{"id":329402,"date":"2026-04-23T19:54:10","date_gmt":"2026-04-23T17:54:10","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=329402"},"modified":"2026-04-24T05:28:57","modified_gmt":"2026-04-24T03:28:57","slug":"prix-reel-de-la-guerre-en-iran","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/","title":{"rendered":"Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"non-subscribers-only\"><br><em>Pour recevoir nos articles en avant-premi\u00e8re et soutenir le travail d&rsquo;une r\u00e9daction ind\u00e9pendante, <\/em><a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/offre-abonnement\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>abonnez-vous au Grand Continent<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">La guerre en Iran est un choc de structure pour l\u2019\u00e9conomie mondiale.&nbsp;On s\u2019est beaucoup focalis\u00e9, \u00e0 juste titre, sur son <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/03\/24\/ecologie-de-guerre-totale-charbonnier\/\">effet direct<\/a> au c\u0153ur du syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique. On sait que, par le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, transitent environ 20 millions de barils de p\u00e9trole par jour, soit pr\u00e8s de 20&#160;% du p\u00e9trole mondial, dont 80&#160;% \u00e0 destination de l\u2019Asie, Chine en t\u00eate. D\u00e8s les premiers jours, le gaz en Europe a bondi de 50&#160;%, le Brent d\u2019environ 12&#160;%, et le CAC 40 a perdu pr\u00e8s de 4,7&#160;%.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un contexte o\u00f9 l\u2019inflation semblait enfin refluer, ce choc ravive le spectre de la stagflation&#160;: moins de croissance, plus d\u2019inflation. Le FMI s\u2019attend d\u00e9sormais \u00e0 une croissance mondiale plus modeste et une inflation plus \u00e9lev\u00e9e en 2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour comprendre la port\u00e9e de ce choc qui reconfigure le syst\u00e8me \u00e9conomique plan\u00e9taire, il faut raisonner en cercles concentriques&#160;: au centre, nous avons l\u2019Iran, qui voit son \u00e9conomie d\u00e9j\u00e0 exsangue basculer dans l\u2019\u00e9conomie de guerre. Autour, les pays du Golfe, gagnants potentiels sur le plan p\u00e9trolier, mais qui demeurent sous perfusion s\u00e9curitaire am\u00e9ricaine. Plus loin, nous avons les partenaires directs de l\u2019Iran, au premier rang desquels la Chine et le Pakistan. Puis, l\u2019Europe et la France, ainsi que les \u00c9tats-Unis, sont confront\u00e9s \u00e0 un nouvel arbitrage impossible entre pouvoir d\u2019achat, inflation, dette et s\u00e9curit\u00e9. Enfin, l\u2019anneau financier se caract\u00e9rise par une crise du cr\u00e9dit priv\u00e9, une recomposition des flux de capitaux et une possible fin du recyclage des p\u00e9trodollars dans les conditions que Washington esp\u00e9rait.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019Iran, au centre du cyclone&#160;: une \u00e9conomie de guerre sur fond d\u2019hyperinflation<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Avant m\u00eame le d\u00e9clenchement de la guerre, l\u2019Iran vivait d\u00e9j\u00e0 sous le r\u00e9gime d\u2019une croissance \u00e9touff\u00e9e par les sanctions, avec une inflation chronique et un ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9, notamment chez les jeunes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019entr\u00e9e en guerre a pr\u00e9cipit\u00e9 une nouvelle d\u00e9gradation&#160;: l\u2019inflation annuelle a atteint 50,6&#160;% au milieu du mois de mars 2026, en hausse de trois points par rapport au mois pr\u00e9c\u00e9dent, selon le centre officiel de statistiques, relay\u00e9 par l\u2019agence Irna.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur les douze mois qui s\u00e9parent f\u00e9vrier 2025 et mars 2026, l\u2019inflation moyenne est \u00e9galement de 50,6&#160;%. Cette flamb\u00e9e des prix se conjugue \u00e0 plusieurs dynamiques simultan\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une part, soulignons la d\u00e9sorganisation de la production industrielle et des services, li\u00e9e aux bombardements, \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, aux coupures d\u2019Internet et \u00e0 la rupture de certains flux logistiques. Par ailleurs, une pression budg\u00e9taire accrue, entre effort militaire, maintien de subventions \u00e9nerg\u00e9tiques internes et effritement possible des recettes fiscales, renforce encore ces tensions. Enfin, le risque de destruction durable d\u2019infrastructures clefs (raffineries, terminaux, pipelines) fragilise la capacit\u00e9 exportatrice, m\u00eame si, \u00e0 tr\u00e8s court terme, la hausse des prix peut doper les recettes en devises sur les volumes qui parviennent \u00e0 sortir.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Iran, d\u00e9j\u00e0 largement coup\u00e9 des march\u00e9s financiers internationaux, voit sa d\u00e9pendance se concentrer sur un partenaire&#160;: la Chine, devenue sa bou\u00e9e de sauvetage \u00e9conomique via des achats de p\u00e9trole \u00e0 prix d\u00e9cot\u00e9s, souvent pay\u00e9s en yuans ou sous forme de troc de marchandises contre du p\u00e9trole. Mais m\u00eame ce cordon ombilical est fragilis\u00e9 par la guerre&#160;: pr\u00e8s de 45&#160;% des importations p\u00e9troli\u00e8res chinoises transitent par Ormuz, et une partie significative du p\u00e9trole iranien et du GNL qatari emprunte ce d\u00e9troit.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"iframe-container wp-block-image wp-block-image-medium  iframe-dw\">\n\t<div>\n\t\t<iframe class=\"absolute w-full h-full pin-t pin-l\" title=\"titolo\" aria-label=\"Interactive line chart\" src=\"\/\/datawrapper.dwcdn.net\/3jss7\/\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n\t<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9conomie iranienne bascule ainsi dans une forme de statu quo de ruine&#160;: le r\u00e9gime se maintient par la coercition interne, des soutiens ext\u00e9rieurs limit\u00e9s et des circuits parall\u00e8les, mais au prix d\u2019un appauvrissement prolong\u00e9 de la population, d\u2019une monnaie en chute libre et d\u2019un syst\u00e8me productif qui se d\u00e9lite.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>La v\u00e9ritable singularit\u00e9 de ce conflit, vue de loin, est l\u00e0&#160;: il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019un choc p\u00e9trolier, mais d\u2019un choc de r\u00e9gimes.<\/p><cite>Thierry Breton<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les pays du Golfe&#160;: rente p\u00e9troli\u00e8re et vertige du risque<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Au deuxi\u00e8me cercle, les pays du Golfe sont \u00e0 la fois b\u00e9n\u00e9ficiaires imm\u00e9diats de la hausse des prix du p\u00e9trole et otages de l\u2019instabilit\u00e9 r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Arabie saoudite est le premier b\u00e9n\u00e9ficiaire m\u00e9canique d\u2019un baril plus cher&#160;: chaque hausse durable de 10 dollars am\u00e9liore massivement sa balance courante et lui offre des marges suppl\u00e9mentaires pour financer ses gigantesques projets de diversification \u2014 de Neom aux multiples chantiers de la Vision 2030. Mais cette rente est \u00e0 double tranchant&#160;: Riyad reste vuln\u00e9rable \u00e0 des frappes sur ses installations p\u00e9troli\u00e8res, d\u00e9j\u00e0 vis\u00e9es par le pass\u00e9, et subit une pression intense de Washington pour mobiliser ses capacit\u00e9s exc\u00e9dentaires au service d\u2019une stabilisation des prix.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00c9mirats arabes unis, et en particulier Duba\u00ef, sont expos\u00e9s sous un angle diff\u00e9rent&#160;: en tant que hub logistique et financier r\u00e9gional, ils subissent la volatilit\u00e9 des flux maritimes et des capitaux. La perturbation d\u2019Ormuz menace le r\u00f4le de plateforme de transbordement du Golfe, tandis que la mont\u00e9e des tensions peut provoquer des sorties temporaires de capitaux et d\u2019expatri\u00e9s, notamment parmi une diaspora chinoise estim\u00e9e \u00e0 plusieurs centaines de milliers de personnes. Mais ces m\u00eames tensions renforcent aussi la rente d\u2019interm\u00e9diation de Duba\u00ef pour le n\u00e9goce, la logistique de contournement et la gestion financi\u00e8re des fortunes locales.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qatar se trouve dans une position encore plus cruciale&#160;: il fournit environ 30&#160;% des importations de GNL de la Chine et repr\u00e9sente pr\u00e8s d\u2019un cinqui\u00e8me de l\u2019offre mondiale de GNL. L\u2019annonce de l\u2019arr\u00eat temporaire de la plus grande installation d\u2019exportation de GNL au monde, \u00e0 la suite d\u2019une frappe de drone iranien \u2014 une premi\u00e8re en pr\u00e8s de trente ans d\u2019exploitation \u2014 illustre le risque syst\u00e9mique du conflit. Chaque interruption rench\u00e9rit le GNL en Europe et en Asie, accentuant l\u2019effet inflationniste.<\/p>\n\n\n\n<p>Les plus petits producteurs \u2014 Kowe\u00eft, Bahre\u00efn, Oman \u2014 partagent une m\u00eame fragilit\u00e9&#160;: d\u00e9pendance aux routes maritimes, budgets \u00e9troitement corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 la rente p\u00e9troli\u00e8re, exposition \u00e0 la hausse des primes de risque qui rench\u00e9rit leur endettement et peut retarder des projets d\u2019infrastructures.<\/p>\n\n\n\n<p>Collectivement, les pays du Golfe se retrouvent \u00e0 la t\u00eate d\u2019une rente exceptionnelle dans les sc\u00e9narios de p\u00e9trole durablement cher, mais dans un environnement o\u00f9 le co\u00fbt du capital augmente, o\u00f9 la demande mondiale peut ralentir, et o\u00f9 leurs d\u00e9cisions sur le recyclage des p\u00e9trodollars (vers les \u00c9tats\u2011Unis ou vers d\u2019autres p\u00f4les) acqui\u00e8rent une dimension profond\u00e9ment politique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La Chine&#160;: premi\u00e8re bou\u00e9e de sauvetage de T\u00e9h\u00e9ran, premier expos\u00e9 \u00e0 la fermeture d\u2019Ormuz<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La Chine est sans doute le pays non\u2011bellig\u00e9rant le plus directement impliqu\u00e9 dans ce conflit. Elle est \u00e0 la fois le premier partenaire commercial de l\u2019Iran, un client essentiel du GNL qatari et la puissance qui a le plus int\u00e9r\u00eat \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du d\u00e9troit d\u2019Ormuz&#160;: environ 45&#160;% de ses importations totales de p\u00e9trole y transitent.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"iframe-container wp-block-image wp-block-image-medium  iframe-dw\">\n\t<div>\n\t\t<iframe class=\"absolute w-full h-full pin-t pin-l\" title=\"titolo\" aria-label=\"Interactive line chart\" src=\"\/\/datawrapper.dwcdn.net\/qgXxC\/ \" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n\t<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>P\u00e9kin a certes pris les devants en constituant des r\u00e9serves strat\u00e9giques consid\u00e9rables, \u00e9quivalentes \u00e0 plusieurs mois d\u2019importations, ce qui lui permet de tenir un choc temporaire et de lisser les effets d\u2019une hausse des prix. De fait, malgr\u00e9 la guerre, l\u2019\u00e9conomie chinoise a enregistr\u00e9 une croissance de 5&#160;% au premier trimestre 2026, d\u00e9passant les attentes des analystes et d\u00e9montrant une r\u00e9silience inattendue face \u00e0 la flamb\u00e9e des prix de l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette performance s\u2019explique par plusieurs facteurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique de la Chine vis-\u00e0-vis du Moyen\u2011Orient est r\u00e9elle, mais ses sources d\u2019approvisionnement sont diversifi\u00e9es, notamment en raison des flux russes, qui se sont intensifi\u00e9s depuis 2022. Notons \u00e9galement sa capacit\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier des prix pr\u00e9f\u00e9rentiels avec Moscou et T\u00e9h\u00e9ran.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"iframe-container wp-block-image wp-block-image-medium  iframe-dw\">\n\t<div>\n\t\t<iframe class=\"absolute w-full h-full pin-t pin-l\" title=\"titolo\" aria-label=\"Interactive line chart\" src=\"\/\/datawrapper.dwcdn.net\/Zxni9\/\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n\t<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>La Chine met en \u0153uvre une politique active de constitution de stocks et de gestion publique des prix, avec la volont\u00e9 claire d\u2019isoler l\u2019\u00e9conomie domestique des chocs externes pour pr\u00e9server l\u2019objectif de croissance autour de 5&#160;% en 2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette fa\u00e7ade de solidit\u00e9 ne doit pas masquer une vuln\u00e9rabilit\u00e9 structurelle&#160;: la Chine reste largement tributaire de la demande ext\u00e9rieure, et la hausse durable des prix de l\u2019\u00e9nergie menace avant tout sa performance \u00e0 l\u2019export. Les premi\u00e8res donn\u00e9es de mars montrent d\u00e9j\u00e0 un net ralentissement de la croissance des exportations, sur fond de hausse des co\u00fbts de transport maritime et de l\u2019\u00e9nergie, ce qui nourrit les inqui\u00e9tudes sur la baisse de la demande mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>En coulisses, P\u00e9kin m\u00e8ne un jeu d\u2019\u00e9quilibriste. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, elle exerce une pression directe sur T\u00e9h\u00e9ran pour pr\u00e9server la libre circulation \u00e0 Ormuz&#160;: des dirigeants de soci\u00e9t\u00e9s gazi\u00e8res publiques indiquent que la Chine a demand\u00e9 explicitement \u00e0 l\u2019Iran de ne pas viser les p\u00e9troliers et m\u00e9thaniers, ni les infrastructures du Qatar. De l\u2019autre, elle cherche \u00e0 transformer la crise en opportunit\u00e9, afin de renforcer le r\u00f4le du yuan dans les \u00e9changes \u00e9nerg\u00e9tiques, en poussant des contrats de p\u00e9trole et de gaz libell\u00e9s en yuan&#160;; d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement de corridors terrestres (via la Russie, l\u2019Asie centrale, le Pakistan) propres \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux d\u00e9troits contr\u00f4l\u00e9s ou surveill\u00e9s par la marine am\u00e9ricaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sc\u00e9nario de cauchemar pour P\u00e9kin n\u2019est pas tant un baril \u00e0 90 ou 100 dollars \u2014 que ses r\u00e9serves et sa politique industrielle peuvent encaisser \u2014 qu\u2019une destruction durable de la demande en Europe et dans les pays \u00e9mergents, qui ass\u00e8cherait ses exportations et exacerberait la surcapacit\u00e9 de son appareil productif. C\u2019est ce qui fait dire \u00e0 certains analystes que la guerre en Iran pose une question existentielle&#160;: \u00ab&#160;Va\u2011t\u2011elle casser le mod\u00e8le chinois&#160;?&#160;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>La guerre en Iran a commenc\u00e9 comme un conflit de plus au Moyen\u2011Orient&#160;; elle s\u2019impose d\u00e9sormais comme un choc de structure pour l\u2019\u00e9conomie mondiale et un r\u00e9v\u00e9lateur des fragilit\u00e9s de la mondialisation.&nbsp;<\/p><cite>Thierry Breton<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le Pakistan&#160;: maillon fragile et corridor convoit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le Pakistan se situe \u00e0 la jonction de plusieurs dynamiques&#160;: pays \u00e0 la macro\u00e9conomie fragile, fortement d\u00e9pendant des importations d\u2019\u00e9nergie, expos\u00e9 au risque d\u2019instabilit\u00e9 interne, et, en m\u00eame temps, pi\u00e8ce potentielle de la strat\u00e9gie de contournement chinoise.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espoir d\u2019un gazoduc Iran\u2013Pakistan\u2013Chine, ou d\u2019autres infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques transfrontali\u00e8res, est compliqu\u00e9 par la guerre, qui rench\u00e9rit la facture \u00e9nerg\u00e9tique, d\u00e9t\u00e9riore les termes de l\u2019\u00e9change et intensifie les tensions politiques internes. Mais, dans le m\u00eame mouvement, Islamabad peut chercher \u00e0 monnayer sa position g\u00e9ographique en se pr\u00e9sentant comme corridor de substitution pour certains flux \u00e9nerg\u00e9tiques ou de marchandises chinois, sous r\u00e9serve de s\u00e9curisation de son territoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un sc\u00e9nario de conflit prolong\u00e9, le Pakistan fait partie de ces \u00e9conomies qui risquent de basculer dans une crise de balance des paiements, voire de solvabilit\u00e9, si la combinaison \u00e9nergie ch\u00e8re, dollar fort et resserrement du cr\u00e9dit international, se maintient.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Europe&#160;: le retour du spectre de la stagflation<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019Europe est victime de ce choc, alors qu\u2019elle est d\u00e9j\u00e0 affaiblie&#160;: sortie difficile de la crise \u00e9nerg\u00e9tique li\u00e9e \u00e0 la guerre en Ukraine, ralentissement industriel, d\u00e9sinflation \u00e0 peine amorc\u00e9e, dette publique \u00e9lev\u00e9e. Le conflit en Iran vient rouvrir des plaies qui commen\u00e7aient \u00e0 se cicatriser.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le front \u00e9nerg\u00e9tique, les impacts sont imm\u00e9diats. En quelques jours, le prix du gaz en Europe a bondi de 50&#160;%, et le baril de Brent s\u2019est envol\u00e9, mettant fin \u00e0 la p\u00e9riode de relative accalmie des mati\u00e8res premi\u00e8res qui avait permis de faire reculer l\u2019inflation en 2025. Selon des analyses de banques et d\u2019instituts europ\u00e9ens, un sc\u00e9nario de p\u00e9trole \u00e0 100 dollars et de gaz \u00e0 60 \u20ac\/MWh pourrait porter l\u2019inflation moyenne de la zone euro \u00e0 2,4&#160;% en 2026, avec un pic au\u2011del\u00e0 de 3&#160;% au deuxi\u00e8me trimestre, tandis que la croissance serait ramen\u00e9e autour de 0,8&#160;%.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"iframe-container wp-block-image wp-block-image-medium  iframe-dw\">\n\t<div>\n\t\t<iframe class=\"absolute w-full h-full pin-t pin-l\" title=\"titolo\" aria-label=\"Interactive line chart\" src=\"\/\/datawrapper.dwcdn.net\/SNCdE\/\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n\t<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>La BCE elle-m\u00eame a revu ses projections&#160;: ses services tablent d\u00e9sormais sur une inflation moyenne de 2,6&#160;% en 2026, contre moins auparavant, avec des sc\u00e9narios d\u00e9favorables o\u00f9 l\u2019inflation pourrait atteindre 3,5&#160;% et, dans un sc\u00e9nario s\u00e9v\u00e8re, 4,4&#160;% si les perturbations \u00e0 Ormuz sont fortes et durables. Dans le m\u00eame temps, la croissance du PIB de la zone euro est r\u00e9vis\u00e9e \u00e0 la baisse \u00e0 0,9&#160;% pour 2026, ce qui correspond presque \u00e0 une stagnation.<\/p>\n\n\n\n<p>Les march\u00e9s financiers ont traduit cette nervosit\u00e9 par une remont\u00e9e des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019environ 30 points de base sur les obligations d\u2019\u00c9tat europ\u00e9ennes au pire du premier \u00e9pisode de tension, et par une correction des indices actions. Cette hausse des taux se r\u00e9percute sur le co\u00fbt du cr\u00e9dit priv\u00e9, au moment m\u00eame o\u00f9 l\u2019investissement productif et la construction r\u00e9sidentielle sont d\u00e9j\u00e0 frein\u00e9s par la remont\u00e9e des taux depuis 2022.<\/p>\n\n\n\n<p>La combinaison croissance molle, inflation repartie \u00e0 la hausse, taux durablement \u00e9lev\u00e9s recompose ainsi un paysage de stagflation douce en Europe&#160;: pas l\u2019effondrement, mais une \u00e9rosion lente du pouvoir d\u2019achat et une paralysie des marges de man\u0153uvre budg\u00e9taires.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>La guerre en Iran agit pour l\u2019Europe comme un r\u00e9v\u00e9lateur brutal&#160;: malgr\u00e9 deux ans de \u00ab&#160;strat\u00e9gie de sortie&#160;\u00bb de la d\u00e9pendance au gaz russe, l\u2019Union reste expos\u00e9e \u00e0 chaque soubresaut du Moyen\u2011Orient.<\/p><cite>Thierry Breton<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>France&#160;: une facture imm\u00e9diate de 4 \u00e0 6 milliards, dont un choc sur la dette<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour la France, la guerre en Iran n\u2019est pas une abstraction comptable. Elle a d\u00e9j\u00e0 une facture chiffr\u00e9e, assum\u00e9e publiquement&#160;: le ministre de l\u2019\u00c9conomie, Roland Lescure, et le Premier ministre, S\u00e9bastien Lecornu, ont estim\u00e9 que la crise li\u00e9e au conflit au Moyen\u2011Orient avait d\u00e9j\u00e0 co\u00fbt\u00e9 au moins 6 milliards d\u2019euros \u00e0 la France pour l\u2019ann\u00e9e 2026. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une projection th\u00e9orique en ann\u00e9e pleine, mais d\u2019un constat ex ante sur la base des nouvelles conditions de financement, de l\u2019effort militaire et des mesures d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La composante la plus lourde, politiquement et budg\u00e9tairement, est celle de la dette. Dans un contexte o\u00f9 la France pr\u00e9voit d\u2019emprunter environ 310 milliards d\u2019euros en 2026, un niveau jamais atteint, chaque dixi\u00e8me de point de hausse des taux p\u00e8se tr\u00e8s vite des milliards. Or, le choc iranien a contribu\u00e9 \u00e0 tendre la courbe des taux fran\u00e7ais&#160;: au plus fort de la s\u00e9quence, les taux longs ont pris de l\u2019ordre de 30 points de base par rapport \u00e0 la trajectoire anticip\u00e9e, dans un environnement d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 par la d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis des comptes publics.<\/p>\n\n\n\n<p>En appliquant, m\u00eame prudemment, une hausse moyenne de 0,3 point sur les nouvelles \u00e9missions et sur le stock qui se renouvelle, on obtient un surco\u00fbt annuel de charge d\u2019int\u00e9r\u00eats de l\u2019ordre de 3 \u00e0 4 milliards d\u2019euros. C\u2019est ce que traduit le chiffre de 3,8 milliards, \u00e9voqu\u00e9 par l\u2019ex\u00e9cutif&#160;: non pas une somme d\u00e9j\u00e0 int\u00e9gralement d\u00e9bours\u00e9e, mais une estimation, en ann\u00e9e pleine, de ce que la remont\u00e9e des taux, li\u00e9e en partie au choc iranien, va co\u00fbter \u00e0 l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais, si les conditions financi\u00e8res restent \u00e0 ce niveau. Pour m\u00e9moire, la France a d\u00e9j\u00e0 vu sa charge d\u2019int\u00e9r\u00eats augmenter de 19 milliards entre 2020 et 2022 du fait de la hausse des taux et de l\u2019inflation.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cela s\u2019ajoute le choc \u00e9nerg\u00e9tique proprement dit. La flamb\u00e9e du p\u00e9trole a d\u00e9j\u00e0 fait remonter l\u2019inflation fran\u00e7aise \u00e0 1,7&#160;% en mars, contre 0,9&#160;% en f\u00e9vrier, alors que le pays s\u2019\u00e9tait habitu\u00e9 \u00e0 une inflation sous 1&#160;% depuis l\u2019automne. L\u2019Insee et la Banque de France soulignent que cette remont\u00e9e est directement li\u00e9e \u00e0 la guerre en Iran&#160;: la hausse des prix de l\u2019\u00e9nergie se diffuse aux carburants, au transport, puis progressivement \u00e0 d\u2019autres biens.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce choc de prix n\u2019est pas neutre socialement. Les Fran\u00e7ais, d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9s par la s\u00e9quence inflationniste de 2022\u20112023, per\u00e7oivent tr\u00e8s clairement cette nouvelle pression&#160;: un sondage montre que 90&#160;% estiment que la guerre aura un impact sur leur pouvoir d\u2019achat, 87&#160;% sur la croissance, 81&#160;% sur la Bourse, 80&#160;% sur la dette publique. Sur le terrain, cela se traduit par des prix \u00e0 la pompe plus \u00e9lev\u00e9s, des entreprises qui voient leurs co\u00fbts de production grimper, et des industriels \u00e9nergivores \u2014 chimie, engrais, m\u00e9tallurgie \u2014 \u00e0 nouveau pris en \u00e9tau entre co\u00fbts et concurrence internationale.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ces deux canaux \u2014 dette et \u00e9nergie \u2014 s\u2019ajoute un effort militaire non n\u00e9gligeable. Le budget de la D\u00e9fense pour 2026 atteint 57 milliards d\u2019euros, en nette hausse, et le co\u00fbt mensuel de l\u2019engagement fran\u00e7ais dans la r\u00e9gion d\u00e9passe 135 millions d\u2019euros hors munitions, avec environ 5 000 militaires mobilis\u00e9s, des fr\u00e9gates et des Rafale dont l\u2019activit\u00e9 repr\u00e9sente plusieurs dizaines de millions d\u2019euros par mois. Cette d\u00e9pense suppl\u00e9mentaire, directement li\u00e9e au conflit, vient grever des marges budg\u00e9taires d\u00e9j\u00e0 \u00e9troites, alors que la France a d\u00e9j\u00e0 du mal \u00e0 contenir un d\u00e9ficit public \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La Banque de France se veut prudente&#160;: dans son sc\u00e9nario central, qui suppose un r\u00e8glement relativement rapide du conflit et un choc \u00e9nerg\u00e9tique temporaire, elle ne r\u00e9vise la croissance de 2026 qu\u2019\u00e0 la baisse de 1,0&#160;% \u00e0 0,9&#160;%, estimant que l\u2019impact sur l\u2019activit\u00e9 reste \u00ab&#160;limit\u00e9&#160;\u00bb \u00e0 ce stade. Mais ce \u00ab&#160;limit\u00e9&#160;\u00bb est trompeur&#160;: il masque une \u00e9rosion plus large du pouvoir d\u2019achat, une d\u00e9gradation de la trajectoire de dette via la charge d\u2019int\u00e9r\u00eats, et une mont\u00e9e de l\u2019incertitude qui p\u00e8se sur l\u2019investissement.<\/p>\n\n\n\n<p>La facture de 6 milliards \u00e9voqu\u00e9e par Lecornu et Lescure est donc \u00e0 la fois prudente et incompl\u00e8te&#160;: prudente, parce qu\u2019elle ne tient pas encore compte de tous les effets de second tour sur la croissance, l\u2019emploi et les recettes fiscales&#160;; incompl\u00e8te, parce que le co\u00fbt d\u2019opportunit\u00e9 \u2014 investissements diff\u00e9r\u00e9s, projets report\u00e9s, confiance entam\u00e9e \u2014 ne se laisse pas chiffrer aussi facilement. Elle donne n\u00e9anmoins un ordre de grandeur&#160;: en quelques semaines, la guerre en Iran a d\u00e9j\u00e0 co\u00fbt\u00e9 \u00e0 la France l\u2019\u00e9quivalent de 0,15 \u00e0 0,25 point de PIB, dont pr\u00e8s des deux tiers par le canal de la dette.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les \u00c9tats\u2011Unis&#160;: puissance \u00e9nerg\u00e9tique, vuln\u00e9rabilit\u00e9 politique et financi\u00e8re<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Les \u00c9tats-Unis abordent ce choc g\u00e9opolitique dans une position \u00e9nerg\u00e9tique tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle de l\u2019Europe&#160;: ils sont devenus un grand producteur et exportateur d\u2019hydrocarbures, ce qui att\u00e9nue leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 directe aux ruptures d\u2019approvisionnement. Ils peuvent mobiliser leurs r\u00e9serves strat\u00e9giques et inciter le secteur priv\u00e9 \u00e0 augmenter la production de p\u00e9trole et de gaz de schiste pour amortir la hausse des prix.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la dimension politique interne est redoutable. La hausse des prix \u00e0 la pompe est l\u2019un des signaux les plus sensibles pour l\u2019opinion am\u00e9ricaine. Une spirale p\u00e9trole plus cher\/inflation plus tenace\/pression sur la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale rebat les cartes de la conjoncture et de la campagne \u00e9lectorale.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019ajoute un \u00e9l\u00e9ment financier et g\u00e9opolitique&#160;: la question du recyclage des p\u00e9trodollars du Golfe vers les actifs am\u00e9ricains. Depuis des d\u00e9cennies, les \u00c9tats\u2011Unis b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un flux massif de capitaux du Moyen\u2011Orient, sous forme de <em>treasuries<\/em>, d\u2019investissements directs et d\u2019actifs financiers. Un sc\u00e9nario o\u00f9 les promesses d\u2019investissements \u2014 \u00e9voqu\u00e9es \u00e0 hauteur de plusieurs milliers de milliards de dollars \u2014 ne sont pas tenues ou sont redirig\u00e9es vers d\u2019autres p\u00f4les (Asie, BRICS, projets domestiques) fragilise la position des \u00c9tats-Unis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On peut d\u00e9sormais pr\u00e9voir pour les \u00c9tats-Unis moins de demande captive pour leur dette publique, mais davantage de d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9pargne domestique ou \u00e0 d\u2019autres investisseurs, ainsi qu\u2019un espace strat\u00e9gique accru pour la Chine et d\u2019autres puissances financi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Le choc iranien est donc pour Washington autant un test de cr\u00e9dibilit\u00e9 strat\u00e9gique au Moyen\u2011Orient qu\u2019un <em>stress test<\/em> de son h\u00e9g\u00e9monie financi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Le sc\u00e9nario de cauchemar pour P\u00e9kin n\u2019est pas tant un baril \u00e0 90 ou 100 dollars qu\u2019une destruction durable de la demande en Europe et dans les pays \u00e9mergents&#160;: celle-ci ass\u00e8cherait ses exportations.<\/p><cite>Thierry Breton<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019onde de choc financi\u00e8re&#160;: cr\u00e9dit priv\u00e9, march\u00e9s et p\u00e9trodollars<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Au cinqui\u00e8me cercle, la guerre se traduit par un choc de confiance sur les march\u00e9s financiers. Une note de recherche \u00e9voque qu\u2019une hausse de 10 dollars du baril se traduit, dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, par une r\u00e9duction d\u2019environ 0,2 point de PIB et par une pression haussi\u00e8re sur les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. Apr\u00e8s plus d\u2019une semaine de conflit, les investisseurs se sont mis \u00e0 int\u00e9grer, non plus seulement un accident p\u00e9trolier temporaire, mais la possibilit\u00e9 d\u2019un choc durable sur les mati\u00e8res premi\u00e8res, en particulier le p\u00e9trole et le gaz.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cons\u00e9quences sont multiples. Les tensions sur les march\u00e9s obligataires s\u2019accompagnent d\u2019une hausse des taux souverains et corporate. L\u2019\u00e9largissement des spreads de cr\u00e9dit touche particuli\u00e8rement les entreprises \u00e9nergivores et les pays \u00e9mergents, d\u00e9j\u00e0 fragiles. On constate \u00e9galement des flux accrus vers les actifs refuges (dette am\u00e9ricaine, or), au d\u00e9triment des actifs risqu\u00e9s. De m\u00eame, il est \u00e0 pr\u00e9voir un durcissement durable des conditions de financement pour le cr\u00e9dit priv\u00e9, surtout dans les segments \u00e0 haut rendement et les PME.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"iframe-container wp-block-image wp-block-image-medium  iframe-dw\">\n\t<div>\n\t\t<iframe class=\"absolute w-full h-full pin-t pin-l\" title=\"titolo\" aria-label=\"Interactive line chart\" src=\"\/\/datawrapper.dwcdn.net\/rX8ng\/\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n\t<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Si la situation se prolonge, le risque est celui d\u2019une crise de cr\u00e9dit composite&#160;: hausse des d\u00e9fauts dans certains secteurs (transport, chimie, sid\u00e9rurgie, a\u00e9rien), difficult\u00e9 pour les \u00c9tats tr\u00e8s endett\u00e9s \u00e0 rouler leur dette \u00e0 un co\u00fbt soutenable, et mont\u00e9e du risque de crises de balance des paiements dans plusieurs \u00e9mergents.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cette dynamique s\u2019ajoute la question centrale du recyclage des p\u00e9trodollars. Un conflit prolong\u00e9 peut inciter les \u00c9tats du Golfe \u00e0 augmenter leurs d\u00e9penses militaires et s\u00e9curitaires, mais aussi \u00e0 red\u00e9ployer une partie de leurs fonds souverains vers des projets domestiques, plut\u00f4t que vers des actifs occidentaux. Ils pourraient \u00e9galement diversifier davantage leurs placements vers l\u2019Asie, notamment vers la Chine, au d\u00e9triment des \u00c9tats-Unis et de l\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce mouvement r\u00e9duirait la capacit\u00e9 des \u00e9conomies occidentales \u00e0 financer \u00e0 faible co\u00fbt leurs d\u00e9ficits publics et leurs investissements, au moment m\u00eame o\u00f9 les besoins pour la d\u00e9fense, la transition \u00e9nerg\u00e9tique et la r\u00e9industrialisation explosent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Sc\u00e9narios prospectifs&#160;: arr\u00eat, tr\u00eave, conflit prolong\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le futur \u00e9conomique du conflit iranien ne se lit pas seulement sur les cartes militaires, mais aussi dans trois sc\u00e9narios macro\u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le sc\u00e9nario d\u2019arr\u00eat rapide de la guerre, avec un cessez\u2011le\u2011feu qui tient, les prix du p\u00e9trole et du gaz sont appel\u00e9s \u00e0 retomber apr\u00e8s le pic initial&#160;; l\u2019impact sur la croissance des pays avanc\u00e9s reste limit\u00e9, de l\u2019ordre de 0,2 \u00e0 0,3 point de PIB&#160;; l\u2019inflation se stabilise en zone euro autour de 2 \u00e0 2,5&#160;% en 2026, avant un reflux vers l\u2019objectif de la BCE en 2027. Du c\u00f4t\u00e9 de la Chine, le pays absorbe le choc gr\u00e2ce \u00e0 ses r\u00e9serves et au soutien de la demande int\u00e9rieure. Enfin, la tension sur le cr\u00e9dit priv\u00e9 et les flux de p\u00e9trodollars se r\u00e9sorbe progressivement, m\u00eame si l\u2019\u00e9pisode laisse des traces dans la perception du risque Moyen\u2011Orient.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le sc\u00e9nario d\u2019une tr\u00eave de dix jours, puis d\u2019une reprise des hostilit\u00e9s, avec une alternance de cessez\u2011le\u2011feu et de frappes, il est \u00e0 pr\u00e9voir que les march\u00e9s vivent au rythme de la volatilit\u00e9, avec des \u00e9pisodes de hausse et de baisse brutales des prix de l\u2019\u00e9nergie. La croissance mondiale en sera plus nettement affect\u00e9e, avec un co\u00fbt cumul\u00e9 qui pourrait atteindre 0,5 point de PIB en 2026. Concernant la zone euro, elle pourrait voir son inflation en moyenne autour de 2,4&#160;%, avec des pics au-del\u00e0 de 3&#160;%, tandis que la croissance stagnerait autour de 0,8&#160;%. En France, l\u2019Insee int\u00e9grant une inflation plus \u00e9lev\u00e9e (1,7&#160;% en mars d\u00e9j\u00e0) et un ralentissement de la croissance, les consommateurs subiront un choc prolong\u00e9 sur le pouvoir d\u2019achat. La Chine souffrira d\u2019un ralentissement plus marqu\u00e9 de ses exportations, malgr\u00e9 des chiffres de croissance encore solides \u00e0 court terme. Pour ce qui est du cr\u00e9dit priv\u00e9, il pourrait se rench\u00e9rir durablement avec une multiplication des d\u00e9faillances dans certains secteurs, des flux de p\u00e9trodollars plus s\u00e9lectifs, et un biais croissant vers l\u2019Asie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le sc\u00e9nario de conflit prolong\u00e9, avec une fermeture partielle ou r\u00e9currente d\u2019Ormuz, le p\u00e9trole reste durablement autour ou au-dessus de 100 dollars, tandis que le gaz europ\u00e9en se maintient sur un plateau \u00e9lev\u00e9. L\u2019inflation europ\u00e9enne peut monter vers 3,5&#160;% voire 4,4&#160;% dans les sc\u00e9narios s\u00e9v\u00e8res de la BCE, la croissance rester autour de 0,8\u20130,9&#160;%, avec un risque ponctuel de r\u00e9cession technique. Il y a un risque que la France s\u2019installe dans un r\u00e9gime de pouvoir d\u2019achat sous pression, avec une inflation annuelle potentiellement proche de 2&#160;% au lieu de 1&#160;%, et des arbitrages budg\u00e9taires plus douloureux sur la d\u00e9pense publique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Iran, de son c\u00f4t\u00e9, pourrait s\u2019enfoncer durablement dans l\u2019hyperinflation (au-del\u00e0 de 50&#160;%), avec une monnaie en chute libre et une \u00e9conomie de guerre. Si les pays du Golfe pourraient continuer d\u2019accumuler des rentes colossales, ce serait dans un environnement de risque extr\u00eame, qui les pousserait \u00e0 reconfigurer leurs alliances et leurs placements. La Chine ferait face \u00e0 un test historique pour son mod\u00e8le exportateur, avec une demande mondiale affaiblie, une surcapacit\u00e9 industrielle exasp\u00e9r\u00e9e et une pression accrue pour restructurer son \u00e9conomie. Dans ce cadre, les \u00c9tats\u2011Unis verraient leur r\u00f4le d\u2019exportateur d\u2019\u00e9nergie renforc\u00e9, mais au prix d\u2019une inflation plus tenace et de tensions sur le financement de leurs d\u00e9ficits en l\u2019absence d\u2019une partie des p\u00e9trodollars promis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan financier, la combinaison inflation \u00e9lev\u00e9e, croissance faible, co\u00fbts de financement \u00e9lev\u00e9s et moindre recyclage des p\u00e9trodollars ouvre la porte \u00e0 une crise de cr\u00e9dit segment\u00e9e, susceptible de devenir syst\u00e9mique si un choc suppl\u00e9mentaire survient.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Le choc iranien est pour Washington autant un test de cr\u00e9dibilit\u00e9 strat\u00e9gique au Moyen\u2011Orient qu\u2019un <em>stress test<\/em> de son h\u00e9g\u00e9monie financi\u00e8re.<\/p><cite>Thierry Breton<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quels choix pour l\u2019Europe&#160;? De la gestion de crise au changement de mod\u00e8le<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La guerre en Iran agit pour l\u2019Europe comme un r\u00e9v\u00e9lateur brutal&#160;: malgr\u00e9 deux ans de \u00ab&#160;strat\u00e9gie de sortie&#160;\u00bb de la d\u00e9pendance au gaz russe, l\u2019Union reste expos\u00e9e \u00e0 chaque soubresaut du Moyen\u2011Orient. Le choc iranien n\u2019est donc pas seulement une nouvelle crise \u00e0 absorber, c\u2019est un test politique&#160;: l\u2019Europe va-t-elle se contenter de g\u00e9rer l\u2019urgence, ou saisir l\u2019occasion d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer une r\u00e9duction structurelle de sa d\u00e9pendance aux hydrocarbures import\u00e9s&#160;?<\/p>\n\n\n\n<p>Trois ensembles de choix se dessinent.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, faire de la transition \u00e9nerg\u00e9tique un bouclier de souverainet\u00e9 et non un luxe vert. D\u00e8s le 19 mars, en pleine flamb\u00e9e des prix, le Conseil europ\u00e9en a r\u00e9affirm\u00e9 que la transition restait \u00ab&#160;la strat\u00e9gie la plus efficace&#160;\u00bb pour gagner en autonomie et faire baisser durablement la facture du p\u00e9trole et du gaz. Plusieurs analyses convergent&#160;: \u00e9lectrifier 50&#160;% de l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne permettrait de diviser par deux les importations de p\u00e9trole d\u2019ici 2040, r\u00e9duisant d\u2019autant l\u2019exposition aux chocs g\u00e9opolitiques au Moyen\u2011Orient.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Concr\u00e8tement, cela implique d\u2019assumer, et non de retarder, des choix d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier est d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9ploiement des renouvelables (\u00e9olien, solaire, r\u00e9seaux), avec des trajectoires chiffr\u00e9es \u2014 par exemple, la France vise un passage de 30,2 GW de solaire fin 2025 \u00e0 48 GW en 2030, ce qui suppose de quasiment doubler le rythme d\u2019installation annuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit par ailleurs de soutenir massivement l\u2019\u00e9lectrification des usages&#160;: v\u00e9hicules \u00e9lectriques, pompes \u00e0 chaleur, industrie \u00e9lectrifi\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il nous faudra \u00e9galement corriger les distorsions fiscales qui entretiennent la d\u00e9pendance&#160;: \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne, le gaz est encore deux fois moins tax\u00e9 que l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, ce qui d\u00e9courage le basculement vers l\u2019\u00e9lectrique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 tr\u00e8s court terme, les \u00c9tats membres ne peuvent pas se contenter de discours structurels en vue d\u2019une sortie de crise. Ils doivent prot\u00e9ger le pouvoir d\u2019achat et le tissu productif, sans recr\u00e9er les erreurs de 2022.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Selon un tracker publi\u00e9 par l\u2019Institut Jacques Delors, 22 \u00c9tats membres sur 27 ont d\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9 plus de 120 mesures pour juguler les effets du choc iranien, pour un co\u00fbt budg\u00e9taire d\u2019environ 9,2 milliards d\u2019euros, auxquels s\u2019ajoutent 13 milliards de surco\u00fbt d\u2019importations fossiles. Il s\u2019agit d\u2019aides cibl\u00e9es aux m\u00e9nages et aux entreprises, de baisses temporaires de taxes sur l\u2019\u00e9nergie, ou de m\u00e9canismes de soutien aux secteurs les plus expos\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La Commission europ\u00e9enne a pr\u00e9sent\u00e9 un ensemble de mesures pour att\u00e9nuer l\u2019impact de la guerre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle pr\u00e9conise la r\u00e9duction cibl\u00e9e des taxes sur l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, afin de rendre le courant moins cher face aux combustibles fossiles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une coordination du r\u00e9approvisionnement des stocks de gaz, avec un objectif d\u2019au moins 80&#160;% de remplissage avant l\u2019hiver, contre environ 30&#160;% actuellement, permettra d\u2019\u00e9viter la course d\u00e9sordonn\u00e9e aux achats qui alimente la sp\u00e9culation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"iframe-container wp-block-image wp-block-image-medium  iframe-dw\">\n\t<div>\n\t\t<iframe class=\"absolute w-full h-full pin-t pin-l\" title=\"titolo\" aria-label=\"Interactive line chart\" src=\"\/\/datawrapper.dwcdn.net\/yT3zb\/ \" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n\t<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sidente de la Commission europ\u00e9enne Ursula von der Leyen a appel\u00e9 \u00e0 \u00ab&#160;acc\u00e9l\u00e9rer la transition vers des \u00e9nergies propres produites localement&#160;\u00bb, en insistant sur le lien entre \u00e9nergies propres, ind\u00e9pendance et r\u00e9silience aux temp\u00eates g\u00e9opolitiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019assumer que la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique est aussi une question de d\u00e9fense et d\u2019infrastructures critiques. La guerre en Iran ne pose pas seulement la question du prix de l\u2019\u00e9nergie, mais celle de la s\u00e9curit\u00e9 physique des infrastructures&#160;: d\u00e9troits, terminaux GNL, pipelines, c\u00e2bles sous-marins.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019Union, cela signifie que la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique doit \u00eatre pens\u00e9e comme une mission de s\u00e9curit\u00e9 et de d\u00e9fense europ\u00e9enne&#160;: patrouilles navales, protection des pipelines, cybers\u00e9curit\u00e9 des r\u00e9seaux \u00e9lectriques. Les projets de diversification (Norv\u00e8ge, Alg\u00e9rie, M\u00e9diterran\u00e9e orientale, GNL am\u00e9ricain) ne peuvent \u00eatre regard\u00e9s seulement sous un angle \u00e9conomique, mais aussi en termes de vuln\u00e9rabilit\u00e9 physique \u2014 routes maritimes, redondances, capacit\u00e9s de secours.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2025, l\u2019Union s\u2019est fix\u00e9e des objectifs de diversification des sources pr\u00e9cis\u00e9ment pour sortir de la d\u00e9pendance russe&#160;; aujourd\u2019hui, la m\u00eame logique doit \u00eatre appliqu\u00e9e \u00e0 la d\u00e9pendance au p\u00e9trole et au gaz du Golfe, en tirant les le\u00e7ons de la fermeture d\u2019Ormuz et des frappes sur Ras Laffan.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une note r\u00e9cente, l\u2019Institut Jacques Delors parle de la guerre en Iran comme de l\u2019\u00ab&#160;\u00e9lectrochoc tant attendu&#160;\u00bb pour la transition \u00e9nerg\u00e9tique europ\u00e9enne. Les chiffres montrent que le co\u00fbt de l\u2019inaction est lui aussi colossal&#160;: d\u00e9j\u00e0 9,2 milliards d\u2019euros de mesures d\u2019urgence adopt\u00e9es et 13 milliards de surco\u00fbt sur les importations fossiles en quelques semaines de guerre&#160;; une inflation qui remonte vers 2,4\u20133,5&#160;% en zone euro selon les sc\u00e9narios&#160;; une croissance qui glisse vers 0,8\u20130,9&#160;%&#160;; des taux plus \u00e9lev\u00e9s qui rench\u00e9rissent la dette.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cela, les choix qui s\u2019ouvrent \u00e0 l\u2019Europe sont tranch\u00e9s&#160;: soit empiler des rustines \u00e0 chaque crise \u00e9nerg\u00e9tique, au prix d\u2019une lente \u00e9rosion du pouvoir d\u2019achat et d\u2019une mont\u00e9e des populismes&#160;; soit reconstruire sa s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique comme un pilier de souverainet\u00e9, en assumant un cycle d\u2019investissements massifs dans la transition, la d\u00e9fense des infrastructures et la diversification.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>L\u2019\u00e9conomie iranienne a bascul\u00e9 dans une forme de statu quo de ruine&#160;: le r\u00e9gime se maintient par la coercition interne, des soutiens ext\u00e9rieurs limit\u00e9s et des circuits parall\u00e8les.<\/p><cite>Thierry Breton<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion \u2014 La guerre en Iran, la facture cach\u00e9e du monde<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La guerre en Iran a commenc\u00e9 comme un conflit de plus au Moyen\u2011Orient&#160;; elle s\u2019impose d\u00e9sormais comme un choc de structure pour l\u2019\u00e9conomie mondiale et un r\u00e9v\u00e9lateur des fragilit\u00e9s de la mondialisation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle ne se lit pas seulement en dollars de p\u00e9trole ou en points de PIB, mais en mod\u00e8les \u00e9conomiques bouscul\u00e9s, en dettes rench\u00e9ries, en pauvret\u00e9 accrue et en \u00e9quilibres politiques fragilis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Au centre, l\u2019Iran concentre la version la plus brutale de cette facture. L\u2019\u00e9conomie \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9trangl\u00e9e par les sanctions&#160;; la guerre l\u2019a fait basculer dans une v\u00e9ritable hyperinflation, avec des prix qui progressent \u00e0 plus de 50&#160;% l\u2019an, une monnaie qui se d\u00e9lite, des infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques directement menac\u00e9es, et une production industrielle d\u00e9sorganis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"iframe-container wp-block-image wp-block-image-medium  iframe-dw\">\n\t<div>\n\t\t<iframe class=\"absolute w-full h-full pin-t pin-l\" title=\"titolo\" aria-label=\"Interactive line chart\" src=\"\/\/datawrapper.dwcdn.net\/wEqqV\/ \" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n\t<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Ce pays n\u2019est plus dans la gestion d\u2019un cycle \u00e9conomique, mais dans une logique d\u2019\u00e9conomie de si\u00e8ge, o\u00f9 la priorit\u00e9 est de survivre \u2014 co\u00fbte que co\u00fbte \u2014 gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9pression interne, \u00e0 quelques soutiens ext\u00e9rieurs et \u00e0 des circuits parall\u00e8les. La bou\u00e9e de sauvetage chinoise (p\u00e9trole \u00e0 prix d\u00e9cot\u00e9s pay\u00e9 en yuan, troc marchandises\u2011p\u00e9trole) lui \u00e9vite l\u2019asphyxie totale, mais au prix d\u2019une d\u00e9pendance accrue et d\u2019une marge de man\u0153uvre quasi nulle. La guerre, ici, se traduit en ann\u00e9es de d\u00e9veloppement perdues.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le deuxi\u00e8me cercle, les monarchies du Golfe incarnent la rente ambivalente de ce conflit.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Arabie saoudite, le Qatar, les \u00c9mirats voient leurs recettes bondir \u00e0 mesure que le baril grimpe et que le GNL se rench\u00e9rit. Mais cette rente est pi\u00e9g\u00e9e&#160;: plus les prix sont \u00e9lev\u00e9s, plus les infrastructures deviennent des cibles, plus les primes de risque explosent, plus il devient co\u00fbteux de financer les projets phares des visions 2030 et les strat\u00e9gies de diversification. La question centrale devient&#160;: que faire de ces p\u00e9trodollars&#160;? Continuer \u00e0 alimenter le cycle traditionnel \u2014 achats de dette am\u00e9ricaine, placements \u00e0 Londres, investissements aux \u00c9tats-Unis \u2014 ou red\u00e9ployer davantage vers l\u2019Asie, la Chine, les BRICS, et vers des projets domestiques de s\u00e9curisation et de r\u00e9silience&#160;? Derri\u00e8re le p\u00e9trole cher, c\u2019est la g\u00e9ographie des capitaux qui se redessine.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me cercle est celui des partenaires directs de l\u2019Iran, au premier rang desquels la Chine et le Pakistan.<\/p>\n\n\n\n<p>P\u00e9kin est \u00e0 la fois le principal client de T\u00e9h\u00e9ran, un acteur clef du GNL qatari, et le pays dont pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des importations p\u00e9troli\u00e8res transitent par Ormuz. Elle a pr\u00e9par\u00e9 le choc en remplissant ses r\u00e9serves strat\u00e9giques et en diversifiant ses approvisionnements, notamment vers la Russie. Elle affiche encore une croissance de 5&#160;% au premier trimestre 2026, mais cette r\u00e9silience apparente ne doit pas faire oublier l\u2019essentiel&#160;: la Chine reste ultra\u2011d\u00e9pendante de la demande ext\u00e9rieure. Si la guerre entame durablement le pouvoir d\u2019achat en Europe, en Am\u00e9rique et dans les \u00e9mergents, ce sont ses exportations qui seront directement touch\u00e9es, dans un appareil industriel d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 par la surcapacit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En parall\u00e8le, P\u00e9kin tente de transformer le choc en opportunit\u00e9 g\u00e9opolitique&#160;: pression sur T\u00e9h\u00e9ran pour prot\u00e9ger la libert\u00e9 de navigation et les installations qataries, promotion acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du yuan\u2011p\u00e9trole, investissement dans des corridors terrestres (via la Russie, l\u2019Asie centrale, le Pakistan) pour r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux d\u00e9troits contr\u00f4l\u00e9s par les flottes occidentales. Mais le paradoxe demeure&#160;: la Chine appara\u00eet \u00e0 la fois comme le pompier (qui ach\u00e8te, stabilise, s\u00e9curise ses routes) et comme le grand d\u00e9pendant d\u2019un syst\u00e8me mondial dont la stabilit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tico\u2011financi\u00e8re n\u2019est plus garantie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Pakistan illustre la face sombre de ce troisi\u00e8me cercle&#160;: \u00e9conomie fragile, d\u00e9pendante des importations d\u2019\u00e9nergie, finances publiques sous pression, tensions politiques internes. Pour lui, la guerre en Iran, c\u2019est \u00e0 la fois la perspective d\u2019\u00eatre un corridor convoit\u00e9 par la Chine, et le risque de sombrer dans une crise de balance des paiements, sous l\u2019effet cumulatif de l\u2019\u00e9nergie ch\u00e8re, du resserrement du cr\u00e9dit et de la force du dollar. L\u00e0 aussi, la facture n\u2019est pas un simple agr\u00e9gat macro, mais une menace de d\u00e9stabilisation globale.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le quatri\u00e8me cercle, celui des \u00e9conomies avanc\u00e9es, la guerre agit comme un r\u00e9v\u00e9lateur de vuln\u00e9rabilit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 connues. L\u2019Europe sort tout juste de la crise \u00e9nerg\u00e9tique li\u00e9e \u00e0 l\u2019Ukraine, et la voil\u00e0 replong\u00e9e dans un choc p\u00e9trolier et gazier venu d\u2019Ormuz. En quelques jours, le gaz europ\u00e9en bondit de 50&#160;%, le Brent s\u2019envole, l\u2019inflation qui semblait enfin ma\u00eetris\u00e9e repart \u00e0 la hausse, la BCE rel\u00e8ve ses pr\u00e9visions. La zone euro se dirige vers une combinaison toxique&#160;: inflation \u00e0 2,5\u20133&#160;%, croissance autour de 0,8\u20130,9&#160;%, taux d\u2019int\u00e9r\u00eat plus \u00e9lev\u00e9s. C\u2019est la d\u00e9finition m\u00eame d\u2019une stagflation molle&#160;: pas de crise spectaculaire, mais une \u00e9rosion continue du pouvoir d\u2019achat, un investissement frein\u00e9, des finances publiques tendues.<\/p>\n\n\n\n<p>La France, dans ce tableau, est un cas d\u2019\u00e9cole. Sur le plan social, la remont\u00e9e de l\u2019inflation \u00e0 1,7&#160;% en mars, apr\u00e8s des mois sous 1&#160;%, ravive imm\u00e9diatement le souvenir de 2022\u20112023&#160;: prix \u00e0 la pompe qui remontent, co\u00fbts de transport, facture \u00e9nerg\u00e9tique des entreprises, et, in fine, tensions sur les salaires. Sur le plan budg\u00e9taire, le gouvernement reconna\u00eet d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 un co\u00fbt d\u2019au moins 6 milliards d\u2019euros en 2026, dont 3,8 milliards pour la seule charge d\u2019int\u00e9r\u00eats, en raison des 310 milliards d\u2019euros qu\u2019il faudra emprunter cette ann\u00e9e \u00e0 des taux plus \u00e9lev\u00e9s, plus de 1 milliard pour l\u2019effort militaire dans la r\u00e9gion, et une multitude de mesures pour amortir le choc sur les m\u00e9nages et les entreprises. Autrement dit&#160;: en quelques semaines, la guerre en Iran a d\u00e9j\u00e0 mang\u00e9 l\u2019\u00e9quivalent de 0,15 \u00e0 0,25 point de PIB fran\u00e7ais. Et ce n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00c9tats-Unis, eux, disposent de l\u2019atout de leur ind\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique relative&#160;: ils produisent et exportent p\u00e9trole et gaz, ils peuvent puiser dans leurs r\u00e9serves, ajuster leur production. Mais le choc financier et budg\u00e9taire n\u2019en est pas moins r\u00e9el. Le co\u00fbt des op\u00e9rations militaires se chiffre d\u00e9j\u00e0 en dizaines de milliards de dollars, et monte chaque jour. Le choc sur les prix \u00e0 la pompe alimente des tensions politiques et une pression sur la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale, qui doit arbitrer entre la lutte contre l\u2019inflation et le soutien \u00e0 l\u2019activit\u00e9. Surtout, la guerre interroge, au fond, la machinerie financi\u00e8re am\u00e9ricaine&#160;: que devient un syst\u00e8me fond\u00e9 sur l\u2019absorption de p\u00e9trodollars, si les grandes monarchies du Golfe diversifient davantage vers d\u2019autres zones, sous l\u2019effet des tensions avec Washington et de la mont\u00e9e en puissance de la Chine&#160;?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Dans un contexte o\u00f9 l\u2019inflation semblait enfin refluer, le choc iranien ravive le spectre de la stagflation.<\/p><cite>Thierry Breton<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Reste le cinqui\u00e8me cercle, celui de la facture globale. Aucun organisme ne publie encore un \u00ab&#160;co\u00fbt total&#160;\u00bb de la guerre en Iran pour le monde, mais les chiffres qui circulent donnent une id\u00e9e de l\u2019ampleur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On sait que les pays arabes ont perdu autour de 186 \u00e0 190 milliards de dollars en un mois, soit environ 6&#160;% de leur PIB, en destructions, pertes d\u2019activit\u00e9 et choc d\u2019investissement. Les \u00c9tats\u2011Unis ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pens\u00e9 pr\u00e8s de 28 milliards de dollars en co\u00fbts militaires directs. La France assume au moins 6 milliards d\u2019euros de co\u00fbt pour ses finances publiques. L\u2019Union europ\u00e9enne a engag\u00e9 plus de 9 milliards d\u2019euros de mesures d\u2019urgence et subi 13 milliards de surco\u00fbt d\u2019importations fossiles sur quelques semaines. Sur le plan macro\u00e9conomique, la hausse durable des prix de l\u2019\u00e9nergie pourrait amputer de 0,2 \u00e0 0,3 point la croissance mondiale en 2026, soit 200 \u00e0 300 milliards de dollars de richesse en moins.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame sans additionner chaque poste au centime pr\u00e8s, un constat s\u2019impose&#160;: en quelques mois, la guerre en Iran aura co\u00fbt\u00e9 \u00e0 la plan\u00e8te au moins plusieurs centaines de milliards de dollars \u2014 une facture minimale qui pourrait s\u2019approcher, dans un sc\u00e9nario de conflit prolong\u00e9, de 1 000 milliards de dollars cumul\u00e9s, si l\u2019on additionne les pertes r\u00e9gionales, les d\u00e9penses militaires, la croissance manquante et les effets de second tour sur la dette, le cr\u00e9dit et l\u2019investissement.<\/p>\n\n\n\n<p>Et pourtant, cette addition financi\u00e8re ne dit pas tout. Il y a, au-del\u00e0 des chiffres, une autre facture, plus lourde encore&#160;: la facture humaine et sociale. Le PNUD estime que le conflit pourrait d\u00e9truire pr\u00e8s de 3,7 millions d\u2019emplois dans la r\u00e9gion arabe et faire basculer 4 millions de personnes suppl\u00e9mentaires dans la pauvret\u00e9. Ce sont des trajectoires de vie bris\u00e9es, des syst\u00e8mes de sant\u00e9 satur\u00e9s, des \u00c9tats d\u00e9j\u00e0 fragiles pouss\u00e9s au bord de la faillite ou de la d\u00e9sagr\u00e9gation. L\u00e0 encore, la guerre en Iran ne fait pas que co\u00fbter&#160;: elle fragilise durablement des soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 l\u2019explosion sociale est \u00e0 port\u00e9e de main.<\/p>\n\n\n\n<p>La v\u00e9ritable singularit\u00e9 de ce conflit, vue de loin, est l\u00e0&#160;: il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019un choc p\u00e9trolier, mais d\u2019un choc de r\u00e9gimes. Il teste la capacit\u00e9 de l\u2019Iran \u00e0 tenir dans une \u00e9conomie de guerre perp\u00e9tuelle&#160;; la capacit\u00e9 des monarchies du Golfe \u00e0 concilier rente, s\u00e9curit\u00e9 et diversification&#160;; la capacit\u00e9 de la Chine \u00e0 adapter son mod\u00e8le exportateur \u00e0 un monde instable et fragment\u00e9&#160;; la capacit\u00e9 de l\u2019Europe \u00e0 transformer la transition \u00e9nerg\u00e9tique en bouclier de souverainet\u00e9 plut\u00f4t qu\u2019en luxe vert, et la capacit\u00e9 des \u00c9tats\u2011Unis \u00e0 continuer de financer leur puissance dans un monde o\u00f9 les flux de capitaux deviennent plus incertains.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus les semaines passent, plus la facture se d\u00e9place&#160;: du baril \u00e0 la balance des paiements, de la balance des paiements \u00e0 la dette publique, de la dette \u00e0 la coh\u00e9sion sociale, de la coh\u00e9sion sociale \u00e0 la stabilit\u00e9 politique. La question qui se pose \u00e0 chacun n\u2019est donc plus seulement&#160;: \u00ab&#160;combien cela nous a co\u00fbt\u00e9&#160;?&#160;\u00bb, mais \u00ab&#160;quel mod\u00e8le \u00e9conomique et politique restera tenable apr\u00e8s ce choc&#160;?&#160;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cette aune, la guerre en Iran n\u2019est pas seulement un co\u00fbt \u00e0 absorber&#160;; c\u2019est un moment de v\u00e9rit\u00e9. Pour l\u2019Iran, pour le Golfe, pour la Chine, pour l\u2019Europe, pour les \u00c9tats\u2011Unis, elle oblige \u00e0 arbitrer entre des illusions de retour au statu quo ante et des choix structurants&#160;: s\u00e9curiser ses ressources, diversifier ses d\u00e9pendances, investir dans la r\u00e9silience plut\u00f4t que dans les rustines.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jour o\u00f9 les armes se tairont, la facture continuera de tomber&#160;: en int\u00e9r\u00eats de dette, en croissance perdue, en in\u00e9galit\u00e9s aggrav\u00e9es, en instabilit\u00e9s politiques. La seule vraie question sera alors de savoir qui aura utilis\u00e9 ce choc pour se transformer, et qui l\u2019aura seulement subi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une \u00e9tude in\u00e9dite, Thierry Breton chiffre l&rsquo;impact de la guerre en Iran sur l&rsquo;\u00e9conomie mondiale jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent&#160;&#160;: 600 milliards de dollars.<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":329503,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-studies.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":true,"_trash_the_other_posts":false,"_yoast_wpseo_estimated-reading-time-minutes":33,"footnotes":""},"categories":[4813],"tags":[],"staff":[4314],"editorial_format":[4849],"serie":[],"audience":[],"geo":[],"class_list":["post-329402","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-iran-la-guerre-du-changement-de-regime","staff-thierry-breton","editorial_format-etudes"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":"default","_thumbnail_id":329503,"excerpt":"Dans une \u00e9tude in\u00e9dite, Thierry Breton chiffre l'impact de la guerre en Iran sur l'\u00e9conomie mondiale jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent : 600 milliards de dollars.","display_date":"","new_abstract":true},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.1.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran | Le Grand Continent<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran | Le Grand Continent\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Dans une \u00e9tude in\u00e9dite, Thierry Breton chiffre l&#039;impact de la guerre en Iran sur l&#039;\u00e9conomie mondiale jusqu&#039;\u00e0 pr\u00e9sent&#160;: 600 milliards de dollars.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Le Grand Continent\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2026-04-23T17:54:10+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-04-24T03:28:57+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/Grand-Continent-Ormuz-Guerre.png\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"950\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"534\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/png\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Gilles Gressani\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:image\" content=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/Grand-Continent-Ormuz-Guerre.png\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Gilles Gressani\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"33 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/\",\"url\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/\",\"name\":\"Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran | Le Grand Continent\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/photo_cercles.jpg\",\"datePublished\":\"2026-04-23T17:54:10+00:00\",\"dateModified\":\"2026-04-24T03:28:57+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/cf5b9f219cfb8e49b2923ff0e192682b\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/photo_cercles.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/photo_cercles.jpg\",\"width\":1920,\"height\":1280,\"caption\":\"Une flotte dense de p\u00e9troliers et de cargos dans les eaux du d\u00e9troit d\u2019Ormuz. \u00a9 Matthieu Cellard\/SIPA\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/\",\"name\":\"Le Grand Continent\",\"description\":\"L&#039;\u00e9chelle pertinente\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/cf5b9f219cfb8e49b2923ff0e192682b\",\"name\":\"Gilles Gressani\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/ca9dca3417a297a024262b1a2d6d035a?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/ca9dca3417a297a024262b1a2d6d035a?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Gilles Gressani\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran | Le Grand Continent","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran | Le Grand Continent","og_description":"Dans une \u00e9tude in\u00e9dite, Thierry Breton chiffre l'impact de la guerre en Iran sur l'\u00e9conomie mondiale jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent&#160;: 600 milliards de dollars.","og_url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/","og_site_name":"Le Grand Continent","article_published_time":"2026-04-23T17:54:10+00:00","article_modified_time":"2026-04-24T03:28:57+00:00","og_image":[{"width":950,"height":534,"url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/Grand-Continent-Ormuz-Guerre.png","type":"image\/png"}],"author":"Gilles Gressani","twitter_card":"summary_large_image","twitter_image":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/Grand-Continent-Ormuz-Guerre.png","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Gilles Gressani","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"33 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/","url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/","name":"Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran | Le Grand Continent","isPartOf":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/photo_cercles.jpg","datePublished":"2026-04-23T17:54:10+00:00","dateModified":"2026-04-24T03:28:57+00:00","author":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/cf5b9f219cfb8e49b2923ff0e192682b"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#primaryimage","url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/photo_cercles.jpg","contentUrl":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/photo_cercles.jpg","width":1920,"height":1280,"caption":"Une flotte dense de p\u00e9troliers et de cargos dans les eaux du d\u00e9troit d\u2019Ormuz. \u00a9 Matthieu Cellard\/SIPA"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/23\/prix-reel-de-la-guerre-en-iran\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Le prix r\u00e9el de la guerre en Iran"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website","url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/","name":"Le Grand Continent","description":"L&#039;\u00e9chelle pertinente","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/cf5b9f219cfb8e49b2923ff0e192682b","name":"Gilles Gressani","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/ca9dca3417a297a024262b1a2d6d035a?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/ca9dca3417a297a024262b1a2d6d035a?s=96&d=mm&r=g","caption":"Gilles Gressani"}}]}},"lgc_categories":[{"id":4813,"name":"Iran&#160;: la guerre du changement de r\u00e9gime","slug":"iran-la-guerre-du-changement-de-regime"}],"lgc_author":{"id":4314,"name":"Thierry Breton","slug":"thierry-breton","description":"Thierry Breton a \u00e9t\u00e9 commissaire europ\u00e9en charg\u00e9 du march\u00e9 int\u00e9rieur, de la politique industrielle, du tourisme, du num\u00e9rique, de l'audiovisuel, de la d\u00e9fense et de l'espace de 2019 \u00e0 2024.","first_name":"Thierry","last_name":"Breton","picture":{"url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/03\/thierry-breton.png","width":1780,"height":1780,"alt":""}},"feature_image_summary":{"url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/photo_cercles.jpg","width":1920,"height":1280,"alt":""},"feature_image_cover":{"url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/04\/photo_cercles.jpg","width":1920,"height":1280,"alt":""},"term_position_data":null,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/329402","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=329402"}],"version-history":[{"count":84,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/329402\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":329695,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/329402\/revisions\/329695"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/329503"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=329402"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=329402"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=329402"},{"taxonomy":"staff","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/staff?post=329402"},{"taxonomy":"editorial_format","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/editorial_format?post=329402"},{"taxonomy":"serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/serie?post=329402"},{"taxonomy":"audience","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/audience?post=329402"},{"taxonomy":"geo","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/geo?post=329402"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}