{"id":329402,"date":"2026-04-23T19:54:10","date_gmt":"2026-04-23T17:54:10","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=329402"},"modified":"2026-04-23T19:54:45","modified_gmt":"2026-04-23T17:54:45","slug":"le-prix-reel-de-la-guerre-en-iran","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/le-prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/","title":{"rendered":"Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran"},"content":{"rendered":"\n


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La guerre en Iran est un choc de structure pour l\u2019\u00e9conomie mondiale. On s\u2019est beaucoup focalis\u00e9, \u00e0 juste titre, sur son effet direct<\/a> au c\u0153ur du syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique. On sait que, par le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, transitent environ 20 millions de barils de p\u00e9trole par jour, soit pr\u00e8s de 20 % du p\u00e9trole mondial, dont 80 % \u00e0 destination de l\u2019Asie, Chine en t\u00eate. D\u00e8s les premiers jours, le gaz en Europe a bondi de 50 %, le Brent d\u2019environ 12 %, et le CAC 40 a perdu pr\u00e8s de 4,7 %.<\/p>\n\n\n\n

Dans un contexte o\u00f9 l\u2019inflation semblait enfin refluer, ce choc ravive le spectre de la stagflation : moins de croissance, plus d\u2019inflation. Le FMI s\u2019attend d\u00e9sormais \u00e0 une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus \u00e9lev\u00e9e en 2026.<\/p>\n\n\n\n

Pour comprendre la port\u00e9e de ce choc qui reconfigure le syst\u00e8me \u00e9conomique plan\u00e9taire, il faut raisonner en cercles concentriques : au centre, nous avons l\u2019Iran, qui voit son \u00e9conomie d\u00e9j\u00e0 exsangue basculer dans l\u2019\u00e9conomie de guerre. Autour, les pays du Golfe, gagnants potentiels sur le plan p\u00e9trolier, mais qui demeurent sous perfusion s\u00e9curitaire am\u00e9ricaine. Plus loin, nous avons les partenaires directs de l\u2019Iran, au premier rang desquels la Chine et le Pakistan. Puis, l\u2019Europe et la France, ainsi que les \u00c9tats-Unis, sont confront\u00e9s \u00e0 un nouvel arbitrage impossible entre pouvoir d\u2019achat, inflation, dette et s\u00e9curit\u00e9. Enfin, l\u2019anneau financier se caract\u00e9rise par une crise du cr\u00e9dit priv\u00e9, une recomposition des flux de capitaux et une possible fin du recyclage des p\u00e9trodollars dans les conditions que Washington esp\u00e9rait.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019Iran, au centre du cyclone : une \u00e9conomie de guerre sur fond d\u2019hyperinflation<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Avant m\u00eame le d\u00e9clenchement de la guerre, l\u2019Iran vivait d\u00e9j\u00e0 sous le r\u00e9gime d\u2019une croissance \u00e9touff\u00e9e par les sanctions, avec une inflation chronique et un ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9, notamment chez les jeunes. <\/p>\n\n\n\n

L\u2019entr\u00e9e en guerre a pr\u00e9cipit\u00e9 une nouvelle d\u00e9gradation : l\u2019inflation annuelle a atteint 50,6 % au milieu du mois de mars 2026, en hausse de trois points par rapport au mois pr\u00e9c\u00e9dent, selon le centre officiel de statistiques, relay\u00e9 par l\u2019agence Irna.<\/p>\n\n\n\n

Sur les douze mois qui s\u00e9parent f\u00e9vrier 2025 et mars 2026, l\u2019inflation moyenne est \u00e9galement de 50,6 %. Cette flamb\u00e9e des prix se conjugue \u00e0 plusieurs dynamiques simultan\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n

D\u2019une part, soulignons la d\u00e9sorganisation de la production industrielle et des services, li\u00e9e aux bombardements, \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, aux coupures d\u2019Internet et \u00e0 la rupture de certains flux logistiques. Par ailleurs, une pression budg\u00e9taire accrue, entre effort militaire, maintien de subventions \u00e9nerg\u00e9tiques internes et effritement possible des recettes fiscales, renforce encore ces tensions. Enfin, le risque de destruction durable d\u2019infrastructures clefs (raffineries, terminaux, pipelines) fragilise la capacit\u00e9 exportatrice, m\u00eame si, \u00e0 tr\u00e8s court terme, la hausse des prix peut doper les recettes en devises sur les volumes qui parviennent \u00e0 sortir.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019Iran, d\u00e9j\u00e0 largement coup\u00e9 des march\u00e9s financiers internationaux, voit sa d\u00e9pendance se concentrer sur un partenaire : la Chine, devenue sa bou\u00e9e de sauvetage \u00e9conomique via des achats de p\u00e9trole \u00e0 prix d\u00e9cot\u00e9s, souvent pay\u00e9s en yuans ou sous forme de troc de marchandises contre du p\u00e9trole. Mais m\u00eame ce cordon ombilical est fragilis\u00e9 par la guerre : pr\u00e8s de 45 % des importations p\u00e9troli\u00e8res chinoises transitent par Ormuz, et une partie significative du p\u00e9trole iranien et du GNL qatari emprunte ce d\u00e9troit.<\/p>\n\n\n\n

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