. <\/p>\n\n\n\n Le contexte politique de l\u2019\u00e9poque, marqu\u00e9 par l\u2019opposition entre f\u00e9d\u00e9ralistes et anti-f\u00e9d\u00e9ralistes, conduit \u00e0 ne pas d\u00e9finir cette libert\u00e9 de fa\u00e7on absolue. Les Alien and Sedition Acts<\/em> de 1798, promulgu\u00e9s sous l\u2019administration John Adams (1797-1801), criminalisaient la critique du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ces deux lois sont vivement contest\u00e9es, notamment par Thomas Jefferson et James Madison, et contribuent \u00e0 la d\u00e9faite d\u2019Adams en 1800.<\/p>\n\n\n\n Pendant une grande partie du XIXe si\u00e8cle, la protection f\u00e9d\u00e9rale de la libert\u00e9 d\u2019expression reste limit\u00e9e. Le Premier amendement prot\u00e8ge alors seulement contre les lois du Congr\u00e8s, et laisse aux \u00c9tats la possibilit\u00e9 de restreindre la parole et la presse selon leur l\u00e9gislation.<\/p>\n\n\n\n La question de l\u2019esclavage provoque la plus grave entorse \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression au XIXe si\u00e8cle. Le \u00ab gag rule<\/em> \u00bb, adopt\u00e9 sous forme de simple r\u00e9solution par la Chambre des repr\u00e9sentants en 1836, institue une proc\u00e9dure automatique visant \u00e0 \u00e9carter sans examen les p\u00e9titions relatives \u00e0 l\u2019abolition de l\u2019esclavage. Cette mesure, renouvel\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises jusqu\u2019\u00e0 son abrogation en 1844, traduit la volont\u00e9 des \u00e9lus du Sud de neutraliser le d\u00e9bat public sur la question de l\u2019esclavage, \u00e0 un moment o\u00f9 le mouvement abolitionniste gagne en influence dans les \u00c9tats du Nord <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>. En suspendant toute discussion parlementaire sur un sujet aussi clef, le Congr\u00e8s acceptait de fait une forme de censure institutionnelle, en contradiction avec le Premier amendement. <\/p>\n\n\n\n Dans These Truths<\/em>, Jill Lepore fait de cet \u00e9pisode une manifestation du paradoxe constitutif de la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaine : une nation fond\u00e9e sur l\u2019id\u00e9al d\u2019\u00e9galit\u00e9, mais amen\u00e9e \u00e0 restreindre la parole publique pour pr\u00e9server l\u2019esclavage. John Quincy Adams, fils de l\u2019ancien pr\u00e9sident John Adams et lui-m\u00eame ancien pr\u00e9sident (1825-1829), alors repr\u00e9sentant du Massachusetts, d\u00e9nonce d\u2019ailleurs la r\u00e8gle comme une atteinte au Premier amendement et m\u00e8ne une campagne pour son abrogation. Son succ\u00e8s en 1844, avec l\u2019abrogation du \u00ab gag rule<\/em> \u00bb par une nouvelle r\u00e9solution de la Chambre, repr\u00e9sente \u00e0 la fois une victoire pour les abolitionnistes et une r\u00e9affirmation du droit des citoyens \u00e0 interpeller leur gouvernement, pilier du constitutionnalisme am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s la guerre de S\u00e9cession, le 14\u1d49 amendement, en 1868, introduit la clause de due process<\/em>, qui permet aux tribunaux f\u00e9d\u00e9raux d\u2019appliquer certaines protections du Bill of Rights<\/em> \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des \u00c9tats <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Dans l\u2019affaire Gitlow v. New York<\/em>, en 1925, la Cour supr\u00eame reconna\u00eet pour la premi\u00e8re fois que la libert\u00e9 d\u2019expression est concern\u00e9e par le 14\u1d49 amendement, et doit donc s\u2019appliquer aux \u00c9tats, et ce bien que la Cour ait condamn\u00e9 Gitlow pour avoir publi\u00e9 un manifeste socialiste incitant au renversement du gouvernement <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n La Premi\u00e8re Guerre mondiale voit le retour de la tension entre libert\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 nationale. Les lois sur l\u2019espionnage et la s\u00e9dition en 1917 et 1918 <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span> criminalisent la critique du gouvernement et des forces arm\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n En 1917, Woodrow Wilson, pour s\u2019assurer du soutien de l\u2019opinion face \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en guerre, met en place un organe officiel de propagande, le Committee on Public Information<\/em> (CPI), dirig\u00e9 par le journaliste progressiste George Creel. Le CPI emploie des centaines de fonctionnaires et des milliers de b\u00e9n\u00e9voles charg\u00e9s de diffuser des messages pro-guerre \u00e0 travers la presse, la radio et le cin\u00e9ma <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>. John Dewey d\u00e9nonce alors cette mobilisation intellectuelle forc\u00e9e comme une \u00ab conscription de la pens\u00e9e \u00bb, une volont\u00e9 du gouvernement d\u2019emp\u00eacher tout jugement critique face aux imp\u00e9ratifs de l\u2019\u00c9tat en guerre <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Cette \u00ab conscription de la pens\u00e9e \u00bb a des cons\u00e9quences profondes sur la d\u00e9finition de la libert\u00e9 d\u2019expression. Dans un climat d’union sacr\u00e9e, le Congr\u00e8s adopte en 1918 le Sedition Act<\/em>, destin\u00e9 \u00e0 \u00e9touffer toute contestation du gouvernement ou critique de la guerre, qui constitue la plus grave atteinte \u00e0 la libert\u00e9 politique depuis les Alien and Sedition Acts<\/em> de 1798. La r\u00e9pression est d\u2019une ampleur in\u00e9dite : plus de deux mille citoyens sont poursuivis pour s\u00e9dition et environ la moiti\u00e9 est condamn\u00e9e, tandis que tous les recours port\u00e9s devant la Cour supr\u00eame \u00e9chouent. Les victimes de cette politique sont des pacifistes, des f\u00e9ministes et surtout des socialistes. Par exemple, 96 membres du syndicat Industrial Workers of the World<\/em> (IWW), dont son dirigeant Bill Haywood, sont condamn\u00e9s \u00e0 vingt ans de prison, tandis que le leader socialiste Eugene Debs \u00e9cope de dix ans pour avoir d\u00e9fendu la libert\u00e9 de conscience. Cet \u00e9pisode est appel\u00e9 le premier \u00ab Red Scare<\/em> \u00bb <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Dans Schenck v. United States<\/em> (1919), le juge Oliver Wendell Holmes formule la c\u00e9l\u00e8bre m\u00e9taphore \u00ab faire feu dans un th\u00e9\u00e2tre bond\u00e9 \u00bb, qui introduit le crit\u00e8re de la \u00ab menace claire et imminente \u00bb comme la restriction de certains discours. Cette jurisprudence vise \u00e0 concilier la protection de la parole et les imp\u00e9ratifs de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Holmes \u00e9crit aussi que toute soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique doit reposer sur le libre-\u00e9change des id\u00e9es : \u00ab Le meilleur test de v\u00e9rit\u00e9 est la propension d\u2019une pens\u00e9e \u00e0 se faire accepter dans la concurrence du march\u00e9 des id\u00e9es \u00bb <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Cette m\u00e9taphore traduit la conviction que la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9merge naturellement du d\u00e9bat public et de la d\u00e9lib\u00e9ration, et non de l\u2019imposition d\u2019une opinion par l\u2019autorit\u00e9. Elle reprend la philosophie lib\u00e9rale de John Stuart Mill, pour qui la confrontation entre les opinions constitue la condition m\u00eame du progr\u00e8s intellectuel et moral <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>. D\u00e9fendre la libert\u00e9 d\u2019expression, dans cette perspective, revient \u00e0 d\u00e9fendre la d\u00e9mocratie elle-m\u00eame, puisque celle-ci ne peut vivre que de la libre circulation de la pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Bien que minoritaires \u00e0 l\u2019\u00e9poque, Holmes et ses coll\u00e8gues ouvrent une voie nouvelle dans la jurisprudence am\u00e9ricaine. Leurs id\u00e9es sont reprises et approfondies par des intellectuels comme Walter Lippmann ou Alexander Meiklejohn qui se d\u00e9finit comme le premier \u00ab absolutiste \u00bb de la libert\u00e9 d\u2019expression <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Les ann\u00e9es 1960, marqu\u00e9es par le mouvement pour les droits civils, sont celles de l\u2019\u00e9mergence de d\u00e9cisions majeures renfor\u00e7ant la libert\u00e9 de parole politique et surtout la libert\u00e9 de la presse. New York Times Co. v. Sullivan<\/em> (1964) red\u00e9finit la diffamation en exigeant la preuve de \u00ab actual malice<\/em> \u00bb, soit le mensonge en connaissance de cause, pour qu\u2019une personnalit\u00e9 publique ou politique puisse poursuivre pour diffamation, ce qui renforce la protection de la presse et le droit \u00e0 la critique <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Cette d\u00e9finition, et la n\u00e9cessit\u00e9 de prouver \u00ab le mensonge en connaissance de cause \u00bb donne \u00e0 la presse une protection sup\u00e9rieure \u00e0 celle qui existe en France \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n Cette lecture novatrice du Premier amendement transforme peu \u00e0 peu la libert\u00e9 d\u2019expression en un instrument de conqu\u00eate de droits, avec le soutien de la Cour supr\u00eame sous la pr\u00e9sidence du juge Earl Warren (1953\u20131969) <\/span>20<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Ainsi, sous sa pr\u00e9sidence, la Cour supr\u00eame consacre un \u00ab engagement national profond en faveur du principe selon lequel le d\u00e9bat sur les questions publiques doit \u00eatre d\u00e9sinhib\u00e9, solide et ouvert \u00bb, selon la formule c\u00e9l\u00e8bre de l\u2019arr\u00eat New York Times Co. v. Sullivan<\/em> (1964). La Cour prot\u00e8ge le quotidien new-yorkais contre une accusation de diffamation port\u00e9e par un responsable de l\u2019Alabama, dans le contexte de la lutte pour les droits civils. En reconnaissant la primaut\u00e9 de la critique publique sur la protection de la r\u00e9putation des autorit\u00e9s, la Cour donne au Premier amendement sa signification centrale : celle d\u2019une garantie de la discussion libre, condition essentielle de la d\u00e9mocratie <\/span>21<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Le journaliste David Enrich souligne que cette d\u00e9cision reste aujourd\u2019hui un pilier de la libert\u00e9 de la presse, bien qu\u2019elle soit confront\u00e9e \u00e0 des menaces croissantes de la part de certains groupes conservateurs, et depuis 2016, du pr\u00e9sident Donald Trump. \u00c0 l\u2019avant-garde de l\u2019offensive se trouve, l\u2019Institut Claremont depuis les ann\u00e9es 1980. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, il collabore d\u00e9j\u00e0 avec le futur juge de la Cour supr\u00eame Clarence Thomas, \u00e0 qui il fournit des greffiers et des id\u00e9es pour mener la lutte <\/span>22<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Cette lecture novatrice du Premier amendement transforme peu \u00e0 peu la libert\u00e9 d\u2019expression en un instrument de conqu\u00eate de droits.<\/p>Maya Kandel<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n En 1971, un autre arr\u00eat, New York Times v. United States<\/em>, renforce encore la libert\u00e9 d\u2019expression \u00e0 l\u2019occasion de la publication de documents confidentiels relatifs \u00e0 la guerre du Vietnam. Transmis par un lanceur d\u2019alerte, les \u00ab Pentagon Papers<\/em> \u00bb r\u00e9v\u00e8lent de nombreuses informations sensibles \u00e0 propos de l\u2019intervention am\u00e9ricaine. L\u2019administration Nixon fulmine, mais la Cour supr\u00eame estime que le gouvernement ne peut emp\u00eacher leur divulgation \u00e0 moins qu\u2019elle n\u2019entra\u00eene \u00ab \u00e0 coup s\u00fbr des dommages directs, imm\u00e9diats et irr\u00e9parables \u00e0 notre nation ou \u00e0 son peuple \u00bb. En 1976, la Cour supr\u00eame ouvre m\u00eame l\u2019application du Premier amendement au discours commercial dans le contentieux Virginia State Pharmacy Board v. Virginia Citizens Consumer Council<\/em>, jugeant qu\u2019un \u00c9tat ne peut pas limiter le droit des pharmaciens \u00e0 faire de la publicit\u00e9 sur les prix des m\u00e9dicaments d\u00e9livr\u00e9s sur ordonnance. Un an plus tard, en 1977, la Cour supr\u00eame illustre cette primaut\u00e9 absolue de la libert\u00e9 d\u2019expression en exigeant de la justice de l\u2019Illinois qu\u2019elle se saisisse d\u2019un recours d\u00e9pos\u00e9 par le Parti national-socialiste d\u2019Am\u00e9rique, groupuscule supr\u00e9maciste et antis\u00e9mite interdit de d\u00e9fil\u00e9 dans la ville de Skokie, une proche banlieue de Chicago, o\u00f9 r\u00e9sident de nombreux survivants juifs de l’Holocauste. Pour la Cour supr\u00eame de l\u2019Illinois, \u00ab l\u2019utilisation de la croix gamm\u00e9e est une forme symbolique de libert\u00e9 d\u2019expression b\u00e9n\u00e9ficiant de la protection du Premier amendement \u00bb <\/span>23<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n La r\u00e9action conservatrice \u00e0 la Cour Warren ne va pas tarder. Elle s\u2019organise autour de plusieurs acteurs et institutions : des think tanks comme l\u2019Institut Claremont, dont l\u2019originalisme est l\u2019un des combats principaux depuis sa cr\u00e9ation en 1979, la Heritage Foundation (cr\u00e9\u00e9e en 1973), la Federalist Society (1982), ainsi que des juges f\u00e9d\u00e9raux nomm\u00e9s par les administrations r\u00e9publicaines et des acteurs et juristes influents tels que Edwin Meese ou Robert Bork. En 1971, Bork avait soutenu que la protection constitutionnelle ne devrait s\u2019appliquer qu\u2019aux discours explicitement politiques, excluant les expressions litt\u00e9raires, scientifiques ou \u00e0 caract\u00e8re obsc\u00e8ne <\/span>24<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Progressivement, le camp conservateur comprend l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il peut tirer \u00e0 son tour de l\u2019arme du Premier amendement. Une \u00e9tude de 2018 de l\u2019universit\u00e9 du Michigan consacr\u00e9e aux d\u00e9cisions de la Cour supr\u00eame fait appara\u00eetre une baisse constante des dossiers dans lesquels un point de vue progressiste est avanc\u00e9 <\/span>25<\/sup><\/a><\/span><\/span>. \u00c0 partir du milieu des ann\u00e9es 2000, les conservateurs peuvent s\u2019appuyer, au sein de la Cour supr\u00eame, sur une majorit\u00e9 de juges s\u00e9lectionn\u00e9s par la Federalist Society. Sous la pr\u00e9sidence de John Roberts, en poste depuis 2005, les victoires conservatrices en mati\u00e8re de libert\u00e9 d\u2019expression d\u00e9passent de beaucoup les victoires progressistes (69 % contre 21 %). <\/p>\n\n\n\n La d\u00e9cision Citizens United v. Federal Election Commission<\/em> (2010) est embl\u00e9matique de cette \u00e9volution <\/span>26<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Dans Citizens United<\/em>, la Cour juge que les restrictions sur le financement de campagnes partisanes par des entreprises ou des agences de communication politiques constituent une atteinte au Premier amendement, et \u00e9largit ainsi la libert\u00e9 d\u2019expression aux entit\u00e9s collectives et priv\u00e9es. Cette d\u00e9cision va profond\u00e9ment transformer le paysage politique am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n Progressivement, le camp conservateur comprend l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il peut tirer \u00e0 son tour de l\u2019arme du Premier amendement.<\/p>Maya Kandel<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n C\u2019est un premier coup de butoir de taille contre le libre march\u00e9 des id\u00e9es, car les sommes investies par des entit\u00e9s priv\u00e9es dans les Super PACS, les comit\u00e9s d\u2019action politique d\u2019acteurs individuels (comme Elon Musk en 2024), ou d\u2019entreprises, donnent \u00e0 ceux qui d\u00e9pensent le plus un poids \u00e9crasant dans les scrutins. La cons\u00e9quence directe de Citizens United<\/em> est d’abolir de fait toute limite aux d\u00e9penses de campagnes politiques, malgr\u00e9 l’existence de lois sur le financement des campagnes \u00e9lectorales aux \u00c9tats-Unis. Les conditions impos\u00e9es aux Super PACS pour \u00e9chapper aux lois sur les financements de campagne rel\u00e8vent en effet de l’hypocrisie : la principale condition est qu’il ne doit pas y avoir de coordination institutionnalis\u00e9e entre ces donateurs priv\u00e9s et l’\u00e9quipe de campagne. L\u00e0 encore l’exemple d’Elon Musk pendant la campagne 2024 illustre l’inanit\u00e9 de cette condition <\/span>27<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Le second coup port\u00e9 \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation lib\u00e9rale de la libert\u00e9 d\u2019expression vient de Trump, qui reprend d\u00e8s sa premi\u00e8re campagne les attaques de longue date contre l\u2019arr\u00eat Sullivan que portait l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me conservateur, notamment l\u2019Institut Claremont.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 partir de la contre-r\u00e9volution conservatrice, qui commence d\u00e8s les ann\u00e9es 1970, des groupes cherchent \u00e0 faire triompher une autre conception de la libert\u00e9 d\u2019expression. De la d\u00e9cision Citizens United<\/em> aux assauts contre l\u2019arr\u00eat NYT v. Sullivan<\/em>, l’h\u00e9ritage de la Cour Warren a \u00e9t\u00e9 progressivement remis en cause. Il n’existe donc pas de \u00ab libert\u00e9 d\u2019expression \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine \u00bb intemporelle. L’administration Trump II cherche aujourd’hui \u00e0 en red\u00e9finir les contours au service d\u2019objectifs politiques, d\u2019abord \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, contre ses adversaires et les m\u00e9dias, mais aussi \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, contre l\u2019Europe et ses r\u00e9glementations.<\/p>\n\n\n\n L\u2019instrumentalisation de la libert\u00e9 d\u2019expression par Trump et les MAGA s\u2019inscrit d\u2019abord dans le cadre d\u2019une strat\u00e9gie m\u00e9diatique qui transforme radicalement l\u2019espace informationnel am\u00e9ricain en quelques ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n D\u00e8s ses premi\u00e8res apparitions m\u00e9diatiques dans les ann\u00e9es 1970, Donald Trump a construit une relation symbiotique avec les m\u00e9dias, ins\u00e9parable de sa carri\u00e8re de promoteur puis de star de la t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9 et enfin d\u2019homme politique. V\u00e9ritable expert m\u00e9diatique, Trump comprend tr\u00e8s t\u00f4t que la provocation, les exag\u00e9rations sur sa fortune, et la mise en avant de sa vie personnelle, notamment sentimentale, peuvent captiver l\u2019attention des journalistes et du public s\u2019ils sont bien mis en sc\u00e8ne, un art qu\u2019il ma\u00eetrise parfaitement gr\u00e2ce \u00e0 sa personnalit\u00e9 sans surmoi. Que ce soit dans la presse \u00e9crite ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, il cajole les journalistes tout en maniant la provocation et l\u2019outrance. Comme il le r\u00e9suma lui-m\u00eame, \u00ab J\u2019utilise les m\u00e9dias comme les m\u00e9dias m\u2019utilisent \u2013 pour attirer l\u2019attention \u00bb <\/span>28<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n\n\n Lors de sa premi\u00e8re campagne pr\u00e9sidentielle en 2015, Trump exploite cette logique et b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une immense exposition m\u00e9diatique : les m\u00e9dias traditionnels, les cha\u00eenes c\u00e2bl\u00e9es, reprennent et amplifient \u00e0 l\u2019unisson les provocations et outrances de ce bon client. Il s\u2019agit d\u2019une forme de cod\u00e9pendance b\u00e9n\u00e9fique : Trump se vante de la publicit\u00e9 gratuite dont il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, tandis que les m\u00e9dias voient leurs audiences exploser <\/span>29<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Mais la d\u00e9faite de 2020, l\u2019assaut sur le Capitole et la \u00ab d\u00e9plateformisation \u00bb qui s\u2019ensuit transforment le paysage m\u00e9diatique am\u00e9ricain et la relation entre Trump et les m\u00e9dias. Trump construit sa troisi\u00e8me campagne sur le double mensonge de l\u2019\u00e9lection 2020 vol\u00e9e par Biden et de l\u2019assaut du 6 janvier 2021 comme manifestation patriotique l\u00e9gitime. Surtout, un \u00e9cosyst\u00e8me m\u00e9diatique alternatif se cr\u00e9e et se consolide, avec des plateformes vid\u00e9os et des r\u00e9seaux sociaux financ\u00e9s et domin\u00e9s par les conservateurs. Le rachat de Twitter par Elon Musk en 2022 consolide encore cet \u00e9cosyst\u00e8me ultra-conservateur <\/span>30<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Trump n\u2019a d\u00e9sormais plus besoin des m\u00e9dias traditionnels pour atteindre son public. Gr\u00e2ce aux r\u00e9seaux sociaux, aux podcasts, aux cha\u00eenes et influenceurs pro-MAGA, et \u00e0 son propre r\u00e9seau Truth Social, il \u00e9volue d\u00e9sormais dans une bulle m\u00e9diatique acquise \u00e0 sa cause et qu\u2019il fa\u00e7onne \u00e0 sa guise. Les m\u00e9dias traditionnels sont devenus des ennemis : il les attaque, les poursuit en justice, menace leur cr\u00e9dibilit\u00e9 et in fine <\/em>leur mod\u00e8le \u00e9conomique. Il soutient en parall\u00e8le les nouveaux m\u00e9dias qui lui sont loyaux <\/span>31<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Son objectif a donc \u00e9volu\u00e9. Il ne s\u2019agit plus de capter l\u2019attention, mais de dominer l\u2019espace informationnel par son propre r\u00e9cit, relay\u00e9 par les m\u00e9dias amis, et de d\u00e9truire les m\u00e9dias traditionnels et tous ceux qui font encore du journalisme. <\/p>\n\n\n\n La Maison-Blanche elle-m\u00eame fonctionne d\u00e9sormais comme un m\u00e9dia, produisant du contenu, des m\u00e8mes<\/em> et des r\u00e9cits, orchestr\u00e9s avec une rapidit\u00e9 et une strat\u00e9gie semblables \u00e0 celles d\u2019une entreprise m\u00e9diatique <\/span>32<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Ce nouveau mod\u00e8le se d\u00e9veloppe dans le contexte de fragilisation des m\u00e9dias traditionnels et de baisse de confiance du public, qui rend la presse particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable aux pressions politiques. Cette d\u00e9saffection est exploit\u00e9e par Trump pour imposer une r\u00e9alit\u00e9 alternative, consolid\u00e9e par l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me de m\u00e9dias ultra-conservateurs domin\u00e9s par les MAGA, une diffusion massive de fausses informations et de r\u00e9cits conspirationnistes, et une manipulation de donn\u00e9es gouvernementales pour fa\u00e7onner l\u2019information \u00e0 sa guise. La fronti\u00e8re entre communication officielle, propagande et divertissement s\u2019estompe. Dans ce contexte, la presse traditionnelle devient un acteur subalterne du nouvel \u00e9cosyst\u00e8me m\u00e9diatique <\/span>33<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Le principal acteur est Donald Trump lui-m\u00eame. D\u00e8s sa troisi\u00e8me d\u00e9claration de candidature \u00e0 la pr\u00e9sidence en novembre 2022, juste apr\u00e8s les midterms<\/em>, Trump place la libert\u00e9 d\u2019expression au c\u0153ur de sa campagne, en faisant un outil de mobilisation politique et de reconqu\u00eate de la Maison-Blanche. Lors d\u2019un discours publi\u00e9 sur YouTube en d\u00e9cembre 2022, il affirme : \u00ab Si nous n\u2019avons pas la libert\u00e9 d\u2019expression, nous n\u2019avons pas un pays libre \u00bb et annonce son intention de \u00ab d\u00e9truire l\u2019appareil de censure de la gauche \u00bb <\/span>34<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n La libert\u00e9 d’expression ainsi red\u00e9finie et instrumentalis\u00e9e devient l\u2019enjeu d\u2019un combat existentiel justifiant l\u2019intervention directe du futur gouvernement pour \u00ab d\u00e9manteler le cartel de censure \u00bb et sanctionner les acteurs impliqu\u00e9s dans ce qu\u2019il qualifie de \u00ab suppression ill\u00e9gitime du discours constitutionnellement prot\u00e9g\u00e9 \u00bb. L\u2019expression montre l\u2019ampleur de son traumatisme d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 suspendu des principales plateformes de r\u00e9seaux sociaux apr\u00e8s l\u2019assaut sur le Capitole en janvier 2021. Elle est reprise par d\u2019autres voix ultra-conservatrices et partisanes de Trump, dont certaines avaient aussi \u00e9t\u00e9 suspendues des r\u00e9seaux sociaux en 2021-2022 (parfois aussi pour des propos sur la pand\u00e9mie de Covid-19, dans le cadre des demandes de l\u2019administration Biden aux grandes plateformes).<\/p>\n\n\n\n En 2021-2022, l\u2019administration Biden a en effet exig\u00e9 de plusieurs grandes plateformes, notamment Facebook, Twitter et YouTube, de renforcer la mod\u00e9ration des contenus jug\u00e9s mensongers sur le Covid-19 et les vaccins, invoquant la protection de la sant\u00e9 publique. Ces d\u00e9marches ont suscit\u00e9 des accusations de censure gouvernementale, notamment par les r\u00e9publicains du Congr\u00e8s, et plusieurs proc\u00e8s. En 2024, la Cour supr\u00eame a limit\u00e9 les injonctions contre l\u2019administration, en estimant que les plaignants n\u2019avaient pas prouv\u00e9 de pr\u00e9judice direct La longue histoire de la libert\u00e9 d’expression aux \u00c9tats-Unis<\/h2>\n\n\n\n
La Constitution am\u00e9ricaine et la libert\u00e9 d\u2019expression<\/h3>\n\n\n\n
Le Premier amendement face aux bouleversements du XXe si\u00e8cle <\/h3>\n\n\n\n
Une arm\u00e9e de progressistes r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par les ultra-conservateurs<\/h3>\n\n\n\n
La libert\u00e9 d’expression selon la seconde administration Trump<\/h2>\n\n\n\n
Le <\/strong>\u00ab free speech \u00bb dans la mouvance MAGA, du premier mandat de Trump \u00e0 la troisi\u00e8me campagne<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Les acteurs MAGA du free speech <\/h3>\n\n\n\n