{"id":337286,"date":"2026-05-31T06:00:00","date_gmt":"2026-05-31T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=337286"},"modified":"2026-05-30T19:05:54","modified_gmt":"2026-05-30T17:05:54","slug":"guerre-qui-vient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/05\/31\/guerre-qui-vient\/","title":{"rendered":"Se pr\u00e9parer \u00e0 la guerre qui vient"},"content":{"rendered":"\n
Le retour de Donald Trump \u00e0 la Maison-Blanche a confirm\u00e9 ce qu\u2019une d\u00e9cennie de signaux bipartisans laissait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sager : les \u00c9tats-Unis se d\u00e9sengagent de la d\u00e9fense conventionnelle de l\u2019Europe. Depuis sa r\u00e9\u00e9lection, le pr\u00e9sident conditionne syst\u00e9matiquement le soutien am\u00e9ricain \u00e0 l\u2019OTAN \u00e0 l\u2019effort de d\u00e9fense des Europ\u00e9ens <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le secr\u00e9taire \u00e0 la D\u00e9fense Hegseth a profit\u00e9 de sa premi\u00e8re visite au si\u00e8ge de l\u2019OTAN pour annoncer que la priorit\u00e9 s\u00e9curitaire de Washington se d\u00e9pla\u00e7ait vers l\u2019Asie et que les \u00c9tats-Unis ne seraient \u00ab plus prioritairement concentr\u00e9s sur la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019Europe \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La Strat\u00e9gie de s\u00e9curit\u00e9 nationale<\/a> de 2025 a formalis\u00e9 ce basculement, pr\u00e9sentant les \u00c9tats-Unis comme \u00ab organisateurs et soutiens \u00bb d\u2019un r\u00e9seau de partage du fardeau plut\u00f4t que comme un participant militaire actif <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le sous-secr\u00e9taire \u00e0 la D\u00e9fense charg\u00e9 de la politique, Elbridge Colby, l\u2019a confirm\u00e9 lors de la r\u00e9union minist\u00e9rielle de f\u00e9vrier 2026, appelant \u00e0 une \u00ab OTAN 3.0<\/a> \u00bb plus proche de l\u2019\u00ab OTAN 1.0 \u00bb que de l\u2019alliance que les Europ\u00e9ens connaissent depuis trente-cinq ans, exigeant que les alli\u00e9s \u00ab assument la responsabilit\u00e9 premi\u00e8re de la d\u00e9fense conventionnelle de l\u2019Europe \u00bb <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le message est sans ambigu\u00eft\u00e9 : pour Washington, la d\u00e9fense de l\u2019h\u00e9misph\u00e8re occidental<\/a> vient d\u2019abord, la comp\u00e9tition avec la Chine dans le Pacifique ensuite ; l\u2019Europe est une priorit\u00e9 europ\u00e9enne <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Nous n\u2019aurions pas d\u00fb \u00eatre surpris. La pr\u00e9sence militaire am\u00e9ricaine en Europe d\u00e9cline r\u00e9guli\u00e8rement depuis trois d\u00e9cennies <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019administration Bush a amorc\u00e9 des retraits que l\u2019administration Obama a prolong\u00e9s, retirant du continent plus de 10 000 soldats ainsi que des unit\u00e9s de combat, en partie pour financer un pivot vers l\u2019Asie <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Si l\u2019annexion de la Crim\u00e9e en 2014 a certes provoqu\u00e9 un revirement partiel <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>, l\u2019orientation structurelle de la politique am\u00e9ricaine n\u2019a pas chang\u00e9 : la volont\u00e9 de r\u00e9duire les engagements europ\u00e9ens et de se recentrer sur le Pacifique est ancienne et couvre le spectre politique aux \u00c9tats-Unis <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ceux qui esp\u00e8rent qu\u2019une victoire d\u00e9mocrate en 2028 restaurera la relation transatlantique seront probablement d\u00e9\u00e7us : la politique int\u00e9rieure et le basculement de l\u2019ordre international pointent vers la poursuite du \u00ab transfert du fardeau \u00bb sous tout successeur plausible <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les partisans du retrait am\u00e9ricain saluent ce changement comme tardif <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span> ; les d\u00e9fenseurs de l\u2019ordre transatlantique le traitent comme un fait accompli<\/em> auquel l\u2019Europe doit s\u2019adapter <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La question politique est tranch\u00e9e ; la question strat\u00e9gique ne l\u2019est pas.<\/p>\n\n\n\n Les \u00c9tats-Unis fonctionnent comme le syst\u00e8me d\u2019exploitation de l\u2019Alliance, et leur d\u00e9part imposerait une mani\u00e8re de faire la guerre plus prudente, plus positionnelle et plus attritionnelle.<\/p>Jean-Fran\u00e7ois B\u00e9langer, Esben Salling Larsen et Olivier Schmitt<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Deux questions semblent devoir maintenant \u00eatre discut\u00e9es en priorit\u00e9 : l\u2019Europe a besoin d\u2019un concept de dissuasion nucl\u00e9aire qui ne d\u00e9pende pas de la dissuasion \u00e9largie am\u00e9ricaine, et d\u2019une th\u00e9orie de la victoire pour la guerre conventionnelle. C\u2019est de celle-ci qu\u2019il sera ici question.<\/p>\n\n\n\n Il est frappant que le d\u00e9bat europ\u00e9en se soit fix\u00e9 sur l\u2019architecture institutionnelle plut\u00f4t que sur la strat\u00e9gie militaire. La discussion s\u2019est concentr\u00e9e sur le pilier europ\u00e9en de l\u2019OTAN, sur l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019une arm\u00e9e europ\u00e9enne, sur l\u2019\u00e9largissement de la Joint Expeditionary Force et sur des dispositifs semblables <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Une \u00e9valuation rigoureuse des strat\u00e9gies militaires r\u00e9ellement disponibles pour des Europ\u00e9ens op\u00e9rant avec un soutien am\u00e9ricain limit\u00e9 ou nul fait presque enti\u00e8rement d\u00e9faut. Une exception r\u00e9cente notable est le travail men\u00e9 par Ruben Stewart, qui examine comment l\u2019OTAN europ\u00e9enne se battrait dans le cas le plus dangereux : l\u2019absence brutale du soutien am\u00e9ricain, dans un combat livr\u00e9 \u00ab ce soir \u00bb avec les forces existantes. Son apport central est de montrer que ce que le retrait am\u00e9ricain supprime n\u2019est pas la masse, mais l\u2019int\u00e9gration : les \u00c9tats-Unis fonctionnent comme le syst\u00e8me d\u2019exploitation de l\u2019Alliance, et leur d\u00e9part imposerait une mani\u00e8re de faire la guerre plus prudente, plus positionnelle et plus attritionnelle, par n\u00e9cessit\u00e9 plut\u00f4t que par choix <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Notre propos est diff\u00e9rent et compl\u00e9mentaire. L\u00e0 o\u00f9 Stewart diagnostique la mani\u00e8re de faire la guerre d\u00e9grad\u00e9e qu\u2019une absence am\u00e9ricaine soudaine imposerait \u00e0 l\u2019Europe telle qu\u2019elle est, nous nous demandons quelles mani\u00e8res de faire la guerre l\u2019Europe pourrait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment construire selon l\u2019\u00e9ventail des postures am\u00e9ricaines plausibles, et ce que chacune exigerait de sa strat\u00e9gie, de son commandement et de ses capacit\u00e9s. Dans l\u2019hypoth\u00e8se de travail pr\u00e9sent\u00e9e ici, nous nous proposons de faire varier le niveau r\u00e9siduel de soutien am\u00e9ricain et la structure de commandement qui en r\u00e9sulte afin de g\u00e9n\u00e9rer trois concepts op\u00e9rationnels, chacun avec sa propre th\u00e9orie de la victoire, son architecture institutionnelle et ses besoins capacitaires, pour explorer la possibilit\u00e9 qu\u2019une d\u00e9fense europ\u00e9enne efficace ne passe pas n\u00e9cessairement par un syst\u00e8me unifi\u00e9 unique.<\/p>\n\n\n\n Le point de d\u00e9part est inconfortable, mais doit \u00eatre affront\u00e9 de face. Pour les Europ\u00e9ens, se battre \u00ab comme les Am\u00e9ricains sans les Am\u00e9ricains \u00bb est une impasse strat\u00e9gique. Le concept de combat actuel de l\u2019OTAN \u2014 qui passe par la notion centrale d\u2019op\u00e9rations multi-domaines \u2014 repose sur une th\u00e9orie de la victoire o\u00f9 les forces russes sont disloqu\u00e9es par une int\u00e9gration technologique sup\u00e9rieure et une \u00ab domination d\u00e9cisionnelle \u00bb <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>. C\u2019est une th\u00e9orie de la victoire construite autour des capacit\u00e9s strat\u00e9giques am\u00e9ricaines et dont la logique causale du succ\u00e8s est au mieux douteuse <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les fondements strat\u00e9giques de l\u2019Alliance (le Concept strat\u00e9gique de 2022, le Concept de dissuasion et de d\u00e9fense de la zone euro-atlantique), et les prises de parole publiques des SACEUR successifs traduisent cela en trois exigences op\u00e9rationnelles : \u00ab d\u00e9tecter, dissuader et d\u00e9fendre contre toute menace d\u2019agression ; maintenir ou r\u00e9tablir l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale des \u00c9tats membres ; et mettre fin rapidement \u00e0 un conflit arm\u00e9 ou \u00e0 une agression \u00bb <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le g\u00e9n\u00e9ral Christopher Cavoli, SACEUR de 2022 \u00e0 2025, a r\u00e9sum\u00e9 la logique op\u00e9rationnelle en une formule : \u00ab soit vous gagnez d\u2019embl\u00e9e, vite et fort, soit vous \u00eates engag\u00e9s dans un long combat. Donc\u2026 gagnez d\u2019embl\u00e9e, mais soyez pr\u00eats \u00e0 gagner dans la dur\u00e9e \u00bb <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span> ; un futur affrontement conventionnel avec la Russie, soutenait-il, \u00ab se d\u00e9cidera sur terre \u00bb <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Mais cette th\u00e9orie de la victoire ne peut survivre intacte au d\u00e9sengagement am\u00e9ricain. Les estimations situent le co\u00fbt du remplacement des facilitateurs technologiques am\u00e9ricains \u00e0 plusieurs milliards de dollars et le d\u00e9lai de rattrapage industriel europ\u00e9en \u00e0 dix ou quinze ans <\/span>20<\/sup><\/a><\/span><\/span>. \u00c0 cet \u00e9gard, les \u00e9valuations optimistes supposent un degr\u00e9 de coh\u00e9sion europ\u00e9enne dans l\u2019int\u00e9gration des forces et la coordination industrielle qui est irr\u00e9aliste <\/span>21<\/sup><\/a><\/span><\/span> : le d\u00e9fi de d\u00e9velopper une mani\u00e8re europ\u00e9enne de faire la guerre demeure.<\/p>\n\n\n\n Dans un premier temps, nous exposerons ici un cadre de r\u00e9flexion sur les possibilit\u00e9s strat\u00e9giques europ\u00e9ennes en fonction de deux variables : le niveau de soutien am\u00e9ricain r\u00e9siduel et la structure de commandement qui en d\u00e9coule. Les trois sections qui suivent d\u00e9veloppent chacune un sc\u00e9nario, en examinant la th\u00e9orie de la victoire, l\u2019architecture institutionnelle et les besoins capacitaires que chacun implique. Une conclusion en d\u00e9gage les implications comparatives et les choix politiques qu\u2019elles imposent. Tout au long du raisonnement, nous supposons que la Russie demeure une puissance agressive pr\u00eate \u00e0 recourir \u00e0 la force contre l\u2019Europe ; nous ne d\u00e9veloppons pas de th\u00e9orie des motivations russes, mais traitons la menace comme la condition structurelle dans laquelle la strat\u00e9gie doit \u00eatre con\u00e7ue.<\/p>\n\n\n\n L\u2019OTAN est devenue un point fixe incontournable de la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne, \u00e0 tel point que le terme \u00ab coalition \u00bb d\u00e9signe d\u2019ordinaire ce qui se situe hors d\u2019elle. Le d\u00e9sengagement am\u00e9ricain oblige les Europ\u00e9ens \u00e0 reconsid\u00e9rer non seulement la relation de l\u2019Alliance avec Washington, mais l\u2019architecture de l\u2019Alliance elle-m\u00eame. Le d\u00e9bat europ\u00e9en a trop souvent pr\u00e9sent\u00e9 le retrait am\u00e9ricain comme un levier coercitif \u00e0 contrer ou \u00e0 inverser. \u00c0 l\u2019inverse, la politique am\u00e9ricaine envers l\u2019Europe a longtemps consist\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister vigoureusement au d\u00e9veloppement de capacit\u00e9s strat\u00e9giques europ\u00e9ennes autonomes. Nous prenons le retrait progressif des \u00c9tats-Unis comme une pr\u00e9misse structurelle, et nous demandons quelles strat\u00e9gies militaires deviennent disponibles pour les Europ\u00e9ens selon les degr\u00e9s variables de soutien am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n Le cadre repose sur le degr\u00e9 auquel la diminution du soutien am\u00e9ricain devrait fa\u00e7onner les d\u00e9finitions europ\u00e9ennes des strat\u00e9gies militaires appropri\u00e9es et les structures institutionnelles n\u00e9cessaires pour les soutenir. D\u2019autres variables (coh\u00e9sion politique, pr\u00e9paration industrielle, tol\u00e9rance de l\u2019opinion aux pertes) comptent, mais elles sont en aval de la question du soutien et du commandement, qui fixe le cadre strat\u00e9gique \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel tout le reste se d\u00e9cide. Trois sc\u00e9narios en d\u00e9coulent.<\/p>\n\n\n\n\n\n Dans le premier sc\u00e9nario, l\u2019OTAN conserve un SACEUR am\u00e9ricain et un soutien militaire am\u00e9ricain r\u00e9duit mais r\u00e9el ; la th\u00e9orie de la victoire existante op\u00e8re sous contrainte capacitaire, dans une version o\u00f9 les op\u00e9rations multi-domaines se d\u00e9rouleraient sans les \u00c9tats-Unis. Dans le deuxi\u00e8me sc\u00e9nario, les Europ\u00e9ens conservent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la base industrielle am\u00e9ricaine mais perdent les forces et le renseignement am\u00e9ricains ; le concept op\u00e9rationnel devient le d\u00e9ni strat\u00e9gique par attrition continentale<\/em>, ex\u00e9cut\u00e9 par un commandement enti\u00e8rement europ\u00e9en. Dans le troisi\u00e8me sc\u00e9nario, m\u00eame l\u2019acc\u00e8s industriel a disparu ; l\u2019Alliance se r\u00e9gionalise en grappes de d\u00e9fense partiellement superpos\u00e9es, chacune poursuivant une contre-concentration sur mesure dans son th\u00e9\u00e2tre. Ces trois sc\u00e9narios sont des id\u00e9aux-types conceptuels, pas des pr\u00e9dictions ; ils permettent de d\u00e9limiter th\u00e9oriquement l\u2019espace des choix europ\u00e9ens. Le premier sc\u00e9nario est le plus confortable, car il se pr\u00e9sente ais\u00e9ment comme un simple \u00ab transfert du fardeau \u00bb : il n\u2019exige aucune r\u00e9flexion de fond sur une strat\u00e9gie militaire appropri\u00e9e, puisqu\u2019il permet aux Europ\u00e9ens de continuer \u00e0 importer des concepts am\u00e9ricains, et il \u00e9vite de reconna\u00eetre publiquement la fracture transatlantique. Mais il laisse les Europ\u00e9ens avec une mani\u00e8re de faire la guerre qui demeure tributaire de facilitateurs strat\u00e9giques am\u00e9ricains essentiels, donc politiquement vuln\u00e9rables, et d\u00e9pendante de la technologie am\u00e9ricaine pour des capacit\u00e9s critiques, ce qui r\u00e9duit la capacit\u00e9 d\u2019innovation de l\u2019Europe, et donc sa prosp\u00e9rit\u00e9 potentielle. Une planification prudente exigerait des Europ\u00e9ens qu\u2019ils commencent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me sc\u00e9narios. <\/p>\n\n\n\n C\u2019est inconfortable, car il faut admettre qu\u2019ils doivent devenir producteurs et non plus consommateurs passifs, de concepts et de strat\u00e9gies militaires. Mais c\u2019est l\u2019option \u00e0 la fois prudente et logique si le fardeau de la d\u00e9fense europ\u00e9enne doit basculer r\u00e9solument vers les Europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n Ce sc\u00e9nario prend pour point de d\u00e9part la trajectoire transatlantique actuelle : une posture am\u00e9ricaine transactionnelle envers ses alli\u00e9s <\/span>22<\/sup><\/a><\/span><\/span>, un engagement incertain envers l\u2019OTAN, et une r\u00e9duction continue des forces et des facilitateurs en Europe.<\/p>\n\n\n\n Nous supposons un acc\u00e8s alli\u00e9 maintenu aux capacit\u00e9s am\u00e9ricaines, surtout l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me du F-35, avec ses cha\u00eenes d\u2019approvisionnement, ses donn\u00e9es param\u00e9triques et sa communaut\u00e9 d\u2019utilisateurs, et \u00e0 des forces et enablers<\/em> am\u00e9ricains s\u00e9lectionn\u00e9s. La distinction critique avec le sc\u00e9nario 3 est que les Europ\u00e9ens demeurent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du syst\u00e8me militaro-industriel am\u00e9ricain. La conservation de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 telle ou telle capacit\u00e9 (ISR a\u00e9roport\u00e9, renseignement d\u2019origine \u00e9lectromagn\u00e9tique, ravitaillement en vol, frappe de pr\u00e9cision \u00e0 longue port\u00e9e) est contingente et politiquement n\u00e9goci\u00e9e. La forme que prendraient les op\u00e9rations multi-domaines varie donc selon les capacit\u00e9s que Washington choisit de rendre disponibles.<\/p>\n\n\n\n La th\u00e9orie de la victoire formul\u00e9e par le SACEUR survit dans la forme, sinon toujours dans la substance. Avec un SACEUR am\u00e9ricain et une coh\u00e9sion institutionnelle maintenue, l\u2019Alliance conserve son insistance sur la dissuasion par d\u00e9ni, adoss\u00e9e \u00e0 la punition, et sa logique op\u00e9rationnelle de victoire d\u2019embl\u00e9e tout en \u00e9tant pr\u00eate \u00e0 gagner dans la dur\u00e9e. Les plans r\u00e9gionaux, de domaine et strat\u00e9giques conservent leur structure, m\u00eame si leur port\u00e9e se contracte. Mais l\u2019Alliance doit se r\u00e9concilier avec une tension qu\u2019elle avait jusqu\u2019ici \u00e9lud\u00e9e : elle a planifi\u00e9 une guerre de man\u0153uvre (gagner vite) tout en construisant une structure de forces taill\u00e9e pour l\u2019attrition (gagner dans la dur\u00e9e). Sous soutien am\u00e9ricain limit\u00e9, c\u2019est la seconde composante qui domine.<\/p>\n\n\n\n La pr\u00e9sence avanc\u00e9e demeure l\u2019avantage le plus r\u00e9silient de l\u2019Alliance. Des huit groupements tactiques multinationaux de l\u2019OTAN, d\u00e9ploy\u00e9s de la Bulgarie \u00e0 l\u2019Estonie, seul celui de Pologne op\u00e8re sous commandement am\u00e9ricain ; les autres sont dirig\u00e9s par le Royaume-Uni, le Canada, l\u2019Allemagne, l\u2019Italie, la France, l\u2019Espagne et la Hongrie <\/span>23<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Int\u00e9gr\u00e9s aux plans r\u00e9gionaux du SACEUR via<\/em> le Corps et la Division multinationaux Nord-Est, ces d\u00e9ploiements ont peu de chances de se retirer en cas de d\u00e9sengagement am\u00e9ricain <\/span>24<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n L\u2019Allemagne produit d\u00e9sormais plus d\u2019obus d\u2019artillerie que les \u00c9tats-Unis.<\/p>Jean-Fran\u00e7ois B\u00e9langer, Esben Salling Larsen et Olivier Schmitt<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Le concept op\u00e9rationnel attach\u00e9 \u00e0 cette th\u00e9orie de la victoire est celui des op\u00e9rations multi-domaines ou MDO : \u00ab l\u2019orchestration d\u2019activit\u00e9s militaires, \u00e0 travers tous les domaines et milieux, synchronis\u00e9es avec des activit\u00e9s non militaires, pour permettre \u00e0 l\u2019Alliance de produire des effets convergents \u00e0 la vitesse de la pertinence \u00bb <\/span>25<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le concept repose sur la convergence \u00e0 travers les milieux maritime, terrestre, a\u00e9rien, spatial et cyber, et sur l\u2019int\u00e9gration du secteur priv\u00e9 pour certains facilitateurs technologiques.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Dans ce sc\u00e9nario, mettre en \u0153uvre les MDO sans les capacit\u00e9s am\u00e9ricaines est le d\u00e9fi central.<\/p>\n\n\n\n La structure de commandement sous soutien am\u00e9ricain limit\u00e9 est plus rassurante que le tableau capacitaire. Le commandement et le contr\u00f4le de l\u2019OTAN se sont en effet progressivement europ\u00e9anis\u00e9s au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, dans un processus qui s\u2019est encore acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 d\u00e9but 2026. Situ\u00e9 \u00e0 Mons, au quartier g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019OTAN, le SACEUR est le seul poste op\u00e9rationnel de haut rang tenu par un officier am\u00e9ricain ; les trois commandements de forces interarm\u00e9es (Naples, Brunssum et Norfolk) sont d\u00e9sormais tous dirig\u00e9s par des Europ\u00e9ens \u2014 y compris Norfolk, le seul quartier g\u00e9n\u00e9ral de niveau op\u00e9rationnel situ\u00e9 sur le sol am\u00e9ricain \u2014 tout comme les commandements de composante a\u00e9rien (Ramstein), maritime (Northwood) et terrestre (Izmir) et, aux \u00e9chelons des corps et des divisions, les grandes formations multinationales du Nord-Est <\/span>26<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n M\u00eame si la pr\u00e9sence terrestre am\u00e9ricaine se r\u00e9duit fortement, la fonction de planification op\u00e9rationnelle se poursuit au Supreme Headquarters Allied Powers Europe <\/em>(ou SHAPE, le quartier g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Alliance), dans les commandements interarm\u00e9es et dans les commandements de composante sans rupture d\u2019infrastructure ni de direction. Les b\u00e2timents, les groupes de planification op\u00e9rationnelle permanents, le travail d\u2019\u00e9tat-major sur les plans r\u00e9gionaux et la m\u00e9moire institutionnelle r\u00e9sident tous en Europe. Les relations de commandement par intention que l\u2019AJP-01 prescrit (intention centralis\u00e9e, ex\u00e9cution d\u00e9centralis\u00e9e) fonctionnent \u00e0 travers des quartiers g\u00e9n\u00e9raux dirig\u00e9s par des Europ\u00e9ens \u00e0 tous les \u00e9chelons sous le SACEUR. L\u2019ossature conceptuelle de la mani\u00e8re de faire la guerre de l\u2019OTAN est d\u00e9j\u00e0 ex\u00e9cutable par des structures de commandement europ\u00e9ennes. Le personnel am\u00e9ricain repr\u00e9sente une part substantielle des quartiers g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019OTAN, et son remplacement p\u00e8sera sur les arm\u00e9es les plus modestes <\/span>27<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Mais l\u2019architecture institutionnelle n\u2019est pas, en elle-m\u00eame, la contrainte d\u00e9terminante.<\/p>\n\n\n\n Trois limites structurelles s\u2019appliquent \u00e0 toutes les variantes de ce sc\u00e9nario, et elles concernent les facilitateurs plut\u00f4t que la masse. <\/p>\n\n\n\n Premi\u00e8rement, l\u2019AJP-01 reconna\u00eet elle-m\u00eame l\u2019exigence de synchronisation des MDO : \u00ab les op\u00e9rations multi-domaines exigent la synchronisation d\u2019actions allant de la vitesse de la lumi\u00e8re au pas de marche \u00bb <\/span>28<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Les forces europ\u00e9ennes n\u2019ont pas d\u00e9montr\u00e9 une synchronisation interdomaines \u00e0 cette vitesse ; les plateformes existent, mais les concepts d\u2019emploi sont encore en maturation <\/span>29<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Deuxi\u00e8mement, la capacit\u00e9 europ\u00e9enne de frappe de pr\u00e9cision \u00e0 longue port\u00e9e est insuffisante pour la composante de feux profonds du d\u00e9ni : l\u2019European Long-Range Strike Approach est un programme plut\u00f4t qu\u2019une capacit\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9e, et les stocks de Storm Shadow, SCALP et Taurus sont limit\u00e9s <\/span>30<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Troisi\u00e8mement, les op\u00e9rations a\u00e9riennes restent d\u00e9pendantes des facilitateurs am\u00e9ricains, en particulier le transport strat\u00e9gique et le ravitaillement en vol.\u00a0Si Washington les garde en r\u00e9serve pour le Pacifique, l\u2019Alliance pourrait ne pas \u00eatre en mesure de produire l\u2019ensemble des effets convergents de ces op\u00e9rations. Les stocks de munitions et la profondeur industrielle (intercepteurs de d\u00e9fense a\u00e9rienne, artillerie de 155 mm, munitions r\u00f4deuses \u00e0 longue port\u00e9e) demeurent insuffisants pour la composante \u00ab gagner dans la dur\u00e9e \u00bb sans r\u00e9approvisionnement am\u00e9ricain soutenu, m\u00eame si la trajectoire est encourageante : l\u2019Allemagne produit d\u00e9sormais plus d\u2019obus d\u2019artillerie que les \u00c9tats-Unis <\/span>31<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Si les \u00c9tats-Unis continuent de fournir renseignement et partage de donn\u00e9es (ISR de haute altitude, renseignement \u00e9lectromagn\u00e9tique, alerte avanc\u00e9e antimissile, int\u00e9gration via les canaux existants de l\u2019OTAN), les Europ\u00e9ens sont capables d\u2019ex\u00e9cuter quelque chose de proche du concept de l\u2019AJP-01 m\u00eame en cas de retrait des forces terrestres am\u00e9ricaines. Les facilitateurs am\u00e9ricains r\u00e9siduels (frappe de pr\u00e9cision \u00e0 longue port\u00e9e, SEAD\/DEAD, ravitaillement en vol) comblent les lacunes que la capacit\u00e9 europ\u00e9enne ne peut encore combler. Si la pr\u00e9f\u00e9rence am\u00e9ricaine pour la puissance a\u00e9rienne et les technologies de pr\u00e9cision au d\u00e9triment de l\u2019engagement au sol <\/span>32<\/sup><\/a><\/span><\/span> se prolonge dans un sc\u00e9nario d\u2019article 5, les \u00c9tats-Unis contribueraient le plus vraisemblablement par la puissance a\u00e9rienne tout en se retirant des activit\u00e9s persistantes de basse intensit\u00e9. La composante \u00ab gagner d\u2019embl\u00e9e \u00bb d\u00e9pend alors lourdement de l\u2019aviation tactique am\u00e9ricaine ; la composante \u00ab gagner dans la dur\u00e9e \u00bb d\u00e9pend presque enti\u00e8rement de la masse, des stocks de munitions et des renforts europ\u00e9ens. C\u2019est la configuration la plus exigeante : les \u00c9tats-Unis fournissent le combat haut de gamme tout en d\u00e9laissant la pr\u00e9sence persistante de basse intensit\u00e9 que pr\u00e9suppose le continuum de la comp\u00e9tition de l\u2019AJP-01.<\/p>\n\n\n\n Le d\u00e9veloppement des forces europ\u00e9ennes doit, avant tout, combler les cases vides du mod\u00e8le de forces de l\u2019OTAN : fournir davantage de troupes et de postes de commandement qu\u2019aujourd\u2019hui, et garantir un niveau de pr\u00e9paration ad\u00e9quat. En chiffres, les Europ\u00e9ens devront aligner les 100 000 hommes du premier \u00e9chelon de d\u00e9fense et la majorit\u00e9, voire la totalit\u00e9, des 200 000 du second. Les nations de l\u2019OTAN alignent actuellement 144 brigades de man\u0153uvre ; l\u2019Europe peine encore \u00e0 combler les lacunes, et la part am\u00e9ricaine du premier \u00e9chelon et des renforts projet\u00e9s pour le second est substantielle <\/span>33<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Le recrutement et la fid\u00e9lisation devront donc monter en puissance, parall\u00e8lement \u00e0 la pr\u00e9paration d\u2019une r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration dans un conflit prolong\u00e9. <\/p>\n\n\n\n Cette dynamique a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019enclencher en dessinant une trajectoire : le Danemark a introduit la conscription des femmes \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2025 <\/span>34<\/sup><\/a><\/span><\/span> ; la Croatie a rendu le service militaire obligatoire en octobre 2025 ; l\u2019Allemagne a relev\u00e9 ses objectifs de recrutement en janvier 2026, assortis d\u2019une clause de conscription obligatoire si les chiffres ne sont pas atteints <\/span>35<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La Pologne s\u2019est fix\u00e9 un objectif de 400 000 personnes form\u00e9es pour 2026, la France a lanc\u00e9 un programme militaire volontaire effectif d\u00e8s 2026, et le Canada a vu ses candidatures presque tripler en 2025 <\/span>36<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Sur le plan capacitaire, la priorit\u00e9 est de fournir ou de moderniser ce qu\u2019une force qui souhaite mener des op\u00e9rations multi-domaines exige. Les Europ\u00e9ens devraient rechercher des partenariats industriels pour co-d\u00e9velopper des facilitateurs, y compris avec Boeing pour les avions ravitailleurs \u2014 Airbus seul ne pouvant r\u00e9pondre \u00e0 la demande europ\u00e9enne \u2014 et pour la production d\u2019intercepteurs Patriot, \u00e9voqu\u00e9e comme candidate \u00e0 un co-d\u00e9veloppement transatlantique <\/span>37<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Dans ce sc\u00e9nario, les \u00c9tats-Unis se sont retir\u00e9s op\u00e9rationnellement de la d\u00e9fense de l\u2019Europe, mais les \u00c9tats europ\u00e9ens conservent un acc\u00e8s commercial \u00e0 la base industrielle de d\u00e9fense am\u00e9ricaine. <\/p>\n\n\n\n Les troupes, les plateformes de renseignement et les structures de commandement am\u00e9ricaines ne garantissent plus la s\u00e9curit\u00e9 continentale ; les armes, capteurs et munitions am\u00e9ricains restent acqu\u00e9rables par le commerce de d\u00e9fense ordinaire. Le probl\u00e8me strat\u00e9gique ainsi cr\u00e9\u00e9 est plus subtil que ne le sugg\u00e8re le d\u00e9bat habituel sur le remplacement des capacit\u00e9s. L\u2019objectif n\u2019est pas de se battre \u00ab comme les \u00c9tats-Unis sans les \u00c9tats-Unis \u00bb. Les lacunes capacitaires peuvent s\u2019acheter sur \u00e9tag\u00e8re ; les lacunes op\u00e9rationnelles, en particulier les infrastructures de donn\u00e9es et de commandement-contr\u00f4le qui font fonctionner les op\u00e9rations multi-domaines, non <\/span>38<\/sup><\/a><\/span><\/span>.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Une mani\u00e8re europ\u00e9enne de faire la guerre devrait pouvoir contr\u00f4ler la cha\u00eene op\u00e9rationnelle de bout en bout, m\u00eame quand le mat\u00e9riel sort d\u2019usines am\u00e9ricaines. Ce sc\u00e9nario suppose que la coh\u00e9sion politique entre les grandes puissances europ\u00e9ennes tient : la France, le Royaume-Uni, l\u2019Allemagne, la Pologne, l\u2019Italie et les \u00c9tats nordiques et baltes s\u2019engagent \u00e0 se battre comme une entit\u00e9 politico-militaire unique sous un commandement unifi\u00e9. L\u2019alternative plurielle, dans laquelle des coalitions sous-r\u00e9gionales se forment autour des \u00c9tats qui se mobilisent effectivement, fait l\u2019objet du troisi\u00e8me sc\u00e9nario \u00e9tudi\u00e9 ici.<\/p>\n\n\n\n Vaincre la Russie selon ce concept signifie que Moscou ne peut poursuivre une agression : tout gain russe devient trop co\u00fbteux, trop expos\u00e9 et trop instable pour servir de fait accompli<\/em>. <\/p>\n\n\n\n L\u2019objectif est l\u2019\u00e9puisement op\u00e9rationnel : l\u2019\u00e9rosion progressive de la capacit\u00e9 russe \u00e0 r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer sa puissance de combat au niveau op\u00e9rationnel \u2014 d\u00e9gradation de la main-d\u2019\u0153uvre entra\u00een\u00e9e, perturbation des cycles logistiques, friction croissante dans les syst\u00e8mes de commandement charg\u00e9s de soutenir des op\u00e9rations offensives sous pression continue. C\u2019est une strat\u00e9gie d\u2019\u00e9puisement o\u00f9 l\u2019attrition se convertit en contraintes sur la capacit\u00e9 d\u2019agir de l\u2019adversaire. Elle vise l\u2019appareil militaire russe au niveau op\u00e9rationnel, non le r\u00e9gime ni la population. Elle n\u2019exige ni n\u2019escompte un changement de r\u00e9gime \u00e0 Moscou, et ne d\u00e9pend pas d\u2019une r\u00e9volte populaire, que l\u2019exp\u00e9rience historique montre peu fiable et politiquement corrosive \u00e0 provoquer. Elle ne privil\u00e9gie pas la punition de la population russe, qui, empiriquement, tend davantage \u00e0 durcir la coh\u00e9sion de l\u2019adversaire qu\u2019\u00e0 la dissoudre.<\/p>\n\n\n\n Le concept repose sur trois pr\u00e9misses. La premi\u00e8re est l\u2019avantage du d\u00e9fenseur sur le champ de bataille moderne. L\u2019exp\u00e9rience d\u00e9fensive ukrainienne entre 2023 et 2025 d\u00e9montre qu\u2019un d\u00e9fenseur pr\u00e9par\u00e9, dot\u00e9 d\u2019un ISR dense, de feux de pr\u00e9cision en couches et de stocks de munitions impose des co\u00fbts disproportionn\u00e9s \u00e0 l\u2019attaquant <\/span>39<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La transformation est plus profonde que l\u2019ajout d\u2019une capacit\u00e9 : les drones tactiques et op\u00e9rationnels constituent une innovation architecturale exigeant des adaptations correspondantes de la tactique, de l\u2019organisation et de la doctrine, et un concept europ\u00e9en qui ne proc\u00e8de pas \u00e0 ces ajustements ne saisira pas l\u2019avantage d\u00e9fensif, m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 les plateformes sont pr\u00e9sentes <\/span>Cadrer les possibilit\u00e9s strat\u00e9giques europ\u00e9ennes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Premier sc\u00e9nario : des op\u00e9rations multi-domaines mais avec un soutien am\u00e9ricain limit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Degr\u00e9 d\u2019engagement am\u00e9ricain<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Th\u00e9orie de la victoire<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Trajectoire institutionnelle<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Besoins capacitaires<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Deuxi\u00e8me sc\u00e9nario : le d\u00e9ni strat\u00e9gique par attrition continentale<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Degr\u00e9 d\u2019engagement am\u00e9ricain<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Th\u00e9orie de la victoire<\/strong><\/h3>\n\n\n\n